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Abidjan, 10-05-16 (lepointsur.com)- « L’association des exportateurs de Côte d’Ivoire essaie d’organiser un cartel pour imposer un prix. Non seulement, imposer un prix, mais aussi,   inciter ses membres à retirer leurs financements de la filière, pour faire chuter le prix. Le prix de l’amende de cajou a nettement augmenté, contrairement aux deux dernières années, où le prix était stable. Donc, nous  on ne peut pas comprendre qu’en Côte d’Ivoire, il y ait une baisse des prix d’achat aux producteurs, si ce n’est pas des accords tacites de certains exportateurs pour imposer  ce prix aux producteurs pour mettre la marge différentielle dans leurs poches. Ce sont des attitudes qui sont condamnées par la loi qui régissent la commercialisation, et nous allons prendre toutes les dispositions pour ne pas que ce cartel perturbe les retombées positives obtenues dans la réforme de la filière, depuis deux ans ». Tel est le propos tenu par le directeur général du conseil du coton et de l’anacarde, Malamine Sanogo dimanche 08 mai 2016, au Journal Télévisé de 20h de la RTI1, pour dénoncer la menace des cartels sur la filière anacarde.

Après environ  trois mois de campagne, 429.818.000 tonnes ont été enregistrés. C’est le point de la commercialisation de la noix de cajou, au 06 mai 2016. L’on constate que  la récolte est à la baisse de 22% par rapport à la même période en 2015, une situation qui s’explique par le faible rendement de la première floraison. Au demeurant, la filière déplore que pendant que l’offre baisse, les prix qui devaient être favorables aux producteurs, ont tendance à chuter aussi.  Malamine Sanogo voit derrière ce paradoxe économique, le fait d’un cartel.

Conséquence : le conseil du coton et de l’anacarde n’est pas content des exportateurs, alors que le contexte international et les fondamentaux du marché sont favorables à un relèvement des prix, les opérateurs ont tendance à s’organiser pour tirer les prix bords champs vers le bas pour en tirer de supers profits sur le marché international. Pour l’heure, la filière qui enregistre un recul de 22% de la production à mi-campagne compte rattraper son retard pour que la Côte d’Ivoire conserve son rang de premier pays producteur du monde.

Toutefois, la Côte d’Ivoire compte consolider sa position de leader du marché, pour la deuxième année consécutive.  Et pour cause, les perspectives de récolte de la deuxième floraison en cours sont bonnes, et les deux challengers, l’Inde et le Vietnam sont en perte de vitesse dans la production de la noix de cajou.

Sériba Koné avec la RTI

 

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Thème : "Chez moi, c’est"

La Côte d’Ivoire, pays qui fait frontière avec le Mali au nord, la Guinée, et le Libéria à l’Ouest et le Ghana à l’Est. Le pays donne sur le Golf de Guinée au sud qui fait son ouverture sur la façade maritime. Pays indépendant depuis le 7 août 1960, la Côte d’Ivoire a eu pour premier Président feu Félix Houphouët-Boigny. Après sa disparition en décembre 1993, Aimé Henri Konan Bédié le succédera, selon la constitution. Quelques années après sa prise de pouvoir, Aimé Konan Bédié se verra renversé par un coup d’Etat sans "effusion de sang", par des jeunes soldats acquis à la cause de feu Général Robert Guéi. A la faveur de l’élection présidentielle de 2000, il perdra le pouvoir au profit de Laurent Gbagbo. La crise dans laquelle la Côte d’Ivoire a été plongée depuis le décès d’Houphouët-Boigny entraînera une rébellion le 19 septembre 2001. Date à laquelle Robert Guéi sera abattue dans des conditions jusque-là pas encore élucidées. L’élection présidentielle du mois d’octobre 2010, qui a vu l’élection de Alassane Ouattara a ouvert une autre crise. Plus de 3000 morts selon des sources officielles, après la crise postélectorale, et plusieurs opposants incarcérés dans les différentes prisons ivoiriennes. Conséquence : Plusieurs militants de l’opposition sont en exil. Avec l’accalmie beaucoup d’entre eux sont certes de retour, mais la tension reste encore vive entre le parti au pouvoir et l’opposition. L’opposition significative représentée en Côte d’Ivoire par le Front Populaire Ivoirien (Fpi) dont le leader, Laurent Gbagbo a été transféré à la Cour Pénale Internationale (CPI) de La Haye. Et qui refuse la main tendue du Rhdp (Rassemblement pour la Démocratie et pour la Paix), une coalition politique au pouvoir. Avec des partis politiques comme le Pdci-Rda (Parti démocratique de Côte d’ Ivoire-Rassemblement démocratique africain), le Rdr (Rassemblement des Républicains), l’Udpci (Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’ Ivoire) et le Mfa (Mouvement des forces d’avenir). Cette opposition ne jure que par la libération de leur leader et celui de la jeunesse Charles Blé Goudé qui l’a rejoint à la CPI à La Haye. C’est dans cette confusion politique que la Côte d’Ivoire se reconstruit peu à peu, avec la réalisation de plusieurs infrastructures routières. Les dernières pluies diluviennes qui s’abattent sur la capitale économique, Abidjan ont occasionné plusieurs éboulements de terrain et des pertes en vie humaine. Ces pluies qui sont loin de s’estomper selon des météorologues ont amené les tenants du pouvoir à commencer à déguerpir toutes les populations vivant dans des zones à risques afin de raser ces quartiers précaires.

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L'affaire fait grand bruit en ce moment. Le budget 2013 du District autonome d'Abidjan qui est chiffré à 53.049.150.000 fcfa, aurait été détourné par le Gouverneur du District Robert Beugré Mambé et son administration. Selon un document à charge transmis à notre Rédaction récemment, « le présent budget qui décrit l’ensemble des recettes, des dépenses de fonctionnement et d’investissement de l’année 2013 est arrêté à la somme de 53.049.150.000 Francs CFA; soit une hausse de 2.027.326.000 Francs CFA (03.97%) par rapport à la prévision antérieure d’un montant de 51.021.824.000 Francs CFA… ». Le même document en notre possession indique l'existence d'un fonds de souveraineté, dont le montant n'a pas été précisé, ainsi que d'autres affaires « peu honorables » pour le Gouverneur Mambé, notamment des transactions financières « obscures » avec des entreprises. Ce serait ces fonds qui auraient permis au District de faire les nombreuses réalisations dont la presse se fait l'écho bien souvent. Des investigations révéleraient que le budget primitif 2013 a été établi le 21 janvier de la même année, examiné par la commission des affaires économiques, financières et domaniales, le 22 janvier, voté par le conseil, le 29 janvier. « Curieusement, la transmission au ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la sécurité, l’examen par la commission des programmes et budgets, la transmission au ministre de l’économie et des finances, ainsi que sa signature et l’approbation par le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de la sécurité, n’ont pas été datées », lit-on dans le document. Signe que le budget 2013 du District d'Abidjan a bel et bien existé, mais qu'il aurait fait l’objet d’une concussion par Mambé et ses hommes. Faux ! Rétorque le District. « Le budget du District qui a été voté en séance publique, donc pas confidentiel, n’est rien d’autre qu’une prévision de recettes et de dépenses. En 2013, le budget du District a été élaboré et approuvé, mais n’a pas été alimenté en ressources en raison de l’ordonnance 2011-262 du 28 Septembre 2011 portant orientation de l’organisation générale de l’administration territoriale qui changeait le statut du District d’Abidjan », se défend l'équipe du gouverneur, par la voix du Directeur de l'information, de la communication, et des Tic du District d'Abidjan, Baba Coulibaly Nicolas. Il explique qu'en passant du statut d'une entité décentralisée, à celui d'une structure déconcentrée, les quotes-parts des impôts et autres taxes à répartir entre les collectivités n’ont pas été reversées au titre de l’exercice 2013. « Cela est vérifiable dans l’annexe fiscale 2013. Mieux, le mercredi 22 janvier 2014, le président de la République à l’issue d’un Conseil des ministres a demandé de reverser à titre exceptionnel au District d’Abidjan et à bien d’autres structures, la totalité de la quote-part des impôts d’Etat devant leur revenir », a-t-il dit, non sans condamner le fait que des gens veuillent semer la confusion dans l'esprit des Ivoiriens, en tentant selon lui, de lier le budget à la trésorerie. « Les Ivoiriens ne sont pas dupes. Ils savent qu’un budget n’est pas synonyme de trésorerie. Alors comment peut-on détourner quelque chose qui n’a jamais existé ? » a conclu le collaborateur de Beugré Mambé. Qu’à cela ne tienne, les langues qui mettent le Gouverneur du District d’Abidjan et son équipe à l’index dénoncent avec insistance un flou autour du fonds spécial. La polémique est plus que jamais engagée !

Source L’Inter

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-OUEREGUEKAHA : 800  âmes lancent un SOS à l’Etat (1ère Partie)

Depuis le début de l’année 2014, les populations de Ouéguékaha font l’objet d’une mesure de déguerpissement. C’est un village  situé à 27 kilomètres du département Niakara et à 38 kilomètres de Katiola entre la sous-préfecture de Fronan et la préfecture de Niakara, sur la voie internationale. Ce sont au total sept villages qui sont concernées par cette décision administrative,  dont le plus grand est Ouéréguékaha,  situé à plus de 450 kilomètres d’Abidjan. En attendant que la Direction de la Sodefor délocalisée de Katiola décide de leur sort,  habitants, cadres, élus locaux crient leur désarroi.

Samedi 17 mai 2014, nous foulions  le sol d’Ouréguékaha, bourg peuplé d’environ 800 habitants. Sur le visage de quelques chefs traditionnels et jeunes nous ayant réservé un accueil chaleureux, se lisaient des signes de désespoir. Situé dans la forêt de Kobo qui a été classée depuis 1939, par Arrêté général N°1014 SE du 27 mars 1939, Ouréguékaha est une agglomération a qui fait l’objet d’importants investissements de la part de l’Etat et des fils et filles de la région. Ainsi, ce village bénéficie d’une hydraulique villageoise améliorée et d’infrastructures scolaires dont la construction est financée par l’Etat et le conseil général.

Ecoles primaires et maternelles en sursis

Les premiers responsables du groupe scolaire composé de deux écoles primaires dont une de six et l’autre de trois classes,  et d’une école maternelle ont témoigné leur inquiétude. Ainsi ont-ils tenu à prévenir que ce sont 26 petits enfants de la maternelle et 361 élèves de l’Ecole primaire publique  (Epp1) et Epp2 dont l’avenir se trouve être menacé par cette mesure gouvernementale.  L’instituteur de la classe du Cours moyen deuxième année (Cm2), Bony Patrice Kouakou, qui est en poste depuis quatre ans dans ce village raconte : "Depuis le 24 avril 2014, nous avons assisté à une réunion des agents des Eaux et Forêts en compagnie du sous-préfet concernant l’emplacement de Ouréguékaha. Nous avons été informés que nous sommes dans la Forêt classée de Kobo et que nous devons partir d’ici. » Face à cette menace, il formule un vœu «Mais quand je regarde toutes ces réalisations faites par l’Etat et les populations villageoises, je demande que les deux parties trouvent une issue favorable". Les premiers responsables de ce groupe scolaire sont d’autant plus préoccupés par la situation que la cantine scolaire a remporté le troisième prix national en 2009-2010."Nous demandons que l’Etat fasse quelque chose pour nous aider. Il faut trouver les moyens pour déclasser cette forêt, " a plaidé, à cet effet, la directrice de la maternelle, Mlle Goly Amenan Lydie.

Pour sa part, le Directeur de l’Epp2, Ouattara Malé, a du mal à comprendre cette décision de déguerpissement qui pèse sur a quiétude de cette localité comme une épée de Damoclès. Mieux, il souhaite que l’Etat décide, "sans aucune autre forme de procès,  de déclasser la forêt classée."  

Il ne manque pas d’argument pour soutenir son propos: "Je souhaiterais que ce beau village qui a un bon emplacement reste en place. Sa délocalisation aura une des retombées négatives sur les enfants. Il faut penser à l’effort consenti par l’Etat et les villageois, avant de mettre tout cela en ruine". Non sans ajouter par ailleurs qu’à "cause de ce déguerpissement, la construction des trois dernières   est mise veilleuse".

Investissements étatiques sacrifiés

Il ressort également que ce bourg a même été érigé en commune rurale, tout comme pas mal de communes rurales par l’ex-chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, avant que l’actuel Président abroge le décret y afférent. Ce, par décret N°2010-33 du 25 août 2010 fixant le ressort territorial des régions, départements, sous-préfectures et communes de Côte d’Ivoire. Un décret qui, selon les populations a été "suspendu" par le Président Alassane Ouattara. Comment cette localité a-t-elle vu le jour ?

En 1979 naquit Ouéréguékaha

C’est le troisième président de la Mutuelle pour le Développement de Ouréguékaha (Mu.Do), l’un des cadres du village, Touré Kassignan Marc en congé, que nous avons rencontré à son domicile qui raconte : "C’est à la faveur de l’indépendance à Katiola, en 1979, que le village a vu le jour. Nous nous sommes rapprochés de la route afin de bénéficier du développement, grâce à certains cadres de la région comme le général Ouassénan Koné et feu le général Thomas d’Aquin."

Ce récit est corroboré par le quatrième chef du village, Touré Tiémoko, un vieil homme d’environ 88 ans et le président des jeunes Ouattara Kinakan. C’est pourquoi, s’indignent-ils, les différentes rencontres que la communauté villageoise a eues avec les autorités administratives du ministère des eaux et forêts  la laisse perplexe. "On nous demande un dossier qui prouve que nous sommes installés ici. Les démarches sont entreprises par l’actuel président de la mutuelle auprès de la Direction de la Sodefor de Bouaké". A entendre, le garant de la tradition et ses notables, ils sont prêts à faire tous les sacrifices que demandera l’Etat de Côte d’Ivoire pour rester sur cette terre chargée d’un pan de leur histoire. "Je préfère rendre l’âme ici que de partir. A quel moment, vais-je rattraper tout ce qui a été réalisé ici ?" S’est-il résigné. En effet, selon eux, l’aménagement de Ouéguékaha a commencé par l’abattage des arbres puis les travaux de lotissement qui ont été conduits par le génie militaire. Ensuite l’ouverture des voies a été faite avant de construire deux forages. A la suite de la mise en place de ses premiers équipements, une école primaire de six classes et six logements de maitres  ont été construits. "Et l’autorisation fut donnée à la population de construire les habitations en utilisant l’école comme logement provisoire. Aujourd’hui Ouréguékaha a une population de 829 habitants selon le recensement de 1998 (1680 selon le recensement de 2014) et possède deux écoles primaires, un système d’hydraulique villageoise améliorée, cinq forages, un marché", se souviennent-ils.

La mutuelle sur tous les fronts

Le président de la Mu.Do, Atiounounan Touré, multiplie des rencontres avec les responsables des Eaux et Forêts.  A la demande de la chefferie villageoise et des cadres des entrevues ont eu lieu entre le président de la Mu.Do et le directeur des Services des opérations techniques de la Sodefor , Centre de gestion de Bouaké. "Les négociations vont bon train, il n’y a pas de blocages proprement dits. Il reste à déposer un rapport expliquant les circonstances de relocalisation du village actuel de Ouréguékaha", rassure Atiounounan Touré qui espère que l’Etat mettra tout en œuvre pour trouver une issue heureuse à cette affaire. C’est du moins le vœu cher à cette population de Ouéréguékaha qui ne dort plus que d’un œil depuis que cette mesure gouvernementale a été portée à sa connaissance.

Sériba Koné envoyé spécial de www.lepointsur.com

 

Encadré 1

 

Ouréguékaha ou Niakara-sud, zone noire

Ouréguékaha  ne bénéficie pas de lumière. Comme au temps colonial, ce sont les lampes tempêtes qui sont utilisées un peu partout. Ouréguékaha ou Niakara sud est plongée dans les ténèbres à la tombée de la nuit. Est-ce parce que l’Etat a décidé de mettre à exécution sa décision de déguerpissement ? La question mérite d’être posée. Tant des cadres et élus du département soutiennent dans des discours officiels que Ouéréguékaha est une zone noire. Pourtant, ce ne sont pas de hautes personnalités qui manquent dans ce gros village. On peut citer entre autres, le commandant de l’école de la gendarmerie, le colonel Touré Apalo, le président du conseil d’administration de l’hôpital communautaire de Yopougon-Wassakara, Ouattara Clémént, par ailleurs  président du Réseau national de la santé communautaire de Côte d’Ivoire (RENASCOMCI) un cadre de la Sir Touré Kassignan Marc, le capitaine des Eaux et Forêts de Yamoussoukro, Touré Gnénakan, le président de la mutuelle, Touré Atiounounan, enseignant et sous-directeur dans une grande école à Abidjan.  Tous ces cadres dont la liste n’est pas exhaustive ne cessent de multiplier et conjuguer leurs efforts  pour l’obtention de la lumière. C’est un passage obligatoire sur la route qui mène à l’émergence.

 

 Sériba Koné envoyé spécial de www.lepointsur.com

 

Encadré 2

 

De la politique à l’administration, mettre de l’ordre

La Côte d’Ivoire, selon le Centre d'échange d'informations de la Côte d'Ivoire (CHM), dénombre 181 forêts classées couvrant 3.618.846 ha. Le Centre de Gestion de Bouaké 41 forêts classées soit 537.560 hectares, et enfin la Région du Hambol ,16 forêts classées soit 407.980 hectares. Ainsi que la forêt classée du Kobo qui fait exactement 16.000 ha.

Dans toutes ces forêts classées, sur le plan national, il y a des villages, campements et autres. On y trouve des infrastructures  scolaires, sanitaires, l’hydraulique villageoise amélioré voire même l’électricité à certain endroit. Comment ces sites en plein cœur des forêts classées qui ont bénéficié du soutien de l’Etat peuvent-ils être voués aux gémonies? Pourtant,  l’érection d’un village  nécessite d’être entérinée par des textes et lois. C’est ici qu’il faut mettre de l’ordre. Car, le politique prend des décisions qui ne vont pas jusqu’à légaliser l’érection de certains villages. Les cas sont légion et à la fin, les populations sont obligées de plier bagages. C’est à croire que l’on improvise la gestion du pays.

Sériba Koné envoyé spécial de www.lepointsur.com

Entretien avec M. Goré Bi Séry Albert (Chef Services des Opérations Techniques et Commerciales de la Sodefor Centre de Gestion de Bouaké) :

La position actuelle du village de Ouréguékaha procède d’un problème politique"

M. Goré Bi Séry Albert est Chef Services des Opérations Techniques et Commerciales de la Sodefor Centre de Gestion de Bouaké. Dans cet entretien, il pointe du doigt le politique qui ne va pas jusqu’au bout de ces prises de décisions, concernant les villages en pleines forêts classées.

Depuis quand la forêt de Kobo a-t-elle été déclarée "Forêt classé" ?

La forêt de Kobo a été classée depuis 1939, par Arrêté général N°1014 SE du 27 mars 1939.

Pourquoi, c’est maintenant que l’Etat prend certaines dispositions, après avoir investi dans ce village ?

Il faut dire que la position actuelle du village de Ouréguékaha procède d’un problème politique, par rapport à ce que nous avons appris de la genèse de ce village. Sinon, l’ancien village se trouve hors de la forêt classée. Mais, dans le temps, à la faveur du bitumage de la route reliant Katiola à Korhogo, les autorités politiques ont décidé que le village se rapproche de cette voie. Cela a même été soutenu par des responsables de la mutuelle de développement d’Ouréguékaha et les autorités coutumières, au cours de nos séances de travail avec eux. Il faut préciser qu’en ce moment-là, les forêts étaient bien protégées jusqu’en 2002, et le village n’était pas aussi trop développé. Pendant la crise sociopolitique que la Côte d’Ivoire a vécue, la plupart des patrimoines de l’Etat ainsi que les forêts classées se sont dégradés. La nature ayant horreur du vide, les infiltrations des populations et l’exploitation illégale de bois se sont amplifiées dans les forêts classées. De nombreux campements y ont vu le jour dont certains sont aujourd’hui érigés en village.

Parlant du cas précis de la forêt classée du Kobo, il y a des campements clandestins dont les populations extraient l’or et transforment le charbon de façon clandestine. En avez-vous une idée?

