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Tunisie: Pourquoi je n'ai pas fêté le 14 janvier

Samedi 14 janvier, comme beaucoup de gens, je suis allée à l'avenue Habib Bourguiba à Tunis. J’y suis allée parce qu’un an plus tôt j’étais là, et c’était une des journées les plus marquantes de ma vie, et ça le restera certainement. Mais le 14 janvier 2012 n’est sans doute pas une journée de fête. 

Je ne pouvais pas fêter le 14 janvier car quand j’ai vu cette image, j’ai eu envie de vomir. Vous aussi ? Tant mieux, c'est un signe de bonne santé. 


Je ne pouvais pas fêter le 14 janvier car j'ai lu l’audition de Larbi Nasra, patron d’Hannibal TV, publiée par Mediapart, où il reconnait « avoir transmis de fausses informations à travers ces émissions, et entre autres : de fausses alertes, de faux appels de secours dans le seul but de terroriser la population, ainsi que d'avoir injustement mis en cause des personnalités dans des méfaits inventés de toutes pièces.." et avoue "que le contenu des programmes diffusés était de nature à créer un climat de discorde entre les Tunisiens et de mettre le pays dans l'instabilité. » Monsieur Nasra est toujours libre et pas inquiété, et sa télévision a pour nouveau slogan: "la voix du peuple". 

Je ne pouvais pas fêter le 14 janvier car Hédi Jilani gère tranquillement ses affaires. Toujours libre et protégé par les nouveaux hommes forts corrompus du pays.

Je ne pouvais fêter le 14 janvier car un an après l’euphorie et l'espoir, il y a encore des gens qui s’immolent par désespoir.

Je ne pouvais pas fêter le 14 janvier car Redeyef, première ville à s’être rebellée en juin 2008 et très violemment réprimée par Ben Ali à l'époque, n’a toujours pas eu la moindre attention des nouveaux dirigeants. Mais c’est normal, à Redeyef on ne parle pas d’identité arabo-musulmane et puis, « الشعب يريد تحرير فلسطين* « n’est-ce pas ? 


Je ne pouvais pas fêter le 14 janvier car après avoir dissous le RCD, il y a encore des gens qui remplissent le rôle de milices d’un parti au pouvoir. Aujourd'hui, ce sont les nahdhaouis et c’est du grand art: "بالروح بالدم نفديك يا حكومة"** Même les RCDistes n'ont pas osé la faire celle là..

Je ne pouvais pas fêter le 14 janvier car quand on croit enfin pouvoir avoir une presse libre, le Premier Ministre provisoire, Hamadi Jebali, 1-nomme les patrons des médias publics et 2- les choisit minutieusement parmi la crème des propagandistes de l’ancien régime.

Je ne pouvais pas fêter le 14 janvier quand des une minorité violente bloque une faculté et agresse étudiants, corps enseignant et administration en toute impunité.

Je ne pouvais pas fêter le 14 janvier alors qu’on invite en Tunisie, en cette journée d'anniversaire, en l’Emir du Qatar, hébergeur de Sakher El Materi, et qu’on ne lui demande même pas l’extradition du mafieux. Vous parlez encore de dignité? 

Je ne pouvais pas fêter le 14 janvier quand le nouveau parti au pouvoir marche sur les pas de son prédécesseur confondant Etat et parti.

Je ne pouvais pas fêter le 14 janvier quand on a dénoncé le népotisme du clan Trabelsi/Ben Ali et qu’on a retrouvé, Rafik Bouchleka, gendre de Rached Ghannouchi, Ministre des affaires étrangères.

Je ne pouvais pas fêter le 14 janvier quand ce qu'on pensait être l'alliance gouvernementale de trois partis s'avère être un seul parti aux commandes et deux vassaux.

Je ne pouvais fêter le 14 janvier quand le Président provisoire Moncef Marzouki… en fait lui, oubliez-le!

Pour toutes ces raisons, et d’autres encore, ce 14 Janvier est loin d’être un jour de fête pour moi. S’il y a quelque chose à fêter, c’est uniquement le départ de Ben Ali. Pour le reste, le combat continue. 


*"le peuple veut libérer la Palestine!" un slogan souvent scandé par les militants nahdhaouis dans leurs meeting.
** "Nous nous sacrifions corps et âme pour le gouvernement" slogans scandés dans une contre-manif organisée par les militants nahdhaouis suite à la manifestation des journalistes contres la nomination des patrons des médias publics par le PM.

image2: Devrions-nous attendre un signal divin pour reconnaître les martyrs du bassin minier

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Ennahdha- Qatar- Etats-Unis : les liaisons dangereuses

Pour son premier déplacement après les élections, Rached Ghannouchi, leader du parti Ennahdha rend visite à l’Emir du Qatar. Normal, il va remercier ses sponsors et les rassurer sur leurs placements.

Cette visite est préoccupante, étant donné qu’Ennahdha est aujourd’hui la première force politique du pays. Il se trouve qu’elle est financée par un pays étranger, dont les intérêts sont suspicieux (avis personnel), et qui héberge, à juste titre, Sakher El Materi depuis sa fuite le 14 janvier 2011… d’ailleurs, j’espère que le Cheikh a trouvé le temps de rendre visite à son cher ami et le rassurer sur sa radio Zitouna (il l’avait félicité lors de son lancement en 2007 via un communiqué public). 

Toujours concernant Sakher El Materi, il est bon de rappeler que pas un mot n’a été prononcé par de la Chaîne d’information Qatarie Al Jazeera, sur le genre de Ben Ali qui se la coule douce chez eux. Journalisme objectif et professionnel dites-vous ? Bien sûr ! Surtout quand on sait que durant la campagne électorale,on n'a presque vu qu'Ennahdha su son antenne. ( L'unité de contrôle de l'information dépendant de l'ISIE l'a d'ailleurs confirmé dans son rapport )

Mais il n’y a pas que le soutien du Qatar. Aussi paradoxale que cela puisse paraître, Ennahdha a le soutien des américains. Les américains quiauraient pensé depuis quelques années déjà, à jouer la carte « démocratie et Islam » dans la région. Les câbles Wikileaks, publiés cette semaine par Takriz le prouvent. L’esquive des dirigeants d’Ennahdha face aux questions portant sur le rôle des Etats-Unis le confirme...

Je me pose donc trois questions claires : Quelles est la nouvelle stratégie des Etats-Unis dans la Région ? Quel rôle le Qatar sera-t-il amené à jouer ? (n’oublions pas qu’il dispose d’une base militaire américaine et qu’il a eu son rôle aux côtés de l’OTAN en Libye). Et quel sera l’avenir de la Tunisie ?

PS: d'après des sources diplomatiques, l'Emir du Qatar serait l'hôte de la permière réunion de l'Assemblée Constituante.
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Nessma : qui fera pire?

Vendredi, la chaîne privée Nesma diffuse le film d’animation Persepolis. Le film est dans les salles de cinéma depuis longtemps, et en dvd piraté vendus « légalement » à 2 dinars depuis sa sortie.La seule nouveauté c’est que le film a été doublé en dialecte tunisien. Et personnellement, j’ai apprécié. 

La personnification d’Allah au cours d'une séquence du film (qui n’en est pas une soit dit en passant) n’a pas plu à tout le monde. Quelques voix se sont élevées contre la chaîne déjà pas très appréciée: groupes facebook comme on en a des centaines, et des manifestations de quelques dizaines de personnes...

Deux jours après la diffusion du film, la chaine privée dit être attaquée par 300 salafistes. Bizarrement, elle n’est pas capable de fournir une seule photo ou une vidéo de ce qui serait passé. Personne n'a filmé, même pas par son téléphone portable. C’est quand même bizarre, dans un pays où sortir son téléphone pour filmer ce qui se passe dans la rue est devenu un réflexe. 

