Publications de Sarah (34)

Stupeur, sans tremblements

"Comme l'a remarqué le commun des mortels, les toilettes sont un endroit propice à la méditation. Pour moi qui y étais devenue carmélite, ce fut l'occasion de réfléchir. Et j'y compris une grande chose : c'est qu'au Japon, l'existence, c'est l'entreprise.Certes, c'est une vérité qui a déjà été écrite dans un nombre de traités d'économie consacrés à ce pays. Mais il y a un mur de différence entre lire une phrase dans un essai et la vivre. Je pouvais me pénétrer de ce qu'elle signifiait pour les membres de la compagnie Yumimoto et pour moi.Mon calvaire n'était pas pire que le leur. Il était seulement plus dégradant. Cela ne suffisait pas pour que j'envie la position des autres. Elle était aussi misérable que la mienne.Les comptables qui passaient dix heures par jour à recopier des chiffres étaient à mes yeux des victimes sacrifiées sur l'autel d'une divinité dépourvu de grandeur et de mystère. De toute éternité, les humbles ont voué leur vie à des réalités qui les dépassaient: au moins auparavant, pouvaient-ils supposer quelques cause mystique à ce gâchis. A présent, ils ne pouvaient plus s'illusionner. Ils donnaient leur existence pour rien.Le Japon est le pays où le taux de suicide est le plus élevé, comme chacun le sait. Pour ma part, ce qui m'étonne, c'est que le suicide n'y soit pas plus fréquent.Et en dehors de l'entreprise, qu'est-ce qu'il attendait les comptables au cerveau rincé par les nombres? La bière obligatoire avec les collègues aussi trépanés qu'eux, des heures de métro bondé, une épouse déjà endormie, des enfants déjà lassés, le sommeil qui se vide, les rares vacances dont personne ne connait le mode d'emploi: rien qui mérite le nom de vie.Le pire, c'est de penser qu'à l'échelle mondiale ces gens sont des privilégiés."Stupeur et tremblements d'Amélie Nothomb est l'un de mes livres préférés. Et même si on ne peut pas comparer la Tunisie au Japon, ce passage me rappelle pourquoi, aussitôt mes cinq années d'études commerciales achevées,j'ai soigneusement rangé mon diplôme pour faire autre chose. Cinq années qui m'ont permis d'avoir un diplôme "prestigieux" et de rajouter un élément à ma liste de haine. J'ai décidé, sans trembler,à la stupéfaction générale, de ne pas travailler dans cet univers, où le sérieux de la personne est mesuré par son taux de stress, où les gens sont d'un niveau très moyen mais ils se croient intelligents car ils ont bêtement appris des formules financières (rare sont ceux qui comprennent vraiment les théories financières), où le monde se résume à des factures, des virements, des marchés,des échéances de paiement, des clients et des fournisseurs...Aucun regret.
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Les oubliés de Ouïgour

On n'en parle presque pas. Pourtant on est au quatrième jour de graves tensions et émeutes au Xinjiang.La première journée a fait, officiellement, 140 morts et plus de 800 blessés. Pour moins que ça, le monde entier s'est mobilisé pour soutenir les tibétains l'année dernière. Or, les revendications sont les mêmes ou presque.Les Ouïgours sont une minorité composée de 7 millions de musulmans habitants la région Xinjiang, en Chine. Il s'agit de la République du Turkestan Oriental, colonisée depuis près d'un siècle par l'Empire du milieu, et qui depuis des années et des années réclame son indépendance, tout comme le Tibet. La région est grande comme trois fois la France et très riche en ressources naturelles, notamment en pétrole.Bien évidemment, les bénéficiaires de ces richesses sont les Han (les colons) et pas les ouïgours.Il ne faut tout de même pas confondre les musulmans chinois, qui eux sont 25 millions et les Ouïgours. Cependant, je ne serai pas étonnée de savoir que c'est l'argument religieux qui est à l'origine du silence international face à cette crise. Il faut dire que la Chine tient depuis le 11 septembre 2001 un argument en or:comme les États-Unis, elle s'investit dans la lutte contre le terrorisme. Les ouïgours sont des musulmans, et donc des terroristes potentiels. C'est ainsi qu'elle justifie son oppression, et c'est ainsi que personne n'intervient, et qu'on en parle brièvement et d'une manière superficielle du problème.Le sort des ouïgours est loin d'intéresser ou