Publications de Thantan Maurice (4)

J’aurais pu intituler cet article Dis-moi ton prénom, je te dirai qui sont tes parents ou Dis-moi ton prénom, je te dirai quel feuilleton ou quelle série préfèrent tes parents, ou encore Dis-moi ton prénom et je te dirai à quelle occasion tu es né(e). En tout cas cela témoigne de la diversité des sources d’inspiration des parents d’aujourd’hui lorsqu’il s’agit de prénommer leurs nouveau-nés. De nos jours en Afrique et particulièrement au Bénin, on assiste à un phénomène que je ne saurais qualifier. Désormais, si le prénom n’est pas formé de toutes pièces, on afflige carrément son enfant du nom d’une star, d’un président ou même d’un simple personnage de série télévisée.

 

Il y a deux semaines environs, mon voisin, qui n’est autre qu’un aîné à moi a eu un heureux événement. En effet, son épouse vient de mettre au monde le premier enfant du jeune couple. Alors en bon voisin et fort de nos liens antérieurs j’ai rendu visite à la famille. Les salutations d’usage passées, on m’a présenté le nouveau-né ; j’ai donc demandé comment il (c’est un petit garçon) se prénommait. Sa mère m’a alors répondu qu’ils l’ont appelé Joe-Chris Obama. Joe-Chris étant la contraction des prénoms du père et de la mère (Joel et Christelle). Toute de suite j’ai eu un tic parce que comme vous pouvez le constater aucun des deux prénoms n’est africain et dans aucun calendrier vous ne les verrez.

Si on peut parfois être frustré de la barbarie de ces prénoms ou tout simplement être surpris par leur caractère inattendu, moi je préfère en garder l’originalité et louer l’esprit imaginatif de ces parents. En fait il ne s’agit pas là d’un simple cas isolé mais d’un véritable phénomène de société à la mode désormais chez nous au Bénin et plus généralement dans toute l’Afrique (francophone pour ce que je sais du moins).

1er constat : l’abandon progressif  des prénoms typiquement africains…

De plus en plus les Béninois abandonnent complètement les prénoms béninois pour diverses raisons. On connaissait déjà la contribution de la colonisation dans ce processus mais aujourd’hui la situation est plus critique. Non seulement les prénoms africains ne sont plus abandonnés au profit des prénoms occidentaux (c'est-à-dire ceux du calendrier grégorien) mais surtout pour des questions qui tiennent tout simplement de la superstition. Dans ce cas précis on y voit très souvent la patte des nouvelles églises qui fleurissent dans les grandes villes du continent.

D’une manière générale, les prénoms africains n’ont plus la cote surtout en milieu urbain. C’est vrai, la règle générale consiste à donner un prénom africain à son enfant en plus du prénom auquel correspond sa date de naissance dans le calendrier. C’est par exemple les cas de (Nom de famille) Kokou Ulrich ou encore (Nom de famille) Dossou Yves. Mais aujourd’hui on rencontre de moins en moins ces cas-là surtout dans des jeunes couples vivant en milieu urbain.

Aussi, arrive-t-il parfois que les nouvelles églises interdisent carrément à leurs fidèles de donner des prénoms africains à leurs enfants sous prétexte qu’ils portent souvent malheur ou sont rarement politiquement conformes à la doctrine que véhiculent certaines religions.

Si la tendance est prononcée dans les prénoms africains, les prénoms occidentaux ne sont pas pour autant épargnés. Dans un élan de singularité ou de snobisme, on les abandonne aussi pour s’accrocher à des prénoms soient formés de toutes pièces ou inspirés par un feuilleton ou une célébrité internationale.

Le recours à des noms de célébrités ou de personnages de fiction

Il n’est pas rare aujourd’hui de rencontrer des personnes (surtout de jeunes enfants) portant des noms de famille de célébrités ou tout simplement le prénom d’un personnage de série télévisée ou d’un footballeur comme prénom. En effet certains parents n’hésitent plus à flanquer leurs enfants du nom de leur sportif préféré ou de celui du personnage de leur série ou feuilleton favori. Dans d’autres cas, c’est carrément le nom d’un président (Obama et Chirac tiennent la palme) qui est donné à l’enfant juste à cause de leur fascination pour la personne ou par simple snobisme.

