Publications de Nkowa René Jackson (68)

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La première question que je me posai quelques mois après avoir créé mon blog – plus précisément au terme de la formation et du stage sur le thème Mondoblog lancé par l’Atelier des Médias de Radio France Internationale (RFI) – ce fut celle de savoir s’il en avait d’autres , des camerounais, qui se passionnaient pour les blogs et qui, bonheur supplémentaire, en tenaient un. Je n’avais pas beaucoup d’espoir, vu que les seuls que je connaissais étaient Florian Ngimbis et Salma Amadore qui comme moi participaient au projet Mondoblog. Mais j’occultais involontairement une chose : les camerounais ont de la ressource à en revendre. Comme le disait toujours une personne qui m’est très chère, si cheminant tu trouves sur ta route le cadavre d’un camerounais, cherche dans le bosquet alentour. Tu trouveras à coup sûr deux ou trois qu’il a réussi à vaincre avant de se faire terrasser. Une façon de louer les inusables détermination, perspicacité et talent des camerounais. Nanti de cet empirisme et de la volonté, sinon de mettre sur pied un regroupement d’échange entre les blogueurs camerounais, d’en trouver un et d’en faire partie. Il suffisait alors d’établir des connexions et de laisser le temps faire son œuvre. Un peu moins d’une année après (en mars 2012), suite à une idée de la blogueuse Danielle Ibohn et à l’aide de Florian, je créais le groupe « Blogueurs Camerounais » Lire la suite...

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Dimanche dernier, le 20 mai, était célébrée la 40ème fête nationale du Cameroun, pour la commémoration du Cameroun fédéral devenant Etat unitaire. Une fête que d’ailleurs j’avais oublié car ce n’est que dimanche dans la soirée que je me suis souvenu que c’était la fête nationale. Ce qui a d’ailleurs été le cas de beaucoup de gens à première vue, car passant énormément de temps sur les réseaux sociaux avec des centaines de camerounais, aucun n’a eu la bonne idée de mentionner les jours précédents ou le jour même la fête nationale. Cette célébration de l’Etat Unitaire du Cameroun venait en tout cas mettre pour moi un terme à une semaine pendant laquelle un faisceau d’évènements m’ont mis face à une évidence, que j’ai toujours farouchement refusé de voir : mon pays, le pays que j’aime, celui dans lequel je vis et que je n’ai jamais quitté une seule seconde est assis sur un monticule de napalm. Explosif dont le détonateur se trouve entre les serres d’un volatile auparavant de mauvaise augure pour les seuls poussins, mais qui par la force des choses est devenu un véritable menace pour le Cameroun tout entier : l’Epervier. Oui, camerounaises et camerounais, l’Opération Epervier nous dirige tout droit vers de jolies emmerdes et d’autres facteurs installés depuis l’y aident. Lire la suite...

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L’an dernier, je suis tombé  sur une émission télévisée qui parlait des difficultés de la conduite automobile en France. Il était entre autres question de la hardiesse qu’il y a à obtenir un permis de conduire dans ce pays. On doit subir au moins une année d’apprentissage, les tarifs y sont prohibitifs, les cours de pratique dans les auto-écoles sont souvent facturées à l’heure (parfois jusqu’à 60 euros de l’heure – environ 39 000 F CFA), les chances de l’obtenir s’amenuisent au fur et à mesure qu’on échoue à l’examen du permis de conduire, lequel a la réputation d’être plus difficile que le baccalauréat. Pour ceux qui l’ont obtenu, ce n’est pas la fin de la course car le permis de conduire en France est à points. Une perpétuelle épée de Damoclès plane sur le conducteur en France, prête à s’abattre au moindre oubli de clignoter avant un changement de direction. Bien heureusement, le documentaire a dévoilé une petite entourloupe qu’effectuent beaucoup de français pour avoir le fameux papier rose: obtenir le permis à l’étranger, surtout dans des pays exotiques, puis rentrer le convertir en France. Pour les besoins de l’émission, l’équipe a fait le déplacement de Dakar au Sénégal où l’un de ses membres a obtenu le permis de conduire en 3 jours de présence sur le sol sénégalais seulement! Ceci bien sûr à coups de pots-de-vin et dessous de table. Comme quoi, le Cameroun, malgré qu’il soit l’un des pays en tête de peloton de ceux les plus corrompus, a encore des leçons à prendre… Mais pas tant que ça non plus. Lire la suite...