d'émouvoir la communauté internationale.La révolte est partie d'une manifestation après la mort de deux ouvriers ouïgours dans une usine chinoise tués par des Han. Ils réclamaient pacifiquement la justice face à la violence des Han, la majorité chinoise.Pas de surprise pour la suite de la manifestation, la police chinoise a commencé par les matraques électriques avant d'ouvrir le feu. La cyberpolice chinoise a fait également un excellent travail, elle a rapidement bloqué l'accès aux sites d'information et a coupé le réseau téléphonique. La télévision chinoise a quant à elle, fait un merveilleux travail journalistique en triant minutieusement les images à montrer et présenter des victimes Han (chercher l'erreur!).Les Ouïgours subissent depuis un siècle maintenant le régime oppresseur chinois. A toute tentative de revendication d'indépendance s'en suit des milliers de morts. Alors ils ne réclament plus l'indépendance, mais la justice. Un mot qui, bizarrement, n'existe pas dans le jargon communiste. En 1990, 60 personnes ont été tuées et près de 8000 ont été arrêtées en une journée, suite à leur protestation face à refus des autorités à la construction d'une mosquée. En 1997, une trentaine de chefs religieux sont arrêtés la veille du mois de Ramadan. Quand le lendemain on descend demander leur libération, c'est 5000 personnes arrêtées y compris des enfants et des femmes, 167 morts, et l'exécution publique de sept personnes. Tout cela, pour qu'en 2002, la grande instance internationale qu'est l'ONU inscrit, un des des mouvements de résistance ouïgour sur la liste des organisations terroristes, et justifier ainsi les massacres chinois.N'est-il pas injuste de réclamer l'annulation des JO de Pékin en 2008, en signe de soutien au Tibet, et d'étouffer l'histoire terrible des ouïgours?
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Le blog citoyen: cinquième pouvoir ou contre-pouvoir?

Le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire.Voilà les trois pouvoirs traditionnels.Dans les pays démocratiques, les médias constituent le quatrième pouvoir, ce qui est tout à fait logique. Ils dénoncent les violences et les abus, ils critiquent les décisions prises et les injustices. En bref, la voix des sans-voix.Progressivement, le pouvoir des médias s'est élargi. Les hommes politiques se sont rendus compte de l'importance du pouvoir médiatique et ont commencé à l'utiliser pour servir leurs intérêts. Information et désinformation, influence et manipulation. Les groupes financiers se les arrachent. De moins en moins d'indépendance, les médias servent désormais les intérêts de ceux qui les détiennent et présentent une information qui les arrangent. En bref, la voie du pouvoir.Pour les pays non démocratiques, la fonction essentielle des médias a toujours été de soutenir le pouvoir en place. C'est très facile, tout est toujours rose (ou mauve),ça ne demande pas une grande intelligence, pas d'esprit critique, et tu ne risques rien, si ce n'est te fatiguer les mains à force d'applaudir les discours.Et puis, il y'a eu internet, des sites d'informations, et puis des blogs et des plateformes de publication d'informations.Un renversement net dans le domaine, le citoyen ne dépend plus des journalistes,il n'est plus consommateur de l'information mais son créateur. Le blog citoyen est né.Au départ, c'était une sorte d'alternative aux médias classiques, aujourd'hui c'est devenu un média indispensable. L'internaute devient un journaliste qui participe activement à l'élaboration de l'information, sa transmission et donne la possibilité d'en débattre. Tout le monde peut s'exprimer et la censure des blogs et de quelques sites d'information prouvent bien leur importance. Certains bloggueurs bénéficient d'une grande notoriété sur la toile, et on préfère lire leur analyses de l'actualité que d'acheter le journal. A l'encontre des idées reçues, tout est présenté différemment. Tous ce que les journalistes n'osent pas dire, les bloggueurs le disent, à leur risques et périls.Mais si on ne peut pas nier l'importance et l'utilité d'une information participative aujourd'hui,n'est-il pas prématuré de la qualifier (par certains) de cinquième pouvoir? Serait-il peut être plus approprié de la considérer comme un moyen de contre-pouvoir?