Il est donc inutile de vous surprendre d’étonnement ou de vous confondre en questionnements si lors d’un passage à Cotonou, vous rencontrez quelqu’un qui se présente comme Platini, Obama, Clinton, Mandela Kitani  ou Rubi.

Malheureusement ou heureusement, l’imagination et la créativité des Béninois ne se limitent pas seulement à ces quelques trouvailles que certains qualifieraient d’excès. Elles vont parfois au-delà de toute attente et dans ce cas donne lieu à des prénoms hors de toute compréhension et qui suscitent pas mal d’interrogations.

 

Le bazar des prénoms formés de toutes pièces

 

Des fois, j’en arrive à me questionner sur ce qui peut amener certains parents à prénommer leurs enfants d’une manière ou d’une autre. Si on comprend facilement (avec un peu de peine tout de même) pourquoi certains ont hérité des prénoms comme Platini, Obama, Vahidehi, on est abasourdi devant le génie créateur ou du moins imaginatif de certains parents lorsque l’un de vos camarades de classe se présente comme Important (il s’agit d’une fille), dit qu’il s’appelle Chance ou répond à l’appel quand on dit Lundi.

Effectivement, c’est possible de rencontrer ces prénoms dans notre pays. Personnellement j’ai eu une camarade de classe au Lycée qui s’appelait Important. A l’université, je dirai que j’ai eu la chance de rencontrer un autre qui s’appelait Chance.

C’est dans cette même dynamique que certains parents, en voulant prénommer leur enfant, ne font qu’une contraction de leurs prénoms à eux pour obtenir ce qu’ils souhaitent. Il consiste juste à prendre la première syllabe du prénom du père qu’on ajoute à celle du prénom de la mère ou vice-versa. Alors on en arrive souvent à des prénoms tels que Joechris (Joel et Christelle), Jeanis (Jean et Isabelle) etc.

En dépit de l’admiration ou de la désapprobation, de la peine ou de la curiosité que ces prénoms peuvent susciter, c’est une question plus importante, je dirai même cruciale qui est en jeu. Les parents sont-ils conscients qu’en donnant aujourd’hui un prénom à leur enfant qu’ils impriment ainsi un schéma de vie à ce dernier ? Quelles conséquences ces prénoms dénudés de tout sens et de toute histoire peuvent avoir sur ces enfants qui les portent ?

Un prénom aujourd’hui, un avenir demain !

Je comprends le vœu de certains parents de voir leurs enfants porter des prénoms qui les différencient complètement des autres enfants. Mais sont-ils au moins conscients que les prénoms qu’ils donnent à leurs enfants aujourd’hui ne seront pas sans effet dans l’avenir. En fait, ils sont nombreux ces parents qui donnent des prénoms dont ils ne savent même pas la signification eux-mêmes. De fait, les enfants ne savent pas non plus la signification ou l’histoire du prénom qu’ils portent. Certains diront qu’ils ne croient pas à certaines sciences telles que la numérologie ou autres, mais peu importe. Toujours est-il que le prénom que porte une personne peut influencer la perception que ces proches auront de lui et sur l’estime qu’elle peut avoir d’elle-même. Ce sont ces enfants qui en grandissant décident parfois de changer de prénom pour une raison ou une autre.

Les parents doivent au moins prendre conscience du rôle qui est le leur quand il s’agit de donner un prénom à leurs enfants. A mon avis, il s’agit plus d’une question de responsabilité que d’un simple choix et d’une simple création.

