Publications de Simon DECREUZE (122)

Quelle différence y a-t-il entre Information et Communication ?

La question pourrait paraître évidente, et pourtant jamais la frontière entre ces deux terminologies n'a été aussi mince. La défiance que rencontrent actuellement les journalistes ne doit pas y être pour rien. Dans le même temps, il y aurait aux États-Unis quatre fois de plus de communicants que de journalistes. Un combat perdu d'avance ? Pas si on considère que chacun remplit une fonction au sein de notre société.

J'ai souvent été frappé lors de mes voyages par ce flou qui régnait dans la tête de mes interlocuteurs, qu'ils soient auditeurs, apprentis journalistes ou même journalistes confirmés. Il faut dire aussi que les écoles dont sont issus les communicants comme les journalistes sont souvent les mêmes, regroupées parfois derrière l’appellation trompeuse de TIC, Technologie de l'information et de la communication.

C'est en tombant sur cette image que j'ai trouvé un début de réponse. Une image que l'on pourrait résumer ainsi : Une information part d'un émetteur jusqu'à un auditeur, une communication est, elle, réciproque, l'auditeur peut à son tour échanger avec l'émetteur.

Il y aurait donc un début de réponse en faisant un exercice de définition, de sémantique.


C'est ce qu'a fait Yvan Amar dans son émission " La danse des mots " sur RFI. Il recevait Fabrice Daverio, directeur général adjoint du CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement des journalistes) à Paris.


Laissez-moi donner une définition personnelle :

  • Le mot Information, en journalisme, désigne tout élément d'une histoire ayant été vérifié, validé, en opposition à une rumeur, un bruit de couloir.
  • Le mot communication, en journalisme (comme en marketing ou en politique), désigne tout élément de discours ayant été produit à des fins précises, vendre un produit ou appuyer une thèse.

Information ≠ Communication

/
Journaliste ≠ Communicant

Comment ne pas rapprocher ce problème de définition (qui j'espère est désormais, pour vous lecteurs réglé) avec la défiance que l'on constate envers le journaliste. Pour celui qui n'a jamais mis les pieds dans une rédaction, il est facile de fantasmer et de croire que les journalistes cherchent tantôt à protéger le gouvernement, tantôt à protéger la réputation de leurs annonceurs, la vérité est bien évidemment plus complexe. D'abord si on met de côté le journalisme sensationnel, à chaud, la plupart des journalistes pèsent chacun de leurs mots (c'est très important à comprendre). Les bons journalistes ne s'expriment que quand leurs informations sont validées et donc véritables. La communication à l'inverse, cherche toutes les opportunités possibles pour exister, de manière à imposer un discours, quitte à déclarer des " vérités approximatives ".

Comme j'y ai fait allusion plus haut, les médias ne sont pas pour rien dans cette défiance. On parle de BFMisation de la vie politique , de journalisme à la demande, de journalisme de marque... Des notions ambiguës éthiquement qui peuvent vite être très contre-productives, qui entretiennent le flou. Il faut occuper l'espace même si on a rien à dire, c'est le Live à tout prix. Nous en parlions en 2012 au sujet du traitement médiatique de l'assaut de l’appartement de Mohamed Merah. Un reportage de Céline Develay-Mazurelle.

Dans le même temps, la communication n'hésite plus à produire de l'enquête pour légitimer une marque, ou une personnalité politique. Comme c'était le cas pour le PS et son bilan de Sarkozy, ou encore Amnesty International avec ses Amnesty Stories.

La frontière entre ceux qui produisent de l'information et ceux qui produisent de la communication n'est donc plus si claire. L'un n'ayant plus besoin forcément de l'autre et réciproquement. Et les mutations engendrées par l'arrivée d'Internet, la crise ou la perte d'idéal (allez savoir) ont elles un impact bien plus important.

"1 journaliste / 4 Communicants"

Le Pew Research Center publiait en août 2014 le résultat des statistiques des emplois aux États-Unis.Le nombre de journalistes a baissé de 17 % au même moment où le chiffre des communicants augmentait de 22 %, et on constate qu'aux États-Unis les communicants sont quatre fois plus nombreux que les journalistes. On comprend mieux l'ampleur du travail qui reste à faire pour les journalistes, ou plutôt le travail qu'il reste à faire pour ceux qui préfèrent l'Information à la Communication.

Séparer le bon grain de l'ivraie

Les journalistes ne s'en sortiront pas seuls. Si au minimum, vérifier une information c'est trouver deux sources identiques, en ayant quatre communicants en face, le journaliste doit effectuer un tri plus important. Rajoutez à cela, le fait que tout un chacun est désormais capable de produire de l'info et vous voyez l'ampleur du travail à accomplir, ne serait-ce que pour trier.

Attention, je ne veux surtout pas insinuer que les communicants sont des menteurs. Il existe des moutons noirs dans chacune des professions. Il faut également garder en tête que ces corporations ne sont pas homogènes et qu'elles englobent souvent des pratiques très différentes. Il y a peu de points communs, par exemple, entre un journaliste présentateur et un journaliste de reportage, l'un relate quand l'autre va vérifier (pour schématiser). De même, les conséquences du travail d'un publicitaire ne sont pas les mêmes que celui d'un spin doctor.

Si vous n'avez pas encore testé, je vous invite à vous inscrire à " Jeux d'influence " produit par "Premières lignes". Jeux d'influences (le site) est un newsgame accompagnant un documentaire sur les spins doctors diffusé par France5. Les Spins doctor, pour ceux qui ne connaissent pas, sont ces professionnels de la communication de crise que l'ont retrouvent aussi bien au service de grandes entreprises que d'hommes politiques. Si dans ce jeu (appelons-le ainsi), la définition de la vérité chez un communiquant est fluctuante ou approximative, il ne faut pas mettre de côté le monde sur-médiatisé dans lequel nous vivons. La recherche du sensationnel dans les médias et la multiplication des supports, l'instantanéité du web, ont eu pour conséquence de catalyser, amplifier la moindre information. Chaque faux pas peut désormais provoquer une avalanche.

Quitte à faire un léger aparté, il faut lire aussi cet article écrit par Anne-Sophie Mercier pour le Monde Magazine, " Politiques : dans le piège des humoristes ". Elle y dissèque comment la sur-médiatisation et surtout le traitement humoristique de la politique peut avoir des effets néfastes.
Notamment, en empêchant les figures hors canon de la communication d'exister médiatiquement.

Vous avez certainement déjà fait les frais d'un trait d'humour mal interprété sur les réseaux sociaux.
Vous avez également déjà sollicité vos amis pour qu'ils likent la page de l'entreprise de l'un des membres de votre famille. Tout comme vous avez déjà dû interpeller votre réseau pour confirmer une rumeur. Nous manipulons tour à tour ces rôles de communicants ou de journalistes, nous alternons sans cesse entre production d'information et de communication. Nous sommes d'ailleurs nous-mêmes des communicants hors pair, lorsqu'il s'agit de notre propre personne. On ne le redira jamais assez, mais ceux qui croient que les gens racontent leurs vies sur Facebook ou Twitter se trompent. Les gens racontent en ligne ce qu'ils veulent que l'on se souvienne d'eux.

Je le disais plus haut, les journalistes ne s'en sortirons pas seuls. Il faut lire au passage l'entretien accordé par Arnaud Mercier pour le figaro sur " Affaire Nabilla : ce que révèle l'hystérie médiatique ". Les médias, en général, ont actuellement une soif de plaire au public presque dérangeante et alignent leur éditorial sur les sujets de conversations des réseaux sociaux. Alors, si les lecteurs peuvent influencer la production d'information, peut-être devrions- nous nous emparer de cette possibilité comme d'un devoir.

A l'image de ces manifestants syriens qui aident les journalistes à authentifier leurs vidéos, nous devons, dans notre manière de nous comporter sur les réseaux, faciliter l'apparition de la vérité, de l'information qui compte. Si nous sommes intimement convaincus que l'information prime, ne devrions- nous pas privilégier les médias qui tendent vers cet idéal ...


Quelques liens essentiels :

Lire la suite...

Réseaux sociaux, allégorie de la boite de nuit

La semaine dernière je croisais un des mes collègues de bureau :

"Simon,
chaque fois qu'on te croise,
on a l'impression que tu sors de boite de nuit"


Ça m'a donné l'idée d'une chronique.


Vous voulez un bon plan ? Un vrai conseil ?
Si votre mère est sur le même réseau social que vous, c'est qu'il est temps de bouger sur une autre plateforme...Non ?

Je sais ce que vous êtes en train de vous dire. oui oui
Je sais que votre maman regarde vos statuts sur Facebook, pire, ELLE LES LIKE ! N'allez pas vous réfugier sur Twitter, ce n'est qu'une question de mois pour qu'elle vous y rejoigne.

Moi j'ai un truc,
je me dis toujours que les réseaux sociaux,
c'est comme une fête à laquelle vous êtes invité.
Vous pouvez rester dans votre coin, regarder les autres s'amuser,
ou vous pouvez y passer la musique et attirer toute l'attention...
A vous de choisir !

Maintenant, je ne sais pas quel âge vous avez...Mais pour rester floue, je dirais pour ma part que j'ai atteint l'âge où je préfère les soirées où je peux discuter plutôt que danser, échanger et mettre de l'eau dans mon vin (les plus attentifs lecteurs auront relevé cette métaphore filée et subtile de la soirée et de l'échange intellectuelle).

Aller sur Facebook, c'est comme allez à la fête du village,


Beaucoup de monde,
mais finalement vous voyez toujours les mêmes.
Pas la peine d'essayer d'élever le débat,
celui qui attire l'attention, c'est celui qui connait toutes les blagues
ou celle qui est la plus jolie…
Et puis sur Facebook, faut surtout pas parler politique,
c'est pire qu'un repas de famille,
ce n'est pas tant que vous allez engendrer des débats,
juste des rancunes.

Car dans une soirée Facebook,
la seule expression permise, c'est J'aime.

Vous allez vous servir un verre, J'aime !
Vous croisez une jolie blonde, J'aime !
Elle est accompagné par Nicolas Sarkozy...

Vous voyez ce que je veux dire !

Facebook, c'est, entre guillemet, la soirée branché parisienne par excellence,
voir et être vue,
tout le monde s'y presse, beaux habits, beaux sourires,
mais finalement tout le monde s'ennuient.

Moi, j'ai arrêté la fête au village !


Je m'intéresse à plein de choses
et puis j'ai pas nécessairement besoin d'être d'accord avec les gens avec qui je discute.
Ce que je veux au fond, c'est pouvoir partager ce que je sais, ou crois savoir.
Entendre ce que je ne sais pas. Dire ce que je pense et écouter ce à quoi je n'ai pas encore pensé.
Et je ne veux pas qu'un algorithme m'impose les choses qui pourrait m'intéresser.
L'espèce humaine est encore trop complexe à comprendre pour les machines actuelles,
elles n'arrivent d'ailleurs déjà pas à comprendre le français. Je peux vous dire que parler la langue des peaux rouges sur internet ça reste encorele meilleur moyen de crypter des informations sensibles en ligne.