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur affirme qu’il n’a pas eu plus de 50 personnes venues manifester devant la direction de la chaine, chose confirmée par cette vidéo et une autre(appréciez les salafistes, rhooo! ). N’empêche que Nessma a envoyé des dépêches partout; les articles dans la presse française fusent (ici sur Le Monde ) et on a même eu droit à un reportage au 20h de France 2 où on parle de cette attaque tout en montrant des images de confrontation entre jeunes et police dans le bidonville de Djebl Lahmar... des incidents qui n’ont rien à avoir!

Les défenseurs de la liberté d'expression défendent quand même la chaîne et des communiqués des différents partis politiques sont publiés. Sauf qu'aujourd'hui, Nabil Karoui, DG de la chaîne, décide de présenter ses excuses au "peuple tunisien" d'avoir diffusé le film! ( désolé de vous décevoir M.Karoui mais 80% du peuple tunisien n'avaient rien à foutre du film et de ta chaîne..).Pis, il ne s'excuse pas d'avoir heurter la sensibilité de certains, il dit que lui-même a été offusqué en regardant le film... entre nous, difficile de faire mieux pire. Mais il faut dire que le mec excelle dans la comédie.. et comme si cela n'était pas suffisant, il affirme qu'il y a des lignes rouges à ne pas dépasser... Pitoyable! Enfler une polémique qui n'avait pas lieu d'être, mentir autour d'une attaque qui n'a pas eu lieu et présenter de minables excuses en justifiant la censure, c'est quand même trop en 48h... 

Tout ça pour dire que quand on ne s'est pas battu pour la liberté d'expression, on ne la défendra jamais. Quand on trouvait son compte sous la censure, on ne verra aucun problème à la voir se réinstaurer. Et Quand on est une crapule, on reste toute sa vie une crapule.
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Cérès Bookshop a été lancée il y a  tout juste un mois. Il s'agit de la première librairie en ligne en Tunisie, voire au Maghreb. 

S’adressant directement aux internautes, Cérès bookshop permet de découvrir les publications tunisiennes et francophones, d’être informés de l’actualité du livre et de pouvoir acheter depuis chez-soi en quelques clicks. Le paiement se fait par carte bancaire, et les commandes sont livrés par voie postale.

Et afin d'encourager l'achat, la Livraison est gratuite partout en Tunisie. Elle est gratuite à l’étranger à partir de 25 € d’achat. (une offre promotionnelle de lancement);  "Cette démarche vise essentiellement à faciliter l’accès aux livres au et d’exporter les publications tunisiennes qui sont ainsi pour la première fois disponibles dans le monde entier !" selon le communiqué diffusé par Cérès Bookshop. Cette initiative permet aussi de développer le e-commerce en Tunisie,un pays où les TIC représentent sans aucun doute, l'avenir de la nouvelle génération.

 

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#BarcampTunis: un cercle de réflexion improvisé

Initié par Ziad Maalouf, Simon Decreuze (Atelier des Médias, RFI) et moi même (tout modestement :p), et rejoints ensuite par Mael Inizan et Berangère Peron (Silicon Maniacs), le BarcampTunis a eu lieu Samedi 19 février aux Berges du Lac, et a vu la participation d’une soixantaine de personnes venues échanger et partager leurs idées. Un think tank s’est constitué le temps d’un bel après-midi.

A partir du thème général du Bracamp Tunisie: La révolution... et après? , quelques sujets ont été évoqués par les participants sous forme de questions qu’on a finalement regroupés en 4 grands thèmes : 1- les réseaux sociaux et la révolution? 2- Rôle et devoirs des citoyens après révolution 3- les médias et les médias alternatifs 4- la révolution culturelle.

Pour ma part, j’ai fait partie du troisième atelier : Médias et Médias alternatifs et voici les principales idées débattues dans notre cercle de réflexion. 

Les médias alternatifs 
Partant du fait que le mot « alternatif » serait utilisé par opposition aux canaux de diffusion traditionnels (journaux/radio/tv), un média alternatif aurait pour support le web : journaux électroniques ou pure players, portails d’information, plateformes collaboratives (posterous/ tumblr), blogs et réseaux sociaux. Mais dans ce cas est-ce que tout support web est considéré comme média alternatif du moment qu’il édite du contenu ou faut-il que ce soit édité par des journalistes? 
En fait, le média alternatif aujourd’hui peut être aussi bien des citoyens lambdas qui partagent les informations qu’ils détiennent sur les plateformes existantes (via un blog, un réseau social, etc.) ou des journalistes qui travaillent en indépendants, et ici on parle d’indépendance par rapport à certains organismes qui agissent habituellement sur les médias traditionnels (groupes de pression, annonceurs). Ce qui nous ramène forcément à une question centrale : le financement des médias alternatifs.

Un média alternatif doit-il prétendre (ou pas) à la publicité pour son financement? 
Etant donné qu’en Tunisie, le seul modèle adapté et possible est le financement par la pub (contrairement à d’autres pays où on peut payer des abonnements, exemple Mediapart ), un média considéré comme « alternatif » devrait-il refuser la publicité ? Et dans ce cas comment pourrait-il survivre ? L’exemple de Nawaat qui a toujours refusé toute forme de publicité pour ne pas se pervertir et connait un succès considérable vu la qualité de son contenu aurait pu être un bon exemple mais il s’agit là d’une plateforme collaborative qui ne vise pas forcément à être bénéficiaire (on peut citer également l'exemple d'Agoravox qui survit avec des dons), ce qui n’est pas le cas des personnes qui voudraient investir sur le web. Faut-il donc faire du bénévolat pour faire de l’alternatif en Tunisie ? Pas nécessairement etTekiano en est bien l’exemple : un site de qualité qui a n’a pas failli à sa ligne éditoriale et sa liberté de ton sans que cela ne l’empêche d’avoir des bannières publicitaires. Donc, rien n’empêche d’avoir des revenus publicitaires et garder son indépendance vis-à-vis des annonceurs.

Nouvelles vocations après la révolution
La liberté de parole et d’expression retrouvée a donné naissance à de nouvelles vocations aujourd’hui. D’abord le phénomène du « journaliste citoyen », c'est-à-dire que tout le monde peut créer et partager son information via les différents moyens dont il dispose et essentiellement les réseaux sociaux sans avoir peur des ripostes, des pressions, ni devoir respecter une ligne éditoriale quelconque. On a également remarqué l’émergence des vidéo-blogueurs (qui ne dépassaient pas une dizaine auparavant) mais aussi des blogueurs (le phénomène des notes sur Facebook). Les anciens blogueurs sont devenus plus assidus et plus responsables dans les billets qu’ils postent. Évidemment, on a reproché l'indifférence (par rapports aux évènements qui se déroulaient) de certains blogueurs qui pouvaient profiter de leur notoriété sur le web pour parler de ce qui se passait en Tunisie mais qui ont préféré se taire ou parler d'autre chose, justifiant cela par le fait que leurs blog, c’est également un outil qui accompagne leur carrière professionnelle un peu à l'image de Loïc Le Moeur....
Autre fait aussi marquant qu’intéressant ; les médias qui impliquent de plus en plus leur audience : en plus de l’interaction via les commentaires (qui est propre au web et non à la révolution) on a remarqué la participation de plus en plus importantes des citoyens dans la création du contenu médiatique : témoignages, articles, tribunes, opinions, etc.

