Publications de Sandoval Pinto (22)

Ce matin le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré dans l'émission "Bourdin Direct" que la situation en Iraq était d’extrême gravité et qu'il fallait absolument un gouvernement d'unité nationale entre les chiites et les sunnites pour vaincre le groupe terroriste l'EIIL qui cherche à prendre le pouvoir sur deux états très riches comme l' Iraq et la Syrie. Une alliance de ces deux pays avec un groupe terroriste à la tête aurait des effets collatéraux sur le monde entier. Est -ce que l'éclatement de l' Iraq est inéluctable? Fabius a hésité face à cette question et a démenti cette possibilité; cependant il a ajouté que c'est un danger considérable puisque l' EIIL est encore pire qu' Al - Qaïda. 

  

L'Iraq et la Syrie sous la menace de l'EIIL

 

"Pourquoi c'est d'une gravité extrême?" C'est le ministre qui a posé cette question et c'est  lui - même qui l'a répondue: "C'est la première fois qu' un groupe terroriste, d'une cruauté épouvantable, plus cruelle encore qu' Al - Qaïda. menace de prendre le pouvoir sur un état très riche. Imaginez si un groupe terroriste prend le contrôle d'un état avec le pétrole, les armes et les moyens financiers. Tout cela veut dire que non seulement l'Iraq a éclaté. Son souhait c'est de le réunir avec la Syrie avec les effets collatéraux sur la Turquie et le Liban"

Coupe du monde au style d' EIIL

Ne voulant pas relever du sensationnalisme, le ministre a fait référence aux vidéos djihadistes diffusées sur Internet: "Leur méthode est de jouer au football avec les tètes des gens qu'ils viennent d'assassiner" 

Le ministre a raison. En cherchant de terrifier les résistants, les terroristes de l' EIIL ont diffusé une vidéo où ils veulent montrer à quel point ils peuvent arriver si l'Occident continue à s'engager dans cette guerre.  À propos de la Coupe du Monde du Brésil 2014, ils ont remplacé le ballon par la tête d'un condamné à mort. 

Fabius et la fausse route du premier ministre irakien Nouri al - Maliki 

Cependant qui est le responsable de cet échec, de la percée des djihadistes après l'arrivée de l'armée américaine en 2003? Fabius a aussi souligné que le premier ministre chiite, Nouri al -Maliki, a mal fait de ne pas avoir essayé de s'allier avec les sunnites pour batir un bouclier commun contre les terroristes de l'EIIL: "Il n'a jamais voulu s'allier aux sunnites. D'autant plus que d'une manière inopportune Maliki a poursuivi les sunnites"

Par conséquent les sunnites ont accueilli les terroristes pour qu'ils fassent un contrepoids par rapport à un gouvernement chiite qui les a toujours exclus. Est-ce que Maliki n' a jamais entendu parler de la fameuse citation du cynique Joseph Fouché?: "Cela est pire qu'un crime. Cela a été une faute"

Comme ministre des Affaires étrangères, Fabius a déclaré que "nous, la France, demandons qu'il faut en Iraq "un gouvernement d'union nationale pour résister"

Pour battre l'EIIL Fabius nie une alliance objective entre les États - Unis et l’Iran

En essayant d'aller jusqu'au bout le journaliste Jean -Jacques Bourdin a demandé s'il fallait une alliance entre les États - Unis et l’Iran, un pays du gouvernement chiite comme l’Irak pour coincer le groupe terroriste. Est - ce qu'il y aurait une alliance objective entre les deux?

Face à un scénario inattendu d'une alliance entre deux pays en rivalité permanente, le ministre français a rétorqué que "c'est vrai que l’Iran soutient le gouvernement de l’Irak. L'Iran est chiite, monsieur Maliki est chiite.  Les Américains et l’Iran sont également contre l'EIIL. Il y a une espèce de convergence mais ça ne veut pas dire que les uns et les autres vont s'allier" 

Est - ce que les Occidentaux doivent intervenir en Iraq?

Fabius a été attentif à l'égard d'une possible intervention des États - Unis et l'Europe pour aider le gouvernement du premier ministre Maliki. 

En se démarquant de la position américaine, il a assuré que "En ce qui nous concerne, nous avons un principe. Nous ne pouvons intervenir que s' il y a une demande à la fois du gouvernement et une approbation des Nations - Unies. C'est une règle. Ce n'est pas le cas aujourd’hui".  Pourtant il a ajouté que "ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas agir"

Le rôle de la France pour empêcher la montée de l'EIIL

Au même temps le ministre a voulu faire preuve que la France ne se trouve pas dans un laxisme face à ce qui se passe en Irak. "Agir c'est d'une part condamner. Nous disons au Saoudiens qui sont sunnites qu'ils essaient de faire leur possible pour que les sunnites modérés ne fassent pas un bloc avec l'EIIL"

De plus, il a assuré avoir téléphoné au président kurde de la zone autonome d'Irak en lui demandant de travailler pour l'unité du pays. 

Bernard Cazeneuve et le plan pour combattre les djihadistes européens 

C'est tout ce que la France peut faire pour lutter contre ce danger? Le gouvernement socialiste a décidé aussi de renforcer la lutte et la prévention contre l'arrivée de djihadistes. Ainsi, selon les propos de Fabius, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, présenterait un plan préventif à l' Assemblée Nationale. De quoi s'agiterait-il?

D'après le texte ce serait possible d'arrêter, interpeller, interroger quiconque étant soupçonné de vouloir aller en Syrie pour s'engager dans des actes terroristes avant qu'il parte.

Face à la question de souhaiter une intervention internationale en Iraq, le ministre n' a pas osé de répondre à titre personnel en soulignant qu'une intervention ne serait efficace que si elle n'est pas relayée par un Irak uni. 

Fabius annonce que l'EIIL est l'alibi de la Syrie

Même si le ministre des Affaires étrangères a décidé durant l'interview de ne pas chercher des coupables dans le camp des alliés, le syrien Bachar el- Assad n' pas pu s'échapper. Est - ce que la Syrie pourrait devenir un allié des États - Unis dans le cas où l’Iran refuserait de ne pas intervenir pour délivrer l’Irak de l'attaque de radicaux djihadistes?

Le ministre Laurent Fabius avait mis en doute un pacte entre les États - Unis et le gouvernement d'Hassan Rohani mais il est persuadé que le dictateur syrien, Bachar el-Assad, tire profit du groupe terroriste l'EIIL pour ne pas perdre le contrôle de son pays. Dans un rôle machiavélique, le leader syrien aurait facilité la présence de ce groupe terroriste sur son territoire pour convaincre l'Occident qu'il était le moindre mal et qu'il fallait pour autant le soutenir.

Invasion d'Irak

En 2001, le 11 septembre, en Amérique, à New-York, la tour Nord fut mortellement blessée par un avion. Quelques minutes après sa soeur jumelle, la tour Sud fut poignardée de la même façon. On les vit s'écrouler. Rien ne naquit de leurs lambeaux. 

En 2003 en Orient une dictature s'est effondrée suite à l'entrée de l'armée américaine qui chercha sa chute à tout prix. Quatorze ans plus tard une autre dictature, la Syrienne, est sur le point d' être renversée. Mais ces deux dictatures ne disparaîtront pas tel que les tours jumelles le firent. L' Iraq et la Syrie pourraient se métamorphoser dans un seul État Islamique qui sera muni d' armes chimiques et de pétrole.

 

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Felipe VI a été proclamé nouveau roi d' Espagne ce matin au Congrès des députés. Il sera en charge de mener une deuxième transition dans un pays en faillite politique et économique. L'image de sa famille a été sérieusement égratignée par plusieurs scandales et bien que l'on entendait les applaudissements des sympatisants de la monarchie dans les rues de Madrid, une autre Espagne émerge avec ses drapeaux républicains et indépendantistes qui auraient bien hué l'héritier d'une famille désavouée.

Juan Carlos et les républicains

Avant la crise économique de 2008 il y a avait deux secteurs presque inaperçus qui rejetaient la monarchie des Bourbons: la gauche républicaine et l'extrême droite. La première d'elles ne pardonna pas à ses leaders, dont Santiago Carrillo, un Georges Marchais espagnol, que le communisme eût voté pour une monarchie constitutionnelle menée par le protégé de Francisco Franco en 1978. À ses yeux, Carrillo aurait dû exiger une république à la portugaise. Puis, l'extrême droite, vainqueur de la guerre civile dès 1936 à 1939, avec amertume voyait comme le roi Juan Carlos démantelait le franquisme pour faire place à une gauche démocratique.

Cela ne fut jamais pardonné par ces deux groupuscules et pourtant ils eurent du mal à démolir l'image sacrée du roi Juan Carlos. Face à Felipe VI, le fils de celui - ci, ils vont encore essayer de décrédibiliser la monarchie et tout ce qu'elle a apporté depuis sa restauration.

Le PP et le Psoe

Ainsi les Espagnols depuis 1977 jusqu'en 2011 ont décidé de voter toujours pour la droite qui eut collaboré avec Franco pendant la dictature. Pendant trente ans l'aile conservatrice a été représentée par le Parti populaire (PP) et la gauche monarchiste l'a été par le Psoe (Parti socialiste ouvrier espagnol), un parti de centre gauche fondé en 1879. « Il faut soutenir le roi » était la consigne. Le bipartisme était la seule manière de sauvegarder la Constitution et d'empêcher que les radicaux en appelassent au revanchisme ou à la guerre.

Les journaux surtout le social-démocrate "El Pais" et le monarchiste l'ABC, aussi formèrent un bouclier pour que le roi fût le symbole d'une famille parfaite comme Valéry Giscard et sa femme le furent en France dans les années 70. Ce fut ce que l'on a appelé en Espagne "la Transition". Le roi Juan Carlos, n'étant pas un grand orateur, savait s'adresser au public. On n'oubliera jamais son interlocution télévisée du 24 fevrier 1981 . Il jouissait d'une énergie tandis que la presse le soutenait en cachant ses erreurs. Chacun faisait son devoir. Il fallait aussi laisser parler les républicains mais sans aucune médiatisation.  

El PAIS et l'ABC

Ces deux groupuscules, la Gauche républicaine et l'extrême droite, marginalisés par la loi électorale, en ont toujours appelé à la disparition du roi et de sa famille. Cela semblait inenvisageable en 2003. La presse, la radio, les intellectuels, le monopole médiatique, étant craintifs de la pagaille et la répression de la Deuxième République et le Franquisme de 1931 à 1975, faisaient des reportages et des éditoriaux pro - monarchistes. Chaque Noël à la télé, avant 2008, le roi Juan Carlos souhaitait ses vœux et les Espagnols le remerciaient qu'il eût osé adopter la Constitution et défendre la démocratie après la tentative de putsch de 1981.

Peu importait la couleur du chat s'il était capable de chasser des rats. Peu importait si la Constitution évoquait que le roi était au-dessus de la loi et qu'il jouissait d'une immunité comme chef de l'Etat.

L'Espagne: corruption et indépendance de la Catalogne

Trente ans plus tard, un détournement de situation vient de se passer. Les républicains de gauche et d'extrême droite ont vraiment poussé comme des champignons autour d'un arbre centenaire. La popularité du roi s'est écroulée après les scandales de corruption de son beau-fils.

Depuis 2008 son image d'homme d’État est plus discréditée que celle du président François Hollande en France. Juan Carlos a décidé d'abdiquer après les Européennes. Pour la première fois la droite et la gauche monarchistes ne rassemblaient plus la majorité de voix. Cela ne fut pas le pire. Le référendum indépendantiste de la Catalogne, antimonarchiste avant tout, se tiendra cette année-ci si personne n'entame pas un renouvellement. Le bipartisme, établi dans les années 80 et 90, est essoufflé et incapable de faire barrage aux partis antimonarchistes. La corruption et la crise les ont désavoué dans les urnes depuis 2008.

Proclamation du roi: Felipe VI

Ce jour de proclamation du nouveau roi, la police a décidé d'empêcher que les républicains s'approchassent de la parade militaire avec leurs drapeaux républicains. Il fallait faire semblant que l'Espagne encore soutenait la Famille Royale.

Felipe de Bourbon est né en 1968. Il rencontra Franco, pourtant il n'avait que 7 ans lors de la mort du dictateur. Pour un enfant, Franco était un vieillard qui avait élevé son père à contrecœur. Pourtant, les enfants et les petits enfants des soldats abattus par Franco le perçoivent comme presque l'héritier d'un système dépassé et lié à la corruption franquiste. Est-ce que Felipe de Bourbon et Grèce serait - il plus malin que son oncle Constantin de Grèce? Felipe VI est d'après la Constitution de 1978 aussi au - dessus de la loi et jouit aussi d'une immunité comme son père.

Pour ceux qui encore le soutiennent, iI faut mieux l'appeler Felipe VI et surtout supprimer son nom de famille "Bourbon et Grèce" dont les origines viennent de la France et la Grèce. Dans ces deux pays les rois furent évincés. Cependant les choses ne marchent pas mieux au - delà des Pyrénées. Ils n'ont plus de rois, et pourtant l'extrême droite antisémite n'y arrête pas de s'incruster dans le paysage politique.

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Dimanche soir 15 juin Brice Hortefeux, l'ancien ministre de l’Intérieur, a décidé de montrer son soutien à la candidature présidentielle de Nicolas Sarkozy. Puis il a réagit avec le propos suivant « on va les plumer » concernant les « Chapeaux à plumes » voire le triumvirat ayant pris la tête du parti après le scandale Bygmalion. Ainsi lui a ajouté que Xavier Bertrand, peu sarkoziste, n’était pas loyal avec l'ancien président. D'autre part, Bertrand ne semble pas prêt à se taire et n' a pas hésité à démentir Luc Chatel ayant évoqué que l'UMP votera contre la reforme ferroviaire. Depuis son camp, Xavier Bertrand a confirmé qu'il votera pour. 

Desarkoization: Pagaille à l'UMP

 

À Paris on ouvre les fenêtres et on entend les corbeaux croasser. Comme dans la fable de La Fontaine ils se penchent sur les arbres d'une façon vaniteuse et n'ont pas peur que les flatteurs sarkozistes finissent pour s'emparer de leur fromage. Les corbeaux ouvrent la bouche pour faire évidence de leur rivalité et pourtant la proie alléchée finira dans le camp ennemi.