Il faut dire qu’après la reprise des activités, nous avons entamé des visites dans les forêts classées pour véritablement les reprendre en main. Dans nos missions et randonnées dans la forêt classée de Kobo, nous avons effectivement découvert des campements d’orpailleurs, des grandes plantations d’anacardiers, des zones entièrement détruites par des producteurs de charbon, des sciages artisanaux de bois. Ce qui est davantage à déplorer, c’est qu’à l’instar de la forêt classée de Kobo qui se trouve au-dessus du 8èmeparallèle où l’exploitation forestière est proscrite, l’exploitation anarchique du bois de vène dans les forêts classées du Nord de la Côte d’Ivoire a fortement contribué à leur dégradation.

Quelle est la solution pour le village et plusieurs autres qui sont dans des forêts classées où l’Etat a investi des infrastructures scolaires, voire sanitaire et autres ? Doit-on affirmer que l’Etat crée et l’Etat casse ?

Je fais office de Directeur adjoint du centre de gestion (Direction régionale de Bouaké qui s’étend sur cinq régions administratives). Nous gérons 41 forêts classées sur les cinq régions, qui donnent une superficie totale de 537.560 ha. Donc, Ouréguékaha n’est pas le seul cas où effectivement, il y a des infrastructures qui ont été réalisées par l’Etat de Côte d’Ivoire. Au niveau du nord, dans notre zone, il y a des établissements scolaires animés par des enseignants régulièrement affectés par l’Etat dans certaines forêts classées. Pour ce qui concerne le village d’Ouréguékaha qui est pourvu d’un lotissement, d’une école primaire et de pompes hydrauliques etc. je pense que quand on prend des décisions politiques, il faut aller jusqu’au bout. Le politique peut profiter d’un évènement ou faire des projets de développement pour se faire élire. Si c’est le cas, l’érection d’un village  nécessite d’être entérinée par des textes et lois qu’il faut prendre pour donner la légalité à ce village. Nous avons réclamé aux autorités du village d’Ouréguékaha des documents prouvant la légalité de la localisation actuelle du village et nous les attendons. Le cas d’Ouréguékaha n’est pas isolé, des infrastructures de l’Etat se trouvent autant dans les parcs-nationaux que dans les forêts classées. Aujourd’hui, il est important qu’au niveau du gouvernement il y ait une harmonie d’actions. Vous savez, l’Etat ne peut pas construire et casser. Nous sommes conscients des intérêts que les populations ont dans ces forêts.

A vous écouter, le problème des forêts classées vient de l’Etat, lui-même…

Oui, bien sûr ! Nous-mêmes, nous sommes agents de l’Etat. Par exemple, quand des élections arrivent le politique fait des promesses à la population. Pour le paysan, dès que le candidat qui a fait un projet de développement gagne les élections ledit projet devient un acquis, alors qu’il y a des procédures à suivre. Il y a par exemple des déclassements qui ont commencé et qui n’ont pas abouti. Nous, en tant que SODEFOR l’Etat nous a confié la gestion des forêts ce n’est à nous de les déclasser. Nous sommes des gestionnaires et non des propriétaires. Nous sommes soumis à la décision de l’Etat.

Que pouvez-vous faire dans ce sens, dans la mesure où le problème est national ?

Les démarches pour obtenir un déclassement ou un enclave sont possibles et cela incombe ceux qui sont dans le besoin. Nous sommes des agents de l’Etat par conséquent nous sommes tenus d’appliquer les décisions de l’Etat de Côte d’Ivoire.

L’Etat nous a confié la forêt classée de Kobo qui fait exactement 16.000 ha, donc nous devons rendre à l’Etat 16.000 ha. Par exemple, s’il arrivait que nous soyons d’octroyer une enclave qui s’étend sur 5 hectares, il faudrait que le village accepte de donner en compensation 5 autres hectares dans leur terroir que nous devrons aménager. Mais cela ne peut être possible que par la voie légale. La Côte d’Ivoire doit continuer de jouer son rôle de pays forestier tant sur le plan local, régional qu’international. Selon les organismes internationaux, 20% du territoire de la Côte d’Ivoire doit être occupé par les forêts. Qui dit créer un village dit toucher le couvert forestier parce que le village et les champs vont s’étendre. Si le village veut rester dans sa position actuelle, il doit nous faire des propositions que nous transmettront à notre hiérarchie qui appréciera.

 

Entretien réalisé par Sériba Koné envoyé spécial de www.lepointsur.com  à Bouaké

                             kone.seriba67@gmail.com

           

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-         Le ministre Anne Désiré Ouloto et  le vrai visage du "vivre ensemble"

 

Lentement mais, surement les hommes de la Brigade de Recherche de la Gendarmerie du colonel Ousmane Yéo par ailleurs commandant de section de recherche sont à pied d’œuvre afin que la vérité éclate au grand jour dans la démolition de l’ex-cité RAN PK6 Marcory zone4C. En effet, l’opérateur économique Fouad Omaïs cité dans l’affaire de démolition de cette cité a été entendu le lundi 5 mai 2014 dernier, jusqu’à tard dans la soirée. Selon des sources proches du dossier, il a été convoqué suite à  une plainte du collectif des avocats des victimes, concernant "la destruction de 41 maisons de l’ex-cité RAN".

Le 7 mai 2014, ce fut l’un des huissiers Koho Fulgence qui fut entendu sur le même dossier. Fouad Omaïs devrait être entendu le vendredi 2 mai 2014, mais pour "cas de consultation médicale ", selon son conseil, l’audition a été reportée au lundi 5 mai 2014. A en croire des sources crédibles, cette audition s’est déroulée en toute confidentialité. Cependant, l’ivoirien lambda  continue toujours de s’interroger sur quelle  décision de justice  des éléments des différentes unités de gendarmerie (Compagnie Abidjan-Sud, Brigade d’Abobo, Brigade de Koumassi, Brigade d’Agban, Grand-Bassam, Treichville quartier Arras ne citer que ces unités) ont-ils été mobilisés pour faciliter l’opération de démolition des 41 maisons ? Le Procureur de la République a-t-il été informé dans cette destruction massive de maisons ? La réponse est non ! Dans la mesure où il a diligenté une enquête pour vérifier la légalité et la régularité de cette opération menée par Fouad Omaïs auprès la Brigade de Recherche de la Gendarmerie.

Comment des éléments de ce corps d’élite ont pu commettre un tel acte quand on sait qu’"aucun élément de la gendarmerie ne peut se rendre sur le terrain tant qu’il n’est pas détenteur d’un acte clair et inattaquable et non susceptible de contestation ?". Bien malin pourrait répondre à cette interrogation. D’autant que les résidents devraient recevoir une mise en demeure leur accordant un délai pour quitter la cité. L’enquête qui suit son cours devra situer les responsabilités.

Le vrai visage du ministre de la Solidarité de la Famille de la Femme et de l’Enfant

Au moment où le Procureur de la République attend les conclusions de l’enquête, le ministre  de la Solidarité de la Famille de la Femme et de l’Enfant, Désiré Anne Ouloto multiplie les rencontres avec les victimes. Une rencontre relayée honteusement par certaines presses qui profite du malheur des sinistrés pour faire de la propagande gratuite d’un ministre qui a fait du slogan "vivre ensemble" de son parti, le Rassemblement Des Républicains (RDR) son socle. Porte-parole du Président Alassane Ouattara, la dame "Bulldozer" du parti à la case observe un mutisme dans la quête de la solidarité quand il s’agit de faire face à des familles, filles et fils de cheminots en détresse. De quelle Solidarité parle-t-on quand ce sont les victimes qui doivent demander une audience ? Ne faut-il pas venir en aide à ces sinistrés que de les traumatiser davantage avec des rencontres insensées ? Pourquoi avoir attendu plus de trois semaines avant de recevoir des femmes, seulement le vendredi 2 mai 2014, au 16ème étage de la Tour E. Et ensuite les responsables de cette cité ainsi que l’un de leurs avocats par son service juridique et du contentieux, lundi 5 mai 2014 ?

A quoi répondent ces différents déplacements de personnes en détresse ? Est-ce pour faire de la publicité gratuite ? Anne Désiré Ouloto a-t-elle été choisie dans ce schéma pour décourager les victimes de l’ex-RAN PK6 ? Cette population évaluée à plus de 600 âmes ne vivent que sous une seule bâche dressée au bord du trottoir. Il faut avoir un cœur semblable à celui du moteur d’un bulldozer pour ne pas être ému face à de telles conditions inhumaines. Comment dorment-ils en cas de pluie ?  En tout état de cause, MDelphine Kacou l’une des avocates des victimes a produit "deux mémos" détaillés avec des pièces à conviction. De quel rapport il peut être question comme l’a soutenu le responsable du service juridique et du contentieux, Dr Eugène Zagré ? Pour MDelphine Kacou et Dr Glah Isabel (médecin bénévole des cheminots), "c’est un drame social" doublé d’un "traumatisme inqualifiable" surtout "chez les enfants". Cette situation qui touche 41 familles, soit environ plus de 600 personnes recensées sur les lieux est "intenable". "Je suis offusqué que le ministre ne sache pas qu’il y a un véritable désastre humanitaire. Nos églises, boutiques, magasins…n’existent plus. Nous attendons que justice soit rendue", a plaidé le porte-parole des résidents Allah Koffi. Qui n’a pas manqué d’interpeller le ministre Anne Ouloto en ces termes : "Nous attendons d’être pris en compte parce que nous ne somme pas des demandeurs".

L’Ong Care internationale serait-elle la vraie propriétaire de cet espace pour qui l’opérateur économique Fouad Omaïs prend le devant des choses ? La question mérite d’être posée. Tant des langues se délient pour porter un doit accusateur sur cette organisation de bienfaisance. Pis, les victimes qui auraient aperçu le cortège de la Première Dame en direction d’un restaurant Very Important Personality (VIP) de ce quartier, le 7 mai 2014 n’en reviennent pas. Et pour cause, le fait que la « Dame au cœur d’or » ne leur fasse pas un clin d’œil est apparu bizarre à leur yeux. « Nous avons pensé qu’elle allait marquer un arrêt puis que son cortège est passé sur la voie où nous sommes », a déploré le chef Koffi Allah porte-parole des victimes et non voyant. Une coïncidence dans une affaire dans  laquelle, l’une des dames qui lui est proche, Anne Désiré Ouloto passe le clair de son temps à poser des questions et à faire espérer les victimes là où elle doit agir au plus vite. Les interprétations vont bon train et l’opinion attend de voir si les conclusions de l’enquête tant attendues par le gouvernement seront rendues publiques. Et si effectivement, la loi sera dite dans toute sa forme.

Sériba Koné (kone.seriba67@gmail.com ) www.lepointsur.com

 

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-         Le ministre Anne Désiré Ouloto et  le vrai visage du "vivre ensemble"

 

Lentement mais, surement les hommes de la Brigade de Recherche de la Gendarmerie du colonel Ousmane Yéo par ailleurs commandant de section de recherche sont à pied d’œuvre afin que la vérité éclate au grand jour dans la démolition de l’ex-cité RAN PK6 Marcory zone4C. En effet, l’opérateur économique Fouad Omaïs cité dans l’affaire de démolition de cette cité a été entendu le lundi 5 mai 2014 dernier, jusqu’à tard dans la soirée. Selon des sources proches du dossier, il a été convoqué suite à  une plainte du collectif des avocats des victimes, concernant "la destruction de 41 maisons de l’ex-cité RAN".

Le 7 mai 2014, ce fut l’un des huissiers Koho Fulgence qui fut entendu sur le même dossier. Fouad Omaïs devrait être entendu le vendredi 2 mai 2014, mais pour "cas de consultation médicale ", selon son conseil, l’audition a été reportée au lundi 5 mai 2014. A en croire des sources crédibles, cette audition s’est déroulée en toute confidentialité. Cependant, l’ivoirien lambda  continue toujours de s’interroger sur quelle  décision de justice  des éléments des différentes unités de gendarmerie (Compagnie Abidjan-Sud, Brigade d’Abobo, Brigade de Koumassi, Brigade d’Agban, Grand-Bassam, Treichville quartier Arras ne citer que ces unités) ont-ils été mobilisés pour faciliter l’opération de démolition des 41 maisons ? Le Procureur de la République a-t-il été informé dans cette destruction massive de maisons ? La réponse est non ! Dans la mesure où il a diligenté une enquête pour vérifier la légalité et la régularité de cette opération menée par Fouad Omaïs auprès la Brigade de Recherche de la Gendarmerie.

Comment des éléments de ce corps d’élite ont pu commettre un tel acte quand on sait qu’"aucun élément de la gendarmerie ne peut se rendre sur le terrain tant qu’il n’est pas détenteur d’un acte clair et inattaquable et non susceptible de contestation ?". Bien malin pourrait répondre à cette interrogation. D’autant que les résidents devraient recevoir une mise en demeure leur accordant un délai pour quitter la cité. L’enquête qui suit son cours devra situer les responsabilités.

Le vrai visage du ministre de la Solidarité de la Famille de la Femme et de l’Enfant

Au moment où le Procureur de la République attend les conclusions de l’enquête, le ministre  de la Solidarité de la Famille de la Femme et de l’Enfant, Désiré Anne Ouloto multiplie les rencontres avec les victimes. Une rencontre relayée honteusement par certaines presses qui profite du malheur des sinistrés pour faire de la propagande gratuite d’un ministre qui a fait du slogan "vivre ensemble" de son parti, le Rassemblement Des Républicains (RDR) son socle. Porte-parole du Président Alassane Ouattara, la dame "Bulldozer" du parti à la case observe un mutisme dans la quête de la solidarité quand il s’agit de faire face à des familles, filles et fils de cheminots en détresse. De quelle Solidarité parle-t-on quand ce sont les victimes qui doivent demander une audience ? Ne faut-il pas venir en aide à ces sinistrés que de les traumatiser davantage avec des rencontres insensées ? Pourquoi avoir attendu plus de trois semaines avant de recevoir des femmes, seulement le vendredi 2 mai 2014, au 16ème étage de la Tour E. Et ensuite les responsables de cette cité ainsi que l’un de leurs avocats par son service juridique et du contentieux, lundi 5 mai 2014 ?

A quoi répondent ces différents déplacements de personnes en détresse ? Est-ce pour faire de la publicité gratuite ? Anne Désiré Ouloto a-t-elle été choisie dans ce schéma pour décourager les victimes de l’ex-RAN PK6 ? Cette population évaluée à plus de 600 âmes ne vivent que sous une seule bâche dressée au bord du trottoir. Il faut avoir un cœur semblable à celui du moteur d’un bulldozer pour ne pas être ému face à de telles conditions inhumaines. Comment dorment-ils en cas de pluie ?  En tout état de cause, MDelphine Kacou l’une des avocates des victimes a produit "deux mémos" détaillés avec des pièces à conviction. De quel rapport il peut être question comme l’a soutenu le responsable du service juridique et du contentieux, Dr Eugène Zagré ? Pour MDelphine Kacou et Dr Glah Isabel (médecin bénévole des cheminots), "c’est un drame social" doublé d’un "traumatisme inqualifiable" surtout "chez les enfants". Cette situation qui touche 41 familles, soit environ plus de 600 personnes recensées sur les lieux est "intenable". "Je suis offusqué que le ministre ne sache pas qu’il y a un véritable désastre humanitaire. Nos églises, boutiques, magasins…n’existent plus. Nous attendons que justice soit rendue", a plaidé le porte-parole des résidents Allah Koffi. Qui n’a pas manqué d’interpeller le ministre Anne Ouloto en ces termes : "Nous attendons d’être pris en compte parce que nous ne somme pas des demandeurs".

L’Ong Care internationale serait-elle la vraie propriétaire de cet espace pour qui l’opérateur économique Fouad Omaïs prend le devant des choses ? La question mérite d’être posée. Tant des langues se délient pour porter un doit accusateur sur cette organisation de bienfaisance. Pis, les victimes qui auraient aperçu le cortège de la Première Dame en direction d’un restaurant Very Important Personality (VIP) de ce quartier, le 7 mai 2014 n’en reviennent pas. Et pour cause, le fait que la « Dame au cœur d’or » ne leur fasse pas un clin d’œil est apparu bizarre à leur yeux. « Nous avons pensé qu’elle allait marquer un arrêt puis que son cortège est passé sur la voie où nous sommes », a déploré le chef Koffi Allah porte-parole des victimes et non voyant. Une coïncidence dans une affaire dans  laquelle, l’une des dames qui lui est proche, Anne Désiré Ouloto passe le clair de son temps à poser des questions et à faire espérer les victimes là où elle doit agir au plus vite. Les interprétations vont bon train et l’opinion attend de voir si les conclusions de l’enquête tant attendues par le gouvernement seront rendues publiques. Et si effectivement, la loi sera dite dans toute sa forme.

Sériba Koné (kone.seriba67@gmail.com ) www.lepointsur.com

 

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Informer et améliorer les connaissances des acteurs nationaux de lutte contre les pires formes de travail des enfants sur le  Système d’Observation et de Suivi du Travail des Enfants en Côte d’Ivoire (SOSTECI). Tel est l’objectif de l’atelier de renforcement  des capacités des acteurs sur le SOSTECI  organisé le mercredi 23 Avril 2014 à la Riviera,  par le Comité National de Surveillance des actions de lutte contre l’Exploitation, la Traite et le Travail des Enfants (CNS). A cette occasion, ce sont 57  séminaristes provenant de plusieurs ministères, des ONG internationaux et des firmes productrices du cacao qui ont été formés à la maîtrise de cet instrument de lutte contre les pires formes de travail des enfants (PFTE).

Lors de la cérémonie d’ouverture, Mme Yao Patricia  Sylvie, Secrétaire Exécutive du CNS, par ailleurs, Directeur de cabinet de la Première Dame,  a donné les raisons qui sous-tendent l’organisation de ce séminaire. Pour elle, le SOSTECI apparaît comme le moyen par excellence qui permettra aux acteurs d’apporter une réponse pérenne  au  phénomène du travail des enfants. «En effet,  face à la lancinante question du travail des enfants, le Système de Suivi du Travail des Enfants (SSTE), reste un puissant moyen pour les Etats et les Entreprises concernés par ce phénomène, d’établir des procédures transparentes et efficaces pour contrôler et éliminer le travail des enfants dans leurs différents chaînes de production et d’approvisionnement. Pour notre pays, la Côte d’Ivoire, qui depuis plus d’une dizaine d’année est indexé sur la scène internationale comme un pays utilisateur de la main-d’œuvre enfantine dans la production du cacao, le SOSTECI est le mécanisme national de riposte qui permet à travers une approche participative et intégrée, d’apporter une réponse holistique appropriée et pérenne à la problématique du travail des enfants », a-t-elle expliqué. Aussi, dans le souci de remédier à ce phénomène, elle a appelé les acteurs à s’approprier ce système d’observation.  «(…) Il nous faut accélérer le processus pour un passage à l’échelle nationale. Et cet objectif, nous ne pourrons le réaliser sans une conjugaison intelligente de nos ressources et de nos efforts », a soutenu Mme Yao Patricia Sylvie.

1.622.140 enfants impliqués dans les travaux à abolir  en Côte d’Ivoire

AguiéAmaffon Germain, représentant  du  Ministre d’Etat, Ministre de l’Emploi et des Affaires Sociales,  Moussa Dosso, a, lors de son intervention, levé un pan de voile sur la proportion d’enfants qui sont touchés par le phénomène du travail des enfants. Selon ce dernier, ce sont 1.622.140 enfants qui sont impliqués dans les travaux à abolir en Côte d’Ivoire.  Selon lui, face à ce problème, l’Etat ivoirien a  pris de nombreuses initiatives parmi lesquelles il convient de citer le renforcement du cadre juridiquede la lutte contre le travail des enfants par l’adoption d’une loi interdisant la traite et les pires formes de travail des enfants, la ratification des conventions de l’OIT sur l’âge minimum  d’admission à l’emploi et celle relative aux pires formes de travail des enfants. Il a tenu à préciser qu’en accord avec l’article 5 de la convention 182 de l’OIT, la Côte d’Ivoire a entrepris, des 2011, un processus  de mise en œuvre d’un Système d’Observation et de Suivi du Travail des Enfants.  Pour ce dernier, la mise en œuvre de ce système constitue un volet essentiel du Plan d’Action National (PAN) 2012-2014 de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants. « C’est  l’outil de veille qui nous permettra de cerner l’impact de nos efforts, l’évolution

Qui veut aller loin, ménage sa monture. Ce proverbe est l’un des principes directeurs des actions du Comité National de Surveillance des actions de lutte contre l’Exploitation, la Traite et le Travail des Enfants (CNS).