Les rumeurs ne sont pas l’apanage des médias alternatifs
On a tous remarqué la propagation de rumeurs et intox durant et après la révolution. Est-ce que les rumeurs sont le propre du web et en l’occurrence des médias alternatifs ? pas du tout, la preuve c’est que ces rumeurs et intox sont reprises par les médias traditionnels, et pas n’importe lesquels : Al Jazeera (pour l’arrestation de quelques personnes), Le Monde (les lingots d’or de Leila Trabelsi), Al Quods Al Aarabi (l’histoire du cuisiner de Leila Trabelsi) et autres, sans la moindre vérification. En fait, il s’agit là de journalistes qui cherchent le scoop et le sensationnel à tout prix sans vérifier les informations reçues faillant au passage, à leur devoir déontologique.

Médias Tunisiens : de la propagande au lynchage
Un constat unanime : les médias tunisiens ne sont toujours pas à la hauteur dans le traitement des informations. Ils ont beau essayé de faire quelques efforts mais ne s’invente pas journaliste politique du jour au lendemain et cela se ressent aussi bien dans les débats que dans les journaux. De la propagande au lynchage, les médias tunisiens semblent loin des attentes des tunisiens qui méritent de meilleurs débats constructifs, des journalistes avec un esprit critique et une analyse constructive. Leur rôle est aujourd’hui de dénoncer les irrégularités sans tomber dans les règlements de comptes et de promouvoir les acquis de cette révolution sans tomber dans la récupération. Ce qui est au jour d’aujourd’hui loin d’être le cas.

Pour en savoir plus sur ce #BarcampTunis, lire :
Tunisie : la révolution et après…?
#BarcampTunis: Brainstorming citoyen 
BarCamp à Tunis organisé par l’Atelier des Médias RFI (Interview vidéo de Ziad Maalouf)
« La révolution tunisienne… et après ? » thème du Barcamp Tunis organisé par RFI
Il a fallu une révolution pour avoir un vrai BarCamp!

 

Article initialement publié sur "Un oeil sur la planète"

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Tunisie: Ceci n’est pas la révolution du jasmin

Cette révolution, on l’a vécu comme dans un rêve. Depuis le 17 décembre 2010, date à laquelle Mohammed Bouazizi s’est immolé, chaque jour apportait son lot d’angoisse et de peur mais aussi de courage et d'espoir. Bien loin des plages et du jasmin, les manifestations sont parties des régions intérieures du pays : Sidi bouzid, Regueb, Meknassi, Gafsa, Thala et toutes ces villes qu’on a de tout temps ignorées, à commencer par Bourguiba. D’ailleurs, les inégalités régionales camouflées par des chiffres truquées ne sont plus un secret. 



Les avocats se rallient rapidement au mouvement contestataire en dénonçant les abus du régime. Tunis, Sousse, Sfax et autres grandes villes ne tardent pas à rejoindre la cause. Comme d’habitude, le black out médiatique était présent. Le régime de Ben Ali avait verrouillé la presse tunisienne et l’a transformée en arme de propagande massive. Mais la jeunesse tunisienne est futée, la jeunesse tunisienne est branchée et deux réseaux sociaux, Facebook et Twitter, sont devenues deux véritables chaînes d’information : l’information s'y propage à la vitesse de la lumière, heure par heure, minute par minute. Mieux, les médias étrangers sont alertés et commencent à suivre les internautes tunisiens. Malheureusement, leur ignorance quasi-totale des réalités de la société tunisienne (notamment de la part des français) a fait qu’ils mettront du temps à comprendre qu’il ne s’agit pas d’émeutes de la faim (comme ils titraient au départ) mais bien d’un soulèvement populaire qui demande la liberté et la chute du régime ( comme si il nous était impossible de nous révolter pour autre chose que la religion ou le pain). Mais il faut dire que Ben Ali lui-même avait mis du temps pour comprendre qu’on ne voulait pas de lui, qu’il pouvait baisser les prix des aliments, promettre des milliers d’emplois, ses promesses et discours ne changeront pas les choses: il avait fait assez de dégâts et il fallait qu’il dégage, lui et sa mafieuse famille ! 
C'est vrai que le point départ, était une situation sociale peu confortable, mais les revendications ont très rapidement évolué et toutes les catégories sociales étaient présentes dans les manifestations. Les slogans étaient clairs : Travail, liberté, dignité. Non à Ben Ali, non à la dictature et non à la répression. Le ras-le bol du système avait atteint son comble, et plus rien n’arrêtera les tunisiens dans la quête de leur liberté. Le régime devait absolument tomber peu importe le prix. Et en quelques jours, la peur avait changé de camp; plus la Tunisie comptait ses morts, plus le régime comptait ses jours. 

Finalement, ça s’est fait un certain 14 janvier 2011. Une incroyable journée qui a commencé avec des milliers de gens criant le désormais célèbre « Dégage » devant le Ministère de l’Intérieur (tout un symbole !) et qui s’est soldée par la fuite de Ben Ali en Arabie Saoudite. La jeunesse a réussit ! La jeunesse qu’on croyait dépourvue de toute conscience politique (vu que Ben Ali a tout fait pour dépolitiser le peuple) a réussi à mettre à la porte un des plus grands minables dictateurs de la planète. 

Cette révolution, ce n’est pas la révolution du jasmin. On nous a imposé cette appellation, d’abord dans les médias étrangers, ensuite dans quelques uns de nos médias. Paradoxalement, cette appellation représente l’image avec laquelle la jeunesse tunisienne a voulu rompre. Alors, non, non et non à la révolution du jasmin ! Ceux qui ont vu leurs frères et amis mourir sous les balles, ceux qui ont revendiqué leur liberté et dignité, ceux qui ont crié leur refus de la dictature, ne sont pas d’accord avec ce terme. Le jasmin, la plage et la cage de sidi Bou Saïd, c'est juste bien pour la carte postale…

Aujourd’hui, la révolution tunisienne s’exporte en Egypte où le peuple pousse Moubarak vers la sortie, et demain on verra à qui sera le tour. Entre temps, les dirigeants dictateurs des pays arabes tremblent dans leurs palais…
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Tunisie: L'après 14 janvier

Tunisie, 18 janvier 2011, le peuple est fier de sa révolution mais anxieux. Anxieux de voir encore des Ministres ayant servi sous Ben Ali rappelés dans le nouveau gouvernement, anxieux de voir sa révolution, payée du sang de ses frères, récupérée par des opportunistes du système, anxieux de se faire avoir…encore une fois. Il a subi 23 ans de dictature, 23 ans sous un Etat-parti corrompu. Cette révolution va tout changer, mais peut-on tout changer en 3 jours ? Certainement pas. Certes Ben Ali est tombé en 4 semaines, mais comment était-il tombé ? La pression de la rue, mais encore ? Jusqu’à aujourd’hui des zones d’ombres demeurent sur cette journée du 14 janvier 2011: L’armée avait-elle participé au départ précipité de Ben Ali ? Comptait-il revenir ? Ali Seriati, Directeur de la sécurité, avait-il l’intention de renverser le pouvoir ou exécutait-il uniquement les ordres de Ben Ali ? Qui contrôle la police ? Qu’en-est-il des milices ? Pourquoi le chef de l’armée ne se prononce pas sur la situation puisque c’est lui qui la contrôle ? Doit-on croire Ghannouchi quand il avoue sur Europe 1 avoir appris comme tout n'importe qui le départ de Ben Ali , alors qu’il s’agit tout de même du Premier Ministre ? Une fois Ben Ali destitué définitivement du pouvoir et ne peut plus revenir, ses milices qui sèment la terreur travaillent pour qui? Toutes ces questions cachent bien des choses qui ne rassurent pas mais donnent de plus en plus d’arguments à ceux qui croient à la thèse du putsch militaire masqué. Bombardés de rumeurs de tous genres, et face à l’absence de transparence et de communication du gouvernement, nous sommes obligés de composer tous seuls avec les rumeurs , et tenter de trouver des réponses qui nous arrangent ou nous confortent dans nos opinions.