Tous sont en désaccord et n'hésitent pas à se déplumer en face de leurs adhérents même si par conséquent, le parti se décrédibilise et fini pour griller ses ailes. L'animosité on la trouve aussi dans les émissions télévisées, à la radio, hors de l'Assemblée. Quel que soit le lieu, la convergence et l'entente se volatilisent pour faire place à l'ambition des deux fronts: l'un souhaitant un renouvellement et l'autre se réclamant attaché au sarkozysme.  Aucun débat ne se tient dans le huit clos et aucune voix qui puisse parler à l'unisson. L'Union pour un mouvement populaire n'est plus une union. En réalité la situation du Parti socialiste n'est pas meilleure. Néanmoins à partir du dimanche dernier,  tandis que les accrochages se suscitent entre le président Hollande et ses frondeurs, dans l'opposition de l'UMP, d' autres frondeurs entrent sur scène et se mobilisent. Tout un désordre à cause du retour de Sarkozy.

Sarkozy et le débat sur son retour malgré la crise

Il n'y a rien de plus étonnant qu'un parti se déchirant en raison d'une élection qui se tiendra en 2017. Le président Hollande ne dissoudra pas l'Assemblée et pour autant il faudra attendre. Peu lui importe si sa popularité s'écroule. Il ne pense pas perdre sa majorité qui se fond comme un bonhomme de neige. Pourtant il y a une grève ferroviaire qui paralyse le pays et le principal parti d'opposition, l'UMP, ne semble pas s'en préoccuper. Son secrétaire général, Luc Chatel, a lancé une déclaration, en soutenant le but des grévistes (Celui du retrait du projet). Ensuite d'autres membres de sa famille politique ont réaffirmé que le secrétaire avait tort et qu'il soutiendront le gouvernement.

Luc Chatel, un jusqu’au-boutiste?

Hier matin le secrétaire général de l'UMP, Luc Chatel sur la chaîne RTL, a évoqué qu'il était contre la réunification de SNFC et RFF. Il demandait le retrait de ce projet à cause de la grève ferroviaire et était persuadé que tous le députés de l'UMP voteraient en tout cas contre le texte sans hésitation. Les grévistes devraient l'applaudir. En fin dans un contresens la droite essayait de s'allier aux syndicats. Le journaliste Jean - Jacques Bourdin en face de cette prise de décision a demandé: Est - ce que Chatel soutient les grévistes jusqu’au-boutistes?

Xavier Bertrand ira jusqu’au bout

Dans l'émission du journaliste Jean Jacques Bourdin, sur BFMTV, l'ancien ministre du même parti, Xavier Bertrand a dû atténuer les propos de son partisan en disant qu'il ne partageait pas cette position. « Je revendique la cohérence, et je ne fait pas de la politique » a répondu fermement. Quelques minutes plus tard, en allant jusqu’au bout il a annoncé que l'on était en péril de revivre un second 21 avril 2002 avec un Le Pen au deuxième tour et que dans les propos du coté sarkoziste il y avait du mépris.

Il faut rappeler que selon la presse, Nicolas Sarkozy aurait déclaré que "X. Bertrand était un médiocre et que ce n’était pas la reconnaissance qui l’étouffait". Mais il y a toujours des précédents dans cette histoire de piques. L'un du triumvirat, François Fillon, antisarkoziste, avait déclaré auparavant que chez l'UMP il y avait des voyous. C'est étonnant qu'il continue à être membre d'un parti de telle nature. 

Bourdin semblait surpris du pragmatisme de Xavier Bertrand, ancien ministre de la Santé, et a réussi que celui - ci le confirmât qu'il votera pour la reforme ferroviaire de Hollande malgré l’écart entre son parti, l'UMP, et le Parti socialiste. Bertrand aurait pu attendre à joindre son secrétaire de l'UMP pour le mettre au courant de cette controverse. Or il est forcé de l'annoncer aux quatre vents à la radio. Ce n'est pas un bon signe. Quiconque pourrait croire que Bertrand est un frondeur qui a osé créer un affrontement pour en profiter et se faire remarquer. Certainement, Bertrand veut être candidat aux primaires de l'UMP et cela n'est pas du goût des sarkozistes. Brice Hortefeux est l'un de ceux qui soutiennent le retour de l'ancien président et en tant que Xavier Bertrand, il a fait partie de ses anciens ministres.

Hortefeux sous le feu

Tous ces affrontements sont tenus par d'anciens ministres de Sarkozy: Xavier Bertrand, Luc Chatel, François Fillon, Jean - François Copé et finalement Brice Hortefeux. C'est incroyable d’être témoin d'un combat corps à corps, en faveur et contre le retour du soi - disant seul candidat qui pourrait battre Marine Le Pen.

Hortefeux, l'ancien ministre de l'Intérieur de Sarkozy, sur Le Grand Jury, n' a pas hésité pas à affirmer que Sarkozy réfléchissait à sa rentrée à l’Élysée. Sans faire de la provocation au commencement de l'interview il a fini pour se moquer des dirigeants contestataires de son parti en disant qu'ils seraient plumés au cas oû ils deviendraient un obstacle pour le retour de son candidat.

La terre secouait les arbres et les corbeaux s'envolaient. Donc, à quoi sert t -il un triumvirat si le candidat est déjà imposé avec des propos si menaçants? D'autant plus que le parti est tombé au deuxième rang derrière le Front National aux Européennes.

Bertrand est considéré comme un homme déloyal parce qu'il ne soutiendrait pas une nouvelle candidature de son ancien chef et en revanche il tenterait de prendre les rênes de l'UMP pour se battre contre Marine Le Pen en 2017. Monsieur Bertrand dans un conte de La Fontaine a peu de flatteurs.

Tous les tartufes infatigables sont du coté de l'ancien président Sarkozy établi dans son bureau de la rue de Mirosmenil. La seule chose en commun entre tous ces frondeurs, sarkozystes et antisarkozystes, c'est que tous veulent se plumer entre eux pour plumer Marine Le Pen.

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"La trahison d'Einstein", pièce d’ Éric - Emmanuel Schmitt, au théâtre Rive Gauche, est une œuvre bouleversante qu'il faut voir absolument.

Jean - Claude Dreyfus, capable d'incarner le duc d'Orléans dans «L'Anglaise et le Duc » et le boucher sanguinaire dans «Delicatessen» nous surprend encore dans le rôle d'un vagabond ayant reçu la visite d'un agent du FBI. Son personnage n'a pas peur de tendre la main à un soi-disant communiste d'après les américains, d'un soi-disant criminel juif d'après les nazis, et d'un soi-disant traître d'après le même Einstein. De qui s’agit-il cet ami ? Personne d'autre qu' Albert Einstein, le génie aux cheveux en bataille.

Jean - Claude Dreyfus sous la mise en scène de Jeunet, Rohmer et Steve Suissa

Au théâtre Rive Gauche, jusqu'au 22 juin 2014, on a l'occasion de prendre plaisir du gros talent d'un acteur unique: Jean - Claude Dreyfus. Il a volé la vedette en 1990 quand Jean - Pierre Jeunet lui offrit le rôle d'un boucher cynique et anthropophage pour son film « Delicatessen ». Après vingt ans, Dreyfus continue à attirer l'attention de son public fidèle qui l'adore.

Son prestige le fit travailler sous les ordres d’ Éric Rohmer en 2001 comme le cousin de Louis XVI. Cette fois - ci Dreyfus monte sur scène pour incarner un vagabond qui s'entendra avec un "homme ressemblant à Einstein". Certainement le clochard a tort. Ce n'est pas une question de ressemblance car c'est Einstein lui- même qui lui parle. 

Il y a un écart entre ces deux personnages devenus complices. En étant une célébrité, Einstein continue à s'habiller négligemment. Ce n'est pas à cause qu'il soit dépourvu d'argent. La raison est rien d'autre qu'il se moque de ce genre de protocole. Toutefois malgré la simplicité en apparence d'Einstein, il y a quelque chose le hantant. Qu'est - ce que c'est ? Il se sent responsable des bombardements d' Hiroshima et Nagasaki au Japon. Après tout, il poussa le président américain Roosevelt d'inventer autant que possible la bombe atomique avant les nazis. Il regrettera d'avoir signé cette pétition.

Francis Huster comme Einstein

L'acteur Francis Huster assume le rôle d' Einstein avec de l'intensité. Le cinéma et le théâtre ont du mal à aborder un sujet si ambitieux et risqué tel que la souffrance d' un héros qui s'est toujours culpabilisé.

Pourtant Huster n' a pas été seul dans ce projet - ci. La collaboration ne pourrait pas avoir été plus sublime. Ce sont Éric- Emmanuel Schmitt, l'auteur du scénario, et Steve Suissa, le metteur en scène, qui ont contribué à humaniser un génie sur lequel tout le monde attribue une bonté sans bornes.

Einstein décédera en 1955. Cela prendra un terme aux cauchemars qui hantèrent  le grand mathématicien. Il ne pouvait pas s'empêcher de se culpabiliser: comme s'il eût appuyé sur la touche de la machinerie qui largua les bombes atomiques sur 260000 personnes.

La mise en scène de Suissa est portée avec de la fureur de telle sorte que l'on puisse sentir la chaleur de 2000 degrés du 6 août 1945, la naissance d'un champignon toxique qui se dressera et brûlera des milliers de vies humaines en quelques secondes. Ce qui commence comme un éclair s’étendra comme une boule enflammée sortant d'un volcan ou du noyau du soleil, comme si l'on était enfermés dans une usine meurtrière de fours crématoires. Ainsi on est témoins de la folie américaine pour gagner une guerre qui pouvait s’élargir jusqu'en 1946. Durant l'heure et demie de la pièce de théâtre le public boit de l'eau, ils sont assoiffés, tandis que l'on écoute les cris déchirants des survivants d' Hiroshima  buvant de l'eau radioactive venant de la pluie noire. Hiroshima brûlé, Hiroshima brisé, Hiroshima martyrisé. 

Une pièce d’Éric - Emmanuel Schmitt

Cette fois-ci on est en face de la même équipe d'un autre succès théâtral « Le journal d'Anne Frank », composée par Huster, Suissa et Schmitt avec qui on voyage à travers la vie d'une jeune fille étant juive et ayant voulu devenir une actrice d' Hollywood en aboutissant sur l'histoire d'un physicien, voire juif aussi, ayant trouvé et jouit de la réputation et la reconnaissance des États - Unis.

Schmitt, écrivain prolifique ayant écrit aussi la pièce « Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran », a voulu que l'on pût sentir l’ambiguïté d'un homme glorifié jusqu'au bout. Nous sommes tous victimes des autres et la désespérance nous impose à nous adhérer à des choses épouvantables que l'on aurait refusé naguère. Pour autant après cette épreuve, Einstein refusera d'être nommé président d’Israël en 1952. Le souvenir d' Hiroshima continuait à être un mur peint en rouge dont la couleur était encore fraîche. 

La trahison et l'humanisme d'Einstein

 

Dreyfus comme un ours dans la forêt déploie toute sa force. Sa présence scénique envahit la scène derrière un personnage qui aurait pu être éclipsé par l'Einstein d' Huster. Mais il réussit à briller, pas forcément à cause de qu'il pût nous faire peur (le boucher de « Delicatessen »), ou nous faire pitié (« L'Anglaise et le Duc »). C'est le côté cynique la nouvelle stratégie de son personnage pour que le public succombe à genoux.

Il est en quelque sorte le Sancho de « Don Quichotte » en face d'un Einstein étant un rêveur tourmenté et coincé par un monde qui l'obligea à se mettre du côté des Alliés. Einstein méprisa les forces armées d'autant plus que le destin de ses siens le poussa à s'impliquer à la victoire de celles de l'Amérique puisque l'Axe de l'Allemagne, de l'Italie et du Japon était encore plus mortifère que le camp des Alliés avant le bombardement d'Hiroshima. 

Le vagabond de Dreyfus sans la sagesse et l'antinationalisme d'Einstein, est une bête sauvage, exquise dans sa simplicité, incapable d'inventer une bombe atomique, astucieux de savoir se débrouiller en face d'un agent du FBI et établir une conversation avec un génie. Il fait étalage d'être accoutumé à survivre en se servant de tout ce qu'il y a autour de lui sans profiter des autres et sans chercher sa destruction. Einstein aurait pu être plus humaniste; mais le clochard de Dreyfus devient l' humanité pure sans tomber dans le piège de mépriser ou ne pas mépriser la guerre. Ceux qui méprisent la guerre se trouveront dans le dilemme de penser que la paix naît précisément de la guerre.

On aimerait citer trois œuvres qui peuvent bien clore ce thème - ci:  « Adolf » d' Osamu Tezuka, "Hiroshima" de Keiji Nakazawa et « Maus » d' Art Spiegelman. Tel que cette pièce ces œuvres nous font aussi réfléchir à une vérité écrasante: en 1945 vraisemblablement personne n'a gagné cet affrontement entre superpuissances malgré la propagande triomphaliste de l'Amérique. Einstein sut cela depuis début. 

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Un personnage devenu de plus en plus populaire en France et qui fait peur en Europe, même chez les nationalistes anglais, l'UKIP. Malgré son 25% de 43% des voix exprimées aux Européennes, elle se sent vainqueur et exige de dissoudre l' Assemblée Nationale et que l'on mette en place le scrutin proportionnel. Cela lui donnerait le pouvoir absolu s'il y avait des élections anticipées. Face à une Europe craintive, Jean - Luc Mélenchon avait dit en 2012 dans un débat que Marine Le Pen avait peur. Est - ce que Marine Le Pen a peur? Est-ce que la France que la présidente du Front National tente à tout prix de gouverner lui fait peur? Est- ce que c'est l'histoire d'une europhobe ou d'une francophobe?

Pas de mondialisation et davantage d’ État

Malgré son gros succès, ce n'est pas seulement en France, sinon dans toute l'Europe où elle resent l'isolement. Même les nationalistes anglais d'UKIP trouvent que le nationalisme de Marine Le Pen est antisémite, voire raciste. Elle refuse ces prises de position - ci. D'où vient ce rejet -ci à son discours antilibéral? C'est l' appareil de l’État ou c'est l' Europe? Ce sont l'oligarchie, la caste et la mondialisation les termes qu'elle utilise souvent dans ses discours pour se différencier de ses concurrents et justifier l'omertà dont elle dit se sentir victime. 

Est-ce que d'après ses discours la chute de la France commença en 1969, juste après la démission de de Gaulle, l'investiture de Pompidou comme président de la France et la nomination de Giscard d'Estaing comme ministre d’Économie et Finances? Décidément ces événements marquèrent le début du déclin, déclarent Marine Le Pen et ses partisans. Etant plus précis et suivant l'histoire de la France, les faits se sont déroulés en 1973 quand l’État français accepta de se faire financer en empruntant de l'argent aux banques privées à des intérêts de 3%,4 % ou 5% et en renonçant à dépendre de la Banque de France dont les intérêts étaient plus souples. 