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Un discours, et après?

Quelques jours après le discours tant attendu d’Obama, je lis les réactions et cela me fait sourire de voir : « il y a un changement par rapport aux discours de Bush », non mais sérieusement, ça ne pouvait pas être pire, et puis c’est normal que ça change. Monsieur « We can » incarne le changement de l’image des USA tant voulu par les américains, alors la moindre des choses serait de changer le ton des discours…Je ne vais pas être de mauvaise foi et dire que son discours ne sert à rien, mais il faut signaler qu’il n’a eu aucun mot sur l’offensive israélienne contre Gaza, juste un très léger blâme quant à la colonisation massive prônée par Netanyahou. Comme quoi le génocide israélien peut être oublié et enterré en deux mois. Pour les attentats du 11 septembre, on culpabilisera même nos arrières petits enfants, si par malheur ils oublieront ce jour…Le discours était certes important car tout le monde attendait la vision d’Obama, mais en termes d’analyse concrète des problèmes et conflits, rien ou presque.Maintenant, ce discours une fois prononcé, est-ce qu’il sera suivi d’actions, ou c’est juste une parade diplomatique et une tentative d’illusion, histoire de calmer les gens et améliorer l’image de son pays ? Vous savez, les mots c’est une chose, l’action c’en est une autre, et comme le disait Churchill : « les mots sont faciles et nombreux, les grandes actions sont difficiles et rares ».D'ailleurs, souvenez –vous de Bill Clinton en 1998, qui s’adressait aux palestiniens en disant : « Je connais les souffrances terribles qui ont résulté de la violence, de la séparation des familles, de la restriction dans la circulation des personnes et des biens. Je comprends votre préoccupation devant la colonisation, la confiscation des terres et la démolition des maisons. »C’était bien beau, non ? Mais onze ans après, on en est où ?
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Qui l'aurait cru, un livre censuré en France.. Je me rappelle d'un scandale il y a quelques années sur le livre des deux journalistes Nicolas Beau et Jean Pierre Tuquoi, Notre ami Ben Ali.. la France était scandalisée de voire le bouquin censuré... bin la France, aujourd'hui entre deux discours sur la liberté d'expression et les droits de l'homme, elle censure un livre qui dérange sa classe politique.Le livre, écrit par un historien français, Paul-Eric Blanrue,se voit d'abord les portes de tous les éditeurs français fermées devant lui. Aucun moyen de le publier. Pas de panique, en Belgique, on veut bien du bouquin et on est prêt à l'éditer. Mais l'écrivain se heurte à une nouvelle censure encore plus grave, le livre est interdit de distribution en France, aucun moyen de se le procurer en France!.. je me passe de commentaires....Alors, le livre en question, analyse les positions de Sarkozy en faveur d'Israel, décrypte les réseaux pro-israéliens en France et essaie d'instaurer une prise de conscience générale face la "dictature de la pensée" dont souffre son pays aujourd'hui. Sur son site officiel, on peut trouver le résumé de son livre , que j'ai décidé de reproduire ici:"Aujourd'hui, en France, parler d'Israel avec sérénité et franchise est devenu impossible. La question est taboue. Quiconque se permet de critiquer l'État juif risque d'être qualifié d'antisémite. Dans la « patrie des Droits de l'Homme et de la liberté d'expression », un délit d'opinion, en politique et en histoire, est établi.En lieu et place de la discussion libre, une dictature de la pensée unique a été instaurée.Prônant la défense quasi-inconditionnelle d'Israël, Sarkozy met aujourd'hui en œuvre une politique qui est l'image inversée de celle du fondateur de la Ve République. Pour lui, toute critique d'Israël serait un signe d'antisémitisme."