Depuis plusieurs jours, tout le monde est sur les nerfs pour l’avenir du pays, et l’annonce du gouvernement provisoire hier n’a pas arrangé les choses ! Les gens n’ont pas confiance en tous ceux qui ont servi sous le régime Ben Ali : Non à Ghannouchi, non à ce nouveau gouvernement et non aux ministres du RCD, ce parti qui a fait tant de mal à la Tunisie et ses enfants. Cette peur est légitime et justifiée, surtout après le discours menaçant du Ministre de l’Intérieur Ahmed Friaa, qui a ruiné l’infime part de confiance qu’on aurait pu lui accorder. En signe de désaccord, les trois membres désignés de l’UGTT décident de démissionner de ce gouvernement, les anti-RCD applaudissent et oublient que M. Abdessalem Jrad, secrétaire général de l’UGTT était, il n'y a pas si longtemps que ça, un pion de Ben Ali, mais ça c’est une autre histoire...

Gardons la tête froide et soyons lucides, il ne s’agit pas d’un nouveau gouvernement, mais d’un gouvernement de transition, tâchons de ne pas l’oublier. Ce gouvernement certes comporte des membres de l’ancien parti au pouvoir, mais pouvons nous avoir un gouvernement composé uniquement de membres de l’opposition ? Non, ils sont très faibles pour l’assumer, n’ayons pas peur de le dire même si au fond de nous, on aimerait tous voir crever le RCD. La meilleure chose aurait été, à mon avis, de mettre en place un gouvernement provisoire ne comportant aucun parti : que des technocrates et des universitaires qui gèrent la transition en attendant de découvrir, et je dis bien de découvrir, les partis d’opposition et leurs programmes. L’ancien régime a tout fait pour dépolitiser le peuple, exclure tous les partis et exiler ses chefs et c’est maintenant qu’on va apprendre à vivre et composer avec la politique. Aujourd’hui on a gagné une première bataille mais il nous reste du chemin pour arriver au bout du tunnel, et pour y arriver il y a cette période de transition qu’il faudrait gérer sans tomber dans l’anarchie. Restons vigilants, aujourd’hui on a le droit de critiquer le gouvernement, jouissons de ce droit mais ne tombons pas de l’anarchie. La dissolution du RCD, pourrait peut être calmer la colère du peuple, il faut les pousser à le faire mais sans paralyser le processus de réformes et handicaper cette phase très délicate qui sera la base de la Tunisie de demain. Aujourd'hui, Mohamed Ghannouchi, Premier Ministre et Foued Mbazzaâ, Président, ont démissionné du RCD, c’est un signe de bonne foi, tenons bon pour redresser la barre et tachons de considérer et de juger les Ministres rappelés comme des personnes et non comme un parti, car la priorité aujourd’hui est d’éviter le chaos du pays et redémarrer l’économie et ce n’est pas en faisant de la surenchère qu’on y arrivera mais en réfléchissant. Oui, réfléchir, c’est quelque chose qu’on n’a pas eu le temps de faire jusque là...

 

(crédit image)

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Wikileaks, Openleaks et infowar

On s’attendait à un bouleversement sans précédent dans l’histoire des diplomaties étrangères. Grâce à des révélations chocs, Julian Assange a promis de changer le monde, de faire tomber des têtes. Wikileaks, la révolution est en marche…. mais en marche vers quoi ? un monde plus libre ? mais pour ça, il faut déjà gagner l’infowar, ce qui n’est pas –encore- le cas, car si Julian Assange a réussi à déballer ce qui était sensé être des secrets d’Etat, les conséquences de ce déballage ne sont pas forcément celles attendues ou disons espérées par l’auteur de la plus grande fuite d’informations de tous les temps. 

Bizarrement, les cables relayés n’ont fait qu’officialiser tout ce que tout le monde soupçonnait. Rien de compromettant pour les puissances que Julian Assange promettait de mettre dans l’embarras. Pis, les révélations concernant les ordres donnés par Hilary Clinton à ses diplomates : espionner les représentants de l’ONU, n’ont fait scandale ni chez l’Oncle Sam ni au siège de l’ONU, ni ailleurs. Pas de démission pour H. Clinton, les gouvernements qu’Assange voulait faire tomber se soudent et affichent leur soutien, et ce n’est sans doute pas les appréciations des diplomates américains sur les tempéraments des Chefs d’Etats qui changerait les choses. D’ailleurs, prenons le cas de Nicolas Sarkozy, décrit comme autoritaire et susceptible, on sait bien que les mots utilisés par la presse française et étrangère à son égard sont beaucoup plus durs que ces pâles adjectifs.

Alors, on diffuse des informations, mais faut-il encore savoir les diffuser, et là c’est loin d’être une affaire de geek !être un as de la technologie c’est bien, mais la stratégie politique, c’est autre chose ! On balance des informations confidentielles, que personne n’aurait dû y avoir accès, le top secret de chez secret. Résultat des courses, les gouvernements affichent leur soutien les uns aux autres, le reste du monde s’en fou… ou presque. Plus mauvais encore, aujourd’hui, et alors qu’il n’y eu aucun incident politique suite à ses révélations –ou pas encore du moins-, les discours prônant la censure et la filtration du web se multiplient et pire, se justifient, non pas chez les dictatures, mais chez les démocraties qui parlent désormais de réglementation du web pour faire dans la langue de bois. Mercredi 15 décembre en France, on a même parlé du décès de l'Internet français suite à un vote de l’assemblée nationale, d'un article permettant la censure d'Internet par le Ministère de l'intérieur sans intervention de l'autorité judiciaire et d'établir une liste noire des sites à bloquer au niveau du FAI. c'est dire si cela devient vraiment inquiétant...

Et d’ailleurs, ça devient tellement inquiétant que la voix des amateurs de la théorie du complot commencent à se faire entendre: Julian Assange et son wikileaks, seraient la supercherie du siècle, surtout qu’Israel (oui dans la théorie du complot, Israel est une donnée fixe:)) est le grand gagnant de cette opération, pas un mot sur le massacre de Gaza, mieux encore les cables de wikileaks nous apprennent que le monde arabe attend qu’Israel le débarrasse de l’Iran qui, présente bien une menace mondiale et qu’Israel avait raison sur toute la ligne, comme le titre le journal Courrier International, d'ailleurs on apprend aussi que l'Arabie Saoudite a appelé Washington à frapper l'Iran et "couper la tête du serpent".. mais bon, vous l’aurez compris, je ne suis pas adepte des théories du complot hein ? N'oublions tout de même pas que le pauvre Bradley Manning, le soldat américain tenu responsable de tout cette fuite, serait en isolement carcéral et à la limite de la torture. Et puis il y’a aussi, tout ce sabotage de Wikileaks,Amazon qui cède aux pressions et stoppe son hébergement wikileaks sur son cloud, les fermetures de comptes bancaires, Mais rassuez-vous, défenseurs de la libre information (j'avoue avoir des réserves sur le terme "libre" ici) une armée d’anonymes baptisée "Anonymous" est là pour soutenir wikileaks avec une opération Leakspin.