La clé pour Marine Le Pen ce sont l’État et la fermeture des frontières. Elle a décidé de centrer son discours politique dans ces deux sujets pour sembler crédible face à un électorat de mois en mois europhile. Car elle n'hésite pas à responsabiliser l'ancien président Giscard qui fit passer la loi du regroupement familial lors de son mandat. Cela a entraîné une chute de salaires en raison du grand flux d'étrangers prêts à travailler pour un bol de riz.

Toute cette dégradation économique de la France l'a toujours choquée. Le rôle de la presse aussi. Mais c'est l’État qui a tout fait pour trahir les principes républicains, dit - elle. Un appareil politique et d’État que son père décrit comme « cloaque nauséabond »

Cependant de l'autre côté, loin de son autobiographie « À contre flots » assombri par le traumatisme d'une fille blessée par la Cinquième République ayant persécute les idées de son père, Marine Le Pen veut succéder à Hollande et vivre à l'Elysée tel que le général de Gaulle le fit en 1958. Comme si les moqueries, les railleries, les vannes, les injures qu'elle dut surmonter faisaient partie de son passé et elle était prête à gouverner ce pays et faire un virage à ce qu'il était la France avant mai 1968 et même avant 1958 avant le retour du général.

En attendant elle se moque du système en l'appelant "UMPS" comme si les deux partis étaient un pot-pourri brûlé dans une marmite. Il ne manque qu'une sorcière ricanant et tournant la louche sans cesse.

Le régime l' UMPS

Elle ne veut pas partager la même table avec eux, même pas lors des manifestations contre le mariage homosexuel. Ce fut Sarkozy grâce à son style autoritaire celui qui réussit à séduire l'électorat frontiste. Pendant la présidentielle de 2007, son père ayant obtenu 17% des voix en 2002, fut battu avec l'humiliant score de 10% après l'irruption de Sarkozy. L' ancien ministre de l'Intérieur, recueillit plus de 20 % des voix. Il fallait s'éloigner de Sarkozy et son cercle même si leurs idées pouvaient se croiser par hasard et ne jamais appeler à voter pour cette droite bien que la France fût au péril de tomber dans les mains de la gauche. En tout cas, Marine combattit la loi du mariage homosexuel, quels que fussent les débats, les émissions de télévision et les interviews.

C'est elle maintenant qui veut bâtir un cordon sanitaire autour d'eux, une espèce de mépris à l'envers. Etant à l'école, elle dut s'habituer aux insultes, aux vannes, à la taquinerie, au harcèlement scolaire « Ton père est un fasciste » était la première chose qu'elle entendait grommeler dans la rue. Trente ans plus tard il faut payer cher si quelqu'un ose se moquer d'elle, si quiconque essaie de dessiner une croix gammée sur son front puisque elle comme avocate connaît la Constitution gaullienne appartenant à la Cinquième République.

Or, les injures ne se sont même pas arrêtées bien qu'elle a essayé de s'appuyer sur la justice. Pendant sa jeunesse les moqueries, les railleries et les vannes s' intensifièrent après que son père et son groupe parlementaire eurent été chassés de l'Assemblée Nationale. Un jeu politique de Chirac ayant changé la loi électorale afin que le Front National perdit ses 35 députés et que la droite de Rassemblement pour la République (RPR) affermît son pouvoir. 

Ce serait la raison pour laquelle elle ne voulait absolument pas entrer dans cette marmite qu' elle appelle dédaigneusement l'UMPS. Elle a réussi a clouer cette étiquette sur chaque personnage qui ose la qualifier de femme d'extrême droite.

Front National: victoire aux européennes avec la Marianne jacobine

Elle veut devenir présidente à tout prix. Après son gros succès aux Européennes, elle a voulu être identifiée avec la République en posant derrière la Marianne, symbole administratif qui portait le bonnet jacobin.

La soirée même que l'on annonçait son score de 25 %, elle cherchait que l'on prît au sérieux son parti, elle posait derrière une image appartenant à la gauche jacobine.

Les journalistes n'ont pas cessé de rire d'elle. D'après eux, la « Marianne frontiste » et son 25% sont la preuve que Marine Le Pen est toute seule. 

En tout cas, la Marianne jacobine Place de la Nation ou Place de la République, fut persécutée pendant cent ans depuis 1792 avant leur consolidation en 1870 et fut traitée de « gueuse» par les royalistes à cause de l'extrémisme de la Première République, sa violence, sa haine contre l'Ancien Régime, son exigence de fermer les frontières, sa méfiance vers les pays voisins pour faire en sorte que le sang impure et antirévolutionnaire abreuvât les sillons de la France. 

Dans une soirée de victoire, le 25 mai 2014 les frontistes fêtaient leur victoire dans un restaurant très près de l' Élysée malgré la possibilité d' attendre cent ans de plus pour y entrer. La seule chanson qu'ils auraient pu danser c'est la Carmagnole:

Messieurs Veto avait promis  / De faire égorger tout Paris 
Mais leur coup a manqué / Grâce à nos canonniers 
Dansons la carmagnole / Vive le son, vive le son 
Dansons la carmagnole / Vive le son du canon!

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Un personnage devenu de plus en plus populaire en France et qui fait peur en Europe, même chez les nationalistes anglais, l'UKIP. Malgré son 25% de 43% des voix exprimées aux Européennes, elle se sent vainqueur et exige de dissoudre l' Assemblée Nationale et que l'on mette en place le scrutin proportionnel. Cela lui donnerait le pouvoir absolu s'il y avait des élections anticipées. Face à une Europe craintive, Jean - Luc Mélenchon avait dit en 2012 dans un débat que Marine Le Pen avait peur. Est - ce que madame Le Pen a peur? Est-ce que la France que la présidente du Front National tente à tout prix de gouverner lui fait peur? Est- ce que c'est l'histoire d'une europhobe ou d'une francophobe?

Le Pen à contre flots

Lisant la biographie de Marine Le Pen on trouve une femme qui sentit la haine depuis l'attentat dont elle et sa famille furent la cible en 1976. Lors de sa vie scolaire elle subit l'harcèlement et la moquerie de la part de ses professeurs et camarades de classe qui ne se lassèrent pas de s'acharner sur une gamine fragile qui verra sa vie bouleversée pour le meilleur et pour le pire.

Au cas où aurait- elle appartenu à une famille moins polémique Marine serait connue simplement comme "Marion Marie" tout court et aurait continué à défendre des immmigrants sans papiers tel qu'elle a avoué d'avoir fait au commencement de sa carrière en tant qu' avocate. 

Pourtant le mépris de ses égaux, l 'éloignement de sa mère, la distance et la manière controversée de raconter l'histoire de son père, et la capacité de celui- ci de jongler avec le passé du subjonctive maîtrisant le français comme peu de politiciens ont façonné la leader frontiste que l'on connaît et qui veut obtenir le pouvoir que son père n'aura jamais. Est-ce qu'elle suivra le même sort? 

Quand elle parle, il y a un dégoût vers la Cinquième République, en essayant de mettre en question tous les événements s'y étant déroulés: le scrutin majoritaire à l'Assemblée Nationale (1958), le regroupement familial d'étrangers (1976), l'abolition de la peine de mort (1981), le remboursement de l'avortement (1975), la suppression de contrôles aux frontières de la France et ses pays voisins (1995) et le mariage homosexuel (2013). On dirait qu'elle eût de la nostalgie de la Troisième République (1870-1940).

Marine Le Pen: assister aux émissions politiques des années 80 pour se lancer à la présidentielle 2017


"Mépris" est un mot qu'elle répète quand doit débattre avec ses opposants politiques. Personne de présidentiable n' a jamais dévoilé sa vie privée à ce point - là, dans sa biographie elle ose raconter ses échecs pendant sa jeunesse. On apprend de ses vomissements, de sa souffrance sans cesse lors de la séparation médiatisée de ses parents. Un grand traumatisme qui la blessa et qui la plongea dans la politique, cadre dans lequel elle a réussi à s'entendre avec son père. Cependant cet homme politique a été assez "naïf" et habituellement "trahi" par les siens à son avis. Est - ce que la naïveté est une qualité dans la politique?

Elle l'accompagnait dans chaque débat, chaque émission de télévision, toujours assise aux côtes du public tandis que son père était entouré des journalistes qui voulaient qu'il répétât ses propos choquants sur les juifs et les chambres à gaz. Elle a hérité les grimaces et les gestes de son père, dont elle s' a emparé sans demander permission.

Au cours des années 80 les médias ne retracèrent pas sa vie personnelle. Est - ce que personne ne s'est rendu compte que l'on tournait le dos à la prochaine chef du Front National, parti qu'elle va tenter de dédiaboliser en cherchant qu'il devient le premier parti de France? Pendant ces fatigants débats où Jean - Marie Le Pen était interviewé il fallait déjà pronostiquer qu' il ne serait jamais président de la République et que cette fille - là étant assise parmi le public dans l'ombre se battrait pour ce poste - ci.

Mépris après la première victoire de Le Pen en 1986

Son père venait d'être élu député (1986) grâce à Mitterrand (1981-1995) qui mit en place le scrutin proportionnel permettant que le Front National, son parti rival, fît entrer 35 députés à l'Assemblée Nationale.. Ce fut la première réussite du père de Marine Le Pen, grâce à la malveillance ou tenue de parole du socialiste François Mitterrand élu président en 1981.

Cette réussite sera de courte durée. Jacques Chirac, premier ministre de Mitterrand, rétablit le scrutin majoritaire encore sans état d'âme, ce qui empêchera que Jean - Marie et ces députés fussent réélus à l'Assemblée. Chirac, lui qui ambitionnait déménager à l'Elysée, ne voulait pas de concurrents et par conséquent  il gagnera la présidentielle en 1995  tandis que le père de Marine devra attendre patiemment pour riposter à ce mauvais coup. Il fera la Marianne de la Cinquième République hurler de peur et d'angoisse le 21 avril 2002.

Tout cela sera comme lancer un pavé dans la mare d'autant plus que son ex-épouse l'accusa d’antisémite. Qui d'autre aurait pu décrédibiliser un politicien que son épouse? Marine n'échappa pas à cette affrontement dont elle finit abattue. Elle refusa de manger. On dit que lorsque on arrête de manger, on cherche de disparaître. Dans ce moment de crise personne n'avait prévu que Marine allait prendre le relais du Front National tel qu'il s'est passé dans la famille Corleone du roman « Le parrain » de Mario Puzo: le fils cadet était le dernier à prendre le flambeau ou à réhabiliter le nom de la famille.

L'avenir du FN semblait incertain d'autant plus que Jean Marie Le Pen n'avait aucun fils qui pût le succéder. Il comptait sur le secrétaire général de son parti. Mais le 5 novembre 1988, le secrétaire du Front National Jean Pierre Stirbois décéda dans un accident de voiture. Pourtant l'abandon de Yann Piat fut tout ce qu'il manquait pour effondrer le parti.

Marine est habituée aux invectives la taxant comme la fille d'un monstre. Cela l'a soulevée, cela l'indignée, cela l'a fait sortir de ses gonds. Tout un appareil, tout un État, y compris une partie de l’Église, contre elle et son père, contre le parti de son père et tous ceux qui pussent avoir une sympathie pour eux. Tous ont été décris comme fascistes et elle, dès qu' elle serà à la tête du parti, ne elle ne cessera pas d' aller jusqu'aux tribunaux afin que personne n'ose plus la traiter de fasciste.

Si l'on pouvait aller en arrière, Marine aurait dû porter plainte contre son père qui avait qualifié le FN de parti d'extrême droite lors d'un discours à l'université d'été du Cap d'Agde en 1988. En tout cas Yann Piat était la rebelle au Front National. Elle quitta le parti à cause des divergences avec son ancien chef. Manifestement il lui fallait de la discipline et du temps au sein du Front pour devenir la secrétaire général du parti. Piat ne pourra jamais se réjouir de la victoire aux Européennes 2014. 

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Un personnage devenu de plus en plus populaire en France et qui fait peur en Europe, même chez les nationalistes anglais, l'UKIP. Malgré son 25% de 43% des voix exprimées aux Européennes, elle se sent vainqueur et exige de dissoudre l' Assemblée Nationale et que l'on mette en place le scrutin proportionnel. Cela lui donnerai le pouvoir absolu s'il y avait des élections anticipées. Face à une Europe craintive, Jean - Luc Mélenchon avait dit en 1912 dans un débat que Marine Le Pen avait peur. Est - ce que madame Le Pen a peur? Est-ce que la France que la présidente du Front National tente à tout prix de gouverner lui fait peur? Est-ce que c'est l'histoire d'une europhobe ou d'une francophobe?

Attentant dans le cimetière de Carpentras

Avant son gros succès de 2014, la meilleure année du Front National, il faut rappeler que le parti a failli disparaître en 1976 quand une voiture piégée essaya d'en finir avec la famille Le Pen. L'histoire de la France aurait vraiment changé si cet attentat affreux n'avait pas raté. Cependant les criminels échappèrent à la justice en riant du fait que personne n'eût pu les arrêter  Cela ressemble en quelque sorte aux événements du cimetière juif de Carpentras la nuit du 8 au 9 mai 1990.

Il était une fois un cimetière où quelqu'un ou quelque chose eut le front d'y entrer en pleine nuit où pendant des heures les dalles se detachèrent comme si une âme enragée avait réussi par un tour de passe - passe qu' elles se déplaçassent toutes seules. Car un homme n'aurait jamais pu piocher et remuer la terre du cimetière compte tenu dans quel état le cimetière est fini. 

Quelques heures plus tard, ce même jour, un homme appelé Jean - Marie Le Pen était interviewé à la télé, dans "L'heure de vérité". Lui comme survivant de l'attentat de 1976 voulait faire preuve de sa ténacité, qu'il était en forme et qu'aucun attentant n'était capable de le stopper dans sa course vers l'Elysée. L'assassin qui voulut en finir avec lui probablement regardait cette émission, se culpabilisant d'avoir failli.

 

Ce soir - là le candidat du Front National refusait qu' il eût évoqué que les chambres à gaz contre les juifs n'étaient qu'un point de détail dans l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale. À vrai dire il l'avait dit autrefois en 1987 lors de l'émission politique "Grand Jury - RTL - Le Monde" mais il était lassé d'aborder ce sujet - ci encore duquel il ne pouvait pas s'échapper. Cependant prenant une mauvaise stratégie, il prit la défense et essaya de dédiaboliser le maréchal Philippe Pétain, traité de traître accusé de collaboration avec l'ennemie par la Cinquième République.  Si Jean - Marie Le Pen voulait attiser sa réputation d’antisémite, il venait de le faire. 