Un jour, j'ai reçu un carton d'invitaion…
une soirée Reddit !


On m'avait dit :

"Tu vas voir l'endroit est très moche, mais les gens sont sympas"


Vu que je sortais d'une soirée 4chan
ou l'endroit ressemblait à un peepshow de Pigalle et où les gens étaient tous mythomanes.
Je me suis dit, pourquoi pas.

Première soirée, le chaos. J'ai rien compris !

Trop de choses, trop de gens !
ils avaient beau avoir la réputation d'être sympas, je comprenais pas forcément tout ce qui s'y passait.

Le lendemain, pendant ma longue journée de surf sur internet, je croisais par ci par là des liens croisées à la soirée d'hier, un gif animé, une photo incroyable, un article intéressant.
Le surlendemain, encore plus de choses, de liens, et surtout, la petite vidéo que tout le monde s'échangeait sur les réseaux, c'était à la soirée Reddit que je l'avais vu en premier.


Je me dis
"Y a quelque chose qui se passe là-bas !

Je retrousse mes manches et affronte les codes de l’endroit, ses anglicismes, ses abréviations
Les TIL (Today I learned, aujourd'hui j'ai appris),
les AMA (Ask Me anything, posez moi n'importe quelle question)
LesLifeHacks (pour améliorer sa vie quotidienne)
les NSFW (Not Safe for Work, à ne pas regarder au travail).

Depuis, je ne rate jamais une occasion d'aller aux soirées Reddit,
j'y ai discuté avec Barrack Obama, Oui, oui !
Les monthy Pythons, Bill Gates,
Buzz Aldrin, le poulidor du voyage sur la Lune…
Un type char-mant !

L'endroit est moche, c'est vrai ! Mais tout y est modulable.
Je peux choisir d'avoir le meilleur ou le plus frais, le plus beau et le plus moche,
le plus intelligent comme le plus idiot. Quasi pas de censure…

La-bas, on like, On Aime !
Mais on aime pas aussi
et ça change pas mal de choses.

Quasi tout le monde s'entraide,
et surtout on a l'impression que tout le monde y est actif.
Tout le monde fait de son mieux pour que tout s'y passe bien.
On rassure les déprimés, on encourage ceux qui réussissent.
Les conversations y sont courtoises, souvent pleine d'humours et parfois savantes.


J’imagine que vous me croyez snob,
que je cherche le dernier endroit à la mode et que je fuis la foule,
pour me réfugier dans LE nouveau temple des branchés.

Et bien pour votre information,
Reddit fêtera ses dix ans l'année prochaine,
Reddit est également le 46ème site le plus visité dans le Monde connecté,
juste derrière celui de Microsoft.

Je crois bien que les gens derrière Reddit et surtout la communauté qui compose le site
ont réussi à inventer un réseau social populaire tout en restant élitiste !

Je dédie cette chronique à Laurent Chaffard, du service Afrique,
qui saura désormais où je passe mes nuits...

Lire la suite...

L'âge de raison pour l'atelier des médias

L'Atelier tel qu'il était  le 17 octobre 2007 (Wayback Machine)


Voila sept ans que l'Atelier des médias (l'émission) chronique les évolutions de la production et de la diffusion de l'information. Et sept ans aussi que l'atelier des médias (le site) expérimente les possibles du participatif sur le web, tout en mettant un pied à l’étriller aux personnes qui découvrent Internet. Sept ans âge de raison?


Une émission, un site, une plateforme de blogueurs (Mondoblog), puis deux (Libyablog), puis trois (Arablog), des conférences, des expérimentations et un prix (Radio 2.0)...Voila ce qui a pu émerger du travail des nombreuses personnes qui ont, un jour, franchi la porte de notre bureau. Toi membre de la communauté, toi mondoblogueur, je ne t'oublie pas. C'est d'ailleurs autour de toi que se sont formés tous ces projets. En 2007 (deux ans après la naissance du concept 2.0), ils nous semblait essentiel de mettre à profit la possibilité donnée à chacun de s'exprimer, d'être en contact direct avec celles et ceux qui nous écoutent, de nous remettre en cause et de créer une "intelligence connectée et globale".

2.0 et après...

C'est pourquoi à l'époque il nous est apparu évident qu'il fallait permettre à la communauté en train de s’agréger autour de notre projet de pouvoir s'emparer des différents modes d'expression possibles à l'heure actuelle : Forum, blogs, envoie de photos et de vidéos. Nous l'avons fait sans censure (si ce n'est celle de faire respecter la loi) en nous disant que de la liberté éditoriale pouvait émerger une sorte de vérité plus complète du monde. Puisque vous, membres, étiez sur place à des endroits où ne pouvions être.

Les contenus "amateurs" sont à mon sens une richesse, de par la diversité de la parole, de par l'expertise de certains, la fraicheur d'autres…Ces contenus viennent compléter, enrichir l'information dite “professionnelle”. Mais produire de l'information nécessite une rigueur, des règles, un encadrement pour ne pas transformer l'information en communication et éviter de colporter des rumeurs. Faisons donc des contenus générés par les utilisateurs (UGC) un moyen supplémentaire d'élever le débat démocratique là où les journalistes ne peuvent le faire, faute de temps ,de moyens ou d’imagination.

Le projet Mondoblog est né d'une maturation du concept 2.0, celle "d'encadrer" la communauté dans le but de lui permettre de produire des contenus de meilleure qualité. C'est ce qu'on appelle la capacitation, une doctrine que Confucius (si, si) enseignait bien avant l'arrivée du minitel :

« Quand un homme a faim,
mieux vaut lui apprendre à pêcher
que de lui donner un poisson. »

Mea Culpa

Nous ne sommes pas les premiers à faire des déclarations sur une nouvelle façon d'envisager les contenus générés par les utilisateurs, mais peu importe la course à la modernité tant qu'on est en phase avec son audience et ses convictions. Nous savions à l'époque combien l'accès à Internet est inégal dans le Monde et notamment chez nos auditeurs, nous avons préféré retardé ce moment d'évolution, de remise en cause.

Notre plateforme, malgré ses liftings, reste un peu vieillotte dans son arrière boutique et ne nous a jamais vraiment permis de proposer une expérience agréable sur mobile. C'est bien un comble pour une initiative s'adressant aux pays du sud, prenez cela comme un Mea culpa. Voila donc une étape, le mobile, qui ne pourra être franchie dans l'immédiat, d'autant plus que les autres projets nous demandent beaucoup d'énergie.

Reculer pour mieux sauter

Après avoir réfléchi et en avoir discuté en privé avec certains d'entre vous, nous voyons un peu mieux quelle direction nous voulons et pouvons emprunter. Tout d'abord, rassurez-vous, nous avons trop de respect pour la communauté qui s'est agrégée autour de ce projet pour la dissoudre du jour au lendemain. Ce que nous pouvons faire en revanche, c'est la mettre mieux en valeur. Voila comment nous envisageons de procéder, rien n'est totalement définitif et comme toujours cette discussion est ouverte à commentaires.

Pour mettre en valeur l'autre, il faut parfois s'effacer

Cela fait longtemps que nous voulions le faire et ce sera un des projets de l'année. La communauté que vous avez formée autour de nous s'est très tôt orientée vers la prise de parole environnementale, sociale, culturelle… Assez loin finalement de la thématique de notre émission, dédiée au journalisme et aux médias en général. Dans le soucis d'avoir une ligne claire (sur la page d'accueil), longtemps seuls les contenus professionnels (ceux de l'équipe) ont eu le droit de citer, puis les vôtres lorsqu'ils avaient un rapport avec les médias. Nous voulons donc sortir nos productions de l'atelier pour laisser la place aux vôtres.

Nos contenus à venir devraient donc disparaitre de cette plateforme, mais nous serons bien présent, peut-être plus. Ces années d'expérience décrites plus haut nous ont montré qu'on ne s'improvise pas si facilement producteur de contenu, tout dépend de son niveau d'instruction, de sa culture personnelle. Plus important encore est l'intention. L'idée de ce site est au fond l'échange d'idées, d'expériences et n'a jamais eu vocation à être un énième espace de publication pour communicants qu’ils soient professionnels, politiques ou associatif. C'est pourquoi nous allons durcir les règles de modération, pas de tolérance zéro bien sûr, nous continuerons comme auparavant à engager la discussion avec les auteurs d'articles ou de discussions. Ceux qui ne joueront pas le jeux de l'échange intellectuel avec les modérateurs et administrateurs seront écartés.

Plus de pouvoir à la communauté

Voila pour ce qui est d'avoir des échanges plus sincères, mais pour cela nous allons avoir besoin de vous. Pendant ces sept années, plusieurs d'entre vous ont eu des droits de modérateurs et je les en remercie, même si ces derniers temps les attaques de spammeur ne nous avaient pas permis de vous conserver ce rôle au sein de la communauté, ce sera bientôt rétablit. D'ailleurs, n'hésitez pas à proposer votre candidature dans les commentaires (pas en message privé pour la transparence).

Depuis longtemps également, vous étiez quelques uns à souhaiter pouvoir créer des groupes à l'intérieur des membres. Groupes géographiques ou groupes d'interêts culturels, cette fonction existe, mais nous avons préféré ne pas diviser le groupe tant qu'il était peu important, peut-être est-ce l'occasion de les mettre en place, à vous de nous dire.

Lire la suite...

La dure réalité des lanceurs d'alerte

Ils sont courageux, ont soif de justice et d'équité. Les lanceurs d'alerte, ces personnes faisant partie de l'administration ou de grandes entreprises et qui ont un jour voulu dire stop à la corruption, aux abus de biens sociaux et autres pratiques douteuses font partie intégrante du paysage médiatique moderne. Voici une sélection pour ceux qui souhaiteraient approfondir ce sujet.

Si cette démarche citoyenne est louable, ceux qui n'arrivent pas à donner une ampleur médiatique à leurs combats se voient vite sanctionnés par ceux qui les embauchent. Ainsi de nombreux courageux anonymes sortent largement égratignés par leurs démarches. Véronique Moreau, journlaiste à RFI, est allée à la rencontre de lanceurs d'alerte.

"Ils ont été lanceurs d'alerte et ils ont tout perdu..." une enquête dans l'intimité de ces citoyens qui n'ont pas hésité à prendre des risques pour l'éthique.

Ce reportage de Véronique Moreau et Marc Minatel a été diffusé le 3 Juin 2014 sur RFI

"En matière de sécurité, une des plus commune faille de sécurité c'est l'interface entre la chaise et le clavier, autrement dit l'être humain"

Si vous étiez tenté de dénoncer des pratiques inciviles, mieux vaudrait prendre quelques précautions pour vous protéger en ligne comme hors-ligne. C'est pourquoi nous vous recommandons vivement de mettre dans vos favoris le "Kit de Survie numérique" mis en ligne par Reporters sans frontières pour protéger votre présence sur Internet.