L’honneur est revenu à Mme AkaEuphrasie, coordinatrice nationale de programme à ICI-Côte d’Ivoire de lire le rapport de synthèse des résolutions finales. Ainsi, cet atelier a recommandé que tous les acteurs s’approprient le mode opératoire du SOSTECI et y inscrivent leurs actions pour une meilleure coordination ;

Il insiste, par ailleurs,  sur le système de référencement dans la mise en œuvre du SOSTECI, tout en préconisant de renforcer l’implication des partenaires et industriels du cacao et du chocolat, dans les comités locaux du SOSTECI. En outre, il recommande l’évaluation du  coût du système afin de garantir sa durabilité, et enfin,  l’atelier  appuie le renforcement de la sensibilisation des communautés afin de leur assurer une meilleure perception de la mise en œuvre du SOSTECI.

Notons pour terminer que la population cible SOSTECI est constituée des enfants de 5 à 7 ans (bénéficiaires directes) en situation de travail dangereux ou potentiellement exposés, tuteurs, parents des enfants travailleurs, structures sociales de prise en charge des enfants retirés des PFTE (pires formes de travail des enfants), etc. Les bénéficiaires indirects du système d’observation sont les populations des zones cibles dans leur ensemble.

                                                           Source Cabinet Sercom Première Dame de Côte d’Ivoire

 

 

REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

Union- Discipline- Travail

 

ATELIER DE RENFORCEMENT DES CAPACITES DES ACTEURS DE LA LUTTE CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS SUR LE SYSTEME D’OBSERVATION ET DE SUIVI DU TRAVAIL DES ENFANTS EN CÔTE D’IVOIRE (SOSTECI)

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23 AVRIL 2014

HÔTEL BELLE CÔTE D’ABIDJAN

COMITE INTERMINISTERIEL DE LUTTE CONTRE LA TRAITE, L’EXPLOITATION ET LE TRAVAIL DES ENFANTS (CIM)

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COMITE NATIONAL DE SURVEILLANCE

DES ACTIONS DE LUTTE CONTRE LA TRAITE, L’EXPLOITATION ET LE TRAVAIL DES ENFANTS (CNS)

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RAPPORT DE SYNTHESE

 

 

 

 

 

Le Mercredi 23 Avril 2014,s’est tenu à l’hôtel Belle Côte d’Abidjan, un atelier de renforcement des capacités des Acteurs de la lutte contre les pires formes de travail des enfants, sur le Système d’Observation et de Suivi du Travail des Enfants en Côte d’Ivoire (SOSTECI).

Cet atelier avait pour objectif d’informer et d’améliorer les connaissances des acteurs clés de la lutte contre les pires formes de travail des enfants en Côte d’Ivoire, sur ce mécanisme national d’alerte et d’intervention, en vue d’une appropriation responsable sur le terrain.

Y ont pris part les Représentants des Structures et Organisations membres du Comité National de Surveillance, à savoir :

  • Le Cabinet de la Première Dame de Côte d’Ivoire
  • Le Fonds des Nations-Unies pour l'Enfance (UNICEF)
  • Le Bureau International du Travail (BIT)
  • Le Bureau International Catholique de l’Enfance (BICE)
  • La Fondation International Cocoa Initiative (ICI)
  • La Fondation Children Of Africa (COA)
  • Le Conseil du Café -Cacao
  • Le Groupement des Exportateurs (GEPEX)
  • Le Groupement des Négociants Internationaux (GNI)
  • La Coopérative Agricole KAVOKIVA du Haut Sassandra (CAKHS)
  • L’Union Générale des Travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI)
  • Le Forum National des ONG d'aide à l'enfance
  • L’ONG Fraternité Sans Limites (FSL)

Des Représentants des Ministères Techniques Membres du Comité Interministériel, à savoir :

  • La Primature
  • Le Ministère d’Etat, Ministère de l’Emploi, des Affaires Sociales et de la Formation Professionnelle
  • Le Ministère de la Solidarité, de la  Famille, de la Femme et  de l’Enfant
  • Le Ministère de la Justice, des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques
  • Le Ministère d’Etat, Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité
  • Le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique
  • Le Ministère de l’Agriculture
  • Le Ministère du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME
  • Le Ministère de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique
  • Le Ministère auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des Finances
  • Le Ministère des Transports
  • Le Ministère de la Défense
  • Le Ministère de la Communication

Et des représentants d’Entreprises Partenaires à savoir :

  • NESTLE Côte d’Ivoire
  • BARRY CALLEBAUT
  • CARGILL WEST AFRICA
  • TOUTON NEGOCE 
  • ADM COCOA
  • OUTSPAN Côte d’Ivoire
  • World Cocoa Foundation (WCF)

L’atelier a été marqué par trois (3)  temps forts :

  1. La cérémonie d’ouverture ;
  2. Les Communications en plénière ;
  3. La cérémonie de clôture.

 

  1. I.             La cérémonie d’ouverture

Elle a été présidée par Monsieur AGUIE AMAFFON Germain, Directeur de Cabinet, Représentant le  Ministre d’Etat, Ministre de l’Emploi, des Affaires Sociales et de la Formation Professionnelle, Monsieur Moussa DOSSO, Président du Comité Interministériel de Lutte contre la Traite, l’Exploitation et le Travail des Enfants.

La cérémonie d’ouverture a aussi enregistré la présence de Madame Sylvie Patricia YAO, Directrice de  Cabinet, Secrétaire Exécutif du Comité National de Surveillance, Représentant la Première Dame de la République de Côte d’Ivoire, Présidente du CNS.

 

Etaient également présents à cette cérémonie, Monsieur DOH Dibahi Marcellin, Coordonnateur des Cellules, programmes et Organes Consultatifs, Représentant le Ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, Vice-Présidente du Comité Interministériel.

Deux allocutions ont été respectivement prononcées par Madame Sylvie Patricia YAO, Secrétaire Exécutif du Comité National de Surveillance et Monsieur AGUIE AMAFFON Germain, Directeur de Cabinet du Ministre d’Etat, Ministre de l’Emploi, des Affaires Sociales et de la Formation Professionnelle.

Les deux personnalités ont salué l’engagement des tous les Partenaires aux côtés de la Première Dame, Madame Dominique OUATTARA, dans la lutte contre les pires formes de travail des enfants en Côte d’Ivoire.

Elles ont souligné l’importance de la mise en œuvre du SOSTECI, qui constitue le mécanisme national permettant d’apporter une réponse holistique et appropriée à la problématique du travail des enfants en Côte d’Ivoire.

Elles ont adressé leurs remerciements au Bureau International du Travail, pour son appui au Gouvernement dans la mise en œuvre du Système dans 5 Départements de la Côte d’Ivoire.

Elles ont invité tous les acteurs engagés dans la lutte contre le travail des enfants, à s’approprier le SOSTECI, pour des actions plus efficaces sur le terrain et pour une meilleure coordination des interventions.

Monsieur AGUIE AMAFFON Germain, Directeur de Cabinet, Représentant le Ministre d’Etat, Ministre de l’Emploi, des Affaires Sociales et de la Formation Professionnelle, a achevé son discours par l’ouverture officielle de l’atelier de renforcement des capacités des acteurs de la lutte contre le travail des enfants sur le Système d’Observation et de Suivi du Travail des Enfants en Côte d’Ivoire.

 

  1. II.           Les exposés en plénière

Quatre communications ont été faites en plénière. La première a porté sur la présentation du Document cadre du SOSTECI par Dr. N’GUETTIA Martin, Directeur de la lutte contre le travail des enfants, Secrétaire Exécutif du Comité Interministériel.

Dans son intervention, Dr. N’GUETTIA Martin a situé le contexte de la démarche chronologique de la mise en œuvre du SOSTECI en Côte d’Ivoire, avant de parcourir les différents chapitres du document cadre qui présente les axes stratégiques du mécanisme.

Le Document cadre est un document d’orientation dans le cadre de la mise en œuvre du SOSTECI.

 

La deuxième présentation, faite par Dr. KONE Koko Siaka, Expert Statisticien, a porté sur les outils du SOSTECI. Dans son exposé, il a indiqué que dans le cadre de ce mécanisme, il existe trois types d’outils : les outils de collecte de données, les outils d’orientation et les outils de diffusion.

La troisième communication était relative à l’état de la mise en œuvre du SOSTECI et ses perspectives d’extension. Il a été présenté par Dr. N’GUETTIA Martin, Directeur de la lutte contre le travail des enfants.

Dans son intervention, l’exposant a indiqué que le SOSTECI est opérationnelle dans 5 Département de la Côte d’Ivoire, à savoir : Bondoukou ; Abengourou ; M’batto ; Bouaflé et Soubré. Il a ensuite relevé les acquis dans la mise en œuvre du mécanisme, depuis le lancement officiel de la phase opérationnelle intervenue le 25 juin 2013.

Il s’agit de la mise en place de l’Unité Opérationnelle Centrale de Coordination du SOSTECI ; la mise en place, de la formation et de l’équipement des organes opérationnels.

Le logiciel de saisie et de traitement de  données ainsi que le site internet du SOSTECI sont finalisés et prêt à l’emploi.

La dernière communication de l’atelier a porté sur le projet de Partenariat Public-Privé de l’Entreprise Mars, mise en œuvre par le BIT dans la région de Soubré. Elle a été faite par Madame KOFFI Monique, Chargée de programme PPP Mars/BIT.

Dans son exposé, elle a présenté le projet Partenariat Publique Privé de l’Entreprise Mars, mise en œuvre par le BIT. Ce projet doté d’un budget de un million de dollar US, vise à créer un environnement protecteur pour les enfants dans 15 communautés productrices de cacao dans la Région de la NAWA (Soubré)

. Trois principaux types d’action ont été retenus dans la mise en œuvre dudit projet, dont l’un porte sur un programme de sensibilisation sur le SOSTECI dans les 15 communautés cibles.

Toutes les communications ont suscité des échanges qui ont permis aux participants d’améliorer leur compréhension sur les thèmes abordés, mais aussi de faire des propositions pour faciliter la mise en œuvre du SOSTECI.

Au cours de l’atelier il a été relevé que :

  • Le processus de mise en œuvre du SOSTECI est très avancé.
  • Toutefois, il a été noté la nécessité de continuer les rencontres approfondies avec les acteurs techniques afin d’améliorer l’efficacité du Système.
  • Par ailleurs, la question des jugements supplétifs pour les enfants non déclarés à l’état civil a été abordée.

Il convient de relever qu’au cours de l’atelier, la présence des partenaires a été saluée, ainsi que la collaboration suscitée  par les deux comités sous le leadership de la Première Dame, Madame Dominique OUATTARA.

  1. III.          La cérémonie de clôture

La cérémonie de clôture a été marquée par la lecture et l’adoption du rapport de synthèse de l’atelier en présence de Madame Sylvie Patricia YAO, Directeur de Cabinet de la Première Dame.

Les recommandations de l’atelier

L’atelier recommande :

  1. Que tous les acteurs s’approprient le mode opératoire du SOSTECI et y inscrivent leurs actions pour une meilleure coordination ;
  2. D’insister sur le système de référencement dans la mise en œuvre du SOSTECI
  3. de renforcer l’implication des partenaires et industriels du cacao et du chocolat, dans les comités locaux du SOSTECI ;
  4. d’évaluer le coût du système afin de garantir sa durabilité ;
  5. de renforcer la sensibilisation des communautés afin de leur assurer une meilleure perception de la mise en œuvre du SOSTECI.

Fait à  Abidjan, le 23 Avril 2014

 

L’ATELIER

II

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Il est stupéfiant et ahurissant de constater que la gouvernance d’un secteur aussi vital,  complexe  et sensible, tel que celui des transports terrestres, soit conduite avec autant d’insuffisances et de médiocrités. De plus sous  le  gouvernement Duncan et l’exercice de Ouattara, sensés s’illustrer par la rigueur bien connue de ses personnalités tant sur le plan national qu’international.

En effet, ce que le ministre des Transports, Gaoussou Touré présente aux populations depuis quelque temps, à travers des publi-reportages avec l’argent du contribuable, et qui est pompeusement appelé « Réforme », qu’il prétend  de surcroît capable de  « révolutionner », n’est que du pipo ! Tant sur les motivations de ladite réforme, dans la forme que sur le fond.

 

Sur ce qui a motivé la réforme initiée par le Ministre des Transports 

 

Pour expliquer aux Ivoiriens les raisons de sa réforme, nous sous sommes appuyés sur l’interview paru le Jeudi 13 Mars 2 014, dans un quotidien de la place. A travers ses réponses les motivations qu’il donne pêle-mêle et qui semblent tenir lieu, apparemment,  du profond  diagnostic qu’il aurait dû initier  avant toute décision d’une telle importance, à savoir : " (…)Les usagers dénoncent le fait qu’ils sont obligés de faire la queue devant les guichets à partir de 4 heures du matin (…) ils s’insurgent contre le dépouillement des véhicules importés (… ) Comment comprendre qu’un demandeur d’un simple titre de transport soit l’objet de racket à tous égards ( ...) Comment expliquez-vous que le Ministre dont la signature valide toutes les opérations, ne reçoive aucune information sur ces opérations et ne dispose d’aucun moyen de suivi et de contrôle ? (... )". Sont autant d’interrogations du premier responsable des Transports ivoirien qui achève de convaincre que Gaoussou confond et mélange tout. En effet, ces problèmes qu’il dénonce, à juste titre d’ailleurs, relèvent d’abord, " d’une question de  suivi managérial de ses services sur la base d’indicateurs de performances en vue de sanctions quand il ya lieu ", comme le fait savoir Zagbamin Alfred, usager des transports terrestres à la Sonatt ajoutant par ailleurs que "dans ce sens, depuis trois ans que le ministre Gaoussou est à la tête de ce département ministériel, s’il avait mis en œuvre une politique de sanction sévère de tout agent  qui « s’assoit » sur le dossier d’un usager ou le « rackette », ou encore s’il avait interpellé et/ ou sanctionné un concessionnaire ne respectant pas les cahiers de charge relatifs aux permis de conduire et autres cartes de transport qui lui ont été confiés, il aurait sûrement solutionné ce problème" explique notre interlocuteur qui semble avoir une nette maîtrise du domaine. En conséquence, l’on est d’ailleurs en droit de se demander pourquoi depuis trois ans  il n’a pas attaqué ce problème de front sous cet angle, et c’est un aventureux chamboulement institutionnel qu’il engage, avec des mises en chaumage vraiment  gratuites et cyniques  de ses jeunes compatriotes ? "Car les agents de la Sonatt (Ndlr : Société Nationale des Transports Terrestres) et de l’Agetu (Ndlr : Agence des Transports Urbains) , dont il prétend  qu’ils seront tous recasés si leurs structures étaient liquidées, ne peuvent à la vérité travailler ni à la Dgttc (Ndlr : Direction générale des transports terrestres et de la circulation) car n’étant pas fonctionnaires, ni à Quipux car n’étant pas pour la plupart gestionnaires de base de données", a rappelé le président des Taxis-compteurs de Côte d’Ivoire Adama Coulibaly.  Quant à la nécessité de se rapprocher des usagers pour éviter trop d’affluence à Abidjan, la Sonatt a un ambitieux programme de redéploiement sur tout le territoire national, qui ne demande qu’à être soutenu par le ministre des Transports au lieu de chercher plutôt à supprimer cette importante structure pour des raisons sûrement "inavouables". Enfin, cette question du "(…)Ministre dont la signature valide toutes les opérations (… )", qui se rapporte à la volonté de Gaoussou Touré de signer tous les permis de conduire de Côte d’Ivoire, de toutes les cartes  grises en régimes national et international, et de toutes les catégories de cartes d’autorisation de transport, à en croire notre interlocuteur "il s’agit d’une aberration  managériale si énorme que cela  ne mérite même  pas que l’on s’y arrête, car il s’agit de ces types de  documents dont l’impressionnante quantité fait qu’ un ministre doit en  déléguer la signature au Directeur Général compétent ; en effet, il ne s’agit pas ici, comme le dit le ministre , d’une affaire  « …d’installation d’une base de données utilisant les techniques et les outils de dernière  génération… », car même avec un ordinateur semblable à celui de la NASA, il est matériellement illusoire pour un ministre, au regard des multiples et lourdes charges qui sont les siennes, de suivre et contrôler efficacement toutes ces quantités de tâches opérationnelles", a couper court le président de la Coordination des Gares Routières, Touré Adama (à suivre dans une interview). Enfin, pour ce qui concerne les statistiques de transports qui ne seraient pas fiables, on est en droit de se demander comment les autorités Ivoiriennes s’y prennent-elles pour  dimensionner les ouvrages routiers, programmer et faire des projections relativement aux recettes de l’Etat provenant de la fiscalité sur les véhicules (vignette, taxes sur le carburant, patente, …etc), et cela de tout temps ? De ce qui précède, il apparait manifestement que les motivations du ministre Gaoussou pour fonder sa réforme  relèvent en réalité de problèmes qui se règlent par de simples  mesures de gestion opérationnelle à prendre, et non de réforme institutionnelle envoyant gratuitement, et cela est fort regrettable, un grand nombre d’innocentes personnes au chômage.

Quand Gaoussou Touré veut opérer un passage en "force"

S’il est un autre aspect de cette affaire qui   fait « tomber à la renverse ». Selon notre usager "c’est bien la forme et la méthodologie de son montage". "D’abord l’on note à l’évidence, avec stupéfaction et regret, que le ministre des Transports n’a pas initié de diagnostic ! Or la Côte d’Ivoire se trouve  engagée, après moult réflexions en rapport avec la Banque Mondiale dans le cadre du CI-Past, dans une profonde réforme institutionnelle de son secteur des transports depuis 2000. D’importantes lois,  ordonnances et décrets ont été pris à cet effet.  Et le bilan du CI-Past réalisé  il y a environ trois ans a fait ressortir à fortiori la grande justesse et pertinence de la création de la Sonatt et de l’Agetu que le ministre Gaoussou veut supprimer on ne sait trop pourquoi !  Pour permettre d’ailleurs  à l’Agetu d’avoir les coudées franches, le rapport  final du bilan du CI-Past avait au demeurant recommandé la réaffirmation, par le Gouvernement, du  rôle d’autorité organisatrice des transports urbains de la mégapole abidjanaise telle que  confiée à cette structure", martèle Zagbamin Alfred très remonté. "Quand un pays a pris de si solides orientations pour l’un de ses secteurs essentiels, comment peut-on vouloir chambouler tout cela comme le ministre des Transports veut le faire, sans au préalable un véritable diagnostic associant les acteurs dudit secteur ?" S’interroge le président des Taxis-Compteurs. "En plus de la non réalisation de diagnostic avant d’envisager une action gouvernementale de telle ampleur, il convient également de noter que sans attendre que le Gouvernement ne lui donne le feu vert par décret, Quipux a déjà démarré son investissement de constitution de la fameuse base de données, à l’effet de  mettre de toute évidence celui-ci sur le fait accompli", a révélé notre interlocuteur qui suit le dossier comme du lait sur le feu.