Maintenant parlons médias. Il est sans doute utile de rappeler qu’au départ Wikileaks (qui existe depuis 2006) ne faisait pas appel aux médias pour diffuser ses infos. Son premier grand coup (pas première révélation), c’était en avril 2010 avec la vidéo du raid américain en Afghanistan causant la mort de deux journalistes de Reuters. Juillet 2010, et pour les Warlogs,documents de l'armée américaine en Afghanistan, Wikileaks fait appel à 3 journaux (New York Times, The Guardian et Der Spiegel) à ses conditions. Mais cette fois, ce sont 5 journaux (les 3 pré-cités + Le Monde et El Pais) de 5 pays différents, qui auront "le privilège" de trier l'information à diffuser, à "leurs" conditions. Mais alors, pourquoi, Assange défenseur de la libre information, décide soudainement de passer par les circuits traditionnels pour diffuser ces informations? Il devait dicter ses lois, désormais il les subit. Quelle est la position de Julian Assange quand le New York Times prévient le gouvernement américain des thèmes des cablegates à diffuser avant de le faire et que la version de ce dernier a, dans certains cas, été prise en considération dans la diffusion des infos. Peut-on encore parler d'information libre voire "compromettante" pour ceux qui dominent le monde?. Cette fois,les médias ont pris la main et donc le dessus, wikileaks tombe dans le statut de source banale de journalistes... C’était sans compter la naissance d'un concurrent de Wikileaks, créé par d'anciens collaborateurs d'Assange qui, désormais en conflit avec lui, ont décidé de lancer un projet similaire pour le déstabiliser, il s'agit de Openleaks. Cher spectateur, l'infowar continue!

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Slacktivisme ou l’activisme désengagé

Le web a donné la possibilité à tout le monde et n’importe qui de s’exprimer, dénoncer, condamner et critiquer, sans avoir à être rattaché à un quelconque parti, mouvement ou organisation. Ça, c’est un fait incontestable. Une incroyable révolution ou juste un changement des codes sans véritables conséquences ? Cela dépend de la vision de chacun. Mais il n’empêche qu’à un certain moment, on était tous -ou presque- tenté de croire que le militantisme électronique, sera moins renfermé, plus spontané et sincère, et peut-être plus fort ! Malheureusement, avec le temps, la thèse parait fausse : de moins renfermé il passé à plus individualiste, de plus spontané et sincère il est passé à moins responsable. Et de plus fort, il est passé à moins impliqué !

Au bout de quinze années d’existence, on ne parle plus de militantisme électronique mais de slacktivisme (oui, encore du franglais :p) . Progressivement, et avec la démocratisation du web suivi de l’avènement des réseaux sociaux, les comportements ont changé et les internautes qu’on croyait « révoltés » ne sont finalement que des slacktivistes sympathisants, bien tranquilles derrière leurs écrans (lire l’excellent billet du journaliste américain Malcolm Gladwell à ce sujet, et celui du blogueur’Olivier Mermet publié sur Owni, où on explique notamment, comment les réseaux sociaux ne représentent pas des espaces de contestation et s’ils sont un moyen de forte mobilisation et de diffusion, ils demeurent un outil de faible pression).

L’activisme au temps des réseaux sociaux : c’est changer son avatar en fonction de la cause ou de l’évènement, c’est signer une pétition virtuelle (souvent sous un faux nom), c’est un hashtag sur twitter ou un bouton "j'aime" sur facebook ! Le simple fait de voir sa photo de profil dans un groupe quelconque suffirait à soulager la conscience : Unis pour vaincre le cancer, Unis contre la guerre, Unis pour le boycott des produits x, Unis pour sauver la forêt (sachant que cette union est une union de façade qui, pour la plupart du temps, ne signifie rien !). En fait, le slacktiviste est un désengagé qui croit sauver le monde derrière son écran…

D'où ma question : L’activisme sur internet, est-il vraiment du militantisme, ou s’agit-il juste de sa caricature ?
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Twitter au pays des Schtroumpfs

Twitter est un énorme "open space" où il y a de tout. Tous les
comportements possibles et imaginables sont présents, un peu à l’image
des schtroumpfs. On y trouve :

@l’apprenti : lui, c’est le nouveau venu très ambitieux. C’est comme un
stagiaire dans une grande boite, il s'accroche en voulant se faire
remarquer. Il cherche les « zinfluents » pour les follower, les RT, avec
des +1, +100 et des ENORME (en majuscule bien sûr :) ).

@le robot : lui, c’est un RSS humain: 5 trucs pour maîtriser le SEO, 10
outils pour veiller sur sa e-réputation, 7 règles pour comprendre le
community management. Tu peux le RT, le provoquer ou le vanner, il n'est
jamais déstabilisé. Comment avoir plus de followers, 3 astuces pour
booster sa page fan...ça n'en finit jamais.

@le prétentieux : lui, il ne follow pas mais il unfollow. Twitter? il
est le seul à l’avoir compris, et d’ailleurs il y est depuis le début,
quand tout le monde était encore en train de découvrir Facebook. Il ne
RT que très rarement, et de préférence pas des « inconnus » mais des
poids lourds du web ou des personnalités connues du grand public.

@le grognon : c’est celui qui se réveille tard le matin, qui rate le
bus, qui fait un accident, que son boss fait chier, que les clients
font chier et que les fournisseurs également font chier. C’est aussi
celui qui ne trouve pas de place au parking, qui reçoit une amende pour
excès de vitesse, qui dépasse le délai d’inscription à je ne sais quoi.
Rien ne va chez lui et rien ne lui plait. Ses tweets se terminent
souvent par un #vdm (vie de merde) ou #pdm (pays de merde)

@le bavard: lui, on s’en fout de ses histoires mais il les tweet quand
même. Il tweet quand il fait beau, quand il fait mauvais, quand il se
lève, quand il se couche, quand il a faim, quand il mange, quand il
boit, quand il sort, quand il déprime, quand il est content, et même
quand il ne sait pas quoi tweeter ! Ne cherchez pas trop à le
comprendre, vous finirez par vous y habituer, et ses tweets vous
manqueront parfois ( non, je rigole :p)

@le reporter : lui, son truc c’est les informations. Mieux que le
journal de 20h, c’est une agence de presse en 140 caractères : un
sinistre, un sommet mondial, un crash, une condamnation à mort, une
grève, un sondage,rien ne lui échappe. Tu le follow et t’as plus besoin
d’ouvrir 10 sites web d’actualité le matin ou d'attendre les infos du
soir.

@....


Et sinon, Twitter est magnifique réseau social de micro-blogging. Chacun
le schtroumpfe comme il veut, il ne faut pas essayer de le schtroumpfer
à Facebook. Ils sont différents avec des bons et des mauvais
schtroumpfs propres à chacun :)
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Niqabitch ou la culture Lol

Comme des milliers d'internautes, j'ai visionné la vidéo désormaiscélèbre du Niqabitch: deux filles qui se promènent dans les rues deParis en Niqab et minishort. Cette vidéo a fait le tour du web en àpeine quelques heures. Les réactions des internautes ne se sont pas faitattendre ; entre ceux qui approuvent cette démarche, ceux qui appellentau respect de la culture d'autrui et ceux qui ne voient pas l'utilitéd'une telle provocation.

Selon les dires des deux jeunes demoiselles, publiés dans une tribune sur le site d'information Rue89, elles visent par cette action, à " interpeller l'opinion publique sur le projet de loi sur l'interdiction du port de la burqa dans les espaces publiques", et de "dédramatiser" ce qui constitue en ce moment un "problème" en France.