Ainsi que "Security in-a-box", un guide qui dispense lui de nombreux conseils sur les précautions hors-ligne, comme ne pas orienter votre écran vers vos collègues, ne pas multiplier le nombre de clefs pour accéder à votre bureau, etc...:


Côté lecture, voici quelques ouvrages que l'on vous conseille :

"La femme qui en savait vraiment trop" par Stéphanie Gibaud, éditions du Cherche-Midi, Paris, février 2014

"Septembre 1999, Stéphanie Gibaud est embauchée chez UBS (Union des banques suisses). Elle ne ménage pas sa peine pour organiser des événements à l'attention de clients et de ceux qui pourraient le devenir. Son employeur n'ouvre ses portes qu'aux personnes pesant plusieurs millions d'euros.

Juin 2008. Sa supérieure hiérarchique surgit dans son bureau. Celui du directeur général d'UBS vient d'être perquisitionné et l'on exige qu'elle efface de son disque dur tous les fichiers contenant le nom des clients et de leurs chargés d'affaires. Stéphanie Gibaud refuse..."

"Lanceurs d'alerte - Les mauvaises consciences de nos démocraties" par Florence Hartmann

"Traîtres pour les uns, héros modernes pour les autres, les lanceurs d'alerte défient le système en dénonçant ses turpitudes. Ils ne veulent pas le casser mais l'améliorer, transgresser pour mieux consolider le subtil et fragile équilibre de la démocratie, quitte à révéler des informations parfois extrêmement sensibles, à provoquer des crises politiques. Leur arme : la vérité, preuves à l’appui. Mais une vérité pas toujours bonne à dire. Du coup, ils divisent. Leur sacrifice pour le bien commun suscite la suspicion ou, à l’inverse, le respect – à l’image des dissidents d’antan, adulés par les uns pour avoir dénoncé les dérives des autres mais voués aux gémonies par ceux dont ils exposent les abus. Personnages tragiques par excellence, beaucoup ont été immortalisés par le grand écran..."

"D." par Robert HARRIS aux éditions Plon

"Ils ont menti pour protéger leur pays. Il a dit la vérité pour le sauver.
Un roman historique captivant dans le Paris de la Belle Époque par l'auteur de Fatherland.

Paris, janvier 1895. Par un matin glacial, un officier de l'armée, Georges Picquart, assiste devant vingt-mille personnes hurlant « À mort le juif ! » à l'humiliation publique d'un capitaine accusé d'espionnage : Alfred Dreyfus.

Picquart est promu : il devient le plus jeune colonel de l'armée française et prend la tête de la section de statistique – le service de renseignements qui a traqué Dreyfus.
Dreyfus, lui, est condamné au bagne à perpétuité sur l'île du Diable, il n'a le droit de parler à personne, pas même à ses gardiens, et son affaire semble classée pour toujours."

Lire la suite...

Les Google glass (qui ne sont finalement que des smartphones en forme de lunette) cristallisent les peurs, incarnent notre pessimisme envers les nouvelles technologies...Si les lunettes se mettent à filmer, c'est que la fin du Monde est proche.

Les gens en règle générale sont très méfiants envers le fait d'être filmés, pas trop d’être écoutés. Rares sont les gens qui tiquent lorsque vous trimballez des micros, tant mieux pour la radio. Mais dès lors que vous voulez capter leur image, alors la négociation s'engage.

« Finalement la forme prime sur le fond »


Anecdote marrante, plus votre dispositif de micro est important et plus on vous demande ce que vous filmez. Puisque je vous dis que je fais de la radio ! Ce qui est frappant dans cette réaction, c’est cette question du dispositif et de sa visibilité. Plus l’appareil est visible ou imposant, plus la menace est forte pour celui dont l'image est en train d’être captée, enregistrée, archivée. Nous qui passons notre temps à photographier, filmer, publier et identifier nominativement sur les réseaux, sommes inquiets lorsque c’est à nos dépends. Vous allez me dire normal, je vous répondrai pas tout à fait.

Que feriez-vous si un homme s'approchait caméra tendue dans votre direction vous affirmant :
« C'est juste une vidéo ! »

L'homme qui a tourné cette vidéo se fait appeler SurveillantCameraMan. Je ne vais pas vous inventer sa biographie, il n’a ni site, ni Facebook, juste une chaîne Youtube. Peu importe qui il est, c'est sa démarche qui est intéressante.

Pour ceux qui ne parlent pas anglais, voici le verbatim de l’échange avec le deuxième personnage de la vidéo, celui qui sort du supermarché pour prendre son vélo :

« - Qu’est-ce que vous faites ?
- J’enregistre une vidéo.
- Une vidéo de quoi ?
- Juste une vidéo.
- Pourquoi vous me filmez ?
- Pourquoi pas !
- Parce que j’ai l’habitude de faire attention à qui me filme.
- Vous sortez de l’épicerie ?
- Oui.
- Il y a des caméras dans cette épicerie »


« It’s just a video »

Les caméras de vidéosurveillance se sont tellement installées dans notre paysage que nous ne nous rendons plus compte de leur présence. Mais incarnez-les, et vous ferez les frais (comme ce caméraman) d’une sorte d’agressivité, légitime certes, de la part de vos contemporains. Nous serions donc plus offusqués d’être filmés de manière ponctuelle et affichée, plutôt que de manière constante et plus ou moins cachée.

          « Finalement, la fourberie est moins grave que la franchise »

Pourtant, il est à parier que notre avis sur la question reste le même, nous tenons à notre intimité.
Si nous approchions le million de caméras en France en 2012,
il est plus sûr de dire que les ventes de sweats à capuche ont littéralement décollé plutôt que de compter le nombre d'actes d'incivilité évités grâce aux caméras...La peur n'évite pas le danger.

« Don’t Be a GlassHole »

On ne compte plus le nombre d’agressions subies par les utilisateurs de Google glass. Ce dispositif capable de filmer tout ce que vous regardez, comme CameraSurveillanceMan, pose effectivement la question du respect du droit à l’image et bien d’autres que je ne détaillerai pas ici. Mais comme toujours avec la technologie, un outil n’a d’intention que celle que lui confère l’utilisateur. L’imprimerie a finalement inventé le journalisme, comme la publicité, qui s’opposerait à l’invention de l’imprimerie ?

       « Finalement, la publicité c'est utile »


Un jeune artiste néerlandais, Sander Veenhof, a eu l’ingéniosité de penser que si les lunettes Google étaient un problème pour la vie privée, elles pouvaient également être une partie de la solution.


En croisant les capacités des lunettes Google de se situer dans l’espace (géolocalisation) avec la cartographie des caméras de surveillance (renseignée par la communauté d’OpenStreetMap),
Sander Veenhof fait un pied de nez aux détracteurs des lunettes intelligentes et permet à ses utilisateurs de ne pas être filmés. Reste ce moment gênant devant le miroir...


« The Entire History Of You »

Filmer est une chose, archiver, stocker en est une autre. Si vous cherchez une série de qualité à regarder (et que vous avez un peu le moral), je vous conseille vivement de vous procurer la série produite par la BBC “Black Mirror”. Trois épisodes “Techno-pessimistes” par saison, trois scénarios indépendants, réalisés par trois réalisateurs différents... Une merveille d’anticipation où on se dit après chaque épisode que c’est la première fois qu’un tel scénario est exploité, une bouffée de fraîcheur pessimiste.

Si cette série anticipe différentes voies de notre avenir connecté, c’est l’épisode trois de la deuxième saison qui illustre le mieux le sujet dont on parle ici.


Résumé de l'épisode : Un jeune homme passe un entretien d’embauche, aussitôt terminé, il appuie sur une sorte de puce insérée sous sa peau au niveau de la nuque. Puis, rembobine le film de son entretien professionnel, zoome, ralentit et se repasse la scène pour mieux décrypter ce qu’il vient de vivre. Bientôt, ce qui pourrait se révéler pratique va devenir vite problématique, lorsqu’il rejoint sa petite amie. Cette dernière est accompagné d’un ancien amour de jeunesse...

Je ne vais pas spoiler l'épisode (en raconter la fin), mais finalement le pire n'est peut-être pas tant dans le fait de capter les moments de notre vie, le pire est certainement d'en archiver chacun de ses recoins, même les plus sombres. Comme on fait son deuil, nous devons pouvoir ne pas buter éternellement sur nos échecs pour pouvoir avancer. Ne pas nous sentir espionnés, contrôlables sur chacun de nos actes.

En effet, si " la forme prime sur le fond ", " la fourberie est moins grave que la franchise " et " la publicité c'est utile ". Serions-nous donc " humains trop humains " ? Nous sommes complexes et contradictoires,  nous avons autant droit à l'erreur qu'à l'oubli. Un droit de l'oubli devant lequel la Cour européenne vient de faire plier le géant Google.

Lire la suite...

Internet, un monde d'Archives

Cambridge in the hard drive par Alex Pang


On parle à tort de virtualité lorsqu'on parle d'internet et pourtant toutes nos informations (qui ne sont pas virtuelles, mais dématérialisées), sont inscrites sur des supports physiques, qu'il soient disques durs, serveurs ou encore cloud. Toute information pour être accessible a besoin d'être stockée, mais qu'est-ce qu'une information stockée, sinon une archive ? Ou comment un incident mineur m'a amené à me poser des questions majeures.


Il y a quelques semaines, j'ai eu le désagrément de perdre un disque dur entier. Six cents gigaoctets de données, de choses qui m'étaient chères, une partie de mon histoire culturelle envolée. Si ça avait été la première fois, je vous aurais fait une longue litanie sur ce sentiment étrange que l’on éprouve à ce moment-là. Proche, mais pas comparable à la sensation d’une famille ayant vu son foyer brûler, vos archives sont, contrairement à vos meubles, dupliquables.

Beigbeder écrivait "l'amour ne dure que trois ans", votre disque dur risque lui de se faire la malle juste après votre dulcinée.”

Selon Backblaze, un spécialiste du stockage en ligne, au bout de quatre ans d’utilisation permanente, 20 % des disques durs sont tombés en panne. Au bout de six ans, ce chiffre atteint les 50 %. Bien sûr, les sites de stockage en ligne ont tout intérêt à nous faire comprendre cette réalité puisqu'ils sont un début de solution à ce problème. Le cloud (le fait de stocker sur des serveurs en ligne plutôt que sur votre petit disque dur), et sa redondance (le fait de dupliquer les  informations pour les sécuriser), est donc envisagé par tous, même les entreprises.
Fini l'achat et la maintenance des serveurs en interne, au risque d'ailleurs de saturer un réseau d'entreprises qui passe son temps à envoyer les données à sauvegarder. On externalise, on fait valoir la clause de contrat en cas de problème pour être indemnisé, mais comme dans le cas de la maison brûlée, qui peut donner une valeur à un fichier que vous êtes le seul capable d’estimer ?


Il y a donc des données personnelles, sensibles, qu'il nous faut conserver individuellement. Et puis il y a les données patrimoniales qui doivent être sauvegardées, et plus encore, mises à disposition. En effet, quel meilleur moyen de sauvegarde que celui de permettre à tous de conserver une copie de l'histoire commune ?