 Gaoussou Touré ou le "sorcier-noir" de la réforme

Au football, l’opinion a reconnu et surnommé l’entraîneur Philippe Troussier de l’Asec, "le sorcier-blanc" pour ses performances. Peut-être que c’est cette même performance que le ministre des Transports veut impulser dans on secteur. Loin des stade, mais cette fois-ci dans un milieu où la pagaille, le cafouillage et désordre font bon ménage. L’actuel patron ivoirien des Transports peut avoir son sobriquet. "Le sorcier-noir".  Suivons-le sur le fond, c’est-à-dire son contenu et mécanismes logiques de mise en œuvre, que cette prétendue réforme initiée par le ministre Gaoussou Touré est par "euphémisme effrayante et dangereuse pour le secteur ivoirien des transports terrestres". D’abord de par la légèreté de ce qui en constitue le socle. En effet, tout repose sur ce qui apparait comme une sorte de potion magique quand l’on suit les explications du "sorcier-noir" à savoir "( …)L’installation au ministère des Transports, d’une base de données utilisant les techniques et les outils de dernière génération… grâce à la transparence qu’elle instituera dans le secteur du transport routier, solutionnera les multiples problèmes rencontrés… ". En d’autres termes, dès que l’un des services du ministère des Transports est raccordé à cette base de données, du coup, "racket, corruption et autres lenteurs administratives  disparaissent, la performance est au rendez-vous". Alors, il faut donc raccorder tous les services du ministère sur ce précieux sésame ? La question mérite d’être posée. Et c’est en même temps le lieu de rappeler à monsieur le ministre que la gestion des titres de transport ivoiriens  se fait à partir d’une base de données informatisée depuis 1985, avec du matériel qui pour chaque époque est de qualité largement suffisante pour le bon fonctionnement d’une base, et en particulier le dispositif informatique actuellement à la disposition de la Sonatt. "Les questions de racket, de corruption et autres  lenteurs dans la délivrance de pièces administratives ne sont pas essentiellement une affaire de base données, mais relèvent plutôt de la mentalité, et prospèrent partout où il n’y a pas de pratique régulière et rigoureuse de suivi-évaluation, de sanction quand il ya lieu, et de promotion ou récompense selon le mérite. C’est pourquoi à Abidjan ces  phénomènes  de mal gouvernance peuvent s’observer dans certains services publics pourtant puissamment outillés en systèmes et matériels informatiques de pointe", a fait remarquer le président du Cngrci. "De toute vraisemblance, le ministre veut emballer tout le monde dans sa politique de l’autruche sur cette question de  corruption sans l’affronter franchement, et fait de la diversion avec ce  grossier montage de base de données bidon qui n’apportera rien de plus au secteur sinon plus de cafouillages. Après l’analyse du socle de la « réforme », dont il ressort son inadéquation avec les questions soulevées par le ministre Gaoussou Touré lui-même, l’on constate que les mécanismes logiques de mise en œuvre manquent également de cohérence", soutient Z. Alfred. En effet sur le volet relatif aux « nouveaux types de permis », suivez mon regard: "Il s’agira de faire une nette distinction entre le permis « promenade-affaire » et le permis « professionnel  qui concerne les poids lourds et les cars»… ". Car il s’agit dans ce cas d’espèce, "de retoucher tout simplement les textes en la matière, et la révision d’un texte n’a rien à avoir avec  la réforme institutionnelle  d’envergure qu’il envisage. Encore que nos textes actuels font déjà cette distinction, en ce que le permis qu’il appelle « promenade-affaire », c’est le permis B,  et le permis « professionnel » est le permis BCD  pour lequel la préoccupation actuelle réside plutôt dans la nécessité de revoir les modalités de son obtention".

Pour ce qui concerne le volet « Auto-Ecoles », suivons les explications de celui qui prétend "révolutionner" le secteur des transports terrestres : « …nous n’avons pas de véritables auto-écoles…98% d’entre elles s’apparentent à de véritables « boutiques de vente de permis de conduire »…nous procèderons à  une sélection rigoureuse des auto-écoles… ». Là encore, selon l’explication de Adama Coulibaly, "il s’agit ni plus ni moins que d’initier un simple programme d’assainissement du sous-secteur des auto-écoles, rien à avoir non plus avec une réforme institutionnelle" et de révélé "un autre curieux compartiment de sa réforme" qui réside dans la création d’une autre nouvelle structure dénommée « Autorité de Régulation des Transports Terrestres et Maritimes »(Artm). Pour expliquer à l’opinion ce que des usagers qualifient de « structure chauve-souris » va faire, suivons  Gaoussou Touré "le sorcier-noir" dans son «surfing » : " Cette autorité sera chargée de réguler les activités du système de transport multinational à instaurer, pour résoudre l’épineux problème de circulation dans la ville d’Abidjan. Ce système multimodal  prévoit l’arrivée de compagnies de référence de transport lagunaire par bateaux bus de dernière génération, la mise en œuvre du projet de train urbain…elle aura en charge l’arbitrage des conflits entre les opérateurs avec les usagers ". "Là aussi il y a lieu de se demander ce que le « maritime » vient faire dans le cigle de cette autorité, dans la mesure où toutes les activités se limitent finalement à Abidjan (peut-être à cause du terme « bateau » qui est dans le mot bateau-bus !)". Il y a, surtout qu’en matière d’arbitrage pour une gestion en bonne synergie de plusieurs modes de transports, il s’agit plutôt de réaliser ce que l’on appelle l’intégration tarifaire, consistant à faire en sorte  que l’usager qui prend son ticket dans l’un des modes (train urbain, autobus Sotra ou bateau-bus) puisse emprunter les deux autres, et cela constitue l’une des attributions de l’Agetu (cette structure que le ministre étouffe depuis trois ans et qui manque de tout). En plus des questions de régulation et d’organisation globale de l’ensemble des modes de transports urbains abidjanais qui lui incombent. Au total, le parcours des différents compartiments de "cette brumeuse réforme" du ministre des Transports fait ressortir que celui-ci s’est posé très peu de questions, dont certaines manquent d’ailleurs d’épaisseur, et tout porte à croire qu’il a fait une sorte de « démarche à l’envers » en choisissant d’abord ses options à lui, puis il identifie  ensuite les  questionnements dont lesdites options pourraient constituer selon lui les meilleures réponses aux  yeux de l’opinion et du gouvernement pour un passage en force.

Au regard de ce qui précède, "la réforme Gaoussou Touré" a été proposée sans un  véritable diagnostic pertinent, associant les principaux acteurs institutionnels concernés. Le socle de celle-ci  est vide, et l’analyse de son principe  logique de fonctionnement fait ressortir des incohérences et insuffisances multiformes. Les problèmes évoqués pour son avènement peuvent être efficacement  résolus autrement, notamment par une politique hardie de promotion du mérite (et de sanctions) , par l’assainissement de certains secteurs dont celui des auto-écoles, et par la  retouche de certains textes légaux et règlementaires. Pour tout dire, il s’agit d’une réforme que des professionnels du secteur des transports qualifient de "bidon", qui n’amènera que des cafouillages. Du pipo, qui ramène à des années caverneuses pour tout résumer.

 

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Le désordre est la chose la mieux partagée dans le transport urbain à Abidjan (Ph: Dr)

Le désordre est la chose la mieux partagée dans le transport urbain à Abidjan (Ph: Dr)

Récemment, le Syndicat des Agents de l’Agetu a projeté une grève illimitée à cause de salaires impayés portant sur quatre mois d’arriérés. Pour cerner les causes exactes de ce débraye, nous avons rencontré certains acteurs et premiers responsables du milieu des transports urbains à AbidjanEnquête…

Dans les années 1996, 1997, 1998, l’Etat de Côte d’Ivoire s’est engagé dans une réforme avec la Banque mondiale afin de moderniser le secteur du transport terrestre en général et celui du milieu urbain en particulier. C’est ainsi, qu’au bout de maintes réflexions et après des travaux en commissions interministérielles, des structures étatiques comme la Société Nationale des Transports Terrestres (SONATT) et  l’Agence des Transports Urbains (AGETU) vont voir le jour.

Juste, après la sortie de crise c'est le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité qui a intereppelé le District et les collectivités

Juste, après la sortie de crise c’est le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité qui a intereppelé le District et les collectivités

Après la mise en place de ces structures, l’Etat a pris soin de faire  voter des lois par les députés à l’Assemblée nationale. C’est ainsi que, concernant l’AGETU, le cas qui nous intéresse, il a été voté dans un premier temps, la loi n°2003-489 du 26 décembre 2003 portant Régime financier, fiscal et domanial des Collectivités territoriales.

Fonctionnement précaire de la loi portant annexe fiscale 2004

Les taxis communaux payaient les taxes de stationnement selon la taille de la commune en fonction de la loi de Finances 2004. A en croire le Directeur Général de l’AGETU, Félix Ve Sodet il était perçu 150 mille FCFA pour un taxi-compteur en première autorisation et 100 mille FCFA pour le renouvellement de l’autorisation  (le renouvellement coutait 118.000 FCFA avant la prise de la loi) de titre de transport. En ce qui concerne les taxis communaux, le montant varie toujours en fonction de la taille des populations, en termes démographique. Cette taxe est de 80 mille FCFA pour la plupart des communes. « Ces taxes étaient encaissées par l’AGETU selon la loi des finances de 2004 et reparties à hauteur de 60% pour l’AGETU, 40%  pour les collectivités du périmètre d’activités de l’AGETU (Ndlr : Les treize communes du District d’Abidjan) ainsi que les autres communes comme Grand-Bassam, Dabou et Jacqueville. La taxe de stationnement était supposée être comprise dans ce qui était prélevé sur les contribuables. Bien entendu, les véhicules tels que les bâchés, les cars interurbains et autres camions de marchandises devraient continuer de payer leurs taxes de stationnement, » a indiqué M. Félix Veh Sodet. Tout ce dispositif a fonctionné sans encombre, selon lui entre 2004, 2005 et 2006. Mais après 2007, les collectivités du périmètre d’activités de l’AGETU à savoir les treize communes du District d’Abidjan ainsi que celles de Grand-Bassam, Dabou et Jacqueville se sont désolidarisées de cette loi. En effet, en 2006, le mécanisme de partage entre l’AGETU et les collectivités a fait l’objet d’incompréhension. Il n’y a pas eu d’accord sur les quotes-parts qui étaient reversées de part et d’autres. « Quand on doit partager quelque chose il faut être d’accord sur ce qu’il y a à partager sinon, il y a toujours une plainte de la part d’une des parties prenantes. Ainsi, en 2007, les collectivités se sont désolidarisées de ce mécanisme. Elles ont donc repris la mise en œuvre des taxes de stationnement, » a fait remarquer le DG de l’AGETU.  Face à cet épineux problème qui frise la violation de la loi, l’Etat va prendre l’ordonnance n°2007-488 du 31 mai portant budget de l’Etat pour la gestion 2007 et confier le recouvrement à la Direction Générale des Impôts en lieu et place de l’AGETU, en son article 42 qui inscrit ce qui suit: Institution d’une Taxe de Transport Urbain (TTU) dans le Périmètre des Transports Urbains (PTU) en substitution de la redevance d’autorisation de transport. En son point 1 l’article en question stipule : « Il est institué auprès de la Direction Générale des Impôts, une taxe de transport urbain qui est une redevance annuelle payée au titre de l’exploitation des services de transport urbain qui se substitue à la redevance d’autorisation, à la taxe sur les taxis et à la taxe sur l’exploitation des embarcations prélevées par les communes ; ainsi qu’à la taxe sur les taxis interurbains, intercommunaux ou ceux dotés d’un compteur prélevé par le District d’Abidjan prévue à l’article 34 de l’annexe fiscale à la loi n°2004-271 du 15 avril 2004 portant loi des Finances 2004« . Ainsi, selon cette loi « Dans le ressort territorial l’AGETU, la taxe de transport urbain se substitue à la taxe sur les taxis et à la taxe sur l’exploitation des embarcations prélevées par les communes ; ainsi qu’à la taxe sur les taxis interurbains, intercommunaux ou ceux dotés d’un compteur prélevé par le District d’Abidjan. » Ces dispositions étaient loin d’être prises en compte tant le District d’Abidjan et les collectivités tenaient à plonger le transport urbain dans une confusion.

L’AGETU prend des dispositions mais…

A la question de savoir quelles ont été les dispositions prises par l’GETU auprès des autorités afin d’enrayer la fâcheuse parenthèse de violation de loi, M. Félix Veh Sodet a d’abord déploré la grave crise traversée par la Côte d’Ivoire pendant une longue période. « Toutes les démarches entreprises par mes prédécesseurs, à cette époque, sont restées vaines et même jusqu’à ces dernières années « . En témoigne le courrier du 30 avril 2012, du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Hamed Bakayoko. Une correspondance adressée aux Mairies des communes du District d’Abidjan et des communes de Grand-Bassam, Jacqueville et Dabou, dont l’objet est intitulé comme suit : Respect de l’article 42 de l’annexe fiscale 2007 (Voir fac-similé). Pire, un communiqué paraphé le 9 juillet 2013, par les ministres en charge des Transports, de la Sécurité, de la Défense et de l’Economie, devrait mettre fin à ce désordre par une stricte application des textes en vigueur. « Le Ministre des Transports tient à rassurer l’ensemble des acteurs du transport routier et les usagers, de sa ferme volonté à faire poursuivre ces opérations en vue d’un assainissement total et durable du secteur« , conclu le communiqué. Malheureusement, les mêmes pratiques ont repris de plus belle avec le cafouillage et le désordre qui caractérise ce milieu.

Le secteur des transports urbains se porte très mal.

Le problème de taxis banalisés, disons-le tout net, est lié à la confusion fiscale qui règne dans ce secteur. Les opérateurs du transport urbain (chauffeurs) n’ont aucune lisibilité, avec cette confusion. Faut-il payer la TTU aux impôts comme l’exige la loi des finances ? Ou bien faut-il payer la carte de stationnement aux collectivités ? « Pour éviter d’être brutalisé et de voir leurs véhicules saccagés par les agents des polices municipales, ou même des chargeurs (coxers) ces derniers sont obligés de verser la somme de 18.000 FCFA de taxe de stationnement au District d’Abidjan. Cette somme n’est pas recouvrée par les impôts. Elle est perçue par les receveurs municipaux qui les mettent à la dispositions des municipalités, » a indiqué le président des taxis-compteurs Coulibaly Adama. Combien de véhicules cotisent-ils pour cette caisse illégale imposée aux transporteur ? Seuls les premiers responsables du transport terrestre au sein des collectivités et du District d’Abidjan ont une réponse à cette interrogation.

Quand le District d’Abidjan froisse les textes de loi au profit d’une caisse noire

La Côte d’Ivoire peut-elle être émergente dans un pays où personne ne respecte la signature de l’autorité ? La question mérite d’être posée. Tant, l’émergence dont il est question, c’est dans moins de six ans (2020). Et les mauvaises habitudes de grilleurs d’arachide reviennent au galop au grand dam de la bonne gouvernance. En effet, avant que le Secrétaire Général du Syndicat des Agents de l’AGETU,  Kouassi Jonas, et ses membres projettent une grève illimitée récemment, pour quatre mois d’arriérés de salaires liées à la violation de la loi de Finances, le ministre des Transports ivoiriens Gaoussou Touré a, dans un autre courrier en date du 9 décembre 2013, N°002191/MT/CAB adressé au Gouverneur du District d’Abidjan, Robert Beugré Mambé demandé « l’interdiction de prélèvement de la taxe de stationnement . »(Voir Fac-Similé).

L'autorité chargée des Transport a apuyé la requête mais...

L’autorité chargée des Transport a apuyé la requête mais…

Malgré cette correspondance, le Directeur chargé des Transports au District d’Abidjan Isidore Boivin continue d’émettre des taxes de stationnement sur les taxis. (Voir Fac-Similé). Joint par téléphone portable, le vendredi 28 février 2014 pour prendre un rendez-vous ferme avec lui, l’homme est plutôt resté dans des discours qui n’ont rien à voir avec notre préoccupation. A savoir qui nous a remis son contact portable ? Avant de nous lancer à la figure qu’il y a« une annexe fiscale » sur laquelle il s’appuie pour délivrer les Taxes de Stationnement aux taxis. Rendez-vous pris à son bureau sis en face du Tribunal du Plateau lundi 3 mars celui qui s’est présenté, outre sa fonction comme l’un des administrateurs de l’AGETU et conseiller du Gouverneur du District a refusé de prendre ses responsabilités. Il s’est contenté de nous dire de rester à l’écoute jusqu’à ce que son patron lui donne l’autorisation de s’ouvrir à nous. Du lundi 3 mars à ce que nous mettions l’information sous presse toutes nos démarches ainsi que nos appels sont restés sans suite. Si telle est qu’une annexe fiscale exigeait la création d’une caisse parallèle autre les Impôts,  pourquoi le Ministre des Transports, M. Gaoussou Touré a-t-il fait le courrier ci-dessus ? Lui, ainsi que celui de l’Intérieur et de la sécurité, Hamed Bakayoko ne savent-ils pas lire les textes de loi au point de s’appuyer sur des         articles pour faire des communiqués d’interdiction de prélèvements de taxes de stationnement? En tout état de cause, la position manifestement non fondée du Directeur chargé des Transports au District d’Abidjan, Isidore Boivin achève de convaincre que le l’administrateur de l’AGETU, par ailleurs conseiller du Gouverneur Robert Beugré Mambé a fait une fuite en avant. Sachant bien que, l’article 35 de l’annexe fiscale n°2004-271 du 15 avril 2004 portant loi des Finances 2004 surl’Aménagement de taxes et de redevance aux services de transport urbain est clair : « Il est institué auprès de l’Agence des Transports Urbains (AGETU), une taxe d’inscription et une redevance d’autorisation annuelle lors de la délivrance et contrôle des titres de transports« . Ce qui démontre de loin que l’Etat a mis un système de qualité dont le travail est fait par une structure qualifiée (AGETU), reste à appliquer la loi qui donne tous les pouvoirs à cette agence.

Sériba Koné

Encadré

A quand le respect de la signature des autorités ?

L’Etat de belligérance est loin, très loin derrière les autorités ivoiriennes. La Côte d’Ivoire est un Etat de droit dans lequel le respect des engagements doit être pris au sérieux. L’Etat s’est doté d’un outil (AGETU) qu’il faut laisser fonctionner normalement, en appliquant dans le fond et dans la forme les lois des Finances.

le District d'Abidjan continue d'émettre des taxes

le District d’Abidjan continue d’émettre des taxes

Si les autorités parlent de plus en plus d’émergence en 2020, il faut sortir des problèmes de cristallisation sur des taxes parce que l’enjeu des transports va bien au-delà de ces taxes. Une loi est prise depuis 2004, modifiée en 2007, mais le désordre s’amplifie parce que les contribuables du secteur, à savoir les transporteurs n’ont aucune lisibilité de la fiscalité des transports urbains à Abidjan. Pourquoi ne pas l’appliquer pour voir ses insuffisances et ses forces ? On peut le dire tout net, les députés ont siégé pour rien parce qu’aucune loi n’est mise en pratique. Comment peuvent-ils légiférer pour s’interroger sur certaines questions susceptibles de faire sortir le transport urbain de l’informel ?  Les problèmes s’intensifient, en effets nocifs avec des véhicules qui polluent l’environnement. Ces véhicules prennent une carte de stationnement dans la commune de départ, et une autre dans la commune d’arrivée et hop ! Les voilà transporteurs. Or, par rapport à toute cette réforme le ministère a décidé d’instaurer des normes, un certain nombre de processus par lequel il faut faire obligation à tous ces opérateurs d’être à jour avant de se voir délivrer une autorisation de transport qui garantisse notamment la sécurité des passagers. Dans ce cas, les impayés de salaires des agents des grévistes de l’AGETU ne sont que l’un des symptômes, tout comme le désordre dans le transport urbain en est un autre, lesquels viennent de la même cause créée par la confusion fiscale.

Sériba K.

 

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Mort des deux journalistes de RFI

Et si l’interviewé était le suspect N°1 ?

Les deux envoyés spéciaux sortaient d’un entretien avec Ambéry Ag Rhissa, un représentant du Mouvement national de libération de l'Azawad [MNLA], lorsqu’ils ont été pris à partie par un groupe armé selon nos confrères de France24. Cela a été confirmé par l’interviewé, lui-même. Ambéry Ag Rhissa raconte avoir entendu des bruits suspects, après les avoir raccompagnés. "Je suis sorti pour voir ce qu'il se passait. Dès que je suis arrivé à la porte, j'ai vu une voiture, un pick-up, garé à côté de la leur. Il y avait un monsieur à terre, qui avait une arme. Il l'a immédiatement braquée sur moi, et il m'a dit 'retourne à l'intérieur, rentre, rentre !'", ajoute le témoin en précisant que les ravisseurs parlaient Tamachek [la langue touareg]. Ambéry Ag Rhissa a obtempéré. "Je suis rentré, et peu de temps après, ils ont démarré avec les deux journalistes. Ils ont démarré en trombes. J'ai entendu un seul coup de feu, apparemment tiré en l'air", précise-t-il. "Je n'ai pas pu voir combien ils étaient, mais plusieurs personnes, qui les ont vu, ont dit qu'ils étaient quatre. Celui que j'ai vu en tout cas ne porte pas de signe extérieur, qui permette de l'identifier comme appartenant à une organisation donnée."