Le lendemain, le 10 mai, on trouva ouverte la porte du cimetière. Dans l'enceinte le cadavre d'un homme traînait étant éparpillé comme si les vautours avaient dévoré un épouvantail et manifestement cet envahisseur n'était pas suffisamment calé car il eut encore envie de continuer à ouvrir les autres tombes, de sortir de leur refuge tous ceux se cachant de ce monde - ci pour chercher la paix dans les entrailles de la terre, de les imposer à quitter les ombres et à se faire heurter par une lumière aussi blessante qu'une faucille. 

Pourtant il n' y avait aucune trace du délinquant. Revenons sur les événements précédents...qui avait défendu Pétain à la télé récemment? Voilà tous conclurent que le père de Marine était la main qui avait renversé les tombes du cimetière de Carpentras. Dans quelque sorte le peuple voulut croire que cet homme ayant failli mourir le 02 novembre 1976 avait ordonné de vandaliser un cimetière pour un règlement de comptes.

La chute de cette histoire... la presse six ans plus tard (1996) dévoila que les néonazis engagés dans cette affaire avaient saccagé le cimetière douze heures avant que Le Pen n'apparât à la télé. C'est à dire que personne ne sortit de chez soi pour s'en prendre à la communauté juive après d'entendre les propos scandaleux du patron du Front National. 

L'affaire Brasillach et la peine de mort

D'un côté le président d'honneur du Front National affirme qu'il n'est pas un provocateur, sinon un homme libre qui dit tout ce qu'il veut. De l'autre ses réactions, ses prises de position, quoi qu'ils en soient, sont comme un coup de tonnerre même au sein de son parti.

En février 2012, deux mois avant les présidentielles, il récita le poème L'Enfant Honneur d'un poète aussi talentueux qu'antisémite. En 1945 Robert Brasillach fut trouvé coupable de collaboration avec l'ennemi et le général de Gaulle ne commua pas sa peine. Il finit au poteau malgré tous les efforts des autres écrivains essayant de sauver sa vie. Même Mauriac et Camus demandèrent qu'il fût graciée, sans aucune crainte d'être accusés d'antisémites. Il faut souligner que Camus ne chérissait pas l’œuvre de Brasillach compte tenu qu'il était contre la peine de mort. Par contre  Jean - Marie Le Pen a été toujours en faveur du rétablissement de cette loi ayant supprimé son poète Brasillach de la face de la terre en 1945.

Sa fille, Marine, plus prudente, a proposé de tenir un référendum en France à l' égard de la peine de la mort. "Il faut donner le pouvoir au peuple", exige t-elle. De la même façon de ceux qui demandèrent la commutation du condamné à mort Robert Brasillach, on trouve une avocate plaidant pour un accusé face à une Cinquième République qui pendant 40 ans a fustigé son père d'être son ennemi juré. 

L'ancien ministre de l'Intérieur de Sarkozy, Claude Guéant, lança un propos pour décrire le Front National: « L'armure se fond, le naturel revient. C'est un parti qui est nationaliste et socialiste ».

Probablement l'ancien ministre n'eut pas tort en quelque sorte dans ce jeu de mot puisque une partie de l'électorat frontiste vient de la gauche, soient des socialistes, soient des communistes. Après tout ce fut le gouvernement socialiste de Mitterrand (1981-1995) ayant changé sa politique économique en 1983 au détriment de sa promesse électorale faite aux ouvriers qui a fait déposer une gerbe sur la tombe de Pétain, collaborateur du Troisième Reich de 1987 à 1992. En tant que leader de la gauche socialiste traitant le général de Gaulle de putschiste, l'ex président François Mitterrand n'oubliera jamais le maréchal de la France de Vichy. 

Yann Piat avant le Rassemblement Bleu Marine

À vrai dire, avant la percée de Marine Le Pen et sa victoire la semaine passée, Yann Piat était la filleule de Jean - Marie Le Pen et l'une de ses principaux disciples. Quand la présidente du Front National avait 18 ans, Piat était déjà un personnage politique dans les années 80. Elle entra à l'Assemblée Nationale et entama une lutte contre la Mafia.

Est-ce que Piat aurait pu être la principale rivale de Marine dans sa course à la présidence du Front National? 

Un parti d'extrême droite? Le calembour avec les fours crématoires

Toutefois Yann sera évincée du parti après de se démarquer de son parrain ayant répété un calembour du Canard Enchaîné: « M. Durafour et Dumoulin a déclaré: Nous devons nous allier, aux élections municipales, y compris avec le Parti communiste, car le PC, lui, perd des forces tandis que l'extrême droite ne cesse d'en gagner. M. Durafour-crématoire, merci de cet aveu! »

Ces propos conduisirent à l'explosion du parti et au départ de Yann Piat dont son rôle ne sera jamais remplacé. Ultérieurement elle se fit assassiner en 1994. Yann qui était une promesse électorale ne suivra pas le même sort de Jean - Marie Le Pen ayant échappé bien et bel à la mort. Ceux qui quittent le Front National tombent dans l'oubli. L'ingratitude quelquefois fait payer cher dans ce monde cruel. 

Depuis 2002 lors de la présidentielle Marine Le Pen a pris la place de l'ancienne députée assassinée et s'est ralliée à son père pour évincer de l’État tout ce que l'a méprisée et gâché sa vie dès que la justice n' a pas su mettre au banc des accusés ceux qui piégèrent la voiture face de chez elle et essayèrent d'en finir avec elle en 1976.

Le Front National s'imposant sur le gaulliste l' UMP

Le dimanche 25 mai 2014 où la candidate du Front National a donné un discours en remerciant ses adhérents était la première victoire lepéniste contre le parti principal de la France. La première fois que l'électorat frontiste prenais l'ascendant sur le gaullisme. 

 

L'ambition Bleu Marine ne cherche pas à transformer la France. C'est plutôt une revendication familiale. Il y a des sentiments enracinés et des blessures n'étant pas vraiment guéris. Pour le meilleur ou le pire Jean - Marie Le Pen, son président d' honneur pense plus à sa liberté de tribun plutôt qu' à la victoire. Il s' emploie à défendre sa liberté de lancer des calembours à l'égard de la Shoah, de réciter des œuvres de poètes collabos et de dédiaboliser un vieux fantoche du Troisième Reich appelé Philippe Pétain.

Dans un triumvirat le premier au détriment de lui - même cherche à dédiaboliser le deuxième: Jean - Marie Le Pen (1928 - ) par rapport à Philippe Pétain (1856 - 1951) et Marine Le Pen (1968 - ) par rapport à son père (1928- ). Puisque Jean - Marie déclara en 1990 dans "L'heure de vérité"  que de Gaulle avait raté le grand dessein de faire réconcilier les Français et qu' après la guerre, la Cinquième République a été très sévère avec Pétain. Est- ce que le Front National arrivera à mettre fin à ce ressentiment de 40 ans à l'encontre de la Cinquième République? 

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Un personnage devenu de plus en plus populaire en France et qui fait peur en Europe, même chez les nationalistes anglais, l'UKIP. Malgré son 25% de 43% des voix exprimées aux Européennes, elle se sent vainqueur et exige de dissoudre l' Assemblée Nationale et que l'on mette en place le scrutin proportionnel. Cela lui donnerai le pouvoir absolu s'il y avait des élections anticipées. Face à une Europe craintive, Jean - Luc Mélenchon, déchu et pleurnichant après les résultats, avait dit auparavant dans un débat que Marine Le Pen avait peur. Est - ce que elle a peur? Est-ce que la France que la présidente du Front National tente à tout prix de gouverner lui fait peur? L'histoire d'une europhobe ou d'une francophobe?

L'attentat contre la famille Le Pen

Avant de devenir la vainqueur du dimanche passé, elle comme tous les enfants aimait les cadeaux. Les vingt kilos de dynamite furent le cadeau qu'elle reçut après la Toussaint, c'est à dire, le jour des morts, le 2 novembre 1976. Quelqu'un voulait sa mort. 

La femme ou l'homme, cette créature ayant dissimulé la bombe sur le palier de l'immeuble, est resté(e) inconnu(e) parce que lui ou elle eut le temps pour s'enfuir sans vouloir partager le même destin de sa proie dormant paisiblement chez lui. L'assassin voulait faire sauter l'immeuble et envoyer à l'enfer la famille Le Pen, y compris ses enfants.

Qu'est- ce que serait passé si le terroriste avait réussi? La jeune Marion Anne Le Pen (Marine Le Pen) n' aurait vécu que 8 ans et elle serait maintenant enterrée auprès de son père dans le cimetière de Charonne où repose Robert Brasillach, poète et journaliste collabo ayant lui donné à travers Jean - Marie Le Pen du courage et de la gaieté. 

L'enfant honneur de Brasillach

Voilà le poème que l'homme de la famille Le Pen a cité à plusieurs fois sans peur de gâcher la candidature de sa fille: "L'enfant honneur"

Au berceau de l’enfant Honneur

On a vu deux fées apporter
Deux présents pour l’enfant Honneur
Le courage avec la gaieté.

- A quoi, dit-on à la première,
Sert un présent comme le vôtre ?
– Presqu’ à rien répond la première
A donner du courage aux autres.

- L’autre, dit-on à la seconde,
N’est-il pas de trop pour l’Honneur?
– Un enfant, répond la seconde,
A toujours besoin d’une fleur.

Ce fut l'un des derniers poèmes de Brasillach avant d'être conduit au poteau. Brasillach eut le temps de laisser son testament. Peut-être il était soulagé que la mort ne l'eût pas piégé sans aucun préavis. Ce ne fut pas le cas de Jean - Marie Le Pen étant réveillé par un réveil-matin de 20 kilos de poudre en 1976. 

Front National : Un avenir imprévisible depuis sa fondation

En 1972 le Front National fut fondé. Son histoire aurait pu finir comme celui du parti de Pierre Poujade, L'union et fraternité française, qui disparut après la fin de la Quatrième République.

Quatre ans après sa fondation, l'année 1976 aurait pu être la date de dissolution du Front National si son principal chef et sa héritière avaient été écrasés par le plafond de leur immeuble. Qui aurait cru qu'un voyou échappé de la justice était sur point de tuer la dynastie prête à suffoquer tout l'héritage de la Cinquième République? Maintenant, à l'envers de ce qui s'est passé avec le poujadisme, c'est la Cinquième République qui pourrait disparaître après l'investiture de la leader du Front National si elle gagnait la présidentielle. Cela semble de plus en plus inexorable. 

Premier parti de France

Néanmoins les choses ne se déroulèrent pas tel que les ennemis du Front National eurent souhaité. Bien qu'au début le Front National semblait être moins prenant que le parti de Pierre Poujade (ayant atteint 52 députés à l'Assemblée Nationale en 1956 après son dégonflement électoral en 1958) à l'heure actuelle la percée frontiste semble plus solide d'après les sondages.

Par conséquent, quand les résultats se sont affichés ce dimanche 25 mai, personne n'était vraiment choqué. Madame Le Pen, vêtue en noire, a donné un discours en remerciant ses adhérentes. Le premier ministre Manuel Valls a aussi fait diffuser un discours déjà enregistré préalablement avant l'annonce des résultats qui laissait supposer qu'il était au courant de tout ce qu'il allait se produire le dimanche 25 avec le Parti Socialiste. La gauche était arrivée en troisième position avec moins de 20% des voix.

La fin de la Cinquième République?

"Le premier parti de France". C'est le sobriquet dont Marine Le Pen veut s'emparer dans un pays qu'elle déclare en faillite. Elle culpabilise le bipartisme de la décadence. Presque tous les anciens présidents de la Cinquième république, Pompidou (1969-1974), Giscard d' Estaing (1974-1981), Mitterrand (1981-1995), Chirac (1995-2007), Sarkozy (2007-2012) et Hollande (2012 -2017) sont, d'après elle, responsables directes de cet échec. Et tous ceux - ci, sauf Pompidou, ont traité le parti de son père, d’extrême droite. On dirait qu'elle voulût instaurer une Sixième République.

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Si l'on voulait suivre l'arbre généalogique, on trouvera toujours que ce sont les militaires qui finissent toujours au chevet de nos républiques mourantes afin de les aider à mourir solennellement.

En 1851 Napoléon III fit mourir la Seconde République quand elle avait trois ans, en 1940 Pétain annonça la mort de la Troisième après la défaite de la France par l'Allemagne et en 1958 le général Charles de Gaulle a reçu une Quatrième république en soins palliatifs.

Soit est - ce que l'on est témoin de la prochaine fin de la Cinquième République en 2017? Soit on l'a déjà tuée en se soumettant sous le mandat de la puissante Union Européenne et on n'a pas voulu s'en rendre compte?

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Lorsque les dessinateurs décidèrent de tuer Superman en 1992, l'édition de ce volet fut en rupture de stock depuis sa parution car personne ne pouvait prédire qu'un héros de tel ampleur pût mourir à cause de sa combat contra le mal. Néanmoins Superman ne s'est jamais battu contre une maladie et en tant que néophyte lui a assisté aux funérailles de Braden Denton, enfant ayant rompu les règles de protocole en faisant d'un enterrement un événement issu des films d'animation et de la bande dessinée. 

 

Le héros heureux

Malgré sa défaite contre une tumeur cérébrale, Braden Denton, âgé de quatre ans, était un héros heureux dont l'histoire ressemble à celle d'un conte amer écrit par l'écrivain irlandais Oscar Wilde intitulé "Le prince heureux".

En 1888 Oscar Wilde créa l'histoire d'une statue dorée s'appelant Le prince heureux. Malgré la somptuosité de l’effigie, elle était mécontente dû à la misère de la population. Cela le poussa à supplier à un oiseau que l'on arrachât les diamants, les bijoux et les pierres précieuses de sa peau. C'est sa seule solution à condition de faire nourrir les miséreux avec la vente de ses membres. Pourtant son ami sait que l'hiver arrive et par conséquent il risque de mourir s'il renonce à émigrer à fin de s'attaquer à cette tâche dangereuse. 

 

Braden Denton atteint d'une tumeur

En septembre 2013, les médias ont publié l'histoire de Braden Denton habitant dans l’État d' Indiana (États-Unis) qui doit partager le toit avec un malfaiteur ayant enraciné comme une méduse dans son cerveau. 