Si nous pouvions nous satisfaire, il y a maintenant quatorze ans, de l'idée géniale de Jimmy Wales de permettre à tous de partager son savoir via Wikipedia, il faut bien avouer que c'est maintenant aux gouvernements de mettre en place la prochaine étape, celle de l'accès aux données publiques, l'opendata. Un moyen pour le citoyen d'accéder aux archives de la ville, évolution de la démographie, consommation d'eau, utilisation des dépenses publiques.

 


Si vous vous intéressez à l'évolution de l'Open-Data dans le monde allez voir sur le site "Open Data Census".





Encyclopédie, informations publiques, reste encore la difficile question de la mise à disposition des données économiques d'entreprise et scientifiques, qui on sait, sont souvent pour ceux qui les génèrent  les raisons de leurs bénéfices. Mais la Culture ?

La culture n'échappe pas à ce raisonnement. Ceux qui produisent de la musique, des films, des photos sont financièrement dépendants de la vente de leurs créations, désormais numériques. L’accumulation des ces données propriétaires constitue et constitueront le futur de notre histoire culturelle. Voilà encore des données importantes à stocker en ligne. Ces données, encore sous droits d'auteur, sont actuellement stockées et disponibles via les médiathèques ou via des services payant comme Spotify ou Netflix. ?
En fonction des législations, ces productions culturelles, tombent un jour dans le domaine public. En restant très approximatif, comptez entre 50 et 70 ans après la mort de son auteur.


"Il faudra attendre pour écouter les Beatles sur le site de la BNF"


Blague à part, la BNF a commencé, fin décembre, à mettre une partie de ses archives en ligne sur Youtube et Dailymotion. Plus surprenant, on se rendra compte que ces archives sont en fait en vente sur Itunes, certainement un moyen de payer le coût de la numérisation.

Trois belles initiatives de mise à disposition d'archives :

Archive.org (qui héberge entre autres la fameuse "Wayback machine"). Archive.org est un site participatif qui héberge des contenus (audio, vidéo, textes, photos ou encore logiciels) en creative commons, c'est-à-dire à disposition du public. C'est un gouffre, on y trouve tout et rien. Pour la petite histoire, le site, hébergé en Californie s'est largement inspiré de la mythique Bibliothèque d'Alexandrie. C'est tout naturellement que le miroir du site a été installé dans cette même ville, dans la "nouvelle" Bibliotheca Alexandrina.

UbuWeb est un site longtemps resté confidentiel et pourtant fondé en 1996. On y trouve historiquement de la poésie visuelle puis sonore. Ce site est devenu petit à petit le site d'archives de l'avant-garde créative. On y trouve du Marcel Duchamp, Laurie Anderson, Jean-Michel Basquiat ou encore John Cage. Les archives y sont parfois légales, parfois non, une situation assumée par ses créateurs qui affirment rendre service en mettant à disposition des éléments rares, souvent introuvables ailleurs, et retirables du site sur demande des ayants droit.

Culturalequity.org est un site fondé par Alan Lomax, musicologue et homme de radio ayant sillonné le globe à partir des années 30 pour enregistrer, documenter de façon sonore les 'bruits' de la planète. On y trouve surtout des pépites de la musique afro-américaine, mais aussi des Caraïbes, du Maroc ou encore de la Russie. Une mine d'or !


"It still remains for us to learn how we can put our magnificent mass communications technologyat the service of each and every branch of the human family." - Alan Lomax"


La plus lucide démarche institutionnelle revient sans nuls doutes au Rijksmuseum d'Amsterdam et à son site Rijksstudio. Un site mettant à disposition plus de 150 000 photos (haute résolution) d’œuvres d'art. "Nous sommes une institution publique et donc les objets et œuvres que nous détenons sont, dans un sens, la propriété de tous" déclarait Monsieur Dibbits, directeur de la collection du musée.

Non content de mettre à disposition, là ou certains restreignent l'accès, le Rijksstudio facilite le partage des œuvres et vous encourage même à les utiliser pour vous faire, par exemple, une coque de téléphone portable à partir d'un tableau de maitre.


On voit donc qu'il y a différents enjeux quant à l'archivage, dans un premier temps, et à la mise à disposition de la culture sur Internet, dans un deuxième, avec toutefois des approches différentes. Qu'elle soit légaliste (Archive.org), pluraliste (Ubuweb), désintéressée (Culturalequity) ou tout simplement maline (Rijksstudio).


Car la question des archives demande une démarche, ou tout au moins une discipline. Les archivistes de métier le savent bien, on ne peut pas tout archiver. Et d'ailleurs, quelle est la valeur de nos archives,  actuellement plus qu'exhaustives, si nous ne les renseignons pas (les fameuses métadonnées), si nous ne les hiérarchisons pas et enfin si nous ne les vérifions pas ? Une démarche proche de la fonction de journaliste, mais “déconnectée” du rythme effréné de l’actualité.

Ces disques durs, ces serveurs, dont la taille ne cesse d’augmenter, ont besoin d’être alimentés en énergie. Comme on peut le voir dans la vidéo précédente, même le charbon est envisagé en 2014. Il faut donc se pencher sur le coût énergétique de toutes ces sauvegardes. Si la plupart des géants d’Internet se sont posé la question de la responsabilité environnementale de leur pratique, l'économie d’énergie est actuellement plus souvent visée dans une logique de coût financier que de réelle empathie environnementale.

La question de l’archivage nous concerne tous, que ce soit de manière personnelle ou professionnelle,  cette dernière constitue le socle de notre transmission culturelle. Pourtant, on voit bien que les institutions peinent à franchir le pas de la mise à disposition. Elles se reposent souvent sur des entreprises privées, pour la numérisation autant que pour le stockage. Un paradoxe, au vu du scandale des collectes d’informations de la NSA (Agence de sécurité américaine) , qui montre l’état américain en train de dépenser des sommes colossales pour stocker, lui, des informations personnelles et privées sur les citoyens.

Edit : Au moment où je publie cet article, j'apprends que le fondateur du système Peer-to-peer Bittorrent vient de mettre en place une solution, cryptée, non-intrusive et gratuite de Cloud en ligne, ça s'appelle Bittorrent Sync.

Lire la suite...

Ruée vers la vidéo


Des stars de Youtube en passant par la télé connectée, on parle beaucoup de la vidéo et du web en ce moment. Il est peut-être temps pour vous de consacrer une partie de votre veille à ce nouvel eldorado de l’information en ligne.

Voila une chronique qui va vous faire détester votre fournisseur d'accès. Lorsque l'on parle de vidéo sur Internet, il faut d'abord se poser la question de la qualité de la connexion, de son débit. Si nous avons la chance, dans les pays du Nord, de zapper d'un contenu vidéo à un autre, la vidéo dans les pays du Sud n'est en rien une évidence. D'ailleurs, quant on cherche en ligne des données sur la qualité de la connexion sur le continent africain, tout d'un coup ça coince. J'ai quand même fini par trouver cette carte de la "population Internet" et de sa pénétration. Une carte qui affiche clairement la disproportion existante entre hémisphère Nord et Sud.

Sans titre

Basons-nous alors sur l'expérience, en l’occurrence, la mienne. Si regarder une vidéo sur internet est faisable à Dakar, à Yaoundé, ou à Antananarivo (je parle volontairement des grandes villes, pas des pays), oubliez tout de suite cette idée si vous êtes à N'Djamena ou encore à Ouagadougou tant l'expérience risque de vous paraître douloureuse. Pour télécharger un film depuis la capitale malgache sur Megaupload (à l'époque), comptez un peu plus de 365 jours. Au vu de l'électricité dépensée, l'achat en boutique s'avère plus rentable, d'autant plus que c'est souvent une version pirate.

 

"Traiter Dailymotion et Youtube comme ce qu'ils sont, aussi, des réseaux sociaux"


Pour découvrir des vidéos en ligne, la règle numéro un, c'est de traiter les plateformes vidéos comme ce qu'elles sont, c'est-à-dire comme des réseaux sociaux. Beaucoup d'utilisateurs ne voient Youtube ou Dailymotion que comme des endroits de stockage. Créez-vous un compte, suivez vos artistes préférés, mettez vos vidéos en favori pour les retrouver et surtout perdez-vous. En suivant toutes ces recommandations, vous découvrirez quelques petits comptes mettant en ligne de véritables pépites. C'est notamment et avant tout très vrai pour la musique.

 

C'est vrai qu'on trouve beaucoup de musique sur Youtube, c'est même le catalogue musical le plus riche en ligne, bien loin devant les offres musicales payantes en ligne type Spotify. Youtube a d'ailleurs annoncé récemment son envie de mettre en place un accès premium payant pour les vidéos musicales.

Des services dédiés à l'agrégation de vidéos en ligne

 

J'en ai testé plusieurs, certains ont d'ailleurs disparu sans plus d'explications, comme Plizy, projet initié par Jonathan Benassaya (co-fondateur de Deezer). Je vais donc me concentrer sur deux services très différents mais que j'utilise quasi-quotidiennement: ShowYou et Watchup.

 

ShowYou est un service mobile (IOS et Androïd) désormais disponible en ligne qui va vous permettre de trier vos réseaux sociaux pour n'en conserver que les contenus vidéos qui y sont partagés. Fini les photos de Thiep sur Instagram, fini les réflexions semi-profondes de vos amis passés à deux doigt d'être écrivain. Vous voulez de la vidéo, vous n'aurez que cela. Par ailleurs, vous pouvez vous abonner (gratuitement) à des contenus pré-sélectionnés allant de National Geographic, la chaîne animalière, Funny Or Die, la chaîne humoristique de Will Ferrel, ou encore AP, l'une des plus anciennes agence de presse dans le Monde... J'ai vérifié, 1846.

 

Mon deuxième exemple est né dans le cadre de la formation orchestrée par la Knight foundation, formation que Marie-Catherine Beuth vient de terminer (je suis sûre qu'elle aura le même succès avec son projet Newstap.es), et s'appelle Watchup. Une application qui n'est malheureusement disponible pour l'instant que pour les détenteurs d'Ipad, mais Oh joie, c'est en français.

 

Watchup est donc le "bébé" D'Adriano Farano, fondateur de café Babel (un des vétérans des pure players) passé évidemment dans l'Atelier des médias il y a quelques années. Watchup va vous fabriquer et vous délivrer à l'heure de votre choix votre journal télévisé, sur mesure, pluraliste, en regroupant des contenus vidéos venant de nombreux médias traditionnels, le tout rangés par pays. Vous pouvez notamment vous abonner à France24, RFI, Le Monde, ou Mediapart.

Watchup travaille déjà à son implémentation dans les lunettes Google comme en témoigne une de leurs vidéos mise en ligne.

France24, RFI, Le Monde, ou Mediapart en vidéo

 

Si j'ai cité ces quatre médias, c'est volontairement, ce sont soit des médias traditionnels soit des médias peu portés sur la vidéo désormais passé à l'ère de la convergence. Je le disais au début, il y a un véritable engouement pour la vidéo et ce n'est évidemment pas sans raison. Eric Scherer et son blog Metamedia vous l'expliquera mieux que moi, mais voici les raisons qui me viennent à l'esprit.