En ce qui me concerne, mes parents m’ont appelé Maurice, je ne sais pas pourquoi, eux non plus. Mais en prenant de l’âge et en lisant j’ai découvert plein de grandes personnalités portant ce prénom et cela me fait plaisir. Il y a même un pays qu’on appelle ainsi. Toutefois, comme je ne sais pas en réalité ce qu’il signifie ce prénom, je préfère mettre en valeur autant que ce peut mon autre prénom (africain). Sègla, qu’on pourrait traduire littéralement par destin solide.

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Le Bénin à l’heure de la panne électrique

Depuis quelques semaines déjà, le quotidien des Béninois est à nouveau rythmé par de fréquentes et d’intempestives coupures de courant. Bon nombres d’efforts ont été déployés par le gouvernement et les autorités de la SBEE (Société Béninoise d’Energie Electrique) pour nous convaincre que tout va bien. Mais il ne fait aucun doute dans la tête des Béninois pour qui, le spectre du délestage est plus que jamais de retour.

 

 

 

En effet depuis le début du mois de mars 2013, les Béninois sont éprouvés (une fois encore) par le spectre du délestage sauvage qui n’est pas sans conséquences pour les populations. Je dis délestage sauvage parce que nous assistons à de longues coupures qui peuvent aller jusqu’à dix voire douze heures par jour. Tenez, cette semaine par exemple, il n’est pas passé un seul jour où le courant n’a pas été coupé ne serait-ce quelques heures. Le mardi 09 avril à Akpapka (quartier populaire de Cotonou) où j’habite le courant nous a été coupé de 07h à 22h35’. Et comme vous pouvez l’imaginer les conséquences sont énormes pour les populations, car on note un ralentissement de l’activité économique dans tous les domaines.  Et aussi l’insécurité qui va avec !

Quelle est l’état de la situation… ?

Ce qu’il faut savoir est que notre pays le Bénin dont les besoins en énergie électrique seraient évalués à peu près à 200 mégawatts n’en produit que 70 actuellement. Les 130 mégawatts sont donc importés du Ghana, de la Côte-d’Ivoire et du Nigéria. Or, même ces pays voient leurs besoins en énergie électrique augmentés au fil des années. Ainsi quand un pays comme le Nigéria par exemple décide de retirer les 200 mégawatts qu’il fournit à la fois au Bénin et au Togo, notre pays est automatiquement plongé dans l’obscurité.

Quelles sont les conséquences ? Qui sont les victimes ?

Comme on peut l’imaginer les conséquences fâcheuses de cette situation sont énormes pour nous les populations. Si les grandes sociétés, les grandes institutions d’Etat sont souvent épargnées par les coupures intempestives du courant électrique, ce sont les ménages, les petites et moyennes entreprises qui payent souvent le plus gros tribut de ce délestage. Les nuits deviennent de plus en plus longues pour ceux qui avaient l’habitude de les passer au frais. Pour les chefs d’entreprises, le délestage devient une épée de Damoclès pendante sur leur tête chaque jour et rend leurs journées plus stressantes.

Moi par exemple, j’ai un ami diplômé sans emploi. Pour sortir un tant soit peu de la situation précaire que lui confère son statut de chômeur, il a ouvert un télécentre. C'est-à-dire qu’il fait de la saisie de document, des photocopies, de la cabine téléphonique et vend aussi des articles de bureau. Je peux vous avouer que ces dernières semaines, son job a été particulièrement éprouvé par les coupures de courant. Son chiffre d’affaire a été considérablement réduit du fait du délestage.

J’en connais un autre qui s’est aussi lancé dans l’auto-emploi. Celui-là tient une salle de jeux. Il faut dire que les « game center » ont particulièrement la cote ces derniers temps dans les quartiers de Cotonou. Ce buisness lui rapporte jusqu’à plusieurs dizaines de mille de nos francs par jour. Mais quand on vous coupe le courant électrique pendant toute une journée, vous pouvez comprendre la déception et l’amertume qui peuvent en suivre. Et dire qu’ils doivent tous payer à la fin du mois, une facture d’électricité qui n’a jamais baissé, payer le loyer du local qui leur sert d’atelier voire payer le salaire de ceux qu’ils emploient d’une manière ou d’une autre. Que va-t-il rester pour eux-mêmes ? Rien.