Staci, la mère et l'oncle Cory firent leur mieux pour fournir à l'enfant tout ce qu'il lui fallait pour continuer la lutte lorsque les super-héros, l'homme araignée, l'homme chauve-souris et l'homme d'acier quittaient le champ de bataille  à tel point que Staci et Cory se déguisaient en héros en cachant leur identités pour ne pas désappointer l'enfant et faire semblant qu'il fallait résister en dépit de la défaite déjà signée à genoux. 

Braden et son héros Spiderman

Au moment Braden entendait les chevaux s'approcher à toute vitesse et broyer le sol comme si Attila tenait les rênes, le mal de tête martelait violemment ses temples en produisant un tremblement de terre dans son sein. Pour autant il fallait avoir recours au héros de la toile d'araignée, Spiderman, à l'homme chauve-souris, Batman et à l'homme d'acier, Superman. 

Le gosse ayant perdu la capacité de marcher et ne pouvant même pas bouger regardait des films d' Iron Man, un autre héros de la bande dessinée qui se mettait sous ses draps pour accabler la douleur pourtant cela n' jamais marché étant donné que la tête de l'enfant était sous contrôle absolue de cette méduse cérébrale. Ainsi quelques mois plus tard, le 4 mai 2014, Staci enverra une lettre aux héros pour les inviter aux funérailles puisque la tumeur avait battu une fois pour toutes en s'étendant jusqu'aux poumons de l'enfant.

Braden Denton: ses moments à l'hôpital

Effectivement, déjà à l'hôpital  le petit Braden avait du mal à manger et à boire. À la fin le cancer envahissant empêcha que le corps affaibli du gosse pût respirer. Malheureusement arrêter un cambrioleur ou lutter contre la Mafia, s'envoler ou marcher sur les murs étaient un jeu d'enfant face à une maladie mortelle.

Il n'y a eu aucun détournement de situation, un recours aussi populaire dans la bande dessinée pour changer le destin à travers un miracle venant d'un dieu ou de plusieurs divinités qui jurent de protéger leurs descendants jusqu'au point de les transformer en demi-dieux. Manifestement c'est une stratégie n'étant pas plausible dans la chambre d'un hôpital avec un enfant mourant cloué à son lit et d'autres mortels sans aucun pouvoir divin.   

Funérailles de Braden Denton

Braden ne cessa jamais de rêver. Avant d'être l'hospitalisé, il allait au cinéma habillé en Super-man avec l'espoir que le costume et la cape pussent lui transférer des pouvoirs surhumains et ainsi vaincre et vieillir comme l'aurait fait quiconque étant épargné d'un cancer terminal.

Hier les photos montrées dans la presse ont affiché les héros américains habillés en costumes et portant le cercueil. Parmi eux Cory Denton, son oncle, ayant déclaré que l'expérience fut un coup très fort, incarnait le rôle du héros Thor.

Les pompes funèbres furent singulières. C'était la vie réelle à l'encontre de la vie au delà de l'imagination. Staci, la mère devenue « orpheline d'enfant », décida qu'il fallait organiser une cérémonie en respectant les derniers vœux de Braden, mettre à l'écart la tristesse, la douleur, dégommer les couleurs noir et blanc, en évinçant les personnages affaiblis et démoralisés par le chagrin, la kryptonite et la misère. 

Super-héros en deuil: Spiderman, Batman et Superman

Tous les super- héros dans leurs biographies personnelles perdirent quelqu'un d'important, vecurent des tragédies qui les traumatisèrent et dont ils se culpabilisaient. Le décès des parents de Superman, le meurtre de ceux de Batman et ceux de Spiderman amenèrent à que chaque de ces orphelins devînt un super-héros et en revanche la mort du petit Braden fut une libération après tant de souffrance physique.

Ce n'est pas loin de ce que l'écrivain Oscar Wilde avait imaginé en 1888: le prince heureux suppliant l'oiseau de lui arracher les yeux pour donner de la vie aux malheureux et aux malades malgré l'injustice inexorable de l'humanité car le corps du prince est incapable de freiner la misère. C'est dans le héroïcité et la persistance de la lutte où l'imagination de Wilde et celle de la jeune mère se valent parce que Staci Denton ne voulait pas que son fils cessât de rêver, de fantasmer autant que le prince heureux de Wilde, même après que les poumons de l'enfant cessèrent de respirer. 

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Olympe de Gouges est née le 07 mai 1748. Personnalité presque méconnue de l'histoire de la Révolution Française, son dévouement aux droits de la femme et la citoyenne et son opposition à la dictature de Robespierre l'amenèrent à la guillotine. De Gaulle, Simone Veil et Lucien Neuwirth, des républicains convaincus, continueront sa tâche depuis l'Assemblée Nationale, face de la place qui vit mourir Olympe de Gouges en 1793.

Olympe de Gouges, une révolutionnaire restant inconnue

Des places et des rues ont été baptisés à son hommage. Les partis politiques s'accrocheraient pour chacun des cheveux de Jeanne d'Arc s'ils pouvaient trouver quelque chose lui ayant appartenu. Par contre, Olympe est mille fois moins connue que Jeanne malgré sa lutte et son affrontement vis - à - vis à la dictature de Robespierre. Quelle est la raison de cette disparation? On dirait qu'après la décapitation, les jacobins l’eussent brûlée.

Elle gêne encore parce qu'elle n'eut aucune fascination pour quelque roi, quelque prince et quelque homme politique que ce soit, d'autant plus qu'elle ne se rallia à aucun parti comme la girondine Madame Roland le fit. Encore pire, elle ne fut pas une patriote défendant l'orgueil national d'une patrie accablée, car elle ne fut qu'une simple citoyenne étant plus intéressée aux droits des individus qu'à la haine farouche contre l'Autriche ou l'Angleterre, ennemies hargneuses de la Révolution Française qu'elle défendait au même titre qu'elle essayait de mettre de son côté à Louis XVI, monarque déchu et mal-aimé. Quel genre de stratège était cette émancipatrice qui ne cherchait pas une tanière pour se cacher de ses ennemis et elle aura à payer les conséquences de sa témérité en permettant que sa tête fût coupée sous les yeux des jacobins voulant sa disparation lors de la chasse aux sorcières de Robespierre.

De Gouges: Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

En 1791 elle s'occupa à rédiger la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Très intellectuelle et très hardiesse, Olympe dédicaça cette oeuvre à la reine Marie-Antoinette pour la convaincre que lors de la Révolution Française, il fallait se soumettre aux changements à fin de que tous pussent survivre. Olympe était vraiment naïve. Est - ce qu' elle n'avait pas entendu les rumeurs? Est-ce qu'elle n'était pas au courant de que la reine voulait l'intervention de la Prusse et l'Autriche pour torpiller la révolution? 

Vote pour les femmes

Est-ce que la France devait devenir une république ou pas? Cela fut toujours le sujet pour lequel elle se sentait concernée et ce fut l'une des raisons du référendum qu' elle exigea en 1791 et qui ne se produira jamais.  Quelle était le but de tenir ce scrutin? Elle voulait naïvement que les femmes pussent décider l'avenir de la France, néanmoins elle avait tort car peu de femmes la soutinrent dans ce projet n'ayant aucun sens dans une époque où les femmes auraient voté en majorité au détriment de la république et au profit du clergé. 

Au titre de cette réalité aucune constitution française n'osera jusqu'en 1944 adopter le droit de vote des femmes.  Mais tout en ayant la Marianne pugnace comme emblème de la république, la femme de ce régime était manifestement une cuisinière sans aucun droit de vote, toujours soumisse, asservie dans l'Assemblée Nationale. 

Veil et l'interruption volontaire de grossesse

Trente ans après la promulgation du droit de vote, une femme siégeant à l'Assemblée Nationale se fera remarquer par sa bravoure et ce n'est pas le hasard qu'en sortant par la porte principale, en descendant les escaliers on se trouve justement face à la place de la Révolution où Olympe de Gouges fut guillotinée. Si l'on rentre, si l'on voyage dans le temps vers 1976, on verra sur la tribune à Simone Veil, ministre de la Santé, celle qui est en train de demander la dépénalisation de l'avortement.

Cette dame avouera qu "'aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement" et pourtant tel que le président Valéry Giscard d'Estaing venait de dire, il fallait moderniser la France pour qu'elle pût survivre. Presque 200 ans auparavant, De Gouges cherchait le même but, l'évolution d'une société, plus de droits à condition de que les femmes fussent maîtres de leur vie à la façon dans laquelle Simone Veil, avec de la ténacité, essayait de vaincre le tribunal réactionnaire qui voulait faire bloc a son projet de loi.

Il faut citer qu' en 1793 lorsque Olympe de Gouges fit savoir qu'elle était enceinte aux jacobins, la Première République ne s'apitoya pas et l'envoya à l'abattoir. Au XIXème siècle ayant 266 ans Olympe se balade sur cet ancien abattoir devenu Place de la Concorde et s'assoie sur un banc avec la tête sur son giron qui nous fait penser qu'il s'agit d'un nourrisson mort. 

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Olympe de Gouges est née le 07 mai 1748. Personnage presque méconnue de l'histoire de la Révolution Française, son dévouement aux droits de la femme et de la citoyenne et son opposition à la dictature de Robespierre l'ont amené à la guillotine. De Gaulle, Simone Veil et Lucien Neuwirth, républicains convaincus, continueront sa tâche depuis l'Assemblée Nationale, en face de la place que la vit mourir en 1793.

Olympe de Gouges: 266 ans depuis de sa naissance

07 mai 2014: Olympe de Gouges se balade à l'emplacement du Panthéon très près du Parc du Luxembourg. Elle vient d'avoir 266 ans mais peu de personnes l'ont félicitée. Bien que la situation politique actuelle est loin des événements de 1793, l'ingratitude est restée intacte.

Quand Olympe naquit en 1748, son père ne la reconnut pas. Elle fut une bâtarde de plus dans un monde du XVIIIe siècle où les femmes n'avaient aucun droit. Élisabeth Ire, "Reine Vierge", ou Isabelle la Catholique pouvaient parfaitement régner en Angleterre ou en Espagne et parallèlement on pouvait les empoisonner ou les cadenasser à vie dans un château. Elles incarnaient le role de la soumission. 

Tandis qu'elle était injuriée et huée par les femmes, l'ancienne reine Marie - Antoinette demandait pitié: « Je ne répondrai pas parce que la nature elle-même rejette une telle accusation. J'appelle à toutes les mères qui se pressentent ici. Je vous appelle ». La seule qui répondit à son cri est Olympe de Gouges, mais elle fut aussi ligotée en face du Tribunal Révolutionnaire, traînée dans la boue.

Olympe de Gouges: non au mariage, non à l'esclavage

La plupart des hommes orphelins ont une attirance pour les hommes plus âgées. Par contre, Olympe, orpheline, ne voulut jamais se marier. Néanmoins on lui imposa d'épouser un boucher grossier qu'elle méprisait. Suite à la mort de ce monstre, elle se consacra pleinement aux lettres, délivrée du châtiment du mariage.  Puis elle écrira une pièce de théâtre en faveur de la liberté des mulâtres. Rien d’étonnant car elle se considérait une esclave.

Avant qu'une fille américaine connue Harriet Beecher Stowe ne commençât à rédiger « La Case de l'oncle Tom » et fût la responsable de la guerre civile américaine (1861 – 1865), Olympe de Gouges avait déjà prôné qu'il fallait réformer la Première République française en accordant la liberté aux noirs.

Tous ses efforts cherchaient à empêcher un retour humiliant à une autocratie napoléonienne (1804), puis une nouvelle monarchie (1815) et finalement à une autre autocratie étouffante (1851). Olympe fut en quelque sorte plus radicale que Robespierre et fut elle la vraie incorruptible.

Olympe n'eut pas la chance de naître sous la République américaine. Tant pis pour elle, elle vit émerger une République française prête à s'acharner sur tous ceux qui demandassent de la modération. Est-ce que dans l'histoire américaine fut -il envisageable d'envoyer George Washington à l'échafaud, agenouillé vis-à-vis de la guillotine? 

Olympe de Gouges: mariage, acte civil et referendum

Elle disait que le mariage était le tombeau de l'amour et elle prônait que l'Assemblée Nationale fît voter une sorte d'acte civil que l'on connaît à partir de 1999 comme Pacs. Est-ce qu'elle aurait été dans la marche des fiertés pour le mariage homosexuel?

C'est une question sans réponse mais c'est sur qu' elle n'aurait jamais fait partie des manifestations catholiques qui cherchaient à barrer la route à cette loi. Olympe était une libérale d'acier et elle dénonçait amèrement que le pire ennemi d'une femme émancipée était une autre femme répressive. La guillotine était, à vrai dire, du sexe féminin.

Mais si le mariage, conduit par un curé du sexe masculin, était le tombeau de l'amour, sa passion excessive fut l'élan qui la poussa au bord d'un goufre qui donnait sur une fosse commune.

Elle fut guillotinée par la Première République place de la Concorde et accusée d'échapper à ses tâches appartenant exclusivement à son sexe. Elle venait de prôner que la France décidât son destin par biais d'un référendum.

Ironiquement tout au long de son histoire, la France a eu recours au référendum à plusieurs fois.

 

Quand le peuple voulut le départ de de Gaulle, il vota contre le referendum de 1969; quand il voulut rejeter la Constitution Européenne, il vota contre en 2005.

On a envie de dire à Olympe de Gouges qu'il n'y a rien à craindre de la Cinquième République. Elle ne la guillotinerait plus, elle ne s'élancerait plus sur elle comme un vampire. Il y a eu tas de changements dans ce pays. Olympe de Gouges aurait du mal à le reconnaître. Sauf une chose reste perdurable... l'ingratitude.

De Gaulle: la dépénalisatiode la pilule contraceptive

Face à Olympe de Gouges, se trouve de Gaulle, symbole de la Cinquième République, qui aimait le référendum autant qu'elle pour renforcer son pouvoir sans violer la Constitution.

En 1967, malgré son côté conservateur, cette France gaullienne, grâce au député Lucien Neuwirth, fit adopter la dépénalisation de l'usage de la pilule contraceptive.  Les femmes pouvaient choisir librement. Il était déjà possible qu'elles pussent être patronnes de leur corps. Olympe aurait eu 219 ans quand la loi fut promulguée.

La France donnait la parole doucement aux femmes, loin de la humiliation de la Terreur qui finit avec la vie d'Olympe en 1793. Comme la plupart des exécutés, la tête d'Olympe fut placée au milieu de ses jambes, comme si sa tête s'agissait d'un nourrisson. Les deux, le corps et la tête coupée, aboutirent sur une charrette qui, selon les témoins, les transporta à une fosse commune. Mais Olympe ne fut pas la seule à être assassinée au nom de la liberté.