Étant méditative de nature, j’ai regardé cette vidéo à trois reprises :Une première fois pour découvrir ce que c'est. Une deuxième fois pourcomprendre ce que c'est. Et une troisième fois pour essayer de luitrouver un intérêt. J’avoue être restée perplexe face à un telagissement : Est-ce une bonne démarche face à un sujet aussi sensible etcomplexe que le voile en général et le voile intégral en particulier ?Entre la peur d'un intégrisme montant, la paranoïa exagérée,l'(in)tolérance religieuse, la liberté du culte, la liberté des’exprimer, la laïcité d'un Etat, sa démocratie ; tous ces ingrédientsréunis dans un contexte politique morose pour l’actuel Présidentfrançais, d’où le recours à une stratégie pas très correcte mais trèsrépandue ( établir un climat d’insécurité et de peur (ce qui revient àcréer un problème), trouver un bouc émissaire (l’islam, les arabes,etc.) et offrir une solution ( débat sur l’identité nationale,durcissement des conditions d’immigration, déchéance de la nationalité,interdiction du voile intégral, etc.). On voit très bien qu’exposé souscet angle, la problématique n’est pas facile à aborder et ne seracertainement pas tranchée par une vidéo de Niqabitch.

Je me suis finalement résignée à une chose : on a entamé une nouvelleère, celle de la culture Lol. Exit les soixante-huitards, place à la lol generation, où la critique sociale se transforme en trendsur le Net. Un sujet ou une polémique, se traduit par un post, unecaricature, un statut sur facebook, des commentaires, un tweet, des RT,une vidéo, et du partage. C’est indéniable, la culture Lol s’installedoucement mais sûrement. Les codes du Net sont devenus des reflexes, etle LOL (acronyme de Laughing Out Loud) est devenu tout un concept.Dénoncer, critiquer, tourner en dérision, et faire du lynchagemédiatique passe désormais par un même, un Lol, un wtf (What the fuck), un «fail»,des images "photoshopées", et des vidéos amateurs caricaturales etcomiques (le plus souvent). Le tout, partagé, repartagées etre-repartagé. Interaction et (in)souciance, la culture contestatairedevient une culture de déjante. On rie de tout et de rien. Voilà unmoyen alternatif et ironique pour s’exprimer pour une génération 2.0. Onne cherche plus à analyser le problème, mais on le simplifie pour quetout le monde s’y sente touché et puisse y participer. Bémol, ce quisignifie « simplifier le problème » pour les uns, signifie « éclipser levrai problème » pour les autres. Ce qui signifie « action contestataire» pour les uns, signifie « surenchère de la bêtise » pour les autres.Mais quoiqu’il en soit, la culture Lol est bien là aujourd’hui, etl’humour sur Internet gagne en pouvoir et contre-pouvoir…
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Le franglais est-il en train de tuer le français ?

Dans les pays francophones au passé colonial, le français tenait une sorte de place de langue de prestige -si j'ose dire-. Aujourd’hui, il perd ce statut au détriment de l’anglais. En effet, première langue dans le monde, l'anglais séduit de plus en plus de jeunes francophones, grâce aux séries américaines que tous les ados et post-ados dévorent à raison de deux-trois épisodes quotidiens (en streaming sur Internet).

Sans vraiment arrêter d’utiliser la langue française, de nouveaux termes anglais débarquent pour constituer des expressions « franglaises » du genre : J’ai du new. C'est un fake. Une émission en prime time. Le making of d’un film. Faire un break. Boire un soft drink. C'est cool. Le coach de l’équipe. Faire son coming out. Faire du business. Booster les ventes. Faire un reporting. Les people. La high-tech. Un looser, un serial killer (à lire avec l'accent français bien sûr: louseur et sérial killeur :p). Un must-have. Un has-been…

Mais loin de penser que le franglais est un nouveau phénomène, il est à signaler que cela remonte aux années soixante lorsque des termes anglais comme cameraman, barman, ou encore show (spectacle), ont fait leur intrusion en français. La tendance s’accentue aujourd'hui (essentiellement la terminologie informatique) et on assiste à l’émergence de toute une nouvelle génération, mordue du web, et des séries américaines, pour qui le franglais est devenu le langage commun (appris sur son pc évidemment) : faire des update (faire des mises-à-jour), uploader (télécharger), Rebooter l'ordinateur (redémarrer), etc .

Les défenseurs de la langue française voient d’un mauvais œil cette émergence du franglais. Mais, il faut dire que pour Internet et la communication internationale, l’anglais est sans conteste, la référence en la matière, et ce n’est pas prêt de changer.

N'assistons-nous donc pas finalement à l'agonie de la langue française?
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Il ne faut pas oublier qu’Internet n’oublie jamais

La protection de la vie privée sur Internet, tout le monde en parle maispeu de gens y sont vraiment conscient. Aujourd'hui, Google saitpresque tout de nous. Certains le soupçonnaient, et Eric Schmidt, sonPDG, n’a pas manqué de le confirmer il y a quelques semaines: "Nous savons grosso modo qui vous êtes, ce qui vous tient à cœur, qui sont vos amis.".Pareil pour Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, qui a clairementdécrété en janvier 2010, la fin de la vie privée, créant ainsi unepolémique dans le milieu, avant que tout le monde ne se résigne à cettenouvelle réalité.

En effet, sur le Web, et plus spécialement les réseaux sociaux, dont onne peut plus se passer -faut le préciser-, on balance une massed'informations sur soi sans se soucier des conséquences: outre les infosclassiques (nom, prénom, âge), on précise ses sensibilités politiqueset religieuses. On partage ses photos de vacances, de mariage, ou mêmede son dîner. Petite parenthèse: j'ai toujours été contre la mise enligne des photos personnelles sur Facebook ou autre, et c'est limite sion me prend pour une complexée ; On ne comprend pas comment je puisseassister à une soirée ou dîner avec des amis et ne pas informer le mondeentier ! On ne comprend pas pourquoi je refuse le plaisir de parcouriret de commenter mes photos aux de voyeurs que sont devenus lesinternautes. Mais bon voilà, désormais tout le monde (ou presque)trouve un malin plaisir à étaler sa vie sur le Net, comme si c'était unepreuve de "bien être" ou comme si exister passait forcément parl'exhibition. On a presque oublié qu'une fois sur Facebook les photosne nous appartiennent plus (Facebook peut les vendre sans consulter lapersonne concernée), qu'elles peuvent atterrir chez n'importe qui, etqu'on pourrait faire ce qu'on veut avec.

Quoiqu’il en soit, le débat sur photos est maintenant dépassé. Aujourd’hui, avec le concept de géolocalisation de Foursquare et plus récemment Places de Facebook,on fait une alerte pour presque tous ses déplacements, et on peut mêmepréciser avec qui on est. C’est quoi l’intérêt de faire part de tousses déplacements de la journée ? Aucun. Qu'est-ce qui nous reste de"privé"? Rien.Doit-on blâmer la technologie pour avoir tué la vie privée? Pas quand on sait, que rien n'oblige personne à diffuser tantd'informations sur soi, et de le faire sans se poser de question.

Il est clair que la technologie a largement contribué au changement descodes de la société et donc du comportement des gens. Mais on ne pas luiimputer toutes les dérives de ses utilisateurs, et surtout ses jeunesutilisateurs, qui ne se rendent pas compte qu’il faut faire attentionaux excès. Ils ne pensent pas qu’une fois sur le marché du travail,d'un simple clic le futur employeur saura tout de leurs conneries :Facebook à l'appui! Y pensent-ils une seule seconde avant de posterleurs photos pas très correctes, de joindre un groupe haineux ouextrémiste, ou de poster une vidéo érotique sur leurs mûrs ? Faut croireque non. Même Twitter, réseau de micro-blogging longtemps à l’abri descritiques, n’échappe plus à l’utilisation malsaine de quelques uns quipensent qu’Internet sert de foutoir à toutes les frustrations. Nepensent-il pas que même derrière un pseudo on peut bien les identifieret que ça ne sera pas aussi facile de s’en sortir ? D’ailleurs, à proposde cela, les allemands, conscients des réels problèmes et del’importance de l’e-réputation, étudient un projet de loi visant àinterdire aux recruteurs de consulter les profils et informationspersonnelles des candidats publiés sur des réseaux sociaux commeFacebook ou Twitter lors d’un recrutement. Cela ne résout nullement leproblème, car on peut bien les consulter à postériori, et lelicenciement sera donc probable.