En ce qui concerne les ménages, quel Béninois ne s’est pas encore réveillé en sursaut de son sommeil, torturé par la chaleur parce que le brasseur de sa chambre ne fonctionnait plus ? Combien d’élèves ou d’étudiants ont déjà raté leurs devoirs parce que n’ayant pas eu le courant la veille pour faire leurs révisions ? Et combien sont nos mamans qui ont déjà commis des maladresses de toutes sortes  avec la complicité du délestage, bien sûr ? Et j’en passe du reste.

Que fait-on pour faire face à la situation

Nos autorités semblent (je dis bien semble) prendre le problème à bras-le-corps mais on a toujours du mal à situer les résultats de leurs efforts. Si elles ne sont pas en train de faire de l’improvisation, c’est un manque de rigueur total qui accompagne les rares actions qu’elles entreprennent.

Tenez par exemple, en 2006, quand le président Boni YAYI est arrivé au pouvoir, il a très vite pris le problème au sérieux, du moins en théorie. Il a d’abord essayé d’éponger les dettes de la SBEE (Société Béninoise d’Energie Electrique) vis-à-vis de ces fournisseurs. Ensuite le projet de turbines à gaz de Maria Gléta a été lancé. Ces turbines à gaz étaient censées fournir au Bénin une capacité énergétique supplémentaire de 80 mégawatts. Mais ce chantier lancé en Avril 2008 et qui était prévu pour durer dix-huit mois à l’origine n’est toujours pas totalement livré à ce jour. Il a fallu que surviennent le délestage de ces dernières semaines pour que le gouvernement mette en marche (en catastrophe) quatre des huit turbines que compte le chantier.

Le ministre de l’énergie a également annoncé récemment qu’il irait négocier auprès d’une centrale au Togo de l’énergie supplémentaire. Je ne sais pas réellement de quoi il parle parce que lui seul est responsable devant le peuple et lui seul peut justifier ces actions. Sinon, aller négocier de l’énergie supplémentaire dans un pays qui connait les mêmes crises que nous (voire pire), je ne comprends pas, mais pourvu qu’on ait du courant.

 

Léger bémol tout de même

A l’heure où je suis en train de publier cet article, la situation semble s’améliorer de plus en plus. Des longues heures de coupures quotidiennes auxquelles on nous avait habitués au début du mois de mars, nous sommes en train de passer à seulement une ou deux coupures de deux à quatre heures maximum. Le gouvernement et son chef ont quand même essayé de faire de leur mieux pour réduire au moins un peu ce délestage.  Mais vu les circonstances dans lesquelles ces petites améliorations sont en train d’être mises en place, quelques interrogations. En effet, on est toujours en droit de se demander combien de temps ça va durer. Combien de temps ça va durer avant que le Nigéria, le Ghana ou la Côte-d’Ivoire ne décide définitivement de nous effacer de leur réseau ? Maintenant que la situation s’arrange un peu, combien de temps le chantier de Maria Gléta va prendre encore avant d’être livré et complètement fonctionnel ? Pourquoi on aime tant l’improvisation ? Pourquoi attendre toujours que le mal soit fait avant de commencer à courir à gauche et à droite ? Pourquoi ne pas déjà chercher une voie alternative via les énergies renouvelables (solaire, éolienne, etc.) pour l’avenir ?

En définitive pour un pays à qui on a promis l’émergence et une croissance à deux chiffres depuis 2006, si en 2013 on n’est pas encore en mesure de résoudre le problème de l’énergie une fois pour de bon, la situation est tout de même critique.

Les interrogations sont nombreuses et les craintes immenses ; espérons juste que les bonnes réflexions soient faites et que les résultats soient visibles rapidement.

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La semaine dernière lors d’un passage à la télévision nationale, le ministre des mines et de la recherche pétrolière a fait un certain nombre d’annonces qui m’ont paru assez drôles, en tout cas qui ont suscité un certain nombre d’interrogations. Le ministre annonce de nouvelles explorations du sous-sol béninois pour identifier les zones qui renfermeraient des ressources minières à mobiliser pour le bien-être des populations. Surpris, je me suis posé quelques questions.