La première, c'est l'arrivée des tablettes, un écran vidéo individuel, pouvant vous accompagner la ou la télé ne le pouvait que difficilement, dans le bain, en cuisine, voire aux toilettes...Tiens, comme le poste de radio. Un écran qui sert autant au flux, qu'aux contenus à la demande et qui vous permet en plus d'interagir avec le programme, ça s'appelle la social TV.

La deuxième raison est financière, comme en témoigne ce récent contrat entre Youtube et Publicis, la vidéo ça se monétise, ça gagne de l'argent. Si certains prédisent des années de difficulté pour la télévision mise à mal par l’internet. Ce qui est sûr c’est que la vidéo continue à nous rendre captif, passif et qui dit captif et passif dit spots de publicités, et ça tous les médias l'ont bien compris.

 

Bonus Sérendipité

 

En préparant cette chronique, je suis tombé sur cette vidéo que l'on regarde comme une VHS aux couleurs passées... On y appréciera la coupe de cheveux de Nicolas Voisin, le pull de Davanac, ainsi que les obsessions de Philippe Couve, Benoit Raphael et Michel Mikiane Levy-Provençal, c'était en 2007.


Debat > L'Avenir des Médias (six35 & PoliTIC'Show) par politicshow

Lire la suite...

Apprendre le code en ligne

Cette semaine sortait Dash, un site pour apprendre le HTML en ligne. L'occasion pour moi de vous décomplexer par rapport à ce langage Ô combien utile de nos jours et Ô combien accessible au plus grand nombre.

 

Si vous êtes nés avant les années 80 et que vous avez étudié en France,  je peux dire, sans trop me tromper, que vous avez certainement eu un rendez-vous manqué avec les langages informatiques. C, Pascal, Fortran, COBOL, autant de langages de programmation que l’école française a voulu nous enseigner au lieu du langage de marquage qu'est le HTML. Un peu comme si l'éducation nationale avait voulu nous apprendre à construire une voiture alors que nous voulions juste la conduire. Eh bien il n'est jamais trop tard pour apprendre.

WIKI : L’Hypertext Markup Language, généralement abrégé HTML, est le format de données conçu pour représenter les pages web. C’est un langage de balisage permettant d’écrire de l’hypertexte, d’où son nom

 

A mon sens, il n'y a pas de langage ayant aussi peu de vocabulaire étant capable de donner autant de variations. Pas de conjugaison, pas de verbes irréguliers, pas de plus-que-parfait du subjonctif... Rien, ou presque. Gras-italique-centre-taille-lettres-lien-image-largeur voici quelques uns des mots que vous connaissez déjà et qu'il va tout simplement falloir traduire en anglais.Et d'ailleurs pour l'instant ce sont plutôt les sites anglophones qui permettent d'apprendre le HTML.



On a déjà parlé ici du site du zéro, une référence francophone en ce qui concerne l’apprentissage du HTML, maintenant le site s'appelle OpenClassrooms et est jusqu'ici le meilleur MOOC français pour se plonger dans cette discipline. Mais si il faut bien reconnaitre le potentiel incroyable des cours disponibles en ligne, certaines initiatives me laissent pantois.

Il y a deux ans, deux jeunes diplômés de l'université de Columbia ont crée CodeCademy, un site interactif vous permettant d'apprendre le Python, le PHP, le JavaScript, Ruby et bien sûr le HTML en quelques clics. Une méthode ludique qui fera date et qui a inspiré d'autres personnes puisque cette semaine est sorti Dash, un site qui s'inspire du premier en l'améliorant.


J'ai testé les deux cette semaine et les deux ont une une approche un peu différente.

 

Sur CodeCademy, vous avez plus de langages disponibles, PHP, Javascript, Ruby, python et bien d’autres langages. Lorsque vous commencez un cours, une interface s’ouvre avec, à gauche, une courte leçon dans laquelle vous allez apprendre pas à pas chacune des instructions et ses quelques règles. A droite se trouve un espace pour rentrer du code, ainsi qu’une prévisualisation du résultat, vous permettant de tester ce que vous venez d’apprendre en laissant libre cours à votre imagination. Vous pouvez même proposer vos services pour ouvrir un autre cours. Pour avoir scruté pas mal les forums, je peux vous dire que la plupart des gens disent beaucoup de bien de CodeCademy, même les gens les plus pointus dans le domaine. A priori certains cours sont un peu plus faible que d'autres, si vous en avez fait l'expérience merci de le partager ici dans les commentaires.

 

 

Sur Dash, on vous explique tout en vous faisant faire un exercice pratique, celui de créer un site pour un client. La force de Dash, c’est de vous montrer qu'avec des instructions très simples on peut faire des choses assez surprenantes...Les exercices sont teintés d’humour et d’encouragements, on va par exemple comparer la description de la structure du texte avec la description de la structure d'une pizza :
Taille-pizza: large

épaisseur: fine

type: anchois

 

Au fur et à mesure des exercices, on se rend vite compte qu’en apprenant le HTML, en réalité, on ouvre une véritable boite de pandore vous encourageant à apprendre bien d’autres langages Si ça donne un peu le vertige, c'est un très bon moyen pour avoir le déclic.


Alors, êtes vous décidé(s) à commencer ?

 

Si vous êtes prêt à vous lancer dans le grand bain, voici quelques liens (en anglais) pour vous plonger dans l’apprentissage du code en ligne :

 

Bentobox (Une page d'accueil pour trouver toutes les ressources en ligne disponible)

Don't Fear the Internet (Une série de vidéos drôles avec des conseils utiles)

WebPLatfrom.org (le projet Mozilla de ressources en ligne)

HTML and CSS: Design and Build Websites (Si vous avez besoin d'un livre de chevet)

 

Mise-à-jour du 23/10/2013:

 

Suite à quelques échanges après la diffusion de ce billet (d'ailleurs merci à tous de l'avoir fait circuler), j'ai découvert CodeCombat (Merci Mathieu Bertolo).

Dans codecombat, vous êtes plongé dans un jeu d'heroïc fantasy (un peu à la Zelda) pour apprendre le Javascript. Si tant est que vous n'avez vraiment pas l'impression de commencer à apprendre quelque chose. S'inspirant des jeux classiques du genre, vous devez choisir votre personnage, son nom et la couleur de son chapeau, et vous vous lancez dans votre quête à l'intérieur du dédale d'un château.

 

C'est là ou ça se complique, un des personnages, plutôt que de se jeter sur l'ennemi, prend la mauvaise direction et se retrouve coincé au bout d'un cul de sac. Une fenêtre de code s'affiche, à vous de modifier son contenu, pour que le fantassin se jette sur l'ogre...Je ne sais pas vous, mais j'ai toujours adoré ce genre de quête, et si il faut passer par le fait d'apprendre Javascript plutôt que d'erer au travers d'une carte pour sauver la princesse, cela à tout autant de sens.

 

En Combinant l'apprentissage à l'univers du jeux vidéo, il est à parier que Codecombat réussissent à séduire soit les plus nostalgiques, soit les plus jeunes d'entre nous. En tout cas, jamais apprendre n'a été aussi jouissif.

Lire la suite...

Digitale Radio Libre

Alors qu'on aurait pu croire le vieux média radio boudé par les branchés d'internet, j'ai déniché pour vous trois nouveaux programmes radiophoniques dédiés entièrement à la culture numérique.

 

Ce n'est plus une nouveauté, que ce soit la presse, la radio ou la télé, tous ces médias ont trouvé un moyen de refléter ce qui se passait sur Internet. Les chroniques "Zapping du web" et "Revue de tweets", etc... fleurissent, voire préfigurent de ce que sera le marronnier du futur.

Opportunisme éditorial, volonté de rajeunir l'auditoire ou de remplir l'antenne, cette démarche est, à mon sens, aussi utile que sont les "Top 10 sur" internet; des productions faciles à fabriquer mais à faible valeur nutritionnelle...Par ici la malbouffe !

C'est donc avec une joie immense que j'ai podcasté trois émissions radio toutes dédiées à la culture web, ou plus précisément à ses épiphénomènes. Et ce qui me réjouit encore plus, c'est que ces trois programmes sont animés par des, dirons-nous, natifs numériques. La "crème" parisienne du web s'empare d'un support qui m'est cher, la radio. Il y a encore peu, assistant à la naissance des pure players en France, je me disais que la radio n'a pas perdu de son intérêt mais qu'elle n'attire plus, hélas, ceux qui constituent la jeunesse créative d'aujourd'hui...J'étais dans l'erreur et ça fait du bien de se tromper quelques fois.

Touche Pas à mon Poke :

 

Premier programme dont je veux vous parler, c'est le rendez-vous lancé ce week-end dernier par la chaine Le Mouv' et présenté par Vincent Glad.

Vincent Glad, c'est cet "adulescent", ce monsieur Twitter que vous avez pu apercevoir sur le plateau du Grand Journal de Canal Plus. Un garçon brillant qui signe de bons papiers pour Slate et qui déclarait déjà en 2008 "Le live blogging c'est ringard" chez BienBienBien.

Sa nouvelle émission, pour la chaîne jeune et désormais digitale du groupe Radio France, s'appelle "Touche pas à mon poke" (#TPMPK).
Il y parlait du transfuge des stars des plateformes vidéos (type YouTube et Dailymotion) vers la télé. Un sujet clairement d'actualité que l'on aurait bien voulu traiter ici à l'Atelier sans jamais trouver le temps nécessaire.


Mon avis :
Le Mouv continue son opération séduction envers Les Geeks, et transforme relativement l'essai. Vincent Glad est à l'aise, l'entretien travaillé. Toutefois attention aux chroniqueurs, les meilleures blagues sont souvent les plus courtes. Donc bonne chance à ce nouveau programme!


Studio 404 :


Pour rappel, la page 404 c'est cette page qui vous arrête en plein surf lorsque votre navigateur web n'arrive pas à trouver la page que vous cherchez. L'équivalent web d'un mur pour un crash test dummies. La page 404 a aussi été le quotidien des internautes tunisiens sous la censure de Ben Ali, une censure à laquelle les tunisiens avait donné le doux prénom de "Ammar 404".

 

Donc Studio 404, l'émission, rassemble un collectif de "Twittos influents" (Misspress, DazSylvain Paley et FibreTigre) autour de la personnalité de "Monsieur Lâm",  le mec qui tient un blog de fille...(Tiens tiens, lui aussi est passé par BienBienBien).

Dans cette émission, un thème lié au numérique y est décliné sous quatre angles pour une durée d'environ une heure. Ça tangue agréablement entre la franche camaraderie et l'humour potache, mais toujours avec des propos intelligents.

Mon avis :

L'équipe qui compose Studio404 est vraiment intéressante, l'humour est acide et fin, les sujets sont bien préparés par chacun des intervenants, on sent vraiment une bonne ambiance. On en sort grandit et diverti...Bémol sur le générique, enfin bon, les gouts et les couleurs...Sinon, Chapeau !