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Scandale à Douala: eau du caniveau à boire!

Je ne mangerai plus jamais le poisson braisé de ma voisine. Non, plus jamais ! Un véritable crève-cœur. Dans ma rue, il y a trois grilleuses de poisson, installées depuis des lustres et ne nous donnant pas vraiment de choix car elles avaient tout en commun : elles ne braisaient que du maquereau, le faisaient toutes très mal et pratiquaient des prix proprement indécents. Puis, il y a six mois, ma voisine la plus proche s’est mise à faire du poisson braisé. L’un des plus exquis qu’il m’ait été donné de manger. D’abord, son poisson (du maquereau mais aussi du bar) était dodu, pas comme ceux émaciés que les autres vendaient. Ensuite son piment, le mets qui fait que le poisson cuit à la braise devienne le poisson braisé, était délicieux. Généralement, les grilleuses de poisson ne maîtrisent pas l’art du piment. Quelquefois, j’ai acheté du poisson et le piment qui l’accompagnait était préparé de la façon la plus archaïque qui soit : il était écrasé et servi au client tel quel, sans assaisonnement aucun. Et dans ce cas au lieu de savourer le poisson, on se retrouvait palais en feu, les larmes dégoulinant des yeux et la morve pendouillant au dessus des lèvres. Le piment de ma voisine par contre contenait un savant mélange de piment bien sûr, mais aussi de diverses épices et assaisonnements qui faisaient le ravissement des  gourmets. Le prix de sa marchandise était plus qu’acceptable. Il aurait été plus élevé qu’il ne poserait aucun problème chez sa clientèle, vu le délice qu’elle en tirait et le prix qu’elle avait l’habitude de payer pour une qualité moindre. Non, c’était tout bénéfice, et le succès ne se démentait pas. Les autres grilleuses étaient carrément désertées alors que les rangs n’en finissaient pas devant la voisine. Parfois, j’étais de la partie. Mais ça c’était avant. Car je ne mangerai plus de son poisson. Lire la suite...

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Mondoblog en 2011: les pépites

Mondoblog en 2011, c’est des centaines d’articles publiés, des milliers de commentaires déposés à leur suite, des dizaines de milliers de visites sur l’ensemble des blogs.  Mondoblog en 2011 c’est aussi les rencontres qui ont eu lieu à Dakar et à Yaoundé pendant le mois d’avril qui ont permis aux différents membres de ce microcosme blogosphérique de se rencontrer physiquement après de longues semaines de discussions échevelées sur le forum mis en place par l’organisation.

Environ une centaine de candidats ont sélectionnés pour ce concours de blogueurs, un peu plus d’une trentaine ont été finalement admis à participer à ces stages qui avaient lieu dans ces deux capitales africaines. Je vais d’emblée adresser une pensée à tous les mondoblogueurs sélectionnés qui n’ont pu effectuer le déplacement de Yaoundé et pour Dakar. Il s’agit notamment de Boukary Konaté du Mali (pour des raisons familiales), de Nelson Deshommes d’Haïti (des problèmes consulaires), de Félicité Coulibaly du Burkina Faso (à cause d’obligations professionnelles) et de Suy Kahofi de la  Côte d’Ivoire (dû à l’instabilité qui régnait dans son pays à cette époque). Le dernier auquel  j’adresserai  vœux particuliers est un mondoblogueur dont je ne citerai pas le nom ici, pour des raisons de sécurité. Nous avons aussi été touchés sur notre plateforme par des atteintes graves à la liberté d’expression et notre blogueur, à cause de ses écrits, a été incarcéré pendant tout un trimestre. Il racontait la vie dans son pays de façon générale et la tonalité de ses articles n’était pas des plus virulentes. Il l’a malgré cela payé de sa personne. Je ne mentionne pas les menaces, les insultes et les quolibets auxquels beaucoup parmi nous ont dû faire face. Mais ne vous méprenez pas ! Tout n’a pas été triste sur Mondoblog durant l’année écoulée. Loin de là !