Internet est un formidable outil d'expression et de partage, mais ausside dérapages. Tout le monde fait des erreurs, mais sur le Web, ça nesera pas aussi facile de les faire oublier et de recommencer à zéro.Avec tout son passé est sur la toile; accessible à tous et à toutmoment, à moins de changer de nom comme le suggère Eric Schmidt le PDGde Google, un passé trouble nous poursuivra à jamais. So, be Careful ;)
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Quand Tariq Ramadan impose sa loi

Tariq Ramadan est une personne très controversée en France. Invité samedi dernier sur le plateau de l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couché, pour son nouveau livre, Mon intime conviction, il a simplement massacré, très élégamment, le journaliste pseudo-intellectuel Eric Zemmour. Et pour cause, ce dernier a fait preuve non seulement de racisme flagrant et de dogme pathétique, mais aussi de non-culture quant à l’Histoire même de la France. Il a fallu la présence de Tariq Ramadan pour se rendre compte des limites intellectuelles de ce soi-disant polémiste (à vrai dire, c’est juste un raciste borné)…"La France, seul pays d’immigration en Europe depuis 150 ans " (!), ignorance de la définition du mot savant, il cite Fernand Braudel comme référence absolue et incontestable, le prenant presque pour le « garant de la France et lui son prophète » (réplique de Tariq Ramadan), le pathétique Zemmour s’enfonce à mesure que le débat continue. De l’autre côté, Tariq Ramadan, beau parleur, clair (contrairement à ce que prône la majorité des français qui l’accusent de double discours), tolérant, sûr de lui-même, n’a pas cessé de briller face à son détracteur agressif et haineux…Bien évidemment, le débat n’est pas passé inaperçu et a suscité de vives réactions, notamment chez les internautes français, qui dénoncent la « faible résistance » de Zemmour selon certains, pour ne pas admettre la puissance intellectuelle de son interlocuteur. D’autres disent que Ruquier a mal choisi son casting et aurait dû inviter quelqu’un qui connaît mieux l’islam que Zemmour pour tenir tête à Ramadan, ce qui revient à dire que Zemmour ignore l’islam et se permet de le juger, et dans ce cas tous ses propos sont décrédibilisés car ou bien ils sont basés sur des préjugés, ou bien découlent d’une haine.Finalement, face à la question de Francis Huster pour Tariq Ramadan, est-ce que vous vous sentez musulman ? suisse ? suisse-musulman ou musulman suisse ? La réponse était claire et se trouvait d’ailleurs dans son livre : suisse de nationalité, égyptien de mémoire, musulman de religion, et européen de culture. La même question adressée à Zemmour, vous vous sentez juif ? français ? français juif ou juif français ? La réponse était, israélite français. Je me demande si ce n'est pas une provocation déplacée de plus...
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Sabra et Chatila, un massacre à huit clos

Le 16 et le 17 septembre 1982, un génocide a eu lieu dans deux camps de réfugiés palestiniens, Sabra et Chatila, situés au sud du Liban. Plus de 3000 victimes ont été massacrées par les phalangistes libanais, sous le regard bien veillant de l'armée israélienne, sensée protéger le secteur après avoir envahi le Liban quelques jours auparavant.En mémoire de ces massacres à huit clos, je vous conseille de regarder Valse avec Bachir, un excellent film d'animation documentaire décrivant la cruauté de ce génocide, réalisé par l'ex-soldat et désormais réalisateur israélien Ari Folman, qui faisait partie de l'armée israélienne lors de l'opération. Valse avec Bachir, ou la conscience d'un ex-soldat qui refait surface....

Un nettoyage ethnique sans se salir les mains, c'était pas mal comme idée pour Ariel Sharon, alors Ministre de la Défense. C'est ainsi que les soldats israéliens ont laissé passer les phalangistes, fermé le camps, et assisté à ce massacre morbide.Même le statut de réfugié était de trop pour ces pauvres palestiniens... alors que deux guerres ont eu lieu à la suite du 11/09, aucune enquête officielle n'a été établie sur le génocide de Sabra et Chatila, pourtant ce n'est pas l'horreur du massacre qui manque. Quand il s'agit de palestiniens, on peut certes s'indigner, mais on s'indigne dans son coin, demain fera jour et on pensera à autre chose. La vie d'un américain qui travaillait au World Trade Center vaut peut être plus que celle d'un jeune palestinien qui naît dans un camps de réfugiés?
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La finance islamique: nouveau créneau

L'islam s'essouffle, mais la finance islamique a le vent en poupe. Paradoxal, surtout quand on sait que la religion musulmane est perçue comme étant incompatible avec l'évolution de la société et le nouvel ordre du monde. Alors que tous les préceptes de l'islam ont du mal à trouver une place dans le monde occidentalisé, la finance islamique n'a pas de problème à s'intégrer dans une économie globalisée. Mieux, elle est courtisée en temps de crise économique.Certains tunisiens trouvent aberrante l'idée de la Banque Islamique Zitouna, pensant que cela radicalise quelque peu le pays, et que ce n'est pas cohérent avec la mondialisation. La vérité c'est que Sakhr El Matri est très bien conseillé. La finance islamique connait un grand essor. Reposant sur les lois coraniques (chariâa), elle ne trouve, contrairement aux autres préceptes, aucun mal à se faire valoir. Mieux encore, son modèle économique "éthique" (car sans intérêts) semble être très rentable aujourd'hui.Il s'agit en fait d'une activité bancaire transparente, qui interdit la spéculation et les placements dans des secteurs touchant l'alcool, l'élevage des porcs, les jeux du hasard, les armes, et l'industrie cinématographique. Et qui impose le partage des risques entre les parties contractantes.Aujourd'hui la finance islamique, forte de plus de 800 milliards de dollars ne se restreint plus au Moyen-Orient et autres pays musulmans comme la Malaisie. En fait, une de ses plus grandes places s'appelle Londres. Les plus grandes banques britanniques et européennes (HSBC, BNP, etc.)ont commencé quelques années auparavant à créer des filiales bancaires islamiques. En 2004, L'Islamic Bank of Britain est née, et le moins que l'on puisse dire, c'est que ses affaires marchent bien. Avec une législation qui vise à faciliter l'intégration des banques islamiques, le Royaume-Uni passe de une à trois banques islamiques en l'espace de quatre ans avec la naissance de l'European Islamic Investment Bank et la Bank of London and Middle East.En France, plusieurs études aboutissent au même résultat: la finance islamique est une opportunité à saisir. Les acteurs financiers tardent à se présenter, mais conscient du retard accusé par rapport à leurs voisins britanniques, allemands et suisses, l'État français a décidé de prendre les devants avec un Master Finance islamique à l'instar des anglais, enseigné l'école de Management de Strasbourg,afin de préparer et former des cadres qualifiés pour ce qui semble être le nouvel eldorado bancaire.
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Que fait l'OTAN en Afghanistan?