Les questions qui attendent des réponses de Ambéry Ag Rhissa

Il sera difficile pour tous les journalistes d’écarter du coup la piste de l’interviewé qui n’a pas dit toute la vérité. Comment les ravisseurs ont-ils su que des journalistes français étaient à son domicile et qu’ils venaient de finir un entretien avec lui ? Ce représentant du MNLA qui sait mieux que quiconque que la situation sécuritaire à Kidal est dangereuse à fait quoi quand les ravisseurs lui ont intimidé l’ordre de rentrer. A-t-il appeler le dispositif Serval ou d’autres dispositifs militaires. En somme a-t-il sonné l’alerte en tant que représentant d’un grand Mouvement afin que les services des check-points prennent des dispositions ? En tout état de cause, chaque ville au monde a certain nombre d’entrée et de sortie. Qu’a-t-il fait afin que les entrées et sorties de Kidal (au moins trois selon des sources crédibles) soient bouclées ? Voici des questions qui fâchent sur lesquelles Ambéry Ag Rhissa à cause de qui, nos confrères ont été froidement assassinés, doit répondre.

                                                                Sériba Koné à Abidjan

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Mali/ Kidal, ville-rebelle

Grâce à certaines information sur certaines chaînes de télévision internationale française, on sait un peu plus que Kidal reste une ville où on ne sait quelle armée fait quoi ? La ville où ont été enlevés les deux journalistes de RFI, la situation sécuritaire est instable. C’est le mouvement rebelle qui se fait appeler Mouvement Nationale de la libération de l’Azawad (MNLA) qui dicte ses lois. Et pour cause : "nos forces [au nombre de 200, le nombre maximum autorisé par le MNLA, NLDR] n’ont pas une marge d’action, qui leur permettrait d’être en permanence présentes sur les différents axes", explique le ministre malien de la Défense, Soumeylou Boubeyè Maïga, sur l’antenne de FRANCE 24. "Le contingent de la Minusma [200 soldats également, NDLR] qui est là-bas est plus ou moins cantonné. Et puis Serval ne dispose pas d’effectifs suffisants pour sécuriser la ville". Pis, poursuit le ministre : "Les troupes de l’armée malienne, comme de la Minusma, ne patrouillent pas dans Kidal, car, par la force des choses, Kidal bénéficie d’une sorte de statut à part". C’est donc, dans ce berceau de la communauté touareg, dans la ville Nord-Mali que les deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, ont été tués à 12 km de la ville de Kidal, par balle dans la tête par leurs ravisseurs.

 

Pourquoi la sécurité des journalistes devrait être assurée

 

Le MNLA, initialement un groupe aux revendications indépendantistes, est un mouvement hétéroclite, précise André Bourgeot, directeur de recherche au CNRS. "Il y a des djihadistes, des narcotrafiquants, parfois des jeunes qui prennent des substances illicites", commente-t-il sur FRANCE 24. cependant aux prises avec une autre faction touareg : Ansar Dine. "Le MNLA tient le centre-ville. Les islamistes d’Ansar Dine, dont le chef a joué un rôle déterminant dans la libération des quatre otages d’Arlit, sont à la périphérie", explique, au journal "Le Parisien", Mathieu Guidère, spécialiste du terrorisme. "Les activités criminelles à Kidal sont donc probablement assez fréquentes", conclut-il. C’est dans un tel décor que Ghislaine Dupont, une journaliste aguerrie et passionnée par l'Afrique et Claude Verlon, un "as" de la technique, amoureux du continent africain ont pris toutes les dispositions professionnelle pour se rendre à l’interview de Ambéry Ag Rhissa, un représentant du Mouvement national de libération de l'Azawad. "Leur voiture était garée devant ma maison, à dix mètres de la porte environ, raconte le représentant du MNLA. Je suis sorti pour voir ce qu'il se passait. Dès que je suis arrivé à la porte, j'ai vu une voiture, un pick-up, garé à côté de la leur. Il y avait un monsieur à terre qui avait une arme. Il l'a immédiatement braquée sur moi, et il m'a dit 'retourne à l'intérieur, rentre, rentre !'", ajoute le témoin. Ambéry Ag Rhissa a donc obtempéré. "Je suis rentré, et peu de temps après, ils ont démarré avec les deux journalistes. Ils ont démarré en trombes. J'ai entendu un seul coup de feu, apparemment tiré en l'air, précise-t-il. Je n'ai pas pu voir combien ils étaient, mais plusieurs personnes, qui les ont vu, ont dit qu'ils étaient quatre. Celui que j'ai vu en tout cas ne porte pas de signe extérieur, qui permette de l'identifier comme appartenant à une organisation donnée". D’après les premiers éléments fournis par l’armée, le dispositif Serval a été prévenu de l'enlèvement des deux journalistes à 13H10 GMT. Un haut responsable local a alors donné l'alerte, et indiqué aux militaires français la direction dans laquelle le 4X4 des ravisseurs était parti.

D’après le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, les journalistes ont été "assassinés froidement". "L’un a reçu deux balles, l’autre trois. La voiture [des ravisseurs] était fermée à clé, et aucun impact de balle n’a été retrouvé sur la voiture", a précisé le chef de la diplomatie, désamorçant l’idée d’un échange de tir avec l’armée.

C’est dans cette ville-rebelle de Kidal où le Mouvement National de Libération de l’Azawad ne parvient pas à libérer que nos confrères ont déposé à jamais le micro et le casque.

 

                                                               Sériba Koné avec France24

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Voici l’évolution de la situation à Nosy-Be

 

-         L’enquête va-t-elle aboutir ?

 

Sébastien Judalet, âgé de 38 ans, salarié de l'entreprise publique de transports parisiens RATP et vivant à Montreuil, près de Paris, a été lynché avec Roberto Gianfala, jeudi 3 octobre 2013, au matin sur l'île touristique de Nosy Be. La population locale, qui les tenait pour responsables du meurtre d'un enfant de 8 ans, porté disparu depuis près de six jours, avait ensuite brûlé leurs corps. La troisième victime, un Malgache prénommé Zaidou, l'oncle de l'enfant, a été exécutée et brûlée jeudi soir. Avant d'être lynchés, Sébastien Judalet et Roberto Gianfala ont été interrogés par la population au cours d'un simulacre de procès, selon le confrère Le Monde.

Cette affaire qui fait couler beaucoup d’encre et de salive est entourée de beaucoup de zones d’ombre. La rumeur prétendait que le corps de l'enfant avait été retrouvé mutilé sur une plage, la langue et le pénis sectionnés. La population accusait le Français et le Franco-Italien de "trafic d'organes" et avait décidé de rendre elle-même justice. Mais la gendarmerie locale n'est pas en mesure de confirmer si l'enfant a été mutilé ou non. "On ne peut plus assurer avec certitude que le corps de Muhammad a été mutilé, comme cela a été évoqué peu de temps après sa découverte", a expliqué le commandant de gendarmerie de la région, ajoutant qu'il faudrait "attendre les conclusions de l'autopsie pour connaître précisément les causes de la mort de cet enfant". Une autre version soutient en effet que l'enfant aurait été rejeté par la mer, habillé.  Selon une source diplomatique française, écrit le journal "un certain nombre d'informations accréditent la thèse que l'enfant retrouvé mort aurait pu être au centre de pratiques pédophiles dans un hôtel de passe de Nosy Be". Mais, l'enquête ouverte par les autorités malgaches n'a pas établi de lien entre cet enfant et les trois hommes lynchés. Ces interrogations sont relayées par un habitant de cette localités qui préfère garder l’anonymat.

 

Ces zones d’ombre inquiétantes

 

 

La Gendarmerie a procéder à l'arrestation de 14 ou 17 personnes. « C'est très flou à cause de l'absence de communication venant de la gendarmerie », affirme notre interlocuteur.  A l’en croire, les hommes arrêtés « sont presque tous habitants du village de Dar-es-Salam et Ambatoloaka ». « Ils subissent des tortures à l’électricité sur leurs pénis. Ils ne reçoivent pas de nourritures depuis hier. La famille est interdite de leur rendre des visites. Les passants et les familles peuvent entendre leurs cris de douleurs par intermittence. Des gendarmes refoulent tous ceux qui s'attardent sur le lieu. France 24 était venue sur les lieux et a vu tout ceci. Va-t-elle informer le monde sur cette pratique de la gendarmerie nationale? », s’interroge t-il.

Pis, les preuves des aveux faites par les deux étrangers enregistrés sur des Smartphones auraient été saisies par des gendarmes lors des arrestations. Les habitants du village de Dar-es-Salam demandent aux journalistes de venir recueillir ce qu'ils ont à dire dans cette affaire. Nous avons contacté les reporters de AFP, RFI et France 24 sur place de rejoindre ces personnes qui veulent s'exprimer sur ce qui s'est réellement passé.

 

Un black out de l’information

 

Une mascarade de "Joro" (Prière traditionnelle) a été faite par la délégation ministériels et les habitants pour que la situation redevienne à la normale selon le Chef District (sous-préfet). Aucune image de cette prière n'a été diffusée sur les médias. Les populations s’interrogent encore « pourquoi la gendarmerie a relâché Zaidou le mercredi dernier, alors que son frère, qui l'as entendu en conversation téléphonique avec son complice, l'avait amené aux gendarmes le matin de mercredi vers 9h 45mn? Pourquoi un élément de la gendarmerie lui a donné de l'argent pour qu'il aille acheter de la nourriture? Tout ceci devant les yeux de la population qui commençait à s'attrouper devant la caserne de la gendarmerie. Pourquoi Zaidou a crié à qui voulait l'entendre que personne ne peut l'envoyer en prison à Nosy-Be? » . Tout ce flou entoure cette affaire diversement interprétée. Selon notre informateur, Zaidou serait un multirécidiviste et aurait été à plusieurs fois remis à la gendarmerie locale mais, il s'en est toujours sortie et les affaires classées sans suite.

 

La gendarmerie aurait fait un mort

 

Mieux, notre informateur soutient que la gendarmerie n'a pas utilisé de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Conséquence, un jeune adolescent, un lycéen aurait reçu une balle réelle dans le cou et serait mort alors que la gendarmerie soutient avoir tiré des coups somations en l’air. Le soir de mercredi, la gendarmerie nationale a donné une conférence de presse à Tananarive et un général a dit à la presse qu'il y a des dessous politiques dans cette affaire. Qui sont donc, ces hommes politiques ?

« Un des Vazaha (étranger) était en situation irrégulière. Pourquoi la Police des Airs et des Frontières (PAF) ne fait pas une déclaration la dessus? Le Vazaha en question était logé dans l'hôtel "Au Sable Blanc" appartenant à Issoufaly Socate. Pourquoi Issoufaly Socate a accepté de loger un vazaha en situation irrégulière dans son hôtel? Pourquoi il n'a pas informé la PAF? Il faut aussi noté que en 2009, dans l'affaire MGS au bazar be, ce même Issoufaly Socate était impliqué. C'est bizarre! » affirme notre source qui trouve cela « louche! »

 

Ce qui s’est passé au lendemain

 

« Le Jeudi dans la matinée, après avoir lynché et brulé les deux vazaha (étrangers), les habitants de Dar-es-Salam se sont rués à pieds vers l’hôtel "Cap doré" qui se trouve à Andilana pour appréhender le complice que les deux étrangers ont avoué avant d'être lynchés. Ils ont été rejoints par des dizaines d'hommes venus de Hell-ville transportés par un camion ». Ce complice selon les dires de ces gens s'appelle "Fred" gérant d'une bijouterie dénommé "Le Tamarin". Mis au courant de l'arrivée de la population de Dar-es-Salam, Fred a demandé refuge à "Marco" qui est le gérant de l’hôtel "Andilana Beach". Les clients de l’hôtel "Cap Doré" qui se trouvaient dans l'hôtel ont été transférés d'urgence vers l’hôtel "Andilana Beach", a observé l’homme. Toutefois, il précise que les renforts des forces de sécurité venues de Diego en renfort se sont déjà positionnées à l’hôtel "Andilana Beach". N'ayant vu personne dans l’hôtel Cap doré, la foule a rebroussé chemin. Entre temps, entre 12h et 14h30mn, la foule a reçu l'information que Zaidou a été localisé à Ampasipohy près du village d'Ambatozavavy. Capturé, la foule l'a emmené à Dar-es-Salam et l'a lynché et brûlé devant le parcage.

 

Aucune déclaration des autorités morales

 

En attendant avec impatience le résultat des enquêtes générales effectuées en ce moment par la gendarmerie, les populations sont sceptiques quant à la fiabilité des résultats de cette enquête, étant donné que la gendarmerie fait partie des protagonistes. « Pour que l’apaisement s'installe réellement, une enquête indépendante internationale est souhaitée », conseille notre interlocuteur.

« Nous insistons sur le fait que c'est la corruption qui est la cause profonde de tous ces événements malheureux. Pour que tout ce que nous avons vécu ces derniers jours ne se reproduise plus, il faut que la Gendarmerie, la Police, la Justice, les Responsables politiques se remettent en cause et procèdent chacun à un changement interne et se rappellent qu'ils sont là pour servir le peuple mais non pas s’adonner à des rackets, abus d'autorités... », a-t-il conclu.

 

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20è anniversaire de l’Anader

Le Développement de l’agriculture confronté à l’engagement politique

La salle de conférences du ministère des Affaires Etrangères a servi de cadre au lancement du 20ème anniversaire de l’Agence nationale d’appui au développement rural. Cette cérémonie d’ouverture vendredi 13 septembre 2013, a permis de savoir, après certaines interventions dont celle du ministre de l’Agriculture Mamadou Sangafowa Coulibaly et du Dg Dr Cissé Sidiki, que le développement de l’agriculture en Côte d’Ivoire est confronté à un réel engagement politique.

Dire qu’il n’y a pas la volonté politique pour accompagner de l’Agence nationale d’appui au développement rural (Anader) en Côte d’Ivoire, c’est prêcher le faux.

Le ministre de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly, représentant le Premier ministre en sa qualité de parrain, a encouragé les organisateurs. « Il ne peut pas avoir de développement rural sans l’Anader », a-t-il soutenu.

Mais, qu’est-ce qui est fait concrètement pour accompagner cette volonté politique et lui donner un sens, voire un contenu? En somme, quelles sont les mesures prises qui engagent l’Etat à faire sortir les agriculteurs ou producteurs de la précarité, depuis la naissance de l’Anader le 29 septembre 1993 ? Quand on sait que, selon la volonté de feu Félix Houphouët-Boigny, cette structure est née de la fusion de trois ex-sociétés de développement sectoriel, à savoir la Compagnie ivoirienne de développement des vivriers (Cidv), la Société d’assistance technique à la modernisation de l’agriculture en Côte d’Ivoire (Satmaci) et la Société pour le développement des productions animales (Sodepra).  «A la différence des ex-Sode, jugées trop onéreuses et n’ayant pas permis une réelle maîtrise des techniques agricoles par les producteurs assistés sous plusieurs formes (distribution gratuite d’intrants, primes en espèces, prêts en nature rarement remboursés, etc.), l’Anader apparaissait comme une solution à la multiplicité d’intervenants au niveau d’un même exploitant. La création de l’Anader devrait aussi résoudre le problème de coût élevé de l’encadrement, de la forte implication des agents d’encadrement dans les activités qui incombent à l’exploitant et qui font de lui un simple exécutant, de l’insuffisance de formation conséquente (encadrement dirigiste) », a soutenu le Dg de l’Anader, Dr Cissé Sidiki.

 

L’Etat a failli

 

La crise militaro politique survenue en 2002 a mis en les activités de l’Anader en veilleuse. En conséquence, le financement de la banque mondiale a été brutalement arrêté en 2003, alors que, conformément aux textes de sa création, l’Anader a vu son statut évolué en 1998, passant de société d’économie mixte de type particulier avec plus de 90% de participation de l’Etat au capital social de 500 millions de FCFA, à une société anonyme à participation minoritaire de l’Etat (35%) à ce même capital. Au point où, le Directeur général du groupe américain Cargill pour l’Afrique de l’Ouest, Lionel Soula, a annoncé, au cours de cette cérémonie, que son groupe a investi 1,8 milliard de FCFA dans la formation de 60 000 planteurs de cacao ivoiriens.

 

 De nouveaux enjeux, talon d’Achille

 

Au niveau de la Cedeao, il y a des orientations. Concernant les investissements, il y a la volonté de cette communauté de mettre 10% à l’actif des agriculteurs. Mais, dans sa mise en œuvre la volonté politique prend un coup. Or, selon certains observateurs, le développement devrait accompagner le politique et non le contraire. Ce ne sont pas les chercheurs qui manquent. Mais, les résultats font état de ce que toutes les recherches restent dans les tiroirs. Pourtant, les pays comme la Chine, le Brésil et autres mettent beaucoup l’accent sur le travail des chercheurs en y mettant le prix.

 

Quelques résultats significatifs

 

Malgré les difficultés liées à la crise ivoirienne, l’Anader n’a pas baissé les bras. Bien au contraire elle a su tisser des partenariats qui lui ont permis de poursuivre sa mission auprès des populations rurales. Dans la période de 2005 à 2012, l’Anader a pu aider les producteurs de la filière café cacao à créer environ 40 000 ha de verger de cacao, soit une moyenne de 5 000 par an, et 800 ha de café avec du matériel végétal performant selon le Dg. Depuis 2010, ce sont environ 50 000 acteurs de la filière (producteurs, gérants et dirigeants de coopérative, employés) que nous formons chaque année, aux bonnes pratiques de récoltes et post-récolte, à travers des coopératives pour la certification. Des appuis sont aussi apportés à des producteurs d’anacarde, de palmier à huile et d’hévéa. En matière de sécurité alimentaire, les interventions de l’Anader ont touché les producteurs de vivriers et de légumes, ainsi que des éleveurs et pisciculteurs. L’Anader a aidé plusieurs collectivités territoriales à élaborer leurs plans stratégiques de développement et appuyé au montage de projets ou à leur mise en œuvre. Face à la pandémie du VIH qui nécessite des actions vigoureuses et multisectorielles, L’Anader s’est engagée à prendre une part active dans la lutte contre ce fléau mondial qui a gagné le milieu rural ivoirien. Ainsi, en plus de la lutte qu’elle mène au sein de son dispositif, l’Anader met en œuvre, avec succès depuis près de 10 ans, le projet Pepfar. « Avec le retour à la paix, les appuis de l’Anader aux filières agricoles ont été relancées grâce à la réforme de la filière café cacao, à l’accroissement de la demande en nourriture dans la sous région ouest-africaine à cause des menaces de crises socio politiques, et à la volonté des pouvoirs publics », soutient Dr Cissé Sidiki.

L’Anader a démontré sa capacité à influencer positivement le développement agricole du pays au regard des résultats importants obtenus dans le cadre du Pnasa. En outre, malgré ses difficultés actuelles, elle donne la preuve de sa capacité à répondre efficacement aux demandes, dans la mesure où les moyens d’actions lui sont fournis en compensation de ses services.

Toutefois, pour que son action s’inscrive dans la durée et par conséquent dans une perspective de moyen et long terme, il importe que les actions de l’Etat et des partenaires en faveur de l’Anader, soient renforcées, mieux coordonnées dans l’espace et dans le temps.

                                                                                          Sériba Koné

                                                                                          seriba67@yahoo.fr

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20è anniversaire de l’Anader

Le Développement de l’agriculture confronté à l’engagement politique

La salle de conférences du ministère des Affaires Etrangères a servi de cadre au lancement du 20ème anniversaire de l’Agence nationale d’appui au développement rural. Cette cérémonie d’ouverture vendredi 13 septembre 2013, a permis de savoir, après certaines interventions dont celle du ministre de l’Agriculture Mamadou Sangafowa Coulibaly et du Dg Dr Cissé Sidiki, que le développement de l’agriculture en Côte d’Ivoire est confronté à un réel engagement politique.

Dire qu’il n’y a pas la volonté politique pour accompagner de l’Agence nationale d’appui au développement rural (Anader) en Côte d’Ivoire, c’est prêcher le faux.