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Ce n'est pas ma campagne anti-France, mais ce qui s'est passé dernièrement est inadmissible, inimaginable, Scandaleux et tout simplement dégoutant.Dans la banlieue de Bordeaux, deux enfants de six et dix ans ont été interpellés devant leur école par 6 policiers, et ont eu un interrogatoire de deux heures pour une soi-disant histoire de vol de vélos. Ok, je reformule pour ceux qui ont eu du mal à comprendre: 2 voitures de police et 6 flics sont venus arrêter deux gamins de 6 et 10 ans à leur sortie de l'école et les emmener au commissariat subir 2 heures d'interrogatoire, pour une fausse histoire de vol de vélos.Les deux enfants sont d'origine arabe, mais on va s'en passer des détails...Le directeur départemental de la sécurité publique ne manque pas de culot pour soutenir ses policiers et dire que "tout a été fait dans la cadre des lois de la République". Les lois de la République, dit-il. C'est drôle, je ne savais pas que la France était une République policière, où même des enfants de six ans sont arrêtés à la sortie de l'école comme des criminels, pour avoir emprunté un vélo pour l'un et l'avoir reçu en cadeau pour l'autre.Rendez-vous compte du traumatisme subi par ces petits? Est-ce que c'est normal? Non ce n'est pas du tout normal, et même pour une vraie histoire de vol ça ne devrait pas passer de la sorte.Personnellement, je me demande comment on peut se permettre de revendiquer les Droits de l'Homme, se poser en donneur de leçon, alors qu'on ne respecte tout simplement pas les droit des enfants? oui, des enfants....
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Un Slumdog à la rue

Le film Slumdog Millionnaire de Danny Boyle, est un excellent film qui a rafflé 8 Oscars dont celui du Meilleur Film, 4 Golden Globe et 7 BAFTA, rien que ça... Pour ceux qui n'ont pas regardé le film, je veux juste dire qu'il vaut sa réussite à ses jeunes acteurs indiens, tellement attachants... et pourtant, dernièrement, l'un des "stars" du film, l'enfant Azharuddin Ismail, qui jouait à l'écran Salim Malik, le frère aîné de Jamal, personnage principal, et bien, cet enfant se retrouve dans la rue, car on a détruit le bidonville "illégal" dans lequel il vit... Alors imaginez, les recettes de Slumdog Millionnaire : 326 millions de dollars... et le petit qui vit dans un bidonville, qu'on hésite pas à raser, et qui se retrouve maintenant dans la rue... Imaginez juste si c'était un acteur américain, après le film, il aurait fait la une de tous les magazines,il serait reçu dans tous les talk-shows, des agents qui se battent pour lui, et un compte bancaire bien fleuri... mais parce qu'il est indien, le film fait le bonheur des producteurs, et lui rentre tranquillement dans son gourbi, entre les rats, et désormais, il n'a même plus le droit à ce gourbi...
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Sarkozy, l'Europe, et la Turquie

Tout le monde le sait, et il se n'en cache pas, Sarkozy est un fervent opposant à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. Mais pourquoi donc? Aurait-il une conception religieuse de l'Europe? Fort probable que oui.Je me rappelle de l'un de ses discours, je ne sais plus si c'était pendant la campagne présidentielle ou peu après son élection. Il disait, tout bêtement: "la Turquie ne fera pas partie de l'Europe, simplement parce qu'elle fait partie de l'Asie mineure!" ah bon? et pourquoi elle joue la Coupe d'Europe et non la Coupe d'Asie? Et puis Chypre, elle fait beaucoup plus partie de l'Asie mineure, cela ne l'a pas empêchée de faire partie de l'Europe. Alors, où bien il nous prend vraiment pour des cons, où c'est lui qui est très con pour ne pas trouver un meilleur argument.Et puis qu'est-ce qu'il y a comme arguments? des arguments bien solides, logiques et qui tiennent la route? Non, il n'y en a pas. Une haine et une islamophobie, je ne vois rien d'autre!Quant aux citoyens européens, ils sont partagés, mais majoritairement contre. Ils sont tout simplement coincés derrière les préjugés. Ils ne connaissent rien de ce pays, et pourtant ils le jugent. Ils sont limités à la fausse image qu'on en donne. La Turquie est un pays ouvert, qui a su cohabiter avec des cultures et des religions différentes depuis des siècles, et ce n'est pas parce qu'il est à majorité musulmane que c'est un pays de terroristes. Il n'y a pas plus de criminalité et d'actes délinquants en Turquie qu'en France, en Italie ou en Allemagne. Ils sont plus riches et beaucoup plus éduqués que les roumains et les hongrois, et donc leur adhésion loin d'être un obstacle à l'Europe, sera un avantage pour sa croissance.Aujourd'hui on refuse l'adhésion de la Turquie à l'UE avec un tel mépris, mais c'est encore plus pitoyable quand on voit le petit jeu de Sarkozy qui, voyant le soutien infaillible à l'entrée de la Turquie de la part de la Suède future Présidente de l'UE, sachant très bien son importance dans la sphère économique actuelle, et son rôle primordiale pour faire face aux États-Unis, à la Chine et les géants du BRIC et enfin connaissant très bien son rôle d'intermédiaire dans les négociations au Proche-Orient, voilà qu'il nous présente un projet d'espace économique et de sécurité commun: Europe-Russie-Turquie.Il ne sait plus comment s'y prendre, et pense avoir trouvé la parade, pauvre de lui, c'est tout ce que je peux dire!