Quand elle était devant le Tribunal Révolutionnaire en novembre 1793, personne ne put l'aider. Aucun homme si courageux n'osa la sauver. Rien d'étonnant. Un mois avant cette même bande de soudards du Tribunal Révolutionnaire accusa Marie - Antoinette d'avoir couché avec son propre fils. Le petit Louis XVIII, fut forcé à calomnier pour que la reine n'eût aucune échappatoire. La même société obligeait les femmes à voir des enfants et avait aussi le droit de les injurier.

Tous savent qu' Olympe était enceinte lors de sa décapitation en 1793. Elle le fit savoir au Tribunal Révolutionnaire et la réponse fut un éclat de rire. Elle mentait à leurs yeux. En tout cas, en sachant qu'elle disait la vérité, les révolutionnaires trouvèrent mieux qu'il fallait se défaire de toutes les traces que Olympe pût laisser sur la face de la terre: son cerveau et ses entrailles.

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Ce fut un coup des œillets... pour démolir une dictature qui avait monopolisé le pouvoir depuis 1926. Le régime se renforça en 1933 en fondant l'Estado Novo. En réalité, c'était un état suranné, usé, vieillot, qui ne connaissait pas l'industrialisation, un état dépassé qui ne pouvait plus repousser les forces africaines.

Le 25 avril 1974 des généraux putschistes, par le biais d'un coup d'État, démarrèrent une transition démocratique. Aucun complice de Salazar ne fut traduit en justice. Tel que l'Espagne franquiste avec les souteneurs du "caudillo". Horrifié "el generalisimo Franco" tentera de « redresser » le Portugal.

Arias Navarro prêt à réinstaurer la Seconde République de Caetano 

En 1974 la dépouille de Salazar était peut–être à 300 mètres sous terre. Mais ses prières arrivèrent au surface et furent bien exaucées.

À l'issue de son décès en 1970, Salazar fut succédé officiellement par Marcelo Caetano, politicien aussi incapable de prendre une décision que Carlos Arias Navarro, le premier ministre de Franco.

En revanche Arias Navarro pouvait être un lâche, mais il ne cessait pas de rêver de l'Espagne impériale. Et le coup d'État à l'encontre du régime de Caetano fut le moment décisif. Si Caetano n'était pas capable de laminer cette bande de militaires de gauche, l'armée portugaise pouvait compter sur lui. C'était lui qui dirigeait l'Espagne à ce moment-là. Franco était plus concerné à faire des allers et retours à l'hôpital en essayant de faire retarder sa mort imminente. 

Grandola Vila Morena: le putsch éclate

Le 25 avril la radio portugaise transmit la chanson "Grandola Vila Morena", signal du Mouvement des forces armées (MFA), pour annonce le pronunciamiento contre la Seconde République d'extrême droite.

Une sorte de putsch comme celui qui s'est passé en France en 1958, mais réalisé par des militaires de gauche. Il faut différentier que tandis que l'armée française exigeait que la France résistât à l'indépendance de l'Algérie, la portugaise réclamait que le pays signât sa reddition.

Quand même, les deux ont fait une décolonisation ratée. La France s’apprêtait à quitter l'Algérie en laissant les pieds-noirs, dans un milieu hostile. Le Portugal, aveuglé avec des œillets devant les yeux, n'était pas capable de protéger les citadins portugais, coincés au Cap Vert, en Guinée- Bissau et au Mozambique. La dictature en Afrique, plus cruelle que celle de Salazar, s'emparera de tous ces pays émancipés. Les œillets révolutionnaires n'ont pas de cervelles. Ils n'ont qu' une tige et les pétales

« Le coup des œillets » avait un but démocratique, bien entendu. mais il n'était pas concerné d'empêcher un bain de sang hors de la métropole. On sauvera Portugal tandis que ses anciennes provinces seront saccagées, rasées, rendues à la barbarie et à la folie. On ne trouve pas d'œillets dans aucun drapeau africain.

Spinola et le Mouvement des Forces Armées

Tandis qu' en 1958 de Gaulle évita, en quelque sorte, que le coup d'État réussît, le général portugais, Spinola, joua un rôle controversé. Il rassura à l'armée deux choses: que le Portugal renoncerait à ses colonies d'outre - mer et parallèlement que le Portugal ne ferait place jamais au socialisme. Spinola ne tint pas sa parole tandis qu' Arias Navarro, de l'autre côté, étant terrifié de voir comme le Portugal virait à gauche à toute vitesse, proposa aux États-Unis d'intervenir pour redresser le Portugal.

L'Amérique ne s’avéra pas intéressée et l'offre d'Arias Navarro fut rejetée. Quand même, en 1976 le Portugal instaure la Troisième République et approuve une Constitution pleine d'idées socialistes.

Le Roi Juan Carlos I, pragmatique, malin et convaincu qu'il fallait affermir la monarchie, il fit approuver une Constitution moins révolutionnaire que celle du Portugal et au même temps sans attiser la haine de la gauche qui se méfiait de lui. Ainsi le Roi espagnol renvoya son ministre Arias Navarro et le remplacera par Adolfo Suárez.

Suárez et le roi n'essaieront pas de se mêler des affaires portugaises et ainsi le soulèvement des œillets continuera son procès sans aucune intervention étrangère. Pourtant le Portugal comme un réfugié de guerre, prit la fuite et quitta l'Afrique en pleine folie révolutionnaire.

Le Mozambique, le Cap- Vert et la Guinée-Bissau: qu'est devenue la Révolution des œillets?

Une partie, plus de la moitié du Portugal, le Portugal africain avant 1974, n'a jamais pu sentir l'odeur alléchante des œillets. Ils ne pousseront jamais en Afrique. 

Un homme jaloux dirait que les œillets, en tout cas, n'ont rien de révolutionnaire. Ils ont des tiges; mais elles ne bougent pas. Elles restent enchaînées à leurs racines jusqu'à leur mort. Cela c'est l'esclavage des œillets.

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Ce fut un coup des œillets... pour démolir une dictature qui avait monopolisé le pouvoir de 1926 à 1974. Le régime se renforça en 1933 en fondant l'Estado Novo. En réalité, c'était un état vieillot qui ne connaissait pas l'industrialisation, un état nabot, qui ne pouvait plus repousser les forces africaines.

Le 25 avril 1974 des généraux putschistes, par le biais d'un coup d'État, essayèrent de démarrer une transition démocratique sans traduire en justice tous ceux qui s'étaient adhérés à la dictature. Franco horrifié tentera de « redresser » le Portugal.

Portugal et l' "Estado Novo"

Avant le coup d'État, le Portugal refusa de suivre l'exemple de la France qui dût renoncer a son passé colonial. Mais la France n'a pas de temps pour donner des leçons de morale. En 1974 après le décès du président Pompidou l'appareil politique français s'avère plus concerné à empêcher que le socialiste François Mitterrand, l'emporte la présidentielle.

Après le putsch, la dictature de Franco propose aux États- Unis d'envahir le Portugal et piétiner les œillets. Arias Navarro, premier ministre espagnol, assure une victoire, comme celle du 1er avril 1939. 

Salazar

Le Pont Salazar n'existe plus à Lisbonne. Il changea de nom. À partir de la réussite du coup d' État qui eut renversé le régime dictatorial, le gouvernement le rebaptisa Pont du 25 avril. 

Salazar n'eut pas d'enfants. Aucune épouse non plus. Bien que sa devise nationale disait clairement « famille », il ne se maria jamais. Il se diférentia des autres dictateurs voulant s'apparenter avec un être mythologique ou surhumain. Il était l'austérité au sens propre. 

Qui était Salazar? Il était le grand allié de Franco et en même temps, son ennemi fraternel. Un stratège qui aimait les fleurs et les livres, plus cultivé que Francisco Franco (quelque chose de facile) qui raffolait de la chasse. Salazar le regardait de haut en bas. Franco, à ses yeux, était vraiment pittoresque.

On n'imagine pas Franco à côté des fleurs, sauf dans son cercueil, bien entendu. Salazar, par contre, détestait l'armée et ne créa jamais un mouvement de masses comme Hitler et Mussolini. 

Il dormait tout seul. Il avait des cauchemars comme d'habitude. Dans les années 30, son premier cauchemar était l'invasion par l'Espagne. Si Franco l'avait faite, le Portugal aurait été en péril d'un possible Anschluss

Portugal, avant les œillets

Franco, en profitant de ses négociations avec l'Allemagne, aurait pu oser traverser les frontières avec une autre Legión Azul, Légion Bleue, et annexer le Portugal comme une province naine. Pourtant l'Espagne était très épuisée, après trois ans de guerre civile. Elle n'en pouvait plus et elle ne se reposait que pour fusiller la résistance républicaine. Dépenser plus d'armes à fin d'élargir le pays pouvait disperser los nacionalistas, affaiblir son régime et créer deux fronts de combat. Il ne valait la peine aucune invasion. Après tout, le Portugal accomplissait ce qu'il fallait faire en faveur du régime de Franco: c'est à dire, extrader des exilés républicains qui tentaient d'échapper de l'épée franquiste.

Néanmoins, la crainte de Salazar se justifiait. Trente ans plus tard l'Espagne franquiste envisageait d'envahir le Portugal si c'était nécessaire. Arias Navarro, le premier ministre de Franco, rêvait de le faire.

L'avis de Salazar ne comptait plus. Le franquisme attendait la réponse positive des États-Unis. Sous la peau d'un lâche, après avoir échoué avec la chétive Legión Azul en URSS, l'Espagne tentait d'écraser une autre république... la Seconde République portugaise.




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Adolfo Suárez, l'homme qui réussit à sortir l'Espagne de l'isolement en Europe en 1977, est décédé. Les funérailles furent pompeuses. Il ayant lutté pour conserver la monarchie et créer un système de partis, ne put pas voir la fin de sa création. Il était atteint d’Alzheimer. Le cynisme des maladies.

Il y a une ressemblance entre le jeu d'échec et la transition démocratique espagnole. Le cavalier a été pris. On a que le roi, la reine et le peuple que l'on peut surnommer « pions »., Les indignés réclament l'arrivée de la république. Le roi n'a plus son cavalier qui puisse défendre ses intérêts.

Fin de Suárez.. à suivre... la fin de la monarchie

Le roi assista aux funérailles de Suárez, son ex-président de gouvernement. Le seul qu' il put nommer. Les autres seront élus par le peuple, Le roi ne connaîtra jamais le sentiment d'être élu au suffrage universel. À son âge cela ne semble pas plausible. Tôt ou tard il suivra l'exemple de Suarez: s'en aller.

Le 3 juillet 1976 il chargea Adolfo Suárez de l'aider à démocratiser le pays en le nommant premier ministre. Cela lui permettra à assurer sa place sur le trône. Il fallait dissoudre l'Assemblée Nationale franquiste. Il fallait que le roi ne le fasse pas.

Suárez: la dissolution de l’indissoluble, l'Assemblée de Franco

Après que l'Assemblée, las Cortes, eut voté pour la loi pour la réforme politique le 15 décembre 1976, le peuple en majorité soutint la décision de convoquer les premières élections depuis 1936. Suárez semble être plus efficace que l'on avait imaginé. Tout se déroula tel que le roi et Torcuato Fernandez Miranda l'eurent envisagé. Mais qu'est - ce que les parlementaires franquistes reçurent en échange afin de se supprimer eux-mêmes?

Est - ce que les députés acceptèrent à perdre leurs privilèges et se faire licencier pour laisser leur place à une bande de communistes comme la Pasionara, Alberti et Carrillo? Tout a un prix dans ce monde. Suárez avait du talent pour négocier. Il appela le neveu de l'égérie de la Falange, José Antonio Primo de Rivera, pour qu'il présentât la loi aux membres de las Cortes. Bonne combine. Est – ce que quelqu'un aurait osé traiter Miguel Primo de Rivera y Urquijo de communiste?

La loi pour la Reforme Politique ne cherchait qu’établir deux partis majoritaires qui éclipseraient les "petits" partis.

Les partis principaux ayant conformé cette alliance furent le PSOE de Felipe González qui regroupait la gauche monarchiste, et son rival, un parti de droite bien maquillé qui pouvait bien abriter sous son aile à tous qui eussent voté pour cette loi que le roi voulait faire passer à tout prix. En tout cas, les députés franquistes siégeraient au Sénat afin de reprendre leurs privilèges.

Fin de las Cortes: voyage du Congrès des députés au Sénat

Par exemple, Miguel Primo de Rivera y Urquijo, qui semblait très persuadé que c'était l'heure d'élire leurs autorités au suffrage universel, fut nommé sénateur par le roi en 1977. Il ne fut pas le seul à être récompensé. Ainsi Torcuato Fernández Miranda, rédacteur de la Reforme, quatre ministres franquistes soutenant la dissolution des Cortes comme Marcelino Oreja Aguire (Affaires Étrangères), Rodolfo Martín Villa (Interieur), Landelino Lavilla (Justice) et Ignacio García López, (Secrétaire général de la Falange) et le procurateur Juan de Arespacochaga y Felipe réussirent à siéger au Sénat tel qu'il leur fut promis.  

Est -ce que ce fut un hara-kiri ou une résurrection pour se plier aux désirs démocratiques d'une Espagne exigeant un changement?

Sa majesté savait remercier les services prêtés à la Nation. Suárez avait tenu sa parole. Au contraire, Pilar Primo de Rivera, une autre franquiste, sœur du fondateur de la Falange, s'abstenant de voter pour la loi, ne fut pas réélue en 1977 et le roi ne lui donna aucun poste. Suárez lui avait prévenue. Il fallait que tous se soumissent à ce changement politique. Blas Piñar, un autre franquiste membre de las Cortes qui osa voter contre la loi sera balayé lors des premières élections du 15 juin 1977. Aucun siège au Sénat ne lui fut accordé. Aucune décoration royal non plus.

Voyage de las Cortes franquistes au parti de la droite franquiste, Alianza Popular

Par contre la droite franquiste d' Alianza Popular; fidèle au roi, réussit en 1982 à se recycler en obtenant 107 sièges au Congrès des Députés et 54, au Sénat.

Tout bien structuré. Le plan de Torcuato Fernandez Miranda, idéologue et rédacteur de ce projet démocratique, marchait à fond. En 1980 il est décédé d'une crise cardiaque mais il put se réjouir de voir son œuvre presque achevée grâce à Suárez et son astuce.