Voila ce qu'en dit son inventeur, Monsieur Lâm :

Oh Browser :

Les familiers de l'émission itinérante "La chambre à air" sur Radio Campus connaissent déjà une bonne partie de l'équipe de Radio Marais. Xavier Faltot et Damien Raclos, pour n'en citer que deux, sont à l'initiative d'une radio déjà bien structurée, avec une grille alternative, alléchante et affirmée : talkshow , libre antenne et session musicale en direct.

En ce qui concerne, l'émission dédiée à la web culture, elle s'appelle "Oh Browser" (Ce qui à le mérite de relancer le débat de l'usage des jeux de mots pour un nom d'émission)

"Oh Browser" est présentée par Anne Horel, une artiste "multicienne", ne me demandez pas ce que ça veut dire mais  comprenez qu'elle touche à tout et notamment à sa chatte, dont elle aime abondamment parler.

Mon avis :

C'est de loin le podcast le plus foutraque des trois, mais toute cette équipe autour de Radio Marais est à suivre...On vient ici pour se faire surprendre ou plutôt pour écouter des choses bizarres.

Digitale Radio Libre ?


Impossible quand on entend le ton et l'ambiance de ces émissions de ne pas penser à l'époque des radios libres, pour le meilleur et pour le pire. C'est bordélique mais créatif, pas de censure...absolument pas...Et c'est à mon sens ce qui pousse ces "digitals natifs" à s'emparer du média radio qu'on aime tous ici. Parce c'est un média instinctif, instantané, un média chaud à l'opposé de la télévision et du texte. Aussi réconfortant quand on est seul que fédérateur à plusieurs.

On sent dans ces trois programmes, le besoin d'une génération d'imposer sa culture, ses codes, son humour. Mais ces émissions intelligentes, dont l'approche commune est de traiter de la webculture, pourraient vite vous paraître excluantes.

Mais c'est à vous de jouer car, pour citer Malraux, "La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert".

Lire la suite...

Le Like des signes

On like le dernier article du Gorafi. On like le dernier Kanye West, on like encore et toujours les images de chats…Le like est partout, pas de mal à cela, mais c'est un peu comme si, dans une classe, on encourageait les bons, sans jamais dire aux mauvais qu'ils le sont.

 

Le like une sorte d’injonction au bonheur, une recherche permanente du Happy End. Car oui nous sommes, faibles humains, attirés sempiternellement par les histoires positives…C’est ce que raconte Jonah Berger dans son livre “Contagious, Why Things Catch On”, une sorte de bible de la viralité et du marketing. Il y dit froidement que le sang, la misère etc, sont les plus sûrs moyens pour les médias traditionnels d’attirer l’attention. Mais, en revanche, sur les réseaux sociaux, où nous sommes les médias, nous ne voulons pas passer pour les annonceurs de mauvaises nouvelles. Une histoire, pour qu’elle soit virale, peut être triste, mais il faut au moins qu’elle finisse bien. Mais voila, patatra, plus fort contre plus vite, Deux chercheurs chinois ont scruté minutieusement Weibo, le "Twitt-Book" chinois, et ont découvert cet étrange fait, le sentiment se partageant le plus rapidement sur internet est la colère...Indignez-vous qu’il disait !

 

 

 

"Comment je m'indigne avec comme moyen d'expression le like et l’obligation d’un happy end ?"

 

Vous vous êtes certainement déjà trouvé dans l'embarras de devoir liker l'agression d'une de vos amis dans la rue, voire de liker la peine d'un proche devant la mort, tout cela pour conforter, par compassion... un véritable paradoxe numérique. En ligne, comme hors ligne, les sentiments sont plus complexes que "j'aime" ou "je me tais" !
Il y a le fameux "dislike", le downvote, le “j’aime pas” !

Si indexer son prochain est plus ou moins toléré selon les cultures, il n'en reste pas moins que l'honnêteté est plus profitable au bonheur des autres que l'hypocrisie. C'est ce que certaines plateformes ont compris au grand dam de Facebook, qui, il faut bien l'avouer, a perdu depuis bien longtemps ce petit quelque chose d’excitant. Nous nous y rendons un peu comme le travailleur à la machine à café. De façon utilitaire, automatique et sans l’excitation d’un breuvage d’exception.

 

Revenons en au like, et donc à son opposé le dislike. Ce pouce vers le bas, vous l’avez peut-être remarqué sur les vidéos youtube, mais aussi sur les commentaires de Rue89 par exemple. Le dislike est aux "haters", ce que le like est aux... Bisounours.

Voila une fonctionnalité perturbante à laquelle Marc Zuckerberg nous a plutôt mal habitué. “Je n’aime pas” !

Je vous avoue que la première fois, c’est bizarre.
On ose pas faire de mal à quelqu’un qui, il faut bien le reconnaître, a pris du temps pour poster une vidéo en ligne, écrire un article... Mais il y a tous les autres, ceux qui racontent des âneries, ceux qui sont agressifs, stupides. Fini le temps de la gratification, si nous ne nous informions chaque jour qu’avec les éléments du web ayant obtenu le plus de likes, je pense que je pourrais prédire une extinction de l'espèce humaine de façon bien plus précoce que le plus septique des environnementalistes.(ceci dans la mesure où nous serions bien mal informés)

 

Après avoir passé des années au tri du web, il est temps maintenant de le hiérarchiser !

 

Désormais l'information foisonne, nous la partageons à tour de bras, mais souvent la même, souvent futile. Il est temps que l'intelligence collective, que nous tous constituons, s'emploie à donner de la pertinence aux informations disponibles en ligne. Mais attention, le dislike ne doit pas être un bouton décoratif, une vitrine ghetto des mécontents, le dislike doit pondérer le like. En d’autres termes si une vidéo a 3 likes et 5 dislikes, elle ne doit pas arborer fièrement ses trois victoires, mais être mise au fond de la classe avec son bonnet de -2.

Et c’est le principe appliqué au site dont on entend beaucoup parler ces derniers temps, Reddit. Et oui, parce que sur Reddit, les internautes (à 99,9% haters) sont impitoyables.

L'information a déjà été partagée, on vote vers le bas.
L'information est vieille de plusieurs jours, on vote vers le bas.
Vos propos sont déplacés, on vote vers le bas.

Les gens qui peuplent Reddit viennent ici pour retrouver la fraîcheur et l'utilité du réseau d’antan pour les plus âgés, c’est à dire moi. Ou ils sont tout simplement le reflet d'une jeunesse qui ne se reconnait déjà plus dans les réseaux sociaux mainstream, trop policés, trop prévisibles, et sur lesquels votre mère est votre plus grosse fan.

A la question, qu'est ce qui vous ferait perdre votre envie d'aller sur Reddit, les membres ont répondu dans l'ordre: la pub, le non-anonymat, le fait de retrouver les mêmes infos que partout ailleurs. Fini l'optimisme béat des nouvelles technologies. Après avoir passé des années à, presque exclusivement, se consacrer au tri du web, il est temps maintenant de le hiérarchiser!

 

Indignez-vous qu’il disait.

 

Lire la suite...

Quelques liens pour retrouver le sourire après #PRISM

Crédit Photo : Michael Fleshman

Si les questions que soulèvent l'affaire Snowden/PRISM/NSA sont à prendre au sérieux, vous pouvez compter sur la toile pour faire du pire événement un moment de créativité. Petite sélection :

 

Cette semaine, on s'intéresse, dans l'atelier, aux leçons à tirer en terme de journalisme, de vie privée et surtout de liberté d'expression, de cette terrible affaire survenue au mois de Juin dernier. Faut bien dire que pour tout enthousiaste d'internet, ça a été comme un coup de massue sur la tête, ou plutôt un coup de poignard dans le dos, Google, Facebook, Apple, Skype, Yahoo, Microsoft, tous ont collaboré avec la NSA. La NSA connaît donc désormais tout de vous sur internet, vos amis, vos lectures, mais surtout votre fâcheux penchant pour les photos lascives...de chats. Et comme rien n'est plus explicite qu'un bon schéma, on commence en image :

 

J'avoue, c'est moche ! Hé oui, si les outils ont rendu toute création possible, reste à suivre quelques cours d'histoire de l'art...Oh, pas pour être exposé dans une galerie, mais au moins pour être sûr que personne ne porte plainte pour agression de rétine. Pour tout comprendre du système d'espionnage derrière PRISM, mieux vaut se tourner vers la carte de "la pieuvre" de la cybersurveillance de la NSA faite par le Monde, à défaut d'être graphiquement beau, ça a le mérite d'être très clair et instructif.

 

Et puis un jour, un petit malin, des petits malins se sont dit qu'ils avaient trouvé un sacré jeu de mots :

"Yes We Scan"
(l'utilisation de la typo Comic sans MS est ici volontaire)

 

Disponible également en bavoir pour la modique somme de 16,90 Euros.

Pour rappel, Barack Obama n'est pas l'Homme derrière PRISM, il est tout au pire l'homme qui n'a pas arrêté le programme de surveillance ou fait réviser la loi du "Patriot Act", une loi initiée après la tragédie du 11 septembre.

 

Cela aurait pu donc n'en rester qu'au stade de la simple blague potache, mais l'affiche que vous voyez à droite est devenue pendant quelques temps l'écran de veille de milliers de téléphones portables. C'est la surprise qu'ont pu avoir les fans du rappeur américain Jay-Z, alors que son nouvel album "Holy Grail", annoncé à grands coups de campagne de communication et de partenariat hors du commun, devait très prochainement sortir.

Les plus impatients des fans se sont rués sur une version non-officielle diffusée en amont de la date officielle, la téléchargeant illico. Cette version, quasi-identique à l'officielle était en fait programmée pour changer le fond d'écran le 4 juillet, date de la fête nationale. Opportunisme marketing ou acte politique, on ne sait toujours pas.

 

 

Preuve que l'humour reste le plus grand vecteur de communication, c'est ce coup-ci la très engagées EFF (pour Electronic Frontier Foundation) qui a proposé un nouveau jeu de mot, le PrismBreak. Pour ceux peu familiers de la culture américaine, le SpringBreak, est ce moment de l'année, le Printemps (Spring), où les étudiants américains observent une pause (break), non pas pour jardiner, donner un coup de main à la maison, mais pour boire beaucoup d'alcool, si possible au bord de la plage, en couchant avec n'importe quel inconnu.

Revenons donc à ce PrismBreak, une sélection de liens et d'outils pour retrouver l'anonymat en ligne. Une démarche à saluer avec les deux bras, un lien à mettre dans vos favoris immédiatement. Ici, pas de surprises, le secret réside dans une sélection de logiciels libres, des logiciels appartenant à tous plutôt qu'à de grosses multinationales.

 

http://prism-break.org/

 

On y trouve des systèmes d'exploitation pour PC ou pour smartphone, à notez que si vous avez un appareil IOS ou Windows phone, il ne vous reste plus qu'à changer de téléphone. Mais aussi des Proxys, des plugins d'anonymat, des moteurs de recherches anonymes, des logiciels de chiffrement, des clients de chats, des réseaux sociaux opensource, etc...Quand bien même, croire qu'un individu lambda pourrait se cacher indéfiniment de services spéciaux comme la NSA est une illusion, cela ne facilitera pas leur travail.