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Le diplôme de l'humiliation

Fini le temps où avec ton Baccalauréat tu deviens cadre bancaire, fini le temps où avoir un doctorat t'ouvre les portes de la réussite sociale et financière... Aujourd'hui c'est le temps de l'humiliation professionnelle, où t'es obligé d'accepter un travail inférieur à ton diplôme et à tes compétences, et encore, tu dois être extrêmement reconnaissant qu'on t'ait proposé un 500dinars alors que tu viens de finir ton Master, parce que tu sais, t'as vraiment de la chance toi, regarde tes amis, un tier est au chômage depuis un an, un tier travaille avec 200 dinars, le reste sont des esclaves des temps modernes dans des centres d'appels, qui malgré tout, contribuent à diviser le taux de chômage en 2... On en serait où si y'avait pas eu ces délocalisations vers la Tunisie? j'ose même pas y penser!On accumule les diplômes pour retarder l'échéance du chômage, on croit qu'avec de plus longues études on aura plus de chance dans le monde du travail.. en fait non, plus t'es diplômé, moins il y a de place pour toi... les sur-qualifiés, c'est comme ça qu'on appelle aujourd'hui les chômeurs des Bac+5, 6 et plus...Et comme on avait trop de postes vacants à l'enseignement supérieur, et pas assez de docteurs et doctorants demandeurs d'emploi, on a décidé de ramener l'âge de la retraite à 65 ans pour les enseignants universitaires. Quant aux nouveaux diplômés et docteurs qui ont galèré 10 ans après le bac pour avoir un doctorat et enseigner, eh bien, ils pourront toujours espérer un poste dans 5 ou 6 ans, commencer sa vie professionnelle à 35 ans, oui pourquoi pas!Et puis il y a tous ces employeurs qui demandent de l'expérience!! peu importe ton diplôme, ou ta prestigieuse école, on veut de l'expérience, mais comment on peut l'avoir cette expérience si on nous donne pas l'occasion de travailler, comment on peut l'avoir si chaque fois, on nous refuse le poste par défaut d'expérience????Alors voilà, t'as vraiment pas le choix, maintenant tu acceptes n'importe quoi, faut bien travailler non? quant à ton diplôme, il t'a bien humilié durant quelques entretiens, où on a essayé par tous les moyens de te sous estimer et de dévaluer tes études, pour te convaincre d'accepter un 300 dinars,après tout, ce n'est pas les demandeurs d'emploi ni les diplômés qui manquent...Ne regrette surtout pas tes nuits blanches de révision, ni le stress des examens, ni même ta joie d'avoir eu ton diplôme... ton diplôme de l'humiliation...