À ce point - là, Suárez demanda à son « ennemi » et son associé dans la Transition. Santiago Carrillo, le leader du Parti Communiste de le taxer d'anticommuniste dans une interview qu'il fallait qu'il soit publiée et lue par les franquistes qui détestaient le premier ministre. Il fallait feindre qu' entre Suárez et Carrillo existât une relation de méfiance. C'était claire. Juan Carlos avait recruté l'homme parfait.

Pourtant la mémoire de Suárez commença à le trahir en 2005. Tous les hommes qu'il avait fréquenté disparurent de son esprit . Même le Roi. Même la Constitution qu'il soutint lui semblait un dossier de papiers sans aucun sens. Même les visages ingrats de tous ses opposants politiques qui le trahirent et exigèrent sa démission en 1981.

On dit qu' Adolf Hitler le nazi devint aveugle après la défaite de l'Allemagne en 1919. Adolf Suarez le bon devient aveugle en quelque sorte: comme si quelqu'un avait vidé sa tête de tous les bons et méchants personnages qu' il avait croisés. C'est vrai que le roi cherchait quelqu'un de remplaçable. Tous les hommes sont à la fin remplaçables.

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Adolfo Suárez, l'homme qui réussit à sortir l'Espagne de l'isolement en Europe en 1977, est décédé. Les funérailles furent pompeuses. Lui ayant lutté afin d'affermir la monarchie et d'établir le bipartisme ne vit pas les derniers jours de sa création. Il était atteint d’Alzheimer. Cette maladie cynique réussit à qu'il ne pût pas se souvenir de quelque événement que ce soit.


Il fut l'une des dernières pièces de ce jeu d'échec intitulé "Transition espagnole". L'ancien premier ministre, ancien cavalier, est disparu. Il reste  que le roi, la reine que l'on peut surnommer des « pions ». La gauche indignée exige l'arrivée de la république. Le roi n'a plus son cavalier qui puisse défendre ses intérêts.



L'arrivée d'Adolfo Suárez, l'homme qui réussit à montrer le bon côté de la monarchie du roi Juan Carlos

Adolf le bon fut nommé président du gouvernement le 3 juillet 1976 . Il ne fut pas le premier choix. Le franquiste Torcuato Fernando de Miranda ne voulait reprendre ce poste - ci et préféra rester comme président de l'Assemblée nationale espagnole, Las Cortes.

Le roi (38 ans) qui était plus jeune qu' Adolf le bon (43 ans) n'avait pas d’expérience politique quoiqu'il eût pris le poste de Franco pour quelques temps pendant la maladie de Franco. Juan Carlos n'avait pas d'autres candidats. Il fallait que ce fût le jeune Adolfo Suarez. Qui d'autre pouvait conduire les réformes nécessaires pouvant assurer la survie de la monarchie? Son aïeul Alfonso XIII fut chassé après d'avoir été battu dans les urnes. Il fallait gagner dans un référendum qui approuvât la monarchie constitutionnelle. Qui d'autre aurait le courage de convoquer des élections interdites par les militaires? "Adolf le bon", répondit Torcuato Fernandez de Miranda.

Adolf le bon, Adolf le méchant

Le dessinateur Osamu Tezuka, créateur de la bande dessinée Adolf, raconte l'histoire des Adolfs, deux garçons portant ce prénom, qui se connaissent durant l'arrivée d'Adolf Hitler, et dont leur vies vont les entraîner à une spirale particulière. Adolfo Suárez est le seul Adolf réputé dans l’échiquier politique espagnol tandis que Adolf Hitler est le seul Adolf autrichien qui réussit à se faire remarquer en Allemagne. Adolfo est un prénom si singulier.

Juan Carlos connaissait Adolfo Suárez quand il était gouverneur de Segovie, mais on ne pouvait pas assurer que son prochain premier ministre fît partie de son cercle. Pourtant, il y eut un pont en commun entre les deux: Torcuato Fernández de Miranda. Le prince héritier était un homme jovial mais méfiant en même temps en ce qui concernait sa vie privée. Il comptait toujours sur Fernández Miranda.  La méfiance de Juan Carlos était facile à comprendre. Il avait vécu la chute de quelques ex-premiers ministres qui firent rien afin de faire preuve de leur sagesse et leur fidélité à son égard.

Voilà la liste des limogés: l'ancien président du gouvernement... Carrero Blanco qui fut assassiné après d'un attentant terroriste d' ETA en 1973. Le pire de tous... Arias Navarro suggérant aux États- Unis d'envahir le Portugal pour piétiner la révolution « communiste » des Œillets.

Tas d'incompétents qui se sont volatilisés. Habitué à être trahi, le roi Juan Carlos nomma Suárezqui n'osa jamais à le mettre sur écoute tel que son ancien président du gouvernement Carlos Arias faisait à son insu.

Quelles furent les leçons à en tirer? Le roi savait parfaitement qu'il n'était pour l'invasion du Portugal et qu'il fallait se protéger le plus possible des attentats de l’extrême droite et de l’extrême gauche.

Dissoudre l'Assemblée franquiste: adiós a las Cortes


Compte tenu de l'engagement de Torcuato Fernández Miranda de mener la transition depuis l’intérieur et en coulisses, le roi Juan Carlos procura les moyens à Adolfo Suárez pour qu'il pût s'en servir et mettre en place le démantèlement de l’extrême droite au pouvoir.  Le 3 juillet, il prit volontiers son nouveau poste après d'avoir quitté le secrétariat général de la Falange. Une journaliste évoqua que lors d'une interview avec le nouveau premier ministre elle avait remarqué qu'il avait placé un exemplaire du journal officiel Alcazar dans la corbeille.

Dissoudre la Falange, soyez bienvenu l'UCD



Sous son mandat Suárez changea de camp sans se mettre à décrypter la pensée à son égard de ses anciens collaborateurs. En tant que secrétaire général de la Falange, il fut en charge de gérer un parti de racines fascistes contrôlant le pays. Quelques années plus tard, en tant que président du gouvernement il fallait arracher le pouvoir a ce même parti pour lequel il avait travaillé comme un forcené quelques mois avant. Il fallait dissoudre, faire diluer la Falange de sang froid. 

Suite à la disparation de cette organisation, Adolf l'ancien falangista ne comptait plus avec un parti qui pût le soutenir.  Quoi faire? Qui allait voter pour lui? En tout cas, il aura les moyens afin de s'en sortir. Il restait encore un an pour le scrutin du 15 juin 1977. Son nouveau parti constitué de tout ce qui a resté de la Falange s'appellera l'UCD (Unión de Centro Democrático)

Le communisme légalisé

Mais ce n'est pas tout. Quelques jours après, le 9 avril 1977 avant la fête de Pacques il fit légaliser le parti communiste! Aux yeux de l'extrême droite cette décision était une grosse atteinte contre le régime, comme célébrer un sabbat pendant la chasse des sorcières. Mais la main de Suárez ne tremblait pas. L'armée était indignée. De quel côté était cet homme nommé par le roi Juan Carlos? Est - ce qu'il avait oublié tout ce que le communiste Santiago Carrillo et ses camarades firent pendant la guerre civile à Paracuellos et ailleurs? Lors de la transition il fallait oublier. Le "traître" Adolfo Suárez oubliera d'autres choses quelques années plus tard. Même son propre prénom.

On dirait qu'il s'était échappé dans un notre pays lointain... comme la légende racontant que son homonyme Adolfo Hitler, l'autrichien, s'était enfuit vers l'Argentine en cherchant l'oubli. 

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Adolfo Suárez, l'homme ayant réussi à sortir l'Espagne de l'isolement en Europe en 1977, est décédé. Les funérailles furent pompeuses. En essayant de se battre afin de conserver la monarchie et créer un système de partis, il finit marginalisé au cœur de la politique en 1982. Au fil de sa vie il était atteint d’Alzheimer. Cette maladie cynique ne lui permit pas d' apprécier son œuvre au péril de s'écrouler. Tant mieux.

Il était la dernière pièce franquiste dans ce jeu d'échec que l'on a titré "Transition Démocratique espagnole" après la mort du dictateur Franco. Sans ce cavalier - ci hors de l'échiquier politique, il nous reste que le roi, la reine et le peuple que l'on peut surnommer « pions ». Les républicains indignés, réclament l'arrivée de la république. Le roi ne compte plus sur son cavalier qui s'employa à défendre ses intérêts.

Suárez nommé grâce à Torcuato Fernández Miranda

 

Suárez, l'architecte de ce que l'on connaît comme transition démocratique en Espagne, est mort le 23 mars.

En 1976 il était de l'autre côté, en dehors du cercueil, à côté des pleurnicheurs d'extrême droite  qui regrettaient la mort de Franco. À ce moment là, à quoi pensait-il Suárez?

La présence de Pinochet l'aurait -il intimidé? Pensait-il Suárez déjà à prendre le rôle de son chef Carlos Arias Navarro?

Tandis que les dépouilles de Franco aboutirent au Valle de los Caídos (la Vallée des tombés), Suárez était le secrétaire de la Falange, le seul parti permis par le régime, tel que le Parti Communiste en Chine. Quel aurait t-il l'avenir de cet homme ambitieux si Arias Navarro, ami fidèle de la veuve de Franco, Carmen Polo, n'eût pas été aussi incapable de mettre en œuvre la Transition? Navarro n' était pas à la hauteur et le roi le fit démissionner sans scrupules. Cela fut l’élan qui propulsa Adolfo Suárez au premier rang.

La stratégie pour désactiver une bombe est tout d'abord la capacité d'en construire une. Suárez était un grand connaisseur du système corporel de la dictature comme un jeune médecin connait par cœur le corps humain. Quel organe saignerait le moins s'il fallait tuer un patient de la meilleure manière possible?

Suárez était fort dans ce domaine avant d’être nommé président du gouvernement en 1976. Torcuato Fernández Miranda, l'autre franquiste ambitieux, parla bien de lui auprès du roi Juan Carlos pour mettre en place son plan: se débarrasser de l’extrême droite, créer un bipartisme et marginaliser l’extrême gauche.

Afin de convaincre l'Assemblée Nationale franquiste, las Cortes, de se dissoudre sans contester ce projet politique Suárez comptait sur Torcuato Arias Navarro. Il était inconcevable que deux franquistes convaincus pussent proposer une dissolution à las Cortes? Arias, l'ancien premier ministre, n'osa pas risquer sa vie et s'engager dans un plan suicidaire de tel ampleur. Comment réussir sans faire soulever l'armée?

La mission de dissoudre l'indissoluble, "las Cortes"


Avant le Noël de 1976, le peuple espagnol devait voter "Oui" ou "non" pour le référendum qui voulait déterminer si la plupart des Espagnols étaient d'accord avec la légalisation des partis politiques et la mise en place de la liberté de presse. Mais d'abord il fallait que l'Assemblée fît approuver ce projet libéral. C'était la seule clé qui permettait d'entrer dans cette serrure rouillée, étroite et décorée d'emblèmes franquistes. C'est vrai qu'en cas de résistance, le roi lui - même pouvait faire dissoudre las Cortes. Mais ce décret - loi pouvait aboutir dans un soulèvement militaire. 

C'était une manœuvre si risquée. D'une part, il ne fallait pas aller plus vite malgré les grèves et les assassinats d' ETA et de l'autre, il ne fallait pas permettre l'affermissement du régime.

Habituellement les clés peuvent ouvrir une porte en tournant à gauche et cela ne fut pas l'exception. L'anticommuniste Suárez, tel qu'il sera appelé par le gauchiste Santiago Carrillo, décida de tourner à cette direction pour démanteler le système à laquelle il était si fidèle. La droite enragée le taxera de complexé et peu cultivé. "La droite a honte d'être de droite. C'est la faute de Suárez" écrièrent ses détracteurs.

La plupart des historiens affirment la thèse que Suárez offrit une épée à las Cortes pour qu'elles - mêmes missent fin à leur vies. L'armée fut invitée à témoigner d'un spectacle sanglant. A vrai dire, l’opération Hara-kiri ne fut jamais mise en place. Cela fait partie de la légende urbaine d'Adolf le bon. On voyait ce qu'il voulait.

Hara- kiri franquiste ?

Hara- kiri franquiste ?

Ce 18 novembre 1976, 425 sur 497 "procuradores" ou députés de l'Assemblée franquiste approuvèrent la loi pour la réforme politique de telle sorte que l'Etat convoquât des élections, les premières après plus de trente ans.  Le degré de provocation est scandaleux et honteux... Il suffit de remarquer la date choisie de cette opération: deux jours avant la première commémoration de la mort du dictateur. Mais pourquoi le sang ne coula pas sur les marches de l'Assemblée? Pourquoi la guerre ne se déclencha pas? Qui la fit stopper?

Ce fut la grande victoire d' Adolf le bon, l'autre visage du prénom Adolf. Il réussit que les deux lions, Daoiz et Velarde érigés à l'entrée de l'Assemblée n'arrivassent pas à dévorer la moitié des procuradores qui pendant quarante ans cautionnèrent tous les crimes de Franco. Personne n' payé leur trahison. Adolf le bon, fut un bon dompteur de bêtes. Il fut un grand prestidigitateur aussi tel que l'on verra plus tard.


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Adolfo Suárez, l'homme qui réussit à sortir l'Espagne de l'isolement en Europe en 1977, est décédé. Les funérailles furent pompeuses. Il ayant lutté pour conserver la monarchie et créer un système de partis, ne put pas voir la fin de sa création. Lors de ses derniers jours il était atteint d’Alzheimer: le cynisme des maladies.

La dernière pièce franquiste sur l’échiquier que l'on connait comme Transition Démocratique fut prise. Ayant le cavalier disparu il nous reste que le Roi, la Reine et les autres pions. Les indignés réclament l'arrivée de la Troisième République, d'autant plus que le Roi n'a plus son cavalier qui puisse défendre son régime.

Suárez et Juan Carlos, deux hommes ambitieux

Les hommes et les femmes qui firent sa connaissance assurent qu'il était assoiffé de pouvoir. Mais le roi Juan Carlos cherchait aussi quelqu'un de remplaçable. Autant il fut investi en 1976, autant il devra démissionner en 1981. Il fallait qu'il fût remplaçable. Quand même, Suárez était autant ambitieux que sa majesté. Qu'il fût écarté du pouvoir aurait dû blesser son orgueil. Le roi n'eut jamais ce problème. Suárez avait fait approuver la Constitution en 1978... une constitution royaliste valable jusqu'à nos jours.