Le ministre de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly, représentant le Premier ministre en sa qualité de parrain, a encouragé les organisateurs. « Il ne peut pas avoir de développement rural sans l’Anader », a-t-il soutenu.

Mais, qu’est-ce qui est fait concrètement pour accompagner cette volonté politique et lui donner un sens, voire un contenu? En somme, quelles sont les mesures prises qui engagent l’Etat à faire sortir les agriculteurs ou producteurs de la précarité, depuis la naissance de l’Anader le 29 septembre 1993 ? Quand on sait que, selon la volonté de feu Félix Houphouët-Boigny, cette structure est née de la fusion de trois ex-sociétés de développement sectoriel, à savoir la Compagnie ivoirienne de développement des vivriers (Cidv), la Société d’assistance technique à la modernisation de l’agriculture en Côte d’Ivoire (Satmaci) et la Société pour le développement des productions animales (Sodepra).  «A la différence des ex-Sode, jugées trop onéreuses et n’ayant pas permis une réelle maîtrise des techniques agricoles par les producteurs assistés sous plusieurs formes (distribution gratuite d’intrants, primes en espèces, prêts en nature rarement remboursés, etc.), l’Anader apparaissait comme une solution à la multiplicité d’intervenants au niveau d’un même exploitant. La création de l’Anader devrait aussi résoudre le problème de coût élevé de l’encadrement, de la forte implication des agents d’encadrement dans les activités qui incombent à l’exploitant et qui font de lui un simple exécutant, de l’insuffisance de formation conséquente (encadrement dirigiste) », a soutenu le Dg de l’Anader, Dr Cissé Sidiki.

 

L’Etat a failli

 

La crise militaro politique survenue en 2002 a mis en les activités de l’Anader en veilleuse. En conséquence, le financement de la banque mondiale a été brutalement arrêté en 2003, alors que, conformément aux textes de sa création, l’Anader a vu son statut évolué en 1998, passant de société d’économie mixte de type particulier avec plus de 90% de participation de l’Etat au capital social de 500 millions de FCFA, à une société anonyme à participation minoritaire de l’Etat (35%) à ce même capital. Au point où, le Directeur général du groupe américain Cargill pour l’Afrique de l’Ouest, Lionel Soula, a annoncé, au cours de cette cérémonie, que son groupe a investi 1,8 milliard de FCFA dans la formation de 60 000 planteurs de cacao ivoiriens.

 

 De nouveaux enjeux, talon d’Achille

 

Au niveau de la Cedeao, il y a des orientations. Concernant les investissements, il y a la volonté de cette communauté de mettre 10% à l’actif des agriculteurs. Mais, dans sa mise en œuvre la volonté politique prend un coup. Or, selon certains observateurs, le développement devrait accompagner le politique et non le contraire. Ce ne sont pas les chercheurs qui manquent. Mais, les résultats font état de ce que toutes les recherches restent dans les tiroirs. Pourtant, les pays comme la Chine, le Brésil et autres mettent beaucoup l’accent sur le travail des chercheurs en y mettant le prix.

 

Quelques résultats significatifs

 

Malgré les difficultés liées à la crise ivoirienne, l’Anader n’a pas baissé les bras. Bien au contraire elle a su tisser des partenariats qui lui ont permis de poursuivre sa mission auprès des populations rurales. Dans la période de 2005 à 2012, l’Anader a pu aider les producteurs de la filière café cacao à créer environ 40 000 ha de verger de cacao, soit une moyenne de 5 000 par an, et 800 ha de café avec du matériel végétal performant selon le Dg. Depuis 2010, ce sont environ 50 000 acteurs de la filière (producteurs, gérants et dirigeants de coopérative, employés) que nous formons chaque année, aux bonnes pratiques de récoltes et post-récolte, à travers des coopératives pour la certification. Des appuis sont aussi apportés à des producteurs d’anacarde, de palmier à huile et d’hévéa. En matière de sécurité alimentaire, les interventions de l’Anader ont touché les producteurs de vivriers et de légumes, ainsi que des éleveurs et pisciculteurs. L’Anader a aidé plusieurs collectivités territoriales à élaborer leurs plans stratégiques de développement et appuyé au montage de projets ou à leur mise en œuvre. Face à la pandémie du VIH qui nécessite des actions vigoureuses et multisectorielles, L’Anader s’est engagée à prendre une part active dans la lutte contre ce fléau mondial qui a gagné le milieu rural ivoirien. Ainsi, en plus de la lutte qu’elle mène au sein de son dispositif, l’Anader met en œuvre, avec succès depuis près de 10 ans, le projet Pepfar. « Avec le retour à la paix, les appuis de l’Anader aux filières agricoles ont été relancées grâce à la réforme de la filière café cacao, à l’accroissement de la demande en nourriture dans la sous région ouest-africaine à cause des menaces de crises socio politiques, et à la volonté des pouvoirs publics », soutient Dr Cissé Sidiki.

L’Anader a démontré sa capacité à influencer positivement le développement agricole du pays au regard des résultats importants obtenus dans le cadre du Pnasa. En outre, malgré ses difficultés actuelles, elle donne la preuve de sa capacité à répondre efficacement aux demandes, dans la mesure où les moyens d’actions lui sont fournis en compensation de ses services.

Toutefois, pour que son action s’inscrive dans la durée et par conséquent dans une perspective de moyen et long terme, il importe que les actions de l’Etat et des partenaires en faveur de l’Anader, soient renforcées, mieux coordonnées dans l’espace et dans le temps.

                                                                                          Sériba Koné

                                                                                          seriba67@yahoo.fr

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"Le droit est fait pour les gens, et non contre eux"

 

Juriste-Consultant en développement, M. Landry Kuyo a bien voulu répondre à certaines de nos préoccupations relatives aux maux qui minent la Police, la Gendarmerie, les Magistrats dans la seconde partie de notre enquête liée à l’abus de confiance, la corruption dans les corps de métiers sus-cités.

 

Pour quel délit un magistrat, gendarme, policier ou Frci doivent-ils faire arrêter et enfermer un individu ?

 Il est important de pouvoir faire la précision. Pour ce qui est du domaine de compétence de toutes les personnes intervenant dans le domaine judiciaire final, il faudrait que ces infractions se déclinent en crimes ou la contravention est prévue par le code pénal. Il y a donc pas mal d’actes qui sont commis, mais qui ne sont pas d’ordre pénal. Tout ce qui est d’ordre pénal peut être commis par un Officier de la police judiciaire qui procède à l’arrestation lorsqu’il y a suffisamment de preuves qui sont réunies. Lesquelles preuves constituant un dossier sont soumises au Procureur décidant de poursuivre ou ne pas poursuivre pour un procès. C’est au cours de ce procès que l’individu bénéficiant de la présomption d’innocence sera convaincu de culpabilité ou non.

 

Sous nos cieux, plusieurs personnes se plaignent de la manière dont elles sont arrêtées et déférées. Ces personnes accusent les autorités du fait qu’aucune enquête n’est faite pour définir que le mis en cause ait commis l’acte…

Effectivement, on a un réel problème. A ma connaissance, est-ce que les autorités policières mènent des investigations sérieuses concernant de véritables enquêtes, si vous me le permettez, comme ce qui est vu dans les films ? Je ne le crois pas un seul instant. Tout simplement, parce que la culture voudrait qu’il y ait un individu qui se plaigne de quelque chose. S’adresse au commissariat de police ou alors à la brigade de gendarmerie pour que sa simple parole fasse voix et que l’on procède ainsi à l’arrestation du mis en cause, lequel aura à se défendre avec les maigres moyens, puisque déjà saisi, il est en situation non pas de présomption, mais de présomption de culpabilité. Et il n’y a pas de véritables investigations qui sont menées. Des investigations qui voudraient que des éléments matériels soient réunis. Très souvent, il y a une insuffisance d’éléments matériels qui voudrait qu’on pousse davantage l’enquête, par exemple on parlerait de police scientifique. On n’a pas suffisamment les moyens pour pousser l’investigation. Ce qui fait que de manière vraisemblable, certaines personnes sont considérées comme suffisamment peu crédibles et donc, ayant commis plus ou moins cette infraction pour qu’elles soient mises en détention préventive, par la suite pour connaître leur juge. C’est une situation déplorable, parce que beaucoup de personnes innocentes, étant là au mauvais moment, ou alors à la mauvaise heure, ou alors pour question d’interprétation, se voient traquées du coup par la loi. C’est quelque chose qu’il faut rectifier le plus rapidement possible. Mais, il y a une chose qui est importante : c’est qu’il y a des affaires qui sont d’ordres purement civiles, certainement les affaires relatives aux questions pécuniaires. Vous allez emprunter de l’argent à quelqu’un, lequel vous donne un certain délai et pour des questions d’ordre alimentaire voudrait que son argent lui soit restitué avant le terme. Cette personne-là va profiter de quelques connaissances qu’elle a au sein d’un commissariat de police pour exercer une sorte de pression. Alors, on va assister à ce qu’on appelle "la contrainte par corps". La contrainte par corps c’est quoi ? C’est la possibilité qui était réservée aux autorités, au pouvoir public de pouvoir détenir une personne ou de la priver de sa liberté afin qu’elle puisse restituer l’argent qu’elle détenait. La contrainte par corps, en matière civile, comme on l’appelle…, en matière fiscale, elle demeure. Nous nous rendons compte que la pratique continue d’être menée, quand bien même l’affaire n’est pas pénale, vous vous rendez compte que certains officiers de police judiciaire se reconnaissent compétents pour pouvoir traiter ce genre d’affaires, alors que ce n’est pas le cas. Nous savons simplement que lorsque nous avons une dette d’argent qui est au-delà d’un million Francs Cfa, dans ce cas, oui la police judiciaire est compétente, mais en deçà, il n’en est réellement pas question.        

 

Si ce n’est pas la police qui doit s’en occuper, et à quel corps revient cette affaire civile?

 C’est une affaire civile, donc c’est le tribunal civil. Il suffit simplement, lorsqu’on se sent lésé, parce qu’on a en face de soit un mauvais payeur de pouvoir introduire une demande en justice. Elle se présente de trois manières : soit il y a une assignation, soit il y a une comparution, soit il y a une requête. Lorsqu’il y a une requête, on peut préférer un référé, lorsqu’on a suffisamment de preuves à produire devant le juge qui lui permettrait ainsi de délivrer une ordonnance de payer. Vous savez, il y a tellement de procédures. On le dit souvent dans les rues et dans nos quartiers que la voie civile, donc celle qui nous emmène devant le juge est un peu trop longue. On emprunte des raccourcis, lesquels raccourcis sont lésionnaires et aliénants des droits des citoyens. Car, si vous arrivez à le faire pour récupérer votre argent, sachez que demain, quelqu’un d’autre le fera contre vous.

 

Peut-on affirmer que l’Ivoirien connaît ses droits ?

 L’Ivoirien est un ignorant juridique. Ça c’est une évidence ! J’ai pour preuve la pratique d’avoir eu la chance de passer régulièrement sur les antennes de la télévision. Très souvent, on évite à proposer certains thèmes, parce qu’on se dit : "c’est évident, c’est un BA-BA, tout le monde le connaît", mais lorsque vous développez vous vous rendez compte qu’il ya tellement de messages extraordinaires qui vous parviennent et les gens qui vous remercient parce qu’elles n’ont pas accès au droit.

 

La difficulté  vient de quoi ?

 La difficulté vient du fait que dans les dix premières années de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, ceux qui ont appris le droit, ceux qui en sont devenus des professionnels-magistrats, ont proposé cette matière comme étant très hermétique. Le droit a été présenté comme une chose venant de Dieu, inaccessible au commun des mortels. Aujourd’hui, notre travail consiste à le ramener auprès des gens. Donc, à le rendre beaucoup plus terrestre, beaucoup plus intelligible, parce que le droit, il est fait pour les gens et non, eux. Et donc, quand il ne le maîtrise pas, lorsqu’il ne s’y connaît pas, il est contre les gens.

 

Quel commentaire faites-vous de la déclaration de l’ex-Pdg de Elf, Loik Le Floch-Prigent qui, arrêté en septembre 2012, en Côte d’Ivoire et transféré au Togo où il a été libéré en février 2013, pour des raisons de santé, dénonce la manipulation des pouvoirs...

 Déjà même, dans l’organisation culturelle des pouvoirs dans leur répartition, le pouvoir judiciaire est influencé institutionnellement par le pouvoir exécutif. Parce que le Procureur de la République est nommé par le Président de la République, et agit sur ses instructions. Quand c’est le cas, lorsque l’exécutif comme le Président de la République, dans nos pays africains, exerce un pouvoir, très fort, très concentré, très influent, c’est un pouvoir présidentialiste. Lorsque celui-ci, tout puissant, agit et donne l’ordre au Procureur de la République, qu’est-ce que celui-ci peut bien faire ? Et très souvent, certaines affaires prennent des tournures très politiques, de sorte que du point de vue juridique, le traitement qui est très facile à faire, la pesanteur politique aidant, le Procureur de la République a les mains liées. Quand c’est comme ça, c’est le justiciable qui en souffre énormément. Parce que la raison d’Etat qui est d’ordre politique est au-delà de la raison humaine, la raison sociale. Je comprends bien ! Je ne connais pas exactement le dossier, mais je comprends bien, parce qu’il n’est pas le seul Homme d’affaire dans ce cas à avoir souffert de pareille situation. La Côte d’Ivoire en a connu des dizaines et des centaines. Ce qui a miné l’environnement des affaires. Je crois, pour ma part, qu’il faudrait travailler à un système républicain dans lequel il y a une réelle séparation des pouvoirs, où il y a une réelle indépendance du pouvoir judiciaire.

 

Qui doit donner cette indépendance du pouvoir judiciaire ?

Cette indépendance du pouvoir judiciaire, elle n’est pas donnée, elle s’acquiert. Elle s’acquiert par des batailles législatives, mais aussi par une responsabilité citoyenne. Lesquels citoyens qui se sont levés soit, par une question d’insécurité connue maintenant, ou de manière préventive, auront donc à veiller à ce que cette indépendance de la justice soit réelle. C’est une sorte de contrôle citoyen des individus sur le mécanisme et le fonctionnement de l’ordre institutionnel. Il faudrait qu’on soit capable de pouvoir dire, capable de faire des enquêtes, capable de faire des rapports, capable de pouvoir interroger, capable de pouvoir s’interroger soi-même, capable de pouvoir dénoncer sans pour autant le faire avec grossièreté, avec violence. On peut le faire avec des mots justes, des démonstrations scientifiques, il n’y a pas de raison de craindre pour sa vie ou pour sa liberté, parce que dans tous les cas, aucune société par rapport à son système n’est parfaite. On est considérablement dans une sorte d’aberration pour le mieux être et pour le meilleur. La Côte d’Ivoire a un système judiciaire, ou un système républicain qui a besoin de se parfaire continuellement, pas forcément au niveau organique, mais au niveau de l’animation.Donc, au niveau des individus qui ont la responsabilité de faire fonctionner ces organes-là, lesquels ont besoin eux-mêmes de s’affranchir, parce qu’ils s’auto-condamnent, ils s’auto-mutilent, ils s’auto-adjoignent, à ce pouvoir qui, semble-t-il, est supérieur, alors qu’ils peuvent agir de manière autonome, indépendamment. Ça, c’est un autre point de travail à faire, et puis, il y a aussi que ceux qui ont un pouvoir supérieur devraient faire montre d’un peu de lucidité et se rendre compte que même si le pouvoir, comme le disait Montesquieu : "le pouvoir rend fou et le pouvoir absolu rend absolument fou",  il faudrait agir dans l’intérêt commun, et agir dans l’intérêt commun, c’est se limiter à ceux à quoi le droit nous donne le droit de faire.

 

Que doit faire le magistrat ?

A l’Ena, la question de justice doit être la matière fondamentale, la plus grande des matières. Parce que si techniquement nos cadres sont bien formés, du point de vue des valeurs, il y a une véritable carence. Le problème, c’est la question des valeurs. Ce n’est pas la question des compétences. C’est pourquoi ? on se trouve dans cette situation pour faire cette interview-là. Les gens n’assimilent pas les valeurs, ils ne les manifestent pas.

                                                             

                                                                         Réalisée par Sériba Koné

                                                                         seriba67@yahoo.fr

 

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Ces maux que traînent magistrats, policiers, gendarmes…

 

-         Le récit de certaines victimes

 

Magistrats, policiers, gendarmes etc. traînent  comme un boulet aux  pieds, des maux bien connus qui sont, entre autres, abus d’autorité, arrestations arbitraires, intimidations, corruption etc.

 

Magistrats, policiers, gendarmes, Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) sont accusés à tort ou à raison d’abus d’autorité, d’arrestations arbitraires, d’intimidations, de corruption etc. Au cours de notre enquête, certaines victimes sont intervenues sans se voiler la face, quand d’autres, pour des raisons de sécurité, ont préféré garder l’anonymat. Au cours de notre enquête, certaines victimes sont intervenues sans se voiler la face, quand d’autres, pour des raisons de sécurité ont préféré garder l’anonymat. Sur la question, aucun magistrat encore moins un policier ou un gendarme n’a voulu nous entretenir, même sous le sceau de l’anonymat. Par contre, un juriste ivoirien qui s’est fait appeler John Wilson pour la circonstance n’a pas manqué de mettre le pied dans le plat. En tant que victime, il raconte. Pour lui, « le magistrat doit rendre des décisions au peuple, au nom du peuple ». Malheureusement, à l’en croire,  sur simple dénonciation, il a été arrêté et déféré à la Maca (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan) dans une affaire pour laquelle il  préfère ne pas épiloguer. Après avoir passé plus de neuf mois en prison, il a été libéré. La manière d’opérer, selon notre interlocuteur est très simple. « Il suffit de corrompre le magistrat qui a l’affaire en main et le tour est joué», affirme-il. « C’est tout une chaîne bien huilée, parce que l’agent de police qui reçoit le soit-transmis pose des questions en fonction de ce soit-transmis du magistrat. Or, pour déférer quelqu’un, il faut que les faits soient d’abord établis». A l’entendre, ce qu’il qualifie d’abus d’autorité est un fait qui se déroule en dehors de toutes les règles légales. Car, ajoute-t-il, : « pour déférer quelqu’un, il faut que la personne mise en cause ait commis l’acte. Mais, dans mon cas, rien n’a été respecté ». En effet, le procureur ou les Officiers de police judiciaire (Opj) sont habilités à faire arrêter une personne quand les faits sont établis. Le contraire ici est monnaie courante, même si la procédure est bien suivie. A savoir, donner une convocation au mis en cause et l’entendre sur les faits qui lui sont reprochés. L’opérateur économique exerçant dans le domaine des bâtiments, Lambert Konan, donne plus de détails. A l’en croire, la procédure peut être viciée quand le plaignant est un proche du magistrat, policier, gendarme ou Frci. Ou quand ce dernier « rentre dans le contexte », c’est-à-dire remettre une forte somme d’argent aux acteurs cités ci-dessus cités. « Le plaignant a toujours raison, quand bien même le mis en cause a ses preuves qui attestent qu’il est accusé de faux», révèle-t-il. En effet, selon notre interlocuteur, cela se fait sur fond d’intimidation sans aucune vérification des faits, en complicité avec le plaignant « rien que pour escroquer le  mis en cause ».