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Coup de coeur ciné; La Vague

Un film époustouflant comme on en voit rarement.La Vague, un chef d'œuvre de Dennis Gansel, basé sur des faits réels est l'adaptation d'un roman allemand culte enseigné dans tous les lycées allemands. Un scénario recherché, une mise en scène simple mais très efficace voire impeccable: la frontière entre réalité et fiction est quasi-inexistante.Un film exemplaire sur l'endoctrinement des jeunes, une démonstration du basculement sans prise de conscience: comment on peut virer dans un régime totalitaire en l'espace de quelques jours... Ce film nous ramène à réfléchir à nos mécanismes et nos réalités sociales, notre société et notre Histoire. Il montre bien, que pour des personnes en perte de repères, pour des gens à la recherche de cadres sécurisants et de communautés qui les mettent en valeur, l'embrigadement est si facile.Le Pouvoir par la Discipilne, ensuite le Pouvoir par la Communauté, puis le Pouvoir par l'action, et on sombre petit à petit dans cette machine infernale sans même s'en rendre compte.... Ce film est d'autant plus intéressant que les faits se déroulent en Allemagne et traite leur phobie première aujourd'hui: l'autocratie. Les jeunes allemands, qui grandissent dans la culpabilité et la honte à cause du rappel permanent de leur héritage nazi, semblent au début du film le peuple le moins susceptible à rejoindre les errances du totalitarisme, et pourtant, on comprend petit à petit que nul n'est à l'abri d'une dérive naissant d'un mouvement sécurisant. Rien n'est plus simple que d'avoir un régime fasciste du moment où les citoyens, bien que faisant partie d'une communauté sous-entendue solidaire, délèguent tous les pouvoirs à une seule personne, pour un État fort... Et on nous y explique implicitement que l'autocratie est une dérive de la démocratie, à méditer... Le film nous décrit merveilleusement bien des réalités morales qui nous remettent tous en question.Chapeau pour "La Vague", chapeau pour toute l'équipe, scénariste, réalisateur et acteurs. Chapeau aussi pour le cinéma allemand qui ne cesse de nous étonner ces dernières années: The edukators, La vie des autres, Good Bye Lenin,etc. Un cinéma qui traite les sujets controversés, un cinéma qui n'hésite pas à critiquer la société en général et l'Allemagne en particulier, à se critiquer et à critiquer son Histoire, à nous autopsier la société allemande d'hier et d'aujourdhui sans tabous.La Vague, un plaidoyer pour la libre pensée, un film à voir absolument...
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Tous différents, Tous égaux

Selon Albert Memmi: « Le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences, réelle ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de justifier une agression ou un privilège. »Cette définition du racisme semble avoir trouver plus d'un sympathisant entre chercheurs et enseignants de sciences sociales. Il faut dire que moi aussi, je la trouve juste. En effet, je pense que l'esclavage, et le colonialisme sont le fruit d'un racisme institutionnel, même si la société d'aujourd'hui semble souffrir d'amnésie et refuse de le reconnaître et de l'assumer, ce qui permet au racisme d'exister encore et toujours sous d'autres formes ou presque.L'évolution du monde s'est tout le temps faite sur la différence et le refus de cette différence: couleur de peau, religion, nationalité,etc. Un sentiment permanent que l'autre, avec sa "différence", constituerait un danger, un possible désordre social. Sa différence fait de lui un élément perturbateur au lieu d'un élément enrichissant, comme le dit si bien Sain-Exupéry:"Si tu diffères de moi mon frère, loin de me léser tu m'enrichis."Aujourd'hui en France, on nous parle d'identité nationale, mais c'est quoi cette "identité nationale" si ce n'est du racisme masqué? En Inde, le petit fils d'Indira Gandhi mène une campagne électorale anti-musulmans et après avoir déclaré lors d'un meeting électoral que si jamais son parti gagne les élections: "les têtes des musulmans seraient coupées!" (oui, rien que ça!! un petit Hitler en herbe) nous fait croire qu'il ne disait pas ça pour attiser la haine envers la minorité musulmane mais pour ramener la confiance chez les Hindous. Où va-t-on avec ces complexes de supériorité et ce refus de la différence? On est tous différents, entre tunisiens on est différents, entre musulmans on est différents, entre arabes on est différents, entre blancs on est différents, entre noirs on est différents, entre humains on est tout simplement différent! Pourquoi ne pas profiter de cette différence et faire une place à tout le monde dans cette différence, est-ce qu'on est obligé d'avoir la même couleur de peau pour travailler ensemble? est-ce qu'on est obligé d'avoir la même religion pour vivre dans le même pays? Pourquoi on ne juge pas l'homme sur ce qu'il est lui, sur ses actes, mais sur ses appartenances innées: on ne choisit pas son origine, ni son pays de naissance, ni sa couleur de peau, ni les croyances et la religion de sa famille...Actuellement, le racisme fait vendre, il fait beaucoup vendre auprès des politiciens, il faut juste savoir le façonner et lui faire un bel emballage, et ça marche presqu'à tous les coups. Si on ne gagne pas les élections, on se fait des sympathisants, parce que "on n'a pas peur des mots et on dit tout haut ce que les autres disent tout bas,et on assume nos opinions et blablabla" .Sauf que pour moi, le racisme n'est pas une opinion qu'il faut assumer, mais est c'est un fléau contre lequel il faut lutter et une ignorance qu'il faut combattre.