C’est arrivé pendant le courant de la semaine dernière (celle du 01 au 07 Avril). C’est l’heure du journal télévisé et j’allume la télévision. L’ORTB, la télévision nationale bien sûr. Très vite, on fait le point des audiences au cabinet du chef de l’Etat. Après le passage de plusieurs autres personnages, arrive le tour du ministre Kassa, qui avait conduit lui-même une équipe au cabinet du président de la République. Après l’audience, le ministre faisait un résumé de sa rencontre avec le président aux journalistes présents sur les lieux.

En substance, le ministre Barthelemy Kassa avertissait les populations. Il les prévenait afin qu’elles ne s’affolassent en voyant un avion volé très bas au-dessus de leur tête. En effet selon les dire de ce membre du gouvernement, l’espace aérien de notre pays sera survolé les prochains jours par un avion (voire des avions) doté(s) d’équipements spécialisés. Le but de la manœuvre serait d’identifier  les endroits du sous-sol béninois qui renferment des ressources minières que l’on pourrait exploiter dans l’objectif de contribuer au mieux-être des populations avec les devises que leur commercialisation rapporterait éventuellement.

Surpris par cette annonce je me suis posé quelques questions tournées en dérision peut-être, mais qui ne manque cependant pas de bien fondé.

En fait après avoir suivi le passage du ministre des ressources minières à la télévision, j’ai automatiquement pensé à mon cahier de cours de CM2. Je devrais le retrouver à tout prix pour imprimer un peu de sérieux à ma logique. Il m’a fallu tout le week-end pour le chercher mais fort heureusement, je l’ai retrouvé. Il était, certes, dans un état à peu près calamiteux mais heureusement (encore) la partie du cahier qui m’intéressait était toujours lisible.

Inutile de signaler que ce nouveau contact avec mon cahier de leçon de CM2 m’a rappelé les bonnes heures de l’école béninoise, en tout cas celle que moi j’ai connue à un moment donné. Celle où avec le CEP (Certificat d’Etudes Primaires) on faisait déjà la fierté de nos parents, et de nous-mêmes parce qu’on avait déjà plein de choses dans le crâne.

Contrairement à aujourd’hui où un élève de troisième est incapable d’écrire son propre. Enfin, bref, ce n’est pas le sujet de cet article, on y reviendra plus tard.

Une fois mon cahier en main, je cherche rapidement la partie qui m’intéresse le plus. Je cherchais en fait la leçon de géographie du Bénin où on nous enseignait les ressources naturelles dont dispose notre pays et qui n’étaient pas encore exploitées jusqu’alors. Une fois cette partie sous les yeux, qu’est-ce que je lis ? Je lis à peu près ceci :

-         du pétrole (off-shore) à Sèmè, située à une vingtaine de kilomètres sur la côte est de Cotonou à la frontière du grand voisin nigérian

-         du marbre à Dadjo

-         du calcaire à Onigbolo

-         de l’or à Perma

-         du fer à Loumbou-Loumbou

-         du phosphate à Mékrou

-         des sources d’eau thermale à Hêtin-Sota et à  Possotomè

-         etc.

En gros, ainsi se présente la carte minière du Bénin, avec la note que ces ressources sont très peu exploitées pour ne pas dire qu’elles ne le sont pas du tout.

Tous les Béninois (du moins ceux qui ont été à l’école jusqu’à la classe de CM2 au moins) savent que le sous-sol notre pays dispose de très peu de ressources minières qui ne sont pas exploitées d’ailleurs. Tous les spécialistes diront que les ressources de notre économie proviennent essentiellement du fisc. Alors, qu’est ce qui peut expliquer ces annonces du ministre ? Notre pays dispose-t-il véritablement d’autres ressources qui n’aient pas encore été découvertes à ce jour ? Pourquoi les gisements déjà connus ne sont pas encore mis en valeur et on nous annonce de nouvelles explorations ?