 

Arrestation abusive, intimidation…

 

Il raconte sa mésaventure vécue à la police économique le vendredi 16 novembre 2012. « Je puis vous témoigner toute ma gratitude et mon respect pour cette enquête qui contribuera assurément, s'il elle n'y met fin, à dénoncer les maux qui minent notre administration aujourd'hui. Puisse Dieu vous mettre à l’abri des ennemis que vous allez certainement vous faire tout au long de cette enquête », a prié d’entrée de jeu Julien Konan Anicet. Non sans dénoncer son arrestation qu’il qualifie d’abusif par la police économique. « Je suis le responsable Communication et Marketing d'une société de génie civil de la place ». A l’entendre, le vendredi  16 novembre 2012, aux environs de 16h30mn, des agents de la police économique au nombre de cinq, débarquent comme des « quidams » dans les locaux de leur bureau sis à Cocody, donnant des frayeurs aux clients et partenaires qui étaient présents. Sans convocation aucune préalablement adressée, encore moins une autre présentée au moment des faits, et sans aucun mandat d’arrêt dûment écrit, "ils nous ordonnent de les suivre à la police économique pour être entendu sur une affaire", se souvient-il. "L'un d'entre eux, particulièrement zélé et surexcité, se montre menaçant, intime l'ordre aux clients et partenaires qui patientent dans la salle d'attente de sortir. Ensuite il rentre dans les bureaux, sans courtoisie aucune et somme les clients de sortir. Ils nous font fermer les bureaux, et nous font savoir qu'ils ont reçu l'ordre du Directeur de la police économique pour agir de la sorte. Pour éviter des bavures, le Directeur général de notre société  demande en toute responsabilité que nous les suivions, sans trop savoir de quoi il est question", a révélé le responsable Communication et Marketing. Une fois dehors, il reconnaît le plaignant qui est le financier d'un des partenaires extérieurs de la société. "J'appelle alors notre entrepreneur que nous prenons au passage en ayant pris soin de lui demander de se munir du dossier de son financier. Nous arrivons donc à la police économique, et constatons que l'affaire est confiée à un Commissaire (dont nous taisons le nom) qui annonce d'entrée de jeu les couleurs. Il nous reçoit à son bureau, pose des questions tendancieuses dans le but de qualifier les faits d'escroquerie faisant fi du contrat de financement que le plaignant a signé avec  notre partenaire dont les termes sont très explicites même pour un élève en classe de CM et qui ne présente aucun caractère d'escroquerie ni dans la forme, encore moins dans le fond », a déploré Julien Konan Anicet. Le commissaire demande donc à ses proches collaborateurs, selon la victime," de prendre la déposition de mon Directeur général, en plus de la mienne, et de celle de notre partenaire, puis il demande à la grande surprise de tout le bureau qui s'est déplacé que je sois écroué en même temps que notre partenaire ". A la question de savoir les raisons, "le Commissaire répond que pour avoir été présent  lors de la signature de leur contrat et de leur transaction,  il suppose que j'ai dû percevoir une commission ". En réalité, le plaignant estime que le projet qu'il a financé a mis du temps, et qu'il souhaiterait être remboursé par le partenaire avant terme alors que leur contrat dit en des termes très clairs que : "c'est au terme du projet qu'il rentrera en possession de ce qui lui a été promis.  Toutefois, lui-même reconnaît avoir signé ce contrat et remis de l'argent à notre partenaire". En revanche, voici ce que notre interlocuteur qualifie de "bassesse du Commissaire" : "Notre partenaire, ne pouvant pas payer le montant de six millions Fcfa, a exigé qu’on rembourse cette somme le même soir. En somme, le Commissaire a cru bon de m'écrouer sur la base de rien pour que sous la contrainte, la société paie cet argent pour ne pas me voir passer la nuit dans les geôles de la police économique. C'est une pratique courante des services de la police économique", indique notre interlocuteur, ajoutant par ailleurs que cela est bien exercé par les Commissaires  qui ont  déjà fait débourser à la société 7.300.000 FCFA  pour une affaire similaire. "Sinon pourquoi m'écrouer alors que le plaignant reconnaît avoir contracté et donné de l'argent au mis en cause qui reconnaît à son tour l'avoir reçu et en avoir usé selon que leur accord le stipule", a indiqué Julien Konan Anicet. En plus, chose curieuse, selon Julien Konan Anicet, c'est que le Directeur général, pour  mieux comprendre, est allé voir le Commissaire qui lui a explicitement demandé de discuter avec le plaignant pour trouver un accord sur le mode de règlement que la société devait lui proposer. "Pourquoi la société devrait-elle négocier pour rembourser à quelqu'un de qui elle n'a rien perçu et avec qui elle n'a signé aucun contrat ?", s’interroge-t-il.  Après plusieurs tractations qui n'ont rien donné, selon lui, ils ont décidé sur conseil de leur avocat de ne rien payer. "Nous avons donc été détenus  trois jours durant à la police économique, pour être déférés le lundi 19 novembre 2012. Nous avons été placés sous mandat de dépôt, et nous avons comparu le mercredi  21 novembre 2012, à l'audience des flagrants délits puis nous avons été relaxés ce même jour car le juge a décidé au vu des documents qu'il n'y avait pas de cas d'escroquerie », a soutenu la victime. Un homme d’affaires, Kpan Honoré, exploitant de bois, reconnaît que, "quand la personne refuse de verser de l’argent, il est mis sous mandat de dépôt, quand bien même, selon lui, les faits qui lui sont reprochés sont douteux et qu’il a les garanties de représentativité. C’est-à-dire que la personne ne peut pas fuir  parce qu’elle a une adresse, un domicile fixe, une entreprise, un bureau etc.", soutient-il.

 

Des arrestations illégales et injustifiées ?

 

Certaines personnes sont arrêtées et mises au violon pour diffamation, alors que ce n’est pas un délit pénal, selon la loi. Ce genre d’acte est un abus d’autorité de la part des magistrats. La reconnaissance d’un prêt qui est un accord entre deux individus par exemple, est un acte civil. Mais, à partir de l’intitulé : « escroquerie », sachant très bien que c’est un prêt, la police ou la gendarmerie font signer un échéancier que le mis en cause  leur reverse. Faute de quoi, il est jeté au violon. « Alors que c’est un recouvrement de créance qui est du ressort des agents des affaires judiciaires ou des huissiers de justice », explique Me  Kouassi Bernard, ajoutant par ailleurs ce qui suit : « un policier ou un gendarme a la capacité de déceler si l’affaire est pénale ou civile. C’est de la mauvaise foi », lâche-t-il. Et de trancher : « les Ivoiriens ne connaissent pas suffisamment leur droit. C’est pourquoi, les magistrats, policiers, gendarmes et même les Frci qui agissent pour leurs intérêts parviennent à les intimider, arrêter arbitrairement (dans certains cas), et même abusent d’eux etc. ». Sur le plan international, en septembre 2012, Loïk Le Floch-Prigent, l’ex-Pdg de Elf, a été arrêté à Abidjan, puis transféré et emprisonné au Togo, "pour son implication supposée dans une affaire d'escroquerie". Libéré pour des raisons de santé, le 26 février 2013, il dénonce les manipulations du pouvoir togolais et annonce son intention de déposer plainte contre son accusateur (Abass Youssef, homme d’affaires Emirati). Pour lui, "le Président du Togo, Faure Gnansingbé ou son entourage avaient envie de se débarrasser du ministre de l’Aménagement du Territoire, Pascal Akoussoulèlou Bodjona", a-t-il affirmé. Puisque, soutient-t-il, sur la chaîne de télévision France 24,"la justice togolaise était instrumentalisée". Il voudrait savoir la vérité sur ce qui s’est passé entre la Côte d’Ivoire et le Togo. "Nous sommes en train de porter plainte pour "faux", et "pour partie civile". J’ai été arrêté, enlevé, transféré, mais sans extradition.  Ce qui est illégal aussi bien en droit ivoirien qu’en droit togolais Cedeao", a soutenu l’interviewé. A en croire Loïk Le Floch-Prigent, l’homme d’affaires Emirati, Abass-al-Youssef, "a payé des fonctionnaires de part et d’autre".   Certains journalistes, dans l’exercice de leur fonction sont victimes. Ce ne sont pas les mots qui manquent: "Abus d’autorité ou..."

 

                                                                                    Sériba Koné

 

Encadré 1

 

L’Ivoirien, mal informé sur ses droits

 

On peut l’affirmer sans risque de nous tromper que l’Ivoirien ne connaît pas ses droits, parce que ceux qui sont censés veiller à l’application des Droits et des Lois, en abusent et les ignorent par intérêt. Pour preuve, celui qui reçoit une convocation de la police pour des faits qui lui sont reprochés doit aller s’expliquer. Bien que connaissant ses droits, le policier ou le magistrat va abuser de sa position pour soutenir des faits contraires aux textes de loi. Il faut qu’il y ait une sensibilisation en extirpant de la société ivoirienne les gens qui pensent qu’un citoyen est abruti, en le faisant passer pour celui qui ignore ses droits. Par exemple, voici un monsieur qui est poursuivi pour un cas de diffamation. Ici, le magistrat doit par exemple dire qu’on ne peut pas évoquer la diffamation, parce que nous sommes en enquête. Mais, le magistrat signe un soit-transmis et le dernier est conduit en prison. Est-ce que la personne peut affirmer qu’elle connaît ses droits dans la mesure où, le magistrat qui est mieux placé fait croire qu’on peut le poursuivre pour ça ? A qui la faute ? C’est au magistrat qui est censé expliquer cela au plaignant qui l’a peut-être induit en erreur, par pur intérêt. Ici, le gendarme ou policier devient la marionnette du procureur qui est son chef hiérarchique. Ils sont des agents d’exécution parce qu’on leur demande de faire ce qui n’est pas faisable selon les textes de lois. Quand bien même ils savent que l’ordre qui vient du supérieur hiérarchique est illégal. Ils ne sont pas libres. Le magistrat, qui agit par intérêt, fait plier le gendarme ou le policier qui à son tour agit par intérêt, au détriment d’honnêtes citoyens.

 

                                                                                                              S. Koné  

Encadré 2

 

La séparation des pouvoirs

 

"Pour qu'on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir", selon Montesquieu, dans "De l'esprit des lois". Montesquieu qui est favorable à une monarchie non despotique distingue :

le pouvoir exécutif détenu par le monarque, le pouvoir législatif exercé par les représentants du peuple et les représentants de l'aristocratie, le pouvoir judiciaire exercé par des gens issus du peuple. Pour lui, l'attribution de ces pouvoirs à trois parties distinctes de l'Etat est un moyen de garantir la liberté des citoyens, contrairement à la monarchie absolue où le roi détient l'ensemble de ces pouvoirs. L'équilibre entre les pouvoirs est assuré par la capacité que doit avoir chacun d'eux, en vue d'agir et d'empêcher. Ce qui les contraint à la collaboration et au contrôle mutuel, réduisant ainsi le risque d'abus de part et d'autre. Ainsi, ce qu’on peut qualifier de séparation souple des pouvoirs désigne l'organisation d'un Etat dans lequel les différents pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire, collaborent et dialoguent afin de garantir un fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Ainsi, le pouvoir exécutif peut intervenir dans l'élaboration des lois et le pouvoir législatif peut intervenir dans des fonctions relevant du gouvernement. Plutôt qu'une séparation rigide (ou stricte) des pouvoirs, les pouvoirs sont distincts mais disposent de moyens d'actions réciproques (poids et contrepoids ou checks and balances). En effet, une séparation trop stricte peut conduire à un conflit entre l'exécutif et le législatif, ainsi qu'à la paralysie des institutions. Ce fut le cas en France, sous le Directoire (1795-1799) et sous la IIe République (1848-1852), où le conflit s'est terminé à chaque fois par un coup d'Etat. En Côte d’Ivoire, les autorités parlent de séparation des pouvoirs, mais tardent à la mettre à exécution, bien que lors du second tour à la présidentielle de novembre 2010, le Président sortant, Laurent Gbagbo tout comme Alassane, aient tous deux reconnu dans le face-à-face télévisé que la justice ivoirienne à des failles. Cette faille s’explique par le fait que le Président de la République en est le chef  suprême. Il peut décider de la détention ou de la relaxe d’un prisonnier en s’appuyant sur le Procureur de la République qu’il a lui-même nommé par décret.

                                                                                     Sériba K.  

 

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Interview

Jacqueline Gueu Seuyanou (Maire Udpci )

" Je tends la main à tous pour le développement de Bin-Houyé"

-         Ce que je vais faire

 

Après Ouguin Panpoa Julien de l’Union pour la démocratie et pour la Côte d’Ivoire (Udpci) en 2001, Célestin Noutoua Youdé du Pdci-Rda en 1995 Auguste Sévérin Miremont de 1985 à 1990, Jacqueline Gueu Seuyanou est la première femme maire de Bin-Houyé, élue en 2013. Dans cet entretien, Jacqueline Gueu Seuyanou invite toutes les forces vives de sa commune à l’accompagner dans son développement. Elle tend la main à ses adversaires, après le résultat des urnes.

 

Madame le maire, la Cour suprême vient de trancher le contentieux électoral, confirmant ainsi votre élection comme maire la commune de Bin-Houyé. Quels sont vos sentiments ?

 

C’est un grand plaisir pour moi et pour tous ceux qui m’ont soutenue tout au long de la campagne. La Commune a une superficie de 500 km² et une population d'environ 60 000 habitants. La sous-préfecture de Bin-Houyé est bordée au sud par celle de Toulépleu (27km), au nord par Zouan-Hounien (21km), à l'ouest par le fleuve Nuon qui forme trois kilomètres de frontière naturelle avec la République-sœur du Libéria et à l'est par le fleuve Cavally qui la sépare de la sous-préfecture de Bloléquin.

 

Si vous êtes arrivés à un contentieux électoral, c’est dire qu’il y a une déchirure entre les filles et fils de la commune. et particulièrement de la commune. Comment comptez-vous gérer cela ?

 

Le mot déchirure est trop grand pour cette situation-là. Nous avons tous opté pour ce poste de maire. C’est un peu comme une coupe qui se joue dans une région. La finale ne peut pas entraîner une déchirure dans une région. On a fini de jouer, celui qui devait prendre la coupe l’a prise, je pense que c’est le moment pour moi de démontrer ce que j’ai dit théoriquement, lors de la campagne électorale.

 

Peut-on savoir ce que vous avez tenu comme langage ?

 

Ce que j’ai dit est bien traduit sur ma liste qui est : Unité-Equité-Développement. Je pense que c’est le moment de mettre en pratique ce que j’ai visé comme objectif, en nommant cette liste-là, ainsi. Je ne pense pas qu’il y ait une déchirure. Il me revient de tendre la main, à mon petit-frère, qui est mon petit-grand-père, parce qu’il (Ndlr : Narcisse Méman) vient du village de ma grand’mère paternelle. Je n’ai aucune animosité contre lui, encore moins parler de rancœur. Au contraire, cela a permis à chacun de nous d’exposer devant nos parents ce que nous voudrions faire. Ce sont ces choses mises ensemble qui feront développer notre commune.

 

Avez-vous déjà tendu la main à votre adversaire, ou c’est pour bientôt ?

 

Je le ferai très bientôt. Je vais associer à ma démarche certains de nos aînés qui m’ont épaulée, je vais aussi toucher ceux qui l’ont épaulé. Je souhaiterais que le développement soit l’affaire de toutes les forces vives de la Région.

 

Avez-vous déjà des projets pour la Commune de Bin-Houyé qui ne vivra que de subvention de l’Etat. Lesquels ?

 

C’est vrai que nous aurons la subvention de l’Etat mais, la Commune de Bin-Houyé ne vit pas seulement de cela. Nous sommes à la frontière du Libéria. Il y a le bac qu’on doit réhabiliter, pour la traversée du fleuve Nuon qui fait frontière avec la Côte d’Ivoire et le Libéria. Il y a aussi un poste des Douanes, les marchés comme celui de Boutouo, et le marché principal de Bin-Houyé, pour vous dire qu’il y a des chantiers déjà en place pour faire rentrer des devises.

 

En tant que fille de la commune êtes-vous sûre que l’union entre les filles et fils de Bin-Houyé est possible. Comment ?

 

Quand on veut, on peut. Comme on visait le même objectif, je parviendrai à ce que la main tendue soit acceptée et qu’ensemble, nous développions notre commune.

 

Après votre élection, quels sont les projets prioritaires, selon vous ?

 

Avant l’élection de ma liste, j’avais mis sur pied une association dénommée : "Délà" (qui signifie en langue Dan : seuls nos efforts peuvent nous sauver), qui a été un de nos principaux instruments pour mon équipe et moi. Cette association qui est un Institut de formation et d’éducation féminine (Ife) a eu son arrêté, et a été autorisée grâce, au ministère de la Solidarité, de la Famille et de la Femme et de l’Enfant. Nous allons lancer nos activités, très bientôt et le ministre sera l’invitée principale. Le ministre du Plan et du Développement, Mabri, fils du terroir, ne sera pas en reste.

 

Pourquoi cette association ?

 

Il faut dire qu’avec la crise, les mœurs sont dégradées, les filles ne sachant que faire, s’adonnent à des pratiques qui n’honorent pas la femme.

 

A vous écouter, on a l’impression que la prostitution est grandissante dans cette région…

 

Parler directement de prostitution, c’est trop dire. Il faut dire qu’elles ont des préoccupations qui nécessitent de l’argent, raison pour laquelle j’ai mis sur pied l’association dont je vous parlais plus haut, afin qu’elles puissent s’épanouir par leurs efforts.

 

Que préconisez-vous pour l’ensemble des jeunes ?

 

Quand le Président Alassane Ouattara parle d’emplois, ce n’est pas seulement dans les bureaux. Il sera question de sensibiliser les jeunes, parce que les projets, il en existe. Depuis, que je suis rentrée de l’Italie, il y a de cela plus d’une dizaine d’années, j’ai pu faire le constat. Il y a beaucoup de réalisations à faire chez nous, que les jeunes peuvent faire.

 

Comme quoi par exemple ?

 

L’agriculture, l’élevage etc. C’est pourquoi, je soutiens que : "je ne serai pas un maire qui va désigner un résident". Je serai moi-même résidente pour mieux suivre les travaux de développement. Par exemple, au niveau la Direction de la production animale, il existe des projets de jeunes où on donne des échantillons de bovins, d’ovins et autres. Pour tout cela, il faut que je sois sur place pour que ceux qui ont bénéficié de ce genre de projets puissent travailler effectivement. Mon frère est certes mon premier partenaire, mais j’ai des partenaires qui m’ont soutenue moralement, matériellement et financièrement qui sont prêts et qui attendent.

 

Ces partenaires veulent faire quoi exactement ?

 

Certains veulent créer un complexe hôtelier, et d’autres des boîtes de nuit. Ce sont des choses qui existaient au temps du maire Miremont et les gens venaient d’ailleurs. Tout cela faisait vivre la commune et faisait rentrer de l’argent. Il y a aussi l’exploitation du bois et pourquoi pas de l’or. Il y a des partenaires qui sont déjà venus en prospection pour voir au niveau de l’or à Bin-Houyé. Construire comme il en existe à la mine d’or de Ity.

 

Avez-vous des partenaires extérieurs ?

 

Je vous le confirme. Je profite de votre micro pour remercier toutes celles et tous ceux qui m’ont soutenu. A mes adversaires, je n’appartiens plus à un camp, j’appartiens à tout le monde. C’est ensemble, dans l’union que nous pourrons bâtir Bin-Houyé.

 

Réalisée par Sériba Koné

 

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Grand Dossier / Production vivrière

De HOUPHOUËT A ADO

 

L’Etat investit plus de 300 milliards de Fcfa dans l’importation par an

 

-  " La «Solution » ADO très attendue"

    

Depuis son indépendance le 7 août 1960, la Côte d’Ivoire a toujours mis un point d’honneur sur l’agriculture, et notamment sur les cultures vivrières qui font de ce pays, son succès.

 

L’Etat de Côte d’Ivoire va créer dès les premières heures de son indépendance, la Compagnie ivoirienne pour le développement des cultures vivrières (Cidv). Et ce, pour encadrer les cultures vivrières et horticoles, dans le but d’augmenter la production vivrière afin de favoriser une économie de devises en réduisant les importations. En le faisant, le souhait du Président Félix Houphouët-Boigny, était que, "le pays soit nourri par nous-mêmes, en évitant au maximum les importations". Mieux, le père-fondateur de la Côte d’Ivoire moderne souhaitait que les Ivoiriens produisent eux-mêmes, en quantité importante, les denrées nécessaires au marché national." Il faut que notre pays soit équipé grâce à nos exportations". Ce vœu, il l’a émis le 7 mai 1965 à Korhogo, de retour d’une visite officielle à Ouagadougou. Le chef de l’Etat ivoirien venait ainsi de dessiner en filigrane, la possibilité d’exporter des productions valorisées par l’industrie agro-alimentaire. Outre la production des cultures vivrières qui devrait faire face à l’autosuffisance alimentaire, il envisageait les exporter. "Les cultures vivrières, il nous faut les accroître elles aussi. Il nous faut les valoriser par nos industries et il nous faut exporter les produits de cette industrie", a-t-il conseillé. Pour atteindre son objectif, l’Etat va insérer dans les choix fondamentaux de la politique économique ivoirienne, le secteur vivrier. Ce qui devrait lui permettre d’exporter pour acquérir des devises et  amorcer l’industrialisation. Cet effort dans le domaine alimentaire, a été constamment une priorité pour l’Etat depuis 1960. Cependant, les modalités de l’action gouvernementale et la place assignée aux cultures vivrières dans la stratégie de développement national sont loin d’être uniformes au cours de la période, dès les premières heures de l’indépendance.