"Internaute innocent que vous êtes, la découverte du scandale PRISM n'a en rien changé votre façon de surfer sur le web. Vous alternez recherche sur Google avec post sur Facebook tout en appelant votre famille via Skype..."

 

 

Dark Side of the Prism from Justin Blinder on Vimeo.

 

Je sais, vous n'avez rien à cacher. Mais quand même, ce n'est pas une raison pour se faire espionner. Le plugin "Dark side of the Prism" (développé avec humour par Justin Blinder) va agir tel le paquet de gâteau qui vous taperait sur la main à chaque envie de grignoter, la douleur en moins. Le principe est simple, à chaque service collaborant avec la NSA que vous utilisez correspond une des chansons du mythique album des Pink Floyd "Dark side of the moon". Celles-ci sont jouées automatiquement dans votre navigateur dès que vous utilisez l'un de ces services, de manière à vous rappeler combien vous êtes faible quand il s'agit de prendre soin de vous en ligne. Si la honte et la culpabilité sont pour vous moteurs cela devrait vous remettre dans le droit chemin en moins de quinze jours ;-)

 

Enfin, puisqu’il s'agit de garder le moral, voit d'être combatif, autant le faire en musique, par le biais d'un hymne par exemple. Les pastiches musicaux sur l'affaire Prism sont légions, rarement très drôles, rarement agréables à écouter, souvent opportunistes. Je vais vous faire gagner du temps, si il ne devait en rester qu'un, ce serait celui-ci. Yacht est un musicien talentueux, un bidouilleur electronico-rock presque de génie. Ce dernier s'est associé à la donc incontournable EFF pour faire un appel aux dons. Achetez la chanson de Yacht et vous contribuerez à cette fondation qui protège la vie privée des internautes.

 

http://partyatthensa.com/

 

Le morceau, intitulé "Party at the NSA", imagine les membres de la NSA festoyant 24 heures sur 24 tant les citoyens sont inconscients en matière d'anonymat. Si vous n'êtes pas trop rock, vous pouvez essayer la version Reggae.

 


 

Lire la suite...

Que vous soyez journalistes, communicants ou citoyens connectés, il est fort à parier que vous croulez sous les mails. La rentrée étant l'occasion d'un nouveau départ, voici quelques outils pour alléger cet enfer moderne qu'est devenu la gestion de votre boîte mail. Last but not least, je vous ai mis à la fin un slideshare reprenant en français (traduit par l'Atelier des médias) les très bons conseils de Chris Anderson pour gérer les courriels.

 

Je le confesse, ma première stratégie pour passer de bonnes vacances a été celle de quasiment nier l’existence de mon mail professionnel, mais aussi perso...Résultat, si vous ajoutez les mails de l'année courante moyennement bien traités avec ceux d'un mois d'absence, vous obtenez un petit coin sombre de votre existence, un coin aussi repoussant qu'une cave de film d'horreur. Voici donc quelques outils dénichés pour mettre un peu de lumière dans ce que l'on peut considérer, de nos jours, comme le centre nerveux de votre efficacité au travail. Je précise, au passage, que j'ai dû me concentrer sur les outils disponibles pour Gmail (coucou PRISM).

TRIER :

 

Mailstrom : Il y a du gros œuvre, alors n'y allons pas avec la pince à épiler! Je vous propose ici la version intelligente de la bonne vieille masse. Mailstrom va scanner votre boite mail (cela marche avec gmail et avec plusieurs autres services) puis regrouper vos mails par émetteur, en vous permettant par la suite soit d'archiver, soit de supprimer soit de déclarer l'émetteur comme spam. Selon votre bonne ou mauvaise gestion de votre boite, cela peut vous prendre quelques heures. Mais l'objectif "Zero Inbox" (aucun mail à traiter) venté par le service Mailstrom est une réalité, c'est vraiment cet outil qui m'a motivé à vous faire un article.

 

Unroll.Me : Il est loin le temps ou chaque mail de copains d'avant était une joie, ou tout abonné à votre compte Deezer vous rendait fier, ou vous ajoutiez des newsletters impulsivement ..., Aujourd'hui il faut choisir si cela vous intéresse toujours. Unroll.Me détecte les newsletters et autres mails récurrents et vous propose de les gérer. Pour cela vous avez le choix : soit de vous désabonner (pratique), soit de regrouper toutes vos newsletters en une seule quotidienne, soit tout simplement de laisser un abonnement spécifique continuer d'arriver dans votre boite principale. C'est un outil à apprivoiser, avec lequel on ne se sent pas à l'aise tout de suite, mais qui a l'avantage de faire le ménage dans vos vieux abonnements, de vous redonner l'occasion de consulter des newsletters pertinentes que vous aviez délaissées.

 

VOIR PLUS CLAIR :

 

Si ce n'est pas déjà fait, allez tout de suite activer la fonctionnalité de tri automatique de Gmail apparue au mois de mai dernier. Le tri distingue et sépare les mails de vos contacts, de ceux émis par les réseaux sociaux, les promotions ou les newsletters de façon automatique, vous permettant ainsi de vous focaliser sur les "échanges directs". Pour ceux qui ne l'ont pas activée, hop, hop, hop c'est ici !

Mikey : Va lui aussi regrouper automatiquement les messages de votre boite (sans interférence) puisqu'il va regrouper les contenus, à savoir, les fichiers (en pièce-jointe), les images ou les liens. C'est simple, pratique alors pourquoi s'en priver ?

 

 

 

Il existe une tonne d'autres services pour customiser votre Gmail, J'ai délibérément parlé ici de ceux qui m'ont rendu cette rentrée plus douce et suis toujours ouvert à en découvrir d'autres, alors n'hésitez pas à m'en suggérer d'autres dans les  commentaires.

Du bon usage de la communication par mail


Éloignons-nous un peu de ce "nettoyage d'automne", la rentrée, c'est aussi l'occasion pour de bonnes résolutions. En juin 2011, Chris Anderson (Rédacteur en chef historique du magazine Wired) et Jane Wulf on rédigé un document essentiel et plein de bon sens, 10 Rules to Reverse the Email Spiral. Être court, clair, pas trop de pièce-jointes, autant de conseil qui vont en réalité simplifier la vie de ceux qui vous lisent. Ce document en anglais, nous l'avons traduit spécialement pour vous (Merci Hadia), lisez-le, partagez-le, mais surtout appliquez-le ;-)

Lire la suite...

C'est quoi cette musique ?

Parmi les béquilles d'internet, une me sied plus particulièrement, c'est celle qui vous permet de retrouver/découvrir le nom d'une chanson.

Ne vous est-il jamais arrivé d'avoir un air de musique coincé en tête, sans même arriver à trouver un seul petit indice de la provenance de cette chanson ? C'est ce qui m'est arrivé la semaine dernière alors que Ziad et Moi étions à Perpignan pour le festival Visa pour l'Image. D'abord, je dois vous expliquer que Visa pour l'Image, quand bien même c'est un festival de Photojournalisme, l'un des moment fort de cet évènement, ce sont les projections qui ont lieu le soir. Gradins en plein air, écran gigantesque, brise de début de soirée, et c'est parti pour une heure d'informations photographiques, le tout généralement mis en musique.

Donc mardi, reportage photo sur la crise en Grèce, quelques notes d'une musique que l'on pourrait apparenter au blues, chantée en grec bien évidemment, et me voila sortant mon téléphone intelligent pour tenter d'identifier le morceau. Je n'apprendrai rien au détenteurs historiques de smartphone mais différents services vous permettent d'identifier un air, une musique que vous entendez. A la plus connue de ces applications, Shazam, je préfère Soundhound. A vous de choisir vos outils, en voici quelques uns, chacun ayant sa petite spécificité, possibilité de fredonner ou reconnaissance des paroles par exemple :

Shazam

 

Soundhound

 

MusixMatch

 

Soundsearch

 
Une fois installée, il suffit d'ouvrir l'application et de laisser votre téléphone écouter ce qui se passe autour de vous, l'application va prendre une sorte d'empreinte sonore, la comparer à une énorme base de donnée et vous faire une proposition de résultat (quand c'est facile) plusieurs quand...Quand vous écoutez du blues grec par exemple. La multitude de propositions étant ici un signe quasi garanti d'échec de la reconnaissance.

L'adage dit qu'on ne prête qu'aux riches, et bien là encore ça se vérifie. Shazam (le plus gros service à ce jour) indexe plus de 8 millions de titres. Cela peut paraître énorme, mais au vu de ce que l'humanité a pu créer de mélopées et mélodies en tout genre, c'est bien peu. Vous ne trouverez sur ses services que les artistes ayant des distributeurs habitués aux nouveaux outils de promotion (dont ces services font partie), qui ont du temps et donc de l'argent.

Malgré mon échec, il faut bien reconnaître que ce type d'applications est très efficace pour retrouver un titre récent passant à la radio et surtout c'est une formidable béquille pour la mémoire (encore une). Derrière chaque idée astucieuse se cache un potentiel parfois énorme. Shazam est devenu actuellement un des outils pour sonder les tendances, anticiper les futurs hits, lui conférant un rôle de "prescripteur". Un potentiel qui n'a pas échappé à la télévision et aux applications type "deuxième écran", puisque Shazam depuis son expérience du Superbowl en 2012, est désormais capable de reconnaître par le biais de la musique les spots publicitaires.

Et parce que je n'abandonne jamais, il faut rappeler que quand on a une base de données aussi vaste que celle d'internet, il ne faut jamais se décourager. En faisant une bonne vieille recherche, en mettant les bons mot-clefs, en restreignant la recherche, j'ai découvert que le blues grec s'appelait le Rebetiko, un courant musical né du blues des migrants d'Asie mineure fraîchement débarqués en Grèce dans les années 20. Un courant musical à découvrir notamment via l'article des Inrocks, il est très bien. Tout en écoutant une sélection historique sur Spotify.

 

 

Lire la suite...

Le 7 Mai dernier, le trafic internet en Syrie a disparu pendant près de 24h...Huit jours plus tard, rebelote. A l'autre bout du Monde, un groupe d'activistes connectés tente à distance de désenclaver le pays, mais aussi de permettre la communication à l'intérieur, son nom Telecomix.

Nous avions reçu Kheops (de Telecomix) en 2011, alors que le mot Anonymous était sur toutes les lèvres. Nous avions rencontré un jeune homme calme, vif d'esprit, pour sûr engagé. A l'époque, le groupe Telecomix venait de lancer #OpSyria, une redirection de tous les internautes Syriens vers une liste d'instructions à suivre, un mode d'emploi pour contourner la censure. Puis sont sortis les "Syrians censorship logs", la révélation, le "leak" des journaux de connections censurées, autrement dit des preuves accablantes que l'internet Syrien était, et est toujours, filtré pornographiquement, mais surtout politiquement. Deux ans plus tard, les hacktivistes n'ont pas abandonné les Syriens.