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Douala en mode fêtes de fin d'année

La fête est finie. Enfin, pourrait-on dire. S’il est une période de l’année qu’on prépare pendant plusieurs semaines à l’avance, c’est bien les fêtes de fin d’année. Un moment spécial qui pour beaucoup permet de clore en beauté une année pas toujours guillerette. A Douala, il y a des petites choses qui ne changent pas, parmi lesquelles on peut citer le grand deuil suite aux génocides perpétrés dans les basse-cours et les porcheries (toutes les demeures mettent un point d’honneur à mettre de la volaille au menu lors de ces jours fastes), l’impression que le nombre des moins de 15 ans s’est démultiplié, les fêtes (et donc le bruit) un peu partout, les joyeux noël et les bonne année qui remplacent les usuels bonjour, bonsoir, bon après-midi et j’en passe. Mais comme toute chose, le cru 2011 a eu quelques petites particularités.

 

 

Embouteillages:

Pendant les dernières semaines de l’année, partir d’un point à un autre de la ville, quelle que soit l’heure, relevait du véritable parcours du combattant. Les embouteillages qui d’habitude s’étendent de 16 heures à 21 heures se prolongeaient parfois jusqu’à minuit sur certains axes. Conséquence presque immédiate, les taxis et les motos-taxis ont revu les tarifs à la hausse, au grand dam des personnes qui souhaitaient se déplacer. La frénésie est souvent palpable pendant les périodes de fêtes de fin d’année, mais cette fois, elle a vraiment été ressentie. Lire la suite...

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La fête de la Nativité avait été une réussite (du moins, de mon coté). Il y a eu des tonnes de nourriture à manger, des hectolitres de liquides en tous genres à boire, le tout entouré de la famille, des amis, même des inconnus et dans une atmosphère musicale quelques fois vulgaire, il faut l’avouer. Mais c’était bien. Assis sur notre banc, chacun essayait d’impressionner les autres avec les choses « magnifiques » qu’il aurait faites pendant les journées du 24 et du 25 décembre. Les débats, comme d’habitude, se déroulaient à bâtons rompus, chaque compère essayant de prendre l’ascendant verbal sur tous les autres. Mais quelque chose n’allait pas, malgré l’ambiance bon enfant. C’était Doyen qui posait problème, et cette fois pas de la plus loufoque des façons. L’ambianceur attitré du banc était curieusement muet. Il nous écoutait (?) en silence et semblait passablement irrité aussi. Nous lui avons donc fait la remarque. Cela a pris le temps que ça a pris, mais il a fini par nous expliquer qu’il venait de recevoir un savon monumental de la part de son frère cadet qui est actuellement en Occident pour une histoire de beignets au haricot que le petit dernier de la famille n’avait pas mangé. Lire la suite...

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La fête de la Nativité avait été une réussite (du moins, de mon coté). Il y a eu des tonnes de nourriture à manger, des hectolitres de liquides en tous genres à boire, le tout entouré de la famille, des amis, même des inconnus et dans une atmosphère musicale quelques fois vulgaire, il faut l’avouer. Mais c’était bien. Assis sur notre banc, chacun essayait d’impressionner les autres avec les choses « magnifiques » qu’il aurait faites pendant les journées du 24 et du 25 décembre. Les débats, comme d’habitude, se déroulaient à bâtons rompus, chaque compère essayant de prendre l’ascendant verbal sur tous les autres. Mais quelque chose n’allait pas, malgré l’ambiance bon enfant. C’était Doyen qui posait problème, et cette fois pas de la plus loufoque des façons. L’ambianceur attitré du banc était curieusement muet. Il nous écoutait (?) en silence et semblait passablement irrité aussi. Nous lui avons donc fait la remarque. Cela a pris le temps que ça a pris, mais il a fini par nous expliquer qu’il venait de recevoir un savon monumental de la part de son frère cadet qui est actuellement en Occident pour une histoire de beignets au haricot que le petit dernier de la famille n’avait pas mangé. Lire la suite...