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Quelques pensées sur Dieu

"Dieu. Les uns craignent de le perdre, les autres craignent de le trouver".En lisant cette phrase de Blaise Pascal dans son fameux "Pensées", une envie d'écrire ce que j'en pense m'a prise...Dieu peut être une production de l'homme face à l'incertitude et face à tout ce qu'il ne contrôle pas. On comprend alors, pourquoi lorsque la science n'existait pas vraiment,du moins telle qu'elle est aujourd'hui, la religion était partout. Dieu pouvait être n'importe quoi, pourvu qu'il existe, qu'il nous protège de l'incertain, et qu'il ait une explication sur notre réalité, même si nous la comprenons pas. Avec le progrès, la religion a perdu du terrain, seules quelques unes (monothéistes et quelques autres) ont survécu, parce qu'elle arrivent, tant bien que mal, à satisfaire la curiosité de l'être humain dans sa modernité.La majorité de ceux qui s'opposent à la religion aujourd'hui, prévalent son inutilité et se prévalent d'une rationalisation des faits.A men sens, la religion est bien utile, ne serait-ce qu'en donnant un cadre morale garantissant un certain équilibre. Vous allez me dire: avons-nous besoin d'un Dieu pour garantir cet équilibre et justifier cette morale? Les droits de l'homme n'ont-ils pas été instauré sur un fond laïc? N'a-t-on pas trouvé une explication scientifique à tout ce qui nous intriguait? La religion aujourd'hui, ne nous causerait-elle pas plus de mal que de bien?Mais toutes ces questions peuvent remettre en cause la religion "socialisée" mais ne peuvent pas remettre en cause l'existence de Dieu. En effet, avec tous ces progrès scientifiques, on a toujours un immense point d'interrogation sur certaines choses dont la mort, et là il n'y a que l'existence d'une force supérieure au dessus de tout qui peut y répondre, ou du moins nous éclairer. C'est de l'illusion? et bien c'est une illusion bénéfique. Même les cartésiens (dont je fais partie) ont besoin de chercher en dehors des concepts scientifiques; Tout le monde, à un moment ou un autre, a besoin de sortir du monde matérialisé pour celui spirituel, d'où l'utilité de croire en un Dieu. La foi et la science ne s'exclut pas. La preuve, de très grands scientifiques sont croyants, dont Albert Einstein qui ne se soumettait à aucune religion mais qui était théiste et croyait en Dieu, Issac Newton, l'un des plus grands savants qu'ait connu l'humanité, qui était profondément croyant et se referait souvent à Dieu et Blaise Pascal qui m'a inspiré ce soir!Par ailleurs, Nietzsche, l'un des plus grands philosophes à mon sens, et que bon nombre de non croyants le considèrent comme l'icône de l'athéisme, n'a jamais nié l'existence de Dieu. En fait, il n'a jamais nié le concept d'un Dieu, mais il dénonçait le dogme des religions qui a tué toute spiritualité. Sa célèbre "Dieu est mort" prouve bien ce fait, sinon il aurait dit "Dieu n'existe pas"...