 

Telecomix is a sociocyphernetic telecommunist feminist cluster of internet and data loving bots and people, always striving to protect and improve the internet and defend the free flow of data. Telecomix, just like the Internet, knows no borders technological or territorial.


On le sait, il est très compliqué pour les journalistes de couvrir la zone. On se souvient de l'assassinat de Marie Colvin et de Rémy Ochlik, mais la liste est en fait plus longue, pas moins de 21 journalistes tués depuis le début de la révolte, dont une majorité de Syriens.

Les informations ont donc du mal à sortir de manière traditionnelle du pays et c'est dans cet interstice que les hackers comme Telecomix trouvent leur utilité, combler le vide entre politique, journalisme et entraide autour d'un pays qu'on essaye de mettre sous cloche.

 

Voila donc l’activité publique de TelecomixSyria, si on regarde ces différents tweets le groupe lance l'alerte d'une coupure du réseau Internet, teste les lignes téléphoniques et propose des moyens alternatifs pour se connecter en cas d'urgence...Un rôle qu'ils occupent de façon autonome, spontané, par engagement, conviction, comme chacun de nous peut le faire sur les réseaux sociaux.

Quel État pourrait bien se vanter d'avoir fait de même?

Trop compliqué diplomatiquement, pas d'ingérence, les motifs sont nombreux...Autrefois, les ONGs jouaient seules ce rôle discret de pacificateur de terrain, d'aide aux populations en danger, Ils ont désormais un allié en ligne, multiple, décentralisé et citoyen. On a vu récemment RSF travailler main dans la main avec Telecomix pour une récolte de Modems, et c'est l'Unicef cette semaine qui a énoncé clairement un appel à une décision politique en ce qui concerne la crise en Syrie.


Revenons-en à TelecomixSyria. Remonter leur fil d'actualité est à la fois fascinant et effrayant. Coupures des lignes téléphoniques pour empêcher la coordination des rebelles, coupures nationales d'internet pour les mêmes raisons, mais aussi pour empêcher les informations de sortir comme d'entrer dans le pays. S'ajoute à cela une lutte perpétuelle pour identifier les services webs surveillés par le régime (oubliez Facebook, Twitter ou encore Skype) et enfin déceler les pages contaminées par les hackers pro-régime comme la page de Syrian-martyrs.com. Alertes et propositions d'alternatives constituent le quotidien de ce fil d'informations.


"Tout le monde parle de Cyber-guerre,
mais personne ne parle de Cyber-Paix"

Julien Assange

 

Cette phrase de Julian Assange (le fondateur de Wikileaks) est tirée de l'un des évènements les plus réjouissant que j'ai pu voir à la télé cette année. Comme une piqûre de rappel de ce qu'est Internet, que dis-je un vaccin contre l'internetphobie et c'était sur Arte. Une contre-histoire des internets, c'est le nom référencé et modeste choisi par Jean-Marc Manach et Julien Goetz pour leur documentaire participatif incroyable, j'adore vraiment ce nom et je vouis dit plus longuement pourquoi dasn la séquence audio au-dessus.

Ce documentaire encore visible dans sa forme classique pour quelques temps (dépechez-vous) et consultable en ligne, pour l'éternité, on l'espère. Pendant une heure et demie, se succèdent des témoignages d'acteurs du web, passionnés, programmeurs, entrepreneurs, le tout rythmé par des créations fournis par la foule. A saluer, les licences Creative Commons utilisées pour mettre en ligne un documentaire d'utilité publique.


Plus qu'un simple documentaire historique, c'est bien un documentaire idéologique au sens noble du terme. On apprend ou redécouvre qu'Internet est né de l'envie de chercheurs de mettre la culture en commun à un moment de l'histoire mondiale (la fin des années 60) où les mentalités se déridaient, une empreinte à jamais (croisons les doigts) inscrite dans le génome d'internet. Ne passez surtout pas à côté du site dédié au documentaire, un site comme les rues d'un souk, ou il vous faut un peu de curiosité pour dénicher les pépites que les internautes y ont posté et ou j'espère vous ajouterez les vôtres.

Lire la suite...

"The money is better on the top layers..." Par zcopley

On parle beaucoup d'innovation sur l'atelier des médias, innovations sociales, culturelles,  entrepreneuriales, mais on entend assez peu parler d'innovation en matière économique. C'est en voyant à plusieurs reprises le mot "BitCoin"  sur Twitter que j'ai décidé de m'y intéresser.

 


Vous  pouvez à l'heure actuelle déjà effectuer des  paiements en Bitcoin sur Wordpress, la plateforme de  blog, sur Wikileaks, ou même acheter de l'or...Il se  dit même que le géant Ebay est actuellement en train  de se pencher sur l'utilisation de cette monnaie sur son site via son service de paiement en ligne Paypal. Vous l'aurez compris, le Bitcoin est un moyen de paiement, c'est ce qu'on appelle une monnaie complémentaire, une alternative monétaire utilisée depuis les années 80. D'ailleurs, sans le savoir  vous utilisez régulièrement des monnaies  complémentaires, vous cumulez des miles si vous  prenez l'avion, vous gagnez des points avec votre  forfait de téléphone et ces miles, ces points se transforment pourtant bel et bien en billet d'avion  ou en téléphone portable rutilant, à savoir des  objets qui ont une valeur monétaire traditionnel.

 

Une Monnaie opensource, peer-to-peer et cryptographiée

 

Alternative ou complémentaire, en opposition aux  monnaies traditionnelles, l'euro, le  dollar...OpenSource, parce que le code informatique qui régit les fluctuations de cette monnaie est visible de tous, en toute transparence, peer-to-peer  parce que c'est la mise en réseau d'ordinateurs  distants qui en permet un contrôle non-centralisé,  et enfin cryptographié, cela veux dire que ses connexions sont codées et donc sécurisées.

"Celui qui contrôle l'argent de la nation contrôle la nation". Thomas Jefferson

 

Sécurisée ne veut pas dire que cette monnaie réglerai tout les défauts de l'ancienne,  elle ne fait que corriger certains de ses travers. Ainsi l'existence même du Bitcoin a impliqué une  nouvelle pratique, le "Bitcoin Mining", comme on irait  chercher des pépites d'or dans les mines. Une  pratique qui consiste à brancher son ordinateur et a  le dédier, le spécialiser, dans le calcul  d'informations liées à cette monnaie, en échange le  système vous récompense en monnaie locale des bitcoins...Certains y ont vu même un moyen de  s'enrichir, mais la concurrence des uns et des  autres a naturellement forcé les machines a être de  plus en plus puissantes pour pouvoir espérer faire  des bénéfices, d'autant plus que si l'on considère  l'électricité utilisée par ces machines extrêmement  gourmandes, vous pourriez bien vous ruiner à vouloir  gagner de l'argent.

 

Il y a peu, le Bitcoin a vu sa valeur passer de 4 euros 15 en février 2011 à 200 Euros le 9 avril pour finalement descendre à 109 euros 79 le 24 avril dernier. Voila donc une monnaie sur laquelle certains spéculent, elle aurait même servi de "valeur refuge" lors de la crise financière de Chypre. Dernièrement, on a découvert qu'un fabriquant de jeu vidéo utilisait les machines de ses clients pour générer des bitcoins à l'insu de ses utilisateurs. Vous le voyez, le bitcoin s'installe peu à peu dans le paysage économique contemporain, l'essor de cette monnaie est a rapprocher directement avec la défiance actuelle que connaissent les institutions financières, elle n'est certes pas LA solution mais a le mérite de montrer qu'un autre système est possible, non centralisé, transparent, mais le comble de l'histoire, c'est qu'on ne connait même pas l'identité exacte de son inventeur un certain Satoshi Nakamoto.



bitcoin-fr par cpunker

J'ai eu l'occasion de rencontrer Jean-Michel Cornu, un des papas de InnovAfrica et spécialiste des monnaies alternatives, un de ses livres intitulé "De l'innovation  monétaire aux monnaies de l'innovation" est en partie consultable en ligne. Il m'avait raconté une histoire assez explicite. L'histoire d'une ville au Brésil qui avait deux problèmes, celui du  ramassage des déchets et celui de la non-utilisation des transports en commun, causant bouchons et  pagaille. La mairie de cette ville dans sa quête a donc décidé de  mettre en place une monnaie permettant, en échange  du ramassage des détritus qui jonchent la route, de  prendre les transports en commun...Cette ville a  ainsi pu, en un temps record, résoudre deux de  ses problèmes les plus importants, le tout seulement en instaurant une monnaie complémentaire.


Son nouveau livre "Tirer bénéficie du don, pour soi, pour la société, pour l'économie"  parle lui de la Donnaie en analogie à la monnaie, un échange qui ne serait plus basé sur l'échange, mais sur le don  "désintéressé", c'est lui qui le dit, c'est à dire  un don spontané, sans rapport de force. Que celui qui n'a jamais négocié le prix d'une coiurse avec un chauffeur de taxi me jette la première pierre !


J'ai recroisé plus tard Jean-Michel alors qu'il écrivait son dernier livre et ne peux résister à vous en divulguer une partie. C'est une anecdote qui concerne un musée qui a voulu tester  l'économie du don...pendant une semaine ce musée fait payer l'entrée 1 euros, puis la semaine d'après  il demande aux gens de donner ce qu'ils veulent à  l'entrée...En fin de semaine, la moyenne des dons  était aux alentours de 2 euros, le double. La  semaine d'après, le musée dit à ses visiteurs,  rentrez, vous donnerez ce que vous voudrez en  sortant...La moyenne des dons c'est élevé à trois euros.

Tout ça pour vous dire qu'une économie du don, sans  rapport de force est, relativisons,  dans certains cas, capable de produire trois fois plus de  richesse...Alors, si cette piste économique, que  vous jugerez à loisir utopiste, impossible ou enthousiasmante existe, je crois qu'elle vaut la peine d'être testée, mise à l'épreuve, surtout après ces déjà 6 années de crise des subprimes que nous  venons de vivre.


Enfin, j'aimerai rejoindre ces questions économiques  aux questions culturelles qui m’intéressent plus  particulièrement. La dématérialisation de la musique, par exemple, l'a rendue accessible à tous. De façon  légale comme illégale. La dématérialisation a aussi  permis de réduire les coûts de fabrication et de distribution à tel point que les auteurs d’œuvres  sont désormais à même de pouvoir être totalement indépendants. De Spotify sous abonnement, à Youtube ou la musique est gratuite, nous avons désormais la possibilité d'écouter sans jamais avoir nécessairement besoin de posséder, d'acheter, un phénomène appelé "l'age de l'accès" développé amplement par Rifkin.

Du coup, les plus généreux d'entre nous avons mis en place ou conservé certains réflexes pour rétribuer ces créateurs d’œuvres. Nous continuons à acheter des CDs, sans s'en servir, à acheter des morceaux sur Itunes en les écoutant sur Deezer, un paradoxe.

Ne serait-il alors pas plus simple et plus juste de systématiser le don comme rétribution d'une oeuvre de l'esprit ?

Lire la suite...