Les questions que l’on pourrait se poser suite à ces annonces sont nombreuses sachant la situation de ce pays. Moi particulièrement je n’ai pas arrêté de chercher les véritables raisons qui sous-tendent ces prochaines missions. Toutes réflexions faites j’en suis arrivé aux conclusions que voici :

  • Premièrement, notre ministre n’a certainement pas fait la classe de CM2 du cours primaire, ou s’il l’a fait, il n’a pas suivi ce cours de géographie où on apprend les ressources dont dispose le Bénin. Sinon, il ne serait pas en train de chercher aujourd’hui où se trouvent les ressources minières de ce pays à mobiliser pour faire venir des devises et améliorer le quotidien des populations. Il s’efforcerait sans doute de mettre en place les moyens qu’il faut pour mettre en valeur le peu dont nous disposons et qu’on n’a plus besoin de chercher.
  •  En deuxième position, le ministre a sans doute eu une vision d’illuminé. Dans cette vision, un être surnaturel l’a certainement convaincu que le Bénin dispose d’autres ressources non encore connues (ce qui est sans doute vrai). Alors, le ministre n’a ménagé aucun effort pour convaincre à son tour le président de la République. Il ne reste alors qu’à aller à la recherche de ces hypothétiques ressources qui continuent de jouer à cache-cache avec les Béninois.
  • Ou encore, il s’agit là d’une nouvelle parade trouvée par le président de la République et son ministre afin de détourner l’attention des béninois des problèmes les plus importants qui minent notre société en cette période très sensible pour le gouvernement. Des différentes hypothétiques tentatives d’élimination physique du chef de l’Etat au délestage sauvage de ces dernières semaines en passant par les arrestations critiquées par ci et par là, la confusion est totale. Or, tous les Béninois nourrissent l’espoir d’un avenir meilleur et ces genres d’annonces ont le mérite au moins de renforcer l’espoir des jeunes et de retarder leur ras-le-bol.

Mais sincèrement, quel béninois serait indifférent aujourd’hui si on nous annonçait que le sous-sol de notre pays renferme de l’or, du diamant ou de l’uranium à tel ou à tel endroit du pays ? Franchement je n’en vois aucun, nous en serions tous contents. Seulement les Béninois se rappellent encore le jour où ce même ministre avait annoncé à grand renfort de médias qu’il existe encore du pétrole à exploiter à Sèmè. Mais jusque-là, personne ne sait plus ce qu’il en est. Il parait même que le président est déjà sorti d’un tel rêve. Sachant cela et quand on imagine que ce sont les milliards du contribuable qui seront mobilisés pour réaliser ces manœuvres dont on ne peut encore deviner le lendemain, évidemment toutes nos questions restent posées.

En tout état de cause, je souhaite bon courage au ministre. Je lui souhaite même bonne chance, car lui seul sait de quoi il parle et lui seul pourra se justifier les prochains jours des résultats de ces recherches.

 

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A l’occasion de la désignation du nouveau pape, prenons le temps de revenir sur un phénomène qui fait couler beaucoup d’encre et de salives au Bénin. Les plus avertis l’ont déjà peut-être deviné, il s’agit bien de « Parfaite » de Banamè qui a déjà désigné son « pape » bien avant  la renonciation de Benoît XVI. Certains l’accusent d’hérésie, on parle même de manœuvres du diable, ses adeptes soutiennent qu’il s’agit bien de Dieu Esprit ; retour sur ce qu’il convient d’appeler désormais (avec une certaine ironie) le schisme de Banamè.