Les deux Adolf: Suárez et Hitler

Comment est -ce qu'il réussit à se faire connaitre? Avant tout, Adolfo Suárez ne faisait pas partie du cercle Franco, famille quasiment adoptive du jeune Juan Carlos. Les événements se déroulèrent ainsi: avant de devenir ministre, il avait travaillé comme directeur général de Radio Televisión Nacional de España, chaîne que tel que le journal ABC maquillait l'image sacrée du dictateur mourant. Donc, Adolf le bon connaissait la censure et les moyens de museler l'opinion publique dans le silence. Fut - il un collabo avec l'ancien régime? Peut-être on est en face d'un ancien franquiste réformiste qui légalisera les partis politiques et demandera que l'extrême droite se dissolve.

Tous contre Suárez

Depuis 1979, malgré son ambition qui se voyait de loin, Adolfo sera dévoré par des loups: la gauche (Felipe González et Santiago Carrillo), le franquisme sociologique (Fraga, fondateur du PP) et sans hésitation, le noyau dur du franquisme (Blas Piñar).

Le spectacle pour salir son image et pour que ses votants s’habituassent à lui manquer du respect fut télévisé. Cela fut un véritable hara-kiri. L'opposition qu'il a légalisée réussira à le caricaturer comme un homme faible. Les deux extrêmes, PSOE et le post-franquisme, se mirent d'accord que Suárez encombrait. Claudio, l'empereur romain fut empoisonné. Suárez décidera de démissionner en janvier 1981. Il ne bégaya pas lors de son départ. Il était sûr qu'il voulait partir.

Si Franco a dû fixer un rendez-vous avec un Adolf autoritaire qui exigait l'entrée de l'Espagne dans la Seconde Guerre Mondiale, le Roi Juan Carlos eut la chance de s'entretenir avec un Adolf plus réflexif. Pourtant Adolf le bon n'était pas un saint ni une souris au milieu de la jungle.

Est ce qu'il y eut des points en commun entre les deux Adolfs? Si l'Adolf allemand était arrivé au pouvoir du parti nazi, Adolf le bon avait été le secrétaire général du parti unique autorisé par Franco, connu comme Falange Española Tradicionalista y Juntas de Ofensiva Nacional Sindicalista.

Les prénoms partagés par les deux fut un hasard du destin. C'est connu que les deux n'étaient pas de bons élèves. Mais ils montrèrent que les études valent rien quand l'ambition est forte. Et avec celle - là, l'un d'eux fit autodétruire son pays rêvant de devenir un empire, et l'autre fit marcher en avant un pays divisé... sans faire enterrer ses cadavres.

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Sotchi, la ville stalinienne, ne vola pas la vedette malgré les dépenses du peuple russe.

Kiev, capitale de l'Ukraine, ville ensanglantée par la force de Ianoukovitch, eut un destin différent.

 

Ce prochain 23 février tout finira à Sotchi; sauf le régime solide de Poutine qui néanmoins ne réussit pas à éclipser la Révolution Ukrainienne. Une mauvaise nuit pour le président de la Russie lorsque le président ukrainien annonça une trêve avec l'opposition qui veut exorciser le pays de l'influence de Poutine.

 

 

Poutine et les 60 morts à Kiev

 

Poutine est un homme qui veut séduire l'Occident mais à la fois il ne cesse pas de montrer du doigt à l'Europe en l' accusant de créer des complots pour se débarrasser de lui. Une nouvelle force déstabilisante vient de l'Orient, de Kiev, capitale de l'Ukraine, où les drapeaux de l'UE règnent. D'après Poutine, ce symbole est comparable au drapeau rouge de l'Union Soviétique sur le palais du Reichstag en 1945.

 

Cela le pousse à exiger un petit effort au peuple russe qui lui reste fidèle. Sa famille agenouillée le suivra, même en s’entraînant au-dessus des pierres, sans conditions comme il exige. Il utilise la peur pour soumettre. L'assassinat de Politkovskaïa, la journaliste, fut un avertissement. Mais l'Ukraine, n'a plus peur. Et la chute du président ukrainien sera la première défaite de Poutine, habitué à vaincre.

 

Cependant Vladimir n'est pas naïf, il ne se laisse pas déranger par des enfantillages. La Révolution orange à Kiev fut déjà un échec et son égérie Iulia Timoshenko fut incarcérée après d'être accusée d’enrichissement biais la privatisation des compagnies. Cynisme pure dans une tasse de thé pour empoisonner les ennemis politiques.

 

"Rien venant de l'étranger ne peut tenter de donner des leçons de démocratie au peuple russe". C'est la citation de Poutine. L'Europe et ses idées libérales furent les coupables de la chute de l'ex puissante Union Soviétique. Tout l'étranger, tout au delà des frontières de la Russie, est soupçonné de poignarder la souveraineté du pays, c'est à dire, trahir le président et faire face à ses 16 milliers têtes nucléaires.

 

Vladimir a réussi à convaincre les Russes qu'après lui, il n'y a rien d' autre. Comme si l'armée française était à quelques kilomètres de Moscou.  Hier soir cet homme a déclaré que un coup d'État était sur le point d'éclater en Ukraine, pays voisin. On dirait qu'il entendait les canons de l'ouverture "1812" de Tchaïkovski faisant mouche sur la place de l'Indépendance.

 

Est - ce que Poutine craint les manifestations en Ukraine?

 

Plus de soixante personnes furent tuées pendant la manifestation Maidan. La place de l'indépendance brûlée s'est transformée en place brûlée de l'indépendance, les bâtiments de l'opposition semblaient des cendriers en flammes. L'armée "pro-poutiènne" a du mal à faire taire le bruit dans le Caucase pour que les patineurs des oubliables jeux de Sotchi soient mieux entendus.

 

Quoi faire si l'Ukraine arrive à renverser à son dictateur? Peut-être les révolutionnaires finiront pour se dévorer entre eux-mêmes et rendre le pouvoir a un nouveau complice de Poutine.

 

Pourtant la une de la presse occidentale est naïvement optimiste et parle plus de Kiev au lieu des jeux coûteux de Poutine.


 

Tout cela a commencé comme un jeux politique. Dès que le président Ianoukovitch eut décidé de rompre les négociations avec l'Europe en décembre et s'approcher de plus en plus de la politique répressive de Poutine, l'explosion éclata dans les rues et rien n'a pas pu l'arrêter. Tout cela peut mal aboutir. L'extrême droite nationaliste ukrainienne se cache maintenant derrière les manifestations, peut- être avec un Poutine ukrainien caché et encore inconnu. Peut-être il attend son moment pour se débarrasser de ces alliés pro-européens. Après tout, Boris Ieltsine fit face aux putschistes cherchant à débrancher la Perestroïka en 1991 et il finit pour donner naissance... à Poutine. Dans la mythologie grecque les dieux étaient apparentés avec des monstres

 
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Sotchi, la ville stalinienne, a accueilli les Jeux Olympiques. L'inauguration a été très pompeuse. Mais la justice russe n'a jamais réussi à trouver le vrai coupable du meurtre d'Anna Politskovskaïa, dont son sport mortel était le journalisme en faveur des droits de l'homme en Tchétchénie. En attendant d'autres reporters arrivent en Russie pour couvrir un événement dont le but est rien d'autre que renforcer le pouvoir de Poutine.

 

 

Poutine populaire malgré le meurtre de journalistes

 

Politkovskaïa ne pratiquait pas le judo. Cela eut de graves conséquences dans son destin.  En 2006 un tueur à gages qu'elle eut trouvé à l'entrée de l'ascenseur profita de son talon d'Achille et l’abattit avec une flèche empoisonnée. La mission de supprimer les ennemis de l'homme fort de la Russie sera renforcée d'autant plus qu' avec la réélection de Poutine en 2011. Depuis le 7 février le peuple russe enfiévré s'est mis à skier sur la tombe de tous les opposants de l'homme qu'il aime, respecte et pour lequel il serait capable de donner sa vie.

 

 

 

Anna Politkovskaïa fut trouvée sans vie, son corps ne bougeant plus resta à coté du pistolet qui ne s'éloigna pas en le faisant compagnie. A travers le canon il regardait le corps d'Anna se refroidissant. 

 

Politkovskaîa trouva la mort après le premier coup. Il n'était pas nécessaire de percer un trou dans sa tête; mais le contrat devait être respecté. Si le client avait demandé de l'achever, l'assassin n'aurait pas hésité à obéir. 

 

 

Et en marchant doucement le tueur à gages sortit de l'immeuble. Avant le 07 octobre 2006 Anna croyait que c'était un miracle que les amis de la guerre sale de Poutine ne fussent pas allés pas la chercher. La scène épouvantable semble sortie de la filmographie de Brian de Palma. Une femme dans une cage métallique avec une bête. 

 


Poutine et le capitalisme soumis

 

Une usine tenta renvoyer ses employés et c'est Poutine, seulement lui, qui eut la force de la faire marcher en arrière et revenir sur le sujet. Les russes trouvent qu'il est un véritable chef, un leader qui ne baisse jamais la tête et ne les abandonne pas parce qu'ils ont un lien du sang avec lui. "La famille doit rester toujours unie" a écrit Mario Puzo dans son roman "Le parrain".

 

À tous Vladimir ordonne de réembaucher les chômeurs. Il se méfie même de son ombre. Il s'assure, vigilant, que le capitalisme suive ses règles. Quelque fois l'État se mêle des affaires de capitaux privés n'importe quand et n'importe comment. On dirait qu'il croit que "le marché ne peut pas tout résoudre" tel que ses principaux détracteurs, les pays occidentaux de l'Europe, professent naïvement. C'est la raison pour laquelle les politiciens libéraux sont détestés par leur propre peuple. Ce n'est pas le cas de Vladimir Poutine, dont la popularité et les muscles les autres chefs d'état envient.

 

Personne ne peut faire affaiblir sa popularité. Au contraire, les attaques font l'accroître. Après qu'il eut convoqué les fonctionnaires qui avaient osé s'en prendre à son électorat et que tous eurent signé ce qu'il voulait, il demanda de lui rendre son stylo. C'est celui qui redresse les insubordonnés, tous ceux qui veulent profiter de l'impuissance du peuple pour s'enrichir sont ses ennemis. En tout cas, ses adhérents y croient.

 

Quelques personnes comme l'assassin de Politkovskaïa laissent ses armes à coté de ses victimes pour décorer la scène du crime. D'autres ne peuvent pas se séparer de ses objets préférés et exigent à leur victimes une dévolution. Est- ce qu'une arme est une amulette?

 

Le résident du Kremlin n'est pas un homme qui passe son temps en réfléchissant. Il continue à donner des coups de pieds contre les ennemis en incarnant un garde du corps qui corrige le capitalisme abusif. Cela nous ramène aux films de Bruce Lee qui s'affrontait toujours contre la Mafia de Hong Kong et défendait les petits commerçants.

Ceux qui n'acceptent pas la protection et n'aiment pas la violence d'un gardien, en tout cas auront besoin forcement d'un garde du corps. Comment cela se fait? Disons qu' un garde du corps repoussé peut devenir un ennemi plus acharné que la Mafia. "Laissez - moi devenir votre bouclier ou je deviendrai une épée contre vous et les siens" 

 

Vladimir Poutine est comme l'ours, symbole de son parti. Fort, osé,  capable de mordre la Constitution muette d' Ieltsine quand elle n'a pas de réponses. Poutine parle à travers elle. Politkovskaïa, la journaliste, le taxait de Tsar. Cela aurait pu lui plaire. Le problème c' est qu'elle ne se comporta jamais comme l'une de ses servantes, et ce n'est pas gentil à son égard.

 

Politkovskaïa assassinée

 

Il la détestait. Elle ne pouvait pas le supporter. À la fin disparut le plus faible d'eux:  Anna, la russo- américaine, de parents ukrainiens, dont leur pays se bat ces derniers jours contre Poutine, fut abattue. 

 

Cela ne fut pas le hasard. Pourtant la Russie de Poutine préfère réagir de sang froid tel que le climat l' exige.

 

Polikovskaïa n'était pas de cette façon. Elle disait tout ce qu'elle voulait. Elle était courageuse mais elle manquait de sang froid. Elle aurait pu tout faire sauf devenir une meurtrière. Elle ne portait pas un revolver ou un couteau dans son sac.  Elle habitait seule dans son appartement à Moscou quand elle sortit faire les courses. Il lui manquait quelques paragraphes pour finir son dernier article et s’apprêtait à prendre l’ascenseur en vitesse sans attendre ce qu'elle allait trouver: la couleur de sa révolution collée sur elle même.

 

On l’avait empoisonné en 2002 comme c'est arrivé à Viktor Iouchtchenko en 2007, mais cette fois -ci elle survécut de cet attentat. La prochaine fois elle ne put échapper. Provocatrice, Anna continuait à écrire pour la Novaïa Gazeta, journal opposant à Poutine et ses alliés en Tchétchénie comme Monsieur Kadyrov, « un froussard comme Staline »

 

Cependant tout n'est pas aussi sinistre. Les pauvres trouvent que Vladimir Poutine est comme eux. Son parti s'appelle "La Russie unie". Il traite l'opposition de cafards n'ayant jamais fait partie de sa famille. Il sait que la caméra l'enregistre et il n'y a rien d'hésitant chez lui. Il insulte, il attaque parce qu'il ne faut jamais perdre la concentration en hésitant. Poutine est un homme d'action, quelqu'un quand il y a des problèmes, réagit et ne s'isole pas comme un intellectuel ou un philosophe.

 

C'est la raison pour laquelle il adore faire du sport. Parce que la base de se battre sur le ring est se concentrer pour aller jusqu'au bout sans pitié.

 

"Moi, Vladimir Poutine" de Hubert Seipel

 

La politique est précisément d'obtenir des résultats à base de discipline et il pratique presque tous les sports. "Il fallait mettre de l'ordre" disait- il. Le réalisateur Hubert Seipel recueillit l'une de ses déclarations dans le documentaire "Moi, Vladimir Poutine": "Nous devons réagir de manière appropriée. Si le criminel nous attaque, la police doit faire preuve de brutalité. C'est le seul moyen de combattre le crime. Pour chaque policier tué, il faut fusiller dix criminels... dans le cadre de la loi naturellement"

 

Voilà comme l'homme de la Russie explique aux journalistes sa stratégie, comme il maintiendra l'ordre à Sotchi pendant que la presse mondiale fait de son mieux pour renverser les meubles et chercher les victimes cachées ou ce qu'il reste d'eux.

 

Qu'est ce que c'est la peur? Bien évidemment, c'est la même personne trouvant que ses ennemis sont des insectes. Qu'est ce que l'on fait pour éliminer les cafards? On les écrase sans regarder la semelle. On se réjouit du bruit de leur corps qui se cassent, dont le son est pareil aux cacahuètes lorsque l'on les épluche.

 

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