Officiellement, l’OTAN est là pour protéger la population. Factuellement, elle est là pour la tuer. Le 4 septembre, un raid, un autre, et certainement pas le dernier, a fait 90 victimes, pour la plupart (pour ne pas dire tous) des civils. Je ne voudrais pas rentrer dans les détails du bombardement, car pour la énième fois on vise des talibans et on tue de simples citoyens, tout comme lorsqu’on vise le Hamas et on massacre des centaines d'enfants palestiniens… Des jambes, et des restes humains éparpillés,un vrai carnage, mais le commandant allemand qui a ordonné l’attaque confirme avoir respecté les règles…Une nouvelle bavure sanglante de l’OTAN en Afghanistan, une bavure qui a coûté la mort à 90 personnes. Si on compte celles des dernières années, l’addition est lourde, très lourde, mais on fait comme si de rien n’était. On ordonne une enquête et puis voilà, on oublie. Comme si tuer des civils sous la casquette de l’OTAN, n’est pas tuer…
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Comment assurer la crédibilité de l'élection afghane?

« Une semaine après la présidentielle en Afghanistan, les accusations de fraude et de votes sous contrainte se multiplient. Elles menacent d'entacher la validité des résultats, d'attiser de dangereuses divisions régionales et d'empêcher l'administration Obama de remplir ses objectifs", C'est ce qu'on peut lire dans le quotidien Washington Post. "Si l'élection devait être considérée comme illégitime par beaucoup d'Afghans, cela serait un revers majeur pour Obama au moment où le soutien des Américains à la guerre fléchit."Très intéressant non ? Des soupçons (pour ne pas dire une certitude) de fraude, mais cela n’arrange pas ceux qui ont mis Karzaï à la tête du pays. Abdallah Abdallah peut toujours accuser, sauf que l’Afghanistan n’est pas l’Iran et Hamid Karzaï, garant des ressources afghanes pour les envahisseurs de son pays, n’est pas Mahmoud Ahmedinadjad, qui ne fléchit pas devant les grandes puissances…Hamid Karzaï doit gagner même s’il perd. Mais comment assurer la crédibilité des élections malgré les contestations qui commencent déjà à se faire sentir ? Un casse-tête pour les occidentaux comme titrait le journal Le Monde. Les États-Unis ont anticipé. Dés le 21 août, ils envoient leur émissaire Richard Holbrooke à Karzaï pour, paraît-il, lui adresser un message simple, mais précis : « Vous devez faire un second tour ! ».Ne trouvant pas de marionnette aussi obéissante que Karzaï, la nouvelle administration américaine a décidé de le garder au pouvoir, mais que faire face aux accusations de corruption, du grand trafic de drogue dont fait l'objet son frère, et du mécontentement du peuple?Les résultats des votes arrivant au compte-goutte, le dénouement du scrutin final (truqué ?) ne devrait pas intervenir avant plusieurs jours. Entre temps, une consigne a été donnée : l’écart entre les deux protagonistes ne doit pas être grand…
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La leçon suédoise

Le journaliste suédois Donald Boström a publié dans le journal le plus lu du pays, Aftonbladet, un article intitulé, Les organes de nos fils pillés, accusant l'armée israélienne de trafic d'organes sur les victimes palestiniennes. La réaction israélienne ne se fait pas attendre et comme d'habitude, le mot est laché: il est antisémite. Monsieur Boström parle de trafic d'organes et le gouvernement parle de haine religieuse. Jusqu'à quand on va utiliser l'antisémtisme pour s'innoncenter des crimes?Sans surprise, le gouvernement israélien a exigé de son homologue suédois de condamner cet article "raciste" et "antisémite", sous peine de déclencher une crise diplomatique entre les deux pays. Réponse sans appel du Premier Ministre suédois, Fredrik Reinfeldt: "Il est important pour moi de dire que l'on ne peut pas se tourner vers le gouvernement suédois et lui demander de violer la Constitution suédoise", affirmant que la presse est libre et que ce n'est pas au gouvernement d'imposer son contenu. Une vraie liberté de la presse, mais aussi une belle leçon d'humilité politique.Assurant actuellement la présidence tournante de l'Union Européenne, la Suède confirme bel et bien son premier rang au classement des pays les plus démoctratiques au monde... Pas sûr que cette réaction plaise aux gouvernements des autres pays, et particulièrement la France de Sarkozy...
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Ma guerre virtuelle

D'après le journaliste canadien François Marginean, dans son article Internet -Un champ de bataille sur le blog collectif Le 7 du Québec, le Ministère des Affaires étrangères d'Israël pense instaurer une cyberpolice. Le gouvernement israélien a décidé de "payer les anciens militaires et autres jeunes pro-israéliens parlant différentes langues pour se promener sur différents sites, blogs et forums sur Internet et ainsi influencer les débats en faveur d'une image positive d'Israël. L'établissement lui donnera le nom "d'escadron de guerre Internet"....On va même chercher à criminaliser les comparaisons entre les israéliens et sionistes avec les nazis."Donc en gros, après les génocides impunis, on passe à l'étape suivante, une "guerre Internet" (c'est comme ça qu'ils ont décidé de l'appeler). Une sorte de guerre psychologique, dans la continuité de la guerre médiatique qu'Israël mène depuis fort longtemps. Aujourd'hui, on décide de contrôler la pensée, de la criminaliser si par malheur elle s'avère différente de celle prônée par le gouvernement, on va tout simplement prescrire aux gens ce qu'il faut penser et ce qu'il ne faut pas penser, et bien sûr on paye des gens pour faire ce boulot...Alors moi, sans être payée par qui que ce soit, car on n'est jamais payé pour dire la vérité, je profite aussi d'Internet autant qu'eux, non pas pour contrôler la pensée des gens ou la criminaliser, mais comme une arme pour faire appel à la justice. Un mot qu'on oublie souvent dans ce monde...Et comme le gouvernement français fait sourde oreille face à la détention du franco-palestinien Salah Hamouri en Israël depuis plus de quatre années, je crois qu'il est de mon devoir d'en parler et de -ré- en parler. Pourquoi il est détenu? Pour rien,il n'a jamais été reconnu coupable de quoi que ce soit et pourtant il est en prison, pire on n'en parle pas. Son crime serait peut-être le fait d'avoir du sang palestinien dans les veines?Le jeune étudiant est détenu depuis le 13 mars 2005, un procès annulé plus de 20 fois, faute de témoins et de preuves(c'est normal, il n'a rien commis!). La France a tout fait pour libérer l'ex-otage des Farc, Ingrid Betancourt, Sarkozy pose la condition de la libération du soldat franco-israélien Guilad Shalit comme condition indispensable à la négociation avec le Hamas et Kouchner déclare que sa libération est une priorité pour la France, et ces derniers jours, l'héroïne s'appelle Clotilde Reiss, détenue récemment en Iran pour espionnage. Qu'en est-il de Salah Hamouri? Silence assourdissant, que ce soit de la part des médias ou du gouvernement, son cas n'intéresse personne.Alors qu'on hésite pas de recevoir les familles des autres prisonniers et leur maniferster leur soutien, la mère de Salah Hamouri, Denise Guidoux Hamouri n'est pas la bienvenue ni chez Sarkozy ni chez Bernard Kouchner, qui préfère rencontrer le fasciste et chef de l'extrême droite israélienne, Avigdor Lierberman. Bref, une injustice manifeste, que je ne cesserai pas de dénoncer.Pour en savoir plus: lire les articles de Pierre Barbancey: Le mépris affiché de Sarkozy pour Salah Hamouri et de JC Lefort Clotilde Reiss, Salah Hamouri: deux poids deux mesures

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