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L'Union du Maghreb Arabe a été fondée le 17 février 1989 à Marrakech,une union de 5 pays (Algérie, Tunisie, Maroc, Libye et Mauritanie) dont l'objectif est (ou était) de créer un espace économique commun et de partager la même vision politique.Aujourd'hui où en sommes-nous? Mise à part la suppression des visas, une mesure qui n'est plus en vigueur entre le Maroc et l'Algérie depuis 1994, je ne vois pas d'autres réalisations concrètes sur le terrain.Je ne sais pas si cela reflète le non intérêt absolu des pays membres pour cette union et dans ce cas pourquoi ils l'ont crée et pourquoi ils la gardent? ou si cela dénote un blocage et un conflit inter-pays camouflés par le symbole de cette union.Un espace économique commun, c'était l'un des objectifs primordiaux de l'Union du Maghreb arabe, alors pourquoi, indépendamment, chaque pays a signé un accord avec l'Union Européenne?L'UMA est-elle en panne ou sa paralysie est de naissance? La réponse est les deux à la fois.Oui, elle est en panne parce qu'elle n'existe pas mais fait semblant d'exister: un bilan de 4 sommets en 20 ans, et quelques réunions passées inaperçues et sans véritables mesures entre les Ministres des Affaires étrangères. Et oui, elle souffre d'un handicap de naissance car au moment de sa constitution en 1989, le conflit sur le sahara occidental (dont l'origine remonte à 1974, à l'époque de Hassan II et Boumedien), devenu conflit armé, opposant les indépendantistes du Prolisario soutenus par Alger aux marocains, n'était pas encore résolu, et n'a pris fin qu'en 1991. Trois ans après et suite à un attentat à Marrakech, le Maroc instaure un visa pour les algériens et Alger riposte par la fermeture des frontières.Ces tensions entre le Maroc et l'Algérie sont un handicap majeur, et pour cause le fermeture des frontières entre ces 2 pays constitue un véritable frein aux échanges commerciaux de toute la région. Mais le rôle de l'UMA dans tout ça n'est-il pas d'aider les pays à résoudre les problèmes qui les opposent ou du moins d'essayer de les dépasser pour pouvoir développer la région, et non de faire semblant d'exister avec un slogan vide de sens, un siège à Rabat, un Secrétaire Général Tunisien, et puis... et puis rien!
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Et si on parlait de la charte du Likoud?

"La Charte du Hamas ne reconnaît pas Israel", combien de fois j'ai entendu cette phrase pour faire valoir le Hamas comme un groupe terroriste qui menace la sécurité de l'Etat juif et justifier ses bombardements, ses crimes commis et les milliers de victimes civiles. Je regarde les débats télévisés sur les chaînes françaises, et à chaque fois, on nous ressort la phrase magique "la charte du Hamas ne reconnaît pas Israel", c'est THE argument pour justifier le blocus sur Gaza, la répression et les bombardement. Bien sûr, il est inutile de mentionner que la charte dont ils parlent est discutable au sein même du Hamas et que les leaders de ce mouvement de résistance ont plus d'une fois fait savoir qu'ils sont prêts à reconnaître Israel dans les frontières de 1967 et la création de deux Etats.Mais si on parlait un peu de la charte du Likoud de Netanyaho, ancien et probablement futur Premier Ministre israélien? Eh bien, la charte du Likoud, datant de 1999 (et donc beaucoup plus récente que celle du Hamas) ne reconnaît tout simplement pas la Palestine. Pourquoi personne n'en parle?"Le gouvernement israélien rejette fermement la création d'un Etat arabo-palestinien à l'ouest de Jourdain. Les palestiniens peuvent vivre librement dans un contexte d'autonomie mais pas en tant qu'Etat indépendant et souverain. Ainsi, par exemple, dans le cadre des affaires étrangères, des questions de sécurité, d'immigration et d'écologie, leurs activités doivent être limitées par les impératifs liés à l'existence d'Israel, à sa sécurité et aux besoin de la nation."Pourquoi on ne trouve pas ça scandaleux?En ce qui concerne Jérusalem, on peut lire que : "Jérusalem est la capitale éternelle et indivisible de l'Etat d'Israel et seulement de l'Etat d'Israel. Le gouvernement rejettera fermement toute proposition palestinienne envisageant la division de Jérusalem, en particulier le projet présenté à la Knesset par des factions arabes et soutenu par de nombreux membres du Parti Travailliste et du Meretz."Même pas une lueur d'espoir pour la création d'un Etat Palestinien, sans parler du Parti d'extrême droite, qui demande de renvoyer les arabes israélien, et avec qui il y aura une alliance pour pouvoir constituer un gouvernement...En résumé, le Hamas a gagné les élections haut la main et démocratiquement et ceci personne ne peut le nier, mais il a été boycoté par la communauté internationale qui a tranquillement regardé des massacres se commettre, soi-disant, à cause de sa charte. Pourquoi cette même communauté internationale ne boycotte pas le Likoud à cause de sa charte qui ne reconnaît pas la Palestine?
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