 

Une fois encore, le Bénin a innové dans le domaine religieux. On connaissait déjà l’ampleur que prennent certains mouvements sectaires en Afrique et particulièrement au Bénin. La prolifération des églises évangéliques et apostoliques diffusant des messages apocalyptiques était devenue chose courante dans toutes les grandes capitales africaines. Mais ce dont nous allons parler relève d’un tout autre ordre tant il revendique d’emblée être le renouveau de l’Eglise Catholique romaine.  C’est en 2009 que « Parfaite » s’est révélée au grand public béninois. Tout a commencé à Banamè Sovidji, un village de la commune de Zangnanado à quelques kilomètres du centre-ville. Elle dit être l’incarnation de Dieu Esprit-Saint. Ce Dieu Esprit-Saint se serait fixé une mission de trente ans et en trois points à savoir :

1-    bouter hors du Bénin la sorcellerie et ses corollaires de nuisances maléfiques et mortelles ;

2-    restaurer et assainir l’Eglise catholique mise en place par Jésus-Christ ;

3-    mettre fin à la commercialisation de la foi.

Très vite, le mouvement a drainé du monde, des pèlerinages ont été organisés vers ce que les adeptes de « Parfaite » appellent déjà la terre sainte de Banamè afin d’y vivre des miracles et suivre des enseignements. Les adeptes proviennent tant des rangs des chrétiens catholiques que d’autres religions.

Parfaite et sa suite ne se contentent plus désormais de rester dans leur village de Banamè. Ils organisent régulièrement des campagnes d’évangélisation à travers le pays. Le nombre de personnes qui viennent à ces véritables croisades où les entrées sont payantes, des objets de cultes et d’usage (chapelets, crucifix, sels, huiles d’olive etc.)  sont vendus après avoir été bénis par « Parfaite » nous laissent dubitatif sur la fondation de la foi de nos compatriotes.

Il faut souligner que Parfaite n’est pas seule dans l’accomplissement de sa mission. Depuis le début, elle bénéficié de l’accompagnement du Père Mathias VIGAN, le prête qui a fait de Parfaite son égérie. C’est d’ailleurs l’une des causes qui justifient l’engouement que portent surtout les chrétiens à l’endroit de la déesse de Banamè. En effet, c’est le père Mathias VIGAN qui a été désigné le 17 novembre 2012 comme le nouveau pape de l’Eglise catholique par Dieu Esprit-Saint. Christophe XVIII comme il se fait appelé est pour les adeptes de Parfaite le premier pape Noir de l’Eglise catholique romaine.

Aujourd’hui, le nombre des adeptes de la déesse de Banamè ne cesse de croitre, on peut le constater à chacune de leurs sorties. Ils ne se cachent plus et n’ont pas honte de brandir les affiches à l’effigie de Parfaite.

 

Que dit l’Eglise catholique ?

 

L’Eglise catholique suit la situation non sans une certaine consternation mais semble être incapable d’agir en conséquence. Elle laisse grandir le mouvement assistant au départ de bon nombres de ces fidèles qui vont garnir les rangs de Parfaite. Mais on ose croire que la situation ne saurait durer. D’ailleurs, le père VIGAN a déjà été excommunié  par Mgr. Azondekon, évêque d’Abomey.

Mais les dignitaires de l’Eglise catholique du Bénin estiment surtout qu’il s’agit d’un phénomène éphémère qui ne durera qu’un temps tel un feu de paille. Ils mettent l’accent sur le fait qu’il ne s’agit que de l’égarement d’un prête et exhortent tous les chrétiens à persévérer dans la prière martelant par ailleurs que l’Eglise catholique universelle est unique et son seul pape, François Ier, est au Vatican.

 

Et au sein de la population béninoise ?

 

La population quant à elle est très visée sur la question. Déjà, vu le nombre d’églises qui pullulent dans nos villes et quartiers de ville le rapport de certains béninois avec la religion a beaucoup évolué. Sur la question de Banamè il y en a qui pensent qu’il ne s’agit que d’une simple invention pour escroquer les béninois. Certains vont jusqu’à penser que ce n’est rien d’autre qu’une manœuvre du diable pour détourner les fils de Dieu, soutenant ainsi qu’il n’existe qu’une seule Eglise catholique universelle.

 

Pour aller plus loin visiter le site de Parfaite cliquez ici

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