Dans cette politique générale de production, plusieurs structures ont vu le jour. Ainsi, l’encadrement agricole était assuré par la Société d'assistance technique de modernisation de l'agriculture de l'agriculture de Côte d'Ivoire (Satmaci) chargée de l’encadrement du binôme café-cacao, la Société de développement des productions animales (Sodepra) au compte de l’élevage, la Compagnie ivoirienne pour le développement des cultures vivrières (Cidv) pour les cultures vivrières et horticoles, la Palmindustrie pour le palmier à huile, la Compagnie ivoirienne pour le développement des textiles (Cidt) au compte du (coton), la Société africaine de plantations d'hévéas (Saph) et l’Association professionnelle pour la promotion hévéicole (Apph) au compte de l’hévéa.

L’encadrement de la pêche, de la pisciculture et les aménagements ruraux sont  dévolus aux ministères en charge de l’Agriculture, des Eaux et Forêts et des Productions Animales et Ressources halieutiques.

Au niveau du secteur agricole, la mise en œuvre du Programme d’ajustement structurel (Pas) s’est faite à travers le Projet national d’appui au service agricole (Pnasa) avec trois objectifs principaux. Il s’agit de, la rationalisation et la décentralisation des services agricoles, par la création et la mise en œuvre d’une structure unique d’encadrement, le renforcement des capacités du ministère de l’Agriculture et l’augmentation du pouvoir et de l’influence des producteurs agricoles sur le processus de formulation des politiques. Conséquence, la restructuration opérée entre 1992 et 1993 a abouti à la dissolution des trois établissements publics que sont la Cidv, la Satmaci et la Sodepra en mars 1994 et à la création de l’Agence nationale d'appui au développement rural (Anader), le 29 septembre 1993 sous forme de société d’économie mixte avec un capital de 500 000 000 Francs CFA.

 

Plus de 300 milliards de Fcfa dans l’importation par an

 

A l’analyse de la sécurité alimentaire, la Côte d’Ivoire aboutit à un bilan contrasté. En dépit de ses atouts naturels, le pays se trouve contraint d’importer des quantités considérables de produits alimentaires, selon des experts proches du ministère de l’Agriculture, estimés annuellement à plus de 300 milliards de Fcfa. Ces importations concernent principalement le riz, les fruits et les légumes. En effet, la production nationale du riz estimée à 700 000 tonnes de riz blanchi, " ne couvre que 50% des besoins de consommation intérieure ", selon l’Ingénieur agronome et des Industries-agro-alimentaires, Kpagni Kracou Agnini Barthélémy. Pour combler ce déficit, soutient-il, « la Côte d’Ivoire a recours aux importations en provenance des pays asiatiques ». « En 2011, ce sont au total 935 000 tonnes de riz semi-blanchi qui ont ainsi été importées par la Côte d’Ivoire. Concernant les fruits et légumes, les importations sont estimées à plus de 34% dont 90% d’importation d’oignon. La banane plantain, quant à elle, accuse un déficit saisonnier de plus de 4 mois (allant du mois d’avril au mois de juillet) », fait-il remarquer. En dépit de la création, le 16 juillet 1996, du Projet national riz, qui deviendra par la suite Programme national riz (Pnr), « la Côte d’Ivoire n’a que 500 000 ha de riz emblavés qui produisent 700 000 tonne alors que le besoin est estimé à 1 400 000 tonnes. Toutes ses mesures prises par l’Etat n’ont pas permis de couvrir la totalité des besoins en consommation de riz de la population ivoirienne », a de tout temps soutenu le président de l’Association nationale de riz en Côte d’Ivoire (Anarizci), Thomas Tiacoh.

En revanche, les cultures comme l’igname dont la production est de 5 000 000 de tonnes et le manioc, 2 000 000 de tonnes, jugées comme  suffisantes pour couvrir les besoins des populations se trouvent confronter à certaines contraintes. Conséquence, sur le plan de l’accès des populations à la nourriture, il devient de plus en plus difficile, selon des experts, « du fait du taux de pauvreté élevé qui oscille entre 42,2 et 62%, selon le milieu de résidence et de l’augmentation des prix des produits de première nécessité ».

 

La vision de l’Anader

 

La création de l'Anader vise à l'amélioration de la fourniture des services agricoles aux producteurs. Sa constitution définitive s'est opérée le 24 juin 1994. Son implantation s’est faite sur toute l’étendue du territoire national de 1994 à 1997. La formation de mise à niveau et la génération d’outils maîtrisés par les agents ont permis d’apporter un conseil effectif aux exploitants et d’atteindre un taux d’encadrement de plus de 21% avec une prise en compte des préoccupations des couches vulnérables (jeunes, femmes) dans les programmes de vulgarisation. Au cours de la phase d’implantation, un partenariat dynamique a été développé avec la recherche agricole pour mieux répondre aux besoins des exploitants à travers une approche participative mettant l’exploitant au centre de toutes les actions. Cette approche a aussi permis d’amorcer la structuration du milieu rural et favoriser l’émergence d’entreprises économiquement viables susceptibles de rendre des services effectifs à leurs adhérents. Les résultats enregistrés au plan technique et financier ont été jugés pleinement satisfaisants. Ce qui a permis d’envisager la deuxième phase à partir de 1997.  A la faveur de l’Assemblée générale du 28 mars 1998, l’Anader est devenue une Société anonyme avec un capital de 500 000 000 FCFA reparti entre l’Etat (35%), les familles professionnelles agricoles et les sociétés privées connexes (65 %). Ces missions consistent à contribuer à l’amélioration des conditions de vie du monde rural par la professionnalisation des exploitants et des Organisations professionnelles agricoles (Opa) en concevant et en mettant en œuvre des outils appropriés, des programmes adaptés pour assurer un développement durable et maîtrisé. Cette tâche consiste, entre autres à, favoriser le professionnalisme des producteurs agricoles, des éleveurs et sylviculteurs, accroître la qualité, la productivité et les revenus, assurer la promotion des coopératives agricoles et des associations de producteurs, réaliser des études de projets agricoles et répondre efficacement à la demande des clients, exécuter tout programme ou projet de développement confié à elle par l’Etat.

  

La place de la filière du vivrier en Côte d’Ivoire

 

Elle naît au lendemain de l’indépendance de la Côte d’Ivoire et a pour rôle de privilégier l’accroissement de la production vivrière à même de garantir l’autosuffisance alimentaire, relativement à l’essor démographique.

Le vivrier représente 8 millions de tonnes estimées à plus de 700 milliards FCFA. Ce secteur occupe environ 85% de la population agricole active, et est en majorité constituée de femmes. Avec la chaîne Agripac créée en mai 1972 et l’Ocpa en 1977, des stratégies de commercialisation ont été mises en place. L’Etat, peu à peu, s’est désengagé de la distribution alimentaire laissant place aux opérateurs économiques privés pour assurer la relève.

Désormais, l’Etat oriente, appuie et contrôle les activités de ce secteur à travers la création de l’Office de la commercialisation des produits vivriers (Ocpv), signé par décret N°84-934 du 27 juillet 1984. Son siège est situé sur la route d’Anyama. L’Ocpv étudie les problèmes relatifs à la collecte et à la distribution des produits vivriers en vue de proposer des actions concrètes visant à assurer une meilleure mise en marché desdits produits, contribue à l’organisation des marchés de vivriers (gros et détail), participe à la définition et à l’application de toute politique visant à l’amélioration de l’approvisionnement et à la distribution des produits vivriers, apporte une assistance aux services de la recherche de débouchés et crée les conditions favorables à l’expansion du commerce des produits vivriers en Côte d’Ivoire.

                    Sériba Koné (Source DERNIÈRE HEURE INFOS)

 

La fluctuation et la maîtrise des prix

 

En Côte d’Ivoire comme dans la plupart des pays en développement, les prix fluctuent plus en fonction de l’évolution de la campagne agricole. Cette fluctuation est due à la variabilité de l’offre d’une saison à une autre ou d’une année sur l’autre du fait des aléas naturels affectant la production (pluies, sécheresse, etc.) ou de l’insuffisance des infrastructures de commercialisation, notamment celles relatives à la conservation. Ainsi, une mauvaise récolte conduit à un prix élevé tandis qu’une bonne récolte se traduit par un prix bas et une production non vendue pourrit en quelques jours faute de moyens de conservation appropriés.

A la question de savoir comment maîtriser les prix des denrées alimentaires ou du moins comment se prémunir de leur volatilité, voici ce que l’on peut retenir.

Pour un pays à potentialités agricoles comme la Côte d’Ivoire, il s’agit d’attaquer le mal à la racine, c'est-à-dire réduire la variabilité de la production à travers l’élaboration et la diffusion de paquets technologiques (services d’irrigation, variétés résistantes, traitements phytosanitaires, etc.) et la modernisation du marché, c'est-à-dire l’émergence d’institutions et d’infrastructures performantes pour la commercialisation et le stockage des produits alimentaires.

La modernisation de la production et la modernisation des marchés sont les solutions au problème de l’instabilité naturelle des prix.

C’est ainsi que le gouvernement envisage des investissements importants dans l’agriculture vivrière pour limiter la dépendance vis-à-vis de l’extérieur et assurer durablement par les  propres productions la sécurité alimentaire de Côte d’Ivoire, voire sa souveraineté alimentaire.

 

               Sériba K. (Source DERNIÈRE HEURE INFOS)

 

Mamadou Coulibaly Sangafowa, la foi de tout un peuple…

 

De l’annonce du défunt Président, Félix Houphouët-Boigny en 1965 de voir les populations ivoiriennes se nourrir elles-mêmes, en évitant le maximum d’importations, à ce jour, trop d’eau a coulé sous le pont. Sous l’ère du Président, Alassane Ouattara le ministre de l’Agriculture, Coulibaly Sangafowa semble avoir compris, même s’il est trop tôt de l’affirmer. Le développement des cultures vivrières occupe une place de choix dans sa politique agricole. Pour preuve, au cours de  la table ronde des bailleurs à Paris sur le Plan national de développement, (Pnd), le ministre Mamadou Sangafowa Coulibaly, à la demande du Premier ministre, a exposé les grands traits du Programme national d’investissement Agricole (Pnia). La présentation de monsieur le ministre de l’Agriculture a fait l’objet d’un intérêt marqué par les Partenaires techniques et financiers, ainsi que des investisseurs privés. La réalisation du développement de la culture vivrière va occuper 200 000 exploitants de riz, 100 000 producteurs de maraîchers et permettre la production dès 2014 de 1 000 000 tonnes de paddy supplémentaires soient 630 000 tonnes de riz blanchi. Conséquence : La Côte d’Ivoire obtiendra 100 000 tonnes de production maraîchères. C’est un réel défi que doit relever le ministre Mamadou Sangafowa Coulibaly à qui le peuple ivoirien met toute sa foi pour se nourrir en évitant le maximum d’importation. On le sait, les importations font rentrer des devises dans les caisses de l’Etat à travers les Taxes des valeurs ajoutés (Tva), mais il faut maintenir cette volonté politique afin d’éviter que le père fondateur ne tourne et se retourne dans sa tombe.

 

                                                                                                                                               S. Koné  

 

Ces organisations coopératives de femmes qui se battent en vain

 

Le Réseau des producteurs de vivriers de Côte d’Ivoire (Reprovici), présidé par Mme Jeanne Kamara Promotion, le Réseau des opérateurs économiques du secteur alimentaire de l’Afrique de l’Ouest (Reosao) tenu des mains de maîtresse par Botti Rosalie, la Coopérative des commerçants de vivriers de Cocody (Cocovico), la Fédération nationale des coopératives de produits vivriers de Côte d’Ivoire (Fenacovici) par Irié Lou Colette, la Confédération nationale des acteurs de vivriers de Côte d’Ivoire (Cnavici) sont des coopératives tenues par des femmes. Ces coopératives, les plus actives, dans le milieu du vivrier en Côte d’Ivoire ont besoin d’être accompagnées dans leurs tâches inlassables qui sont d’approvisionner chaque jour les marchés ivoiriens en denrées alimentaires. Les responsables cités plus haut ne sont pas des bureaucrates, elles bravent le soleil et la pluie pour nourrir ceux qui sont dans des bureaux et ménages. Leurs problèmes se résument aux mauvais états des pistes villageoises, aux tracasseries routières (qui sont devenues une règle en Côte d’Ivoire, malgré les nombreuses campagnes d’interdiction), et surtout la conservation des produits vivriers. Face à ce tableau moins reluisant, ces dames battent le pavé afin de nourrir plus de 23 millions d’habitants. Ceux-là mêmes, qui les rackettent à longueur de journée, vivent du bienfait des marchandises que ces femmes transportent des hameaux les plus reculés vers les villes. L’Etat songerait à trouver une solution définitive à leurs problèmes, surtout celui lié aux rackets. La conservation et l’état des différentes pistes villageoises nécessitant aussi de gros moyens financiers.

                                                                                                                                         S.K. (Source le journal DERNIÈRE HEURE INFOS)

 

 

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Double cérémonie au LMYA

Ce que le parrain, Assé Alafé a dit à ses filleuls

Le Lycée moderne de Yopougon-Andokoi a célébré le 10è anniversaire de son jardin botanique, et par la même occasion a fêté la fin et le baptême de la 6è promotion Terminale, samedi 25 mai 2013.

Mme Alafé (Naomi), Alafé Wakili (parrain), Traoré Moussa (Pdt de l’Unjci) et le Colonel Soa, représentant de l’Environnement, ont donné un cachet particulier à la double cérémonie (Ph : S.K)

Le Lycée moderne de Yopougon-Andokoi (LMYA) a célébré une double cérémonie, samedi 25 mai 2013, en fêtant le 10è anniversaire de son jardin botanique, et par la même, a fêté la fin et le baptême de la 6è promotion Terminale. Passation de flambeau entre la promotion Terminale et celle de la 1ère. Dons de livres, "Instant de vie" pour la Bibliothèque,  et de matériels, pour maintenir l’école propre par les invités ont meublé la double cérémonie. Le parrain de cette cérémonie : Le Gérant du Groupe de presse Socef-Ntc, éditeur du quotidien, L’Intelligent d’Abidjan, Assé Alafé Wakili. Accompagné de sa tendre épouse, l’animatrice vedette de la Rt1, Naomi et du président de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci), Traoré Moussa, il a eu des mots justes à l’endroit de ses filleuls, en cette fin d’année sanctionnée par des examens. "Je vous exhorte à produire le meilleur résultat possible, avec 100% de réussite au Baccalauréat", a-t-il souhaité, non sans prendre en compte quelques chapelets de doléances du proviseur du Lycée moderne de Yopougon-Andokoi, Mme Esmel Agnéro Félicité. Elle a souhaité, entre autres que, le LMYA soit doté d’un préau, d’une cantine scolaire pour aider les élèves qui viennent des quartiers éloignés. Aussi, a-t-elle demandé la réhabilitation des toilettes pour l’établissement qu’elle dirige et la création d’une salle informatique. A toutes ces préoccupations, le parrain de la 10è promotion Terminale a pris bonne note et promis de les mettre en prière."Je verrai avec mes relations personnelles, ce que je peux faire pour aider l’école", a soutenu Assé Alafé Wakili. Bien avant, c’est le responsable de la promotion Terminale, Diarisso Saïb qui a donné les raisons du choix du parrain. "Vous êtes un modèle de courage et de rigueur dans votre entreprise", a-t-il indiqué. Concernant le 10è anniversaire du jardin botanique du Lycée, le Directeur du jardin Botanique de Bingerville, Lt/Col Hifognan Fofana, l’un des initiateurs du projet a fait un brillant exposé sur l’environnement, en général et la création des jardins botaniques dans les écoles, en particulier. Pour lui, sans le respect de l’environnement, c’est l’humanité entière qui est menacée dans sa prospérité et même dans son maintien de la terre. C’est pourquoi, en tant que consultant à l’"Ong Ivoire développement durable", il a engagé avec cette organisation non gouvernementale la création d’un jardin botanique dans 10 écoles primaires à Abidjan et 3 autres à Yacolidabouo à Soubré (chez Zady Kessy). "Nous avons senti votre forte implication dans les débuts de la construction du jardin botanique scolaire à Andokoi en 2003. Nous souhaitons que cet élan soit toujours maintenu afin qu’il y ait plusieurs Andokoi en Côte d’Ivoire", a conseillé, Lt/Col Hifognan Fofana aux élèves et à l’administration. Plusieurs interventions ont été faites à cette cérémonie, notamment celle du représentant du ministre de l’Environnement, Colonel Soa allant dans le sens du maintien de l’environnement dans toute sa splendeur. En effet, le LMYA a occupé le 3è  place au plan national l’année scolaire écoulée, avec plus 40% de réussite aux examens et le proviseur, Mme Esmel Agnéro Félicité, classé 1er proviseur par la Dren.

 

                                                                                       Sériba Koné

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Cérémonie inaugurale de la Gngv

Chantal Fanny fond en larmes

La cérémonie inaugurale de la Grotte Notre Dame des Grâces des Voyageurs de Yopogon-Andokoi, quartier Fanny, s’est déroulée, samedi 25 mai 2013 dans ledit quartier.

L’émotion était à son comble, samedi 25 mai 2013, à Yopogon-Andokoi, quartier Fanny, à la cérémonie inaugurale de la Grotte Notre Dame des Grâces des Voyageurs. Le maire de Kaniasso, Chantal D. Fanny, la donatrice  de cette œuvre de Dieu a terminé son allocution en sanglot. En effet, après avoir offert, elle et sa famille, une mosquée en hommage à son défunt père SEM.   l’ambassadeur Inza Fanny, le samedi 11 avril 2009, elle a remis le couvert avec la Grotte Notre Dame des Grâces des Voyageurs. L’émotion était forte dans la mesure où elle aurait préféré que son père soit à ses côtés."Mon père, feu l’ambassadeur Inza Fanny a toujours accompagné ma mère dans sa dévotion à maman Marie, car il me disait : "Marianne, pour nous les musulmans, est la seule femme que le Coran révèle, il y a toute une Sourate dédiée en son nom, en plus que sa biographie est relatée dans 5 Sourates, dont la Sourate, La Famille de l’Imran. Cette sainte dont le nom est apparue 35 fois dans le Saint Coran, alors que les Evangiles ne relatent son nom que 19 fois seulement dans toute l’œuvre évangélique", a-t-elle indiqué. En effet, le défunt père du maire de Kaniasso était musulman et la mère chrétienne catholique. Ces passages à l’école Notre Dame du Plateau, aux Collèges St-Augustin de Pontarlier et St-Joseph de Sarlat, en France lui ont permis de fixer cette croyance en Dieu et particulièrement à la religion chrétienne catholique. Outre la volonté de la donatrice de permettre aux citoyens de tout bord de bénéficier de la bénédiction et la protection de la Vierge Marie, l'autoroute du nord qui occasionne la mort de nombreux voyageurs par an, "sera prise en compte dans cette bénédiction". Les travaux, à l’en croire, ont démarré, le l0 décembre 2012 et se sont achevés en février 2013. Une œuvre divine située juste au bord de l’autoroute.  "L’apparition du visage de la Vierge-Marie sur le mur alors qu’aucune fresque n’existait, le 5 février 2013, a favorisé la consécration de ce lieu, le samedi 23 février 2013, par le Recteur du Sanctuaire Marial d’Abidjan, Père Yapi que nous avons appelés dès le constat de l’apparition précédemment évoquée", a révélé le maire de Kaniasso, non sans donner des précisions sur le nom que porte la Grotte."C’est à l’occasion de la sanctification de cet édifice religieux que le nom de "Notre Dame des Grâces des Voyageurs du quartier Fanny-Andokoi" a été donné", a-t-elle soutenu. Le Vice-président de l’Assemblée nationale, le Général Gaston Ouassénan Koné, représentant le Président de l’Assemblée nationale, a rendu un vibrant hommage à la donatrice et invité les populations à "la paix du cœur".

                                                                                               Sériba Koné

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