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Les filles, Internet peut encore nous sauver!

Il est des petites bifurcations dans la vie, des petits écarts de trajectoire à première vue insignifiants, mais qui sont en fait des grandes occasions nous permettant d’en savoir un peu plus sur nous-mêmes, sur nos capacités, sur nos limites et sur l’importance qu’on peut avoir. Ces petites-grandes bifurcations permettent de regarder certaines choses auxquelles on se dit être habitué et qui font partie de notre environnement d’un oeil vraiment nouveau. A titre d’exemple, une petite bifurcation, il y a quelques années m’a fait comprendre que contrairement à ce que je m’étais toujours dit, j’étais capable d’engloutir en l’espace de quelques heures seulement des décalitres de boissons alcoolisées de natures différentes. Une petite bifurcation m’a fait comprendre qu’il pouvait quand même y avoir quelque plaisir à fréquenter (sporadiquement) des lieux de débauche. Un léger dérapage m’a permis de comprendre que la bonté, l’amour et la patience sont en réalité des qualités que tout le monde devrait avoir. La dernière de ces bifurcations dans ma petite vie a eu lieu hier. Et après cela, je me suis rendu compte que j’ai une importance des plus considérables dans ma société, et que je joue un grand rôle dans l’avancement de certaines choses dans mon pays. Voilà comment.

Hier, après des semaines d’un refus que je croyais ferme et sans appel, je me suis résolu à me plier à la volonté d’une très charmante et anciennement assidue cliente du cybercafé où je pointe qui voulait que j’aille chez elle dépanner son ordinateur. A cause de ses attitudes de vamp, je lui prêtais des intentions libidinales à mon égard et aller chez elle s’apparentait pour moi à me jeter dans la tanière du fauve Lire la suite...

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Gare aux magiciens des rues

Il n’y a pas de cirque à Douala. Ou plus précisément, la fréquentation de la ville par des troupes de cirque est d’une sporadicité famélique. Il n’y a pas non plus de salle de spectacles digne de ce nom, pas de salle de cinéma, pas de stade de football remplissant les standards internationaux. De premier abord, on pourrait dire que le divertissement est mort par ici. Ce serait pourtant une grossière erreur de le faire! La ville de Douala jouit au Cameroun d’une réputation solidement ancrée en ce qui concerne l’ambiance et la joie de vivre de ses habitants. Quand un étranger camerounais vivant au Cameroun arrive à Douala, quel que soit son lieu de provenance (même de la capitale Yaoundé), il ressent toujours une impression d’immersion dans un flot de festivités et d’excentricités. Il n’y a pas de stades de football à Douala, ni de salles de spectacles, ni de cinéma et les cirques sont des denrées plus que rares. Ce n’est pourtant pas la matière qui manque, car la ville regorge d’énormes talents. Dans tous ces domaines. Les cirques ne manqueraient pas de main d’oeuvre à Douala, surtout en ce qui concerne les prestidigitateurs, car ils sont légion par ici. Comme tous les débrouillards de la ville, ils ont investi la rue, usant de leur talent non reconnu pour gagner leur pitance quotidienne. Et ce pas de la plus honorable des manières, il faut le dire. Vous êtes vous déjà fait voler votre argent de votre plein gré? Pour ceux qui répondent « oui », ils seront d’avis avec moi que c’est une expérience extrêmement perturbante. Et pour ceux dont la réponse est « non », je leur souhaite que cela ne leur arrive jamais. On prend toujours ceux qui se font avoir pour des sots, jusqu’au jour où on se fait soi-même plumer en plein jour, au vu et au su de tout le monde. Je parle par expérience. Il y a quelques années, un ami et moi traversions l’un des, sinon le plus grand carrefour de la ville. Il nous fallait trouver une Bible en langue Beti (langue d’un groupement ethnique portant le même nom du Cameroun) que l’aïeule de mon cher ami comptait utiliser. Nous marchions donc, lorsque nous nous fîmes interpeller par deux hommes. Première erreur, nous nous sommes arrêtés. « On ne vous a pas appris qu’on ne passe pas entre deux personnes qui causent? » (Il faut noter que les deux individus étaient placés de telle façon qu’on devait soit passer entre eux, soit enjamber la chaussée). Comme toute personne bien éduquée, nous nous sommes rapprochés d’eux pour leur présenter des excuses. Deuxième erreur. « On ne passe pas entre deux personnes qui discutent. Si vous le faites, tout l’argent que vous avez sur vous va disparaître avant que vous n’arriviez chez vous » (C’est normalement con une histoire pareille. Mais on y a cru, jusqu’à aujourd’hui je me demande encore comment). Pour appuyer leurs dires, un troisième larron apparaît et prêche par l’exemple, en expliquant que lui-même était passé entre les deux hommes et était alors obligé de leur donner « tout » l’argent qu’il avait sur lui (ceci en sortant de sa poche et en remettant à l’un des deux hommes des billets de banque). Cette manoeuvre ayant pour but de nous mettre en confiance fit mouche, surtout lorsqu’ils ajoutèrent que nous retrouverions notre magot en dessous de notre lit à la maison. On a sorti tout le fric que nous avions sur nous, mais ils refusèrent de prendre les pièces (un aubaine, vu ce qui allait se passer par la suite).Il n’y a pas de cirque à Douala. Ou plus précisément, la fréquentation de la ville par des troupes de cirque est d’une sporadicité famélique. Il n’y a pas non plus de salle de spectacles digne de ce nom, pas de salle de cinéma, pas de stade de football remplissant les standards internationaux. De premier abord, on pourrait dire que le divertissement est mort par ici. Ce serait pourtant une grossière erreur de le faire! La ville de Douala jouit au Cameroun d’une réputation solidement ancrée en ce qui concerne l’ambiance et la joie de vivre de ses habitants. Quand un étranger camerounais vivant au Cameroun arrive à Douala, quel que soit son lieu de provenance (même de la capitale Yaoundé), il ressent toujours une impression d’immersion dans un flot de festivités et d’excentricités. Il n’y a pas de stades de football à Douala, ni de salles de spectacles, ni de cinéma et les cirques sont des denrées plus que rares. Ce n’est pourtant pas la matière qui manque, car la ville regorge d’énormes talents. Dans tous ces domaines. Les cirques ne manqueraient pas de main d’oeuvre à Douala, surtout en ce qui concerne les prestidigitateurs, car ils sont légion par ici. Comme tous les débrouillards de la ville, ils ont investi la rue, usant de leur talent non reconnu pour gagner leur pitance quotidienne. Et ce pas de la plus honorable des manières, il faut le dire. Vous êtes vous déjà fait voler votre argent de votre plein gré? Pour ceux qui répondent « oui », ils seront d’avis avec moi que c’est une expérience extrêmement perturbante. Et pour ceux dont la réponse est « non », je leur souhaite que cela ne leur arrive jamais. On prend toujours ceux qui se font avoir pour des sots, jusqu’au jour où on se fait soi-même plumer en plein jour, au vu et au su de tout le monde. Je parle par expérience.Il y a quelques années, un ami et moi traversions l’un des, sinon le plus grand carrefour de la ville. Il nous fallait trouver une Bible en langue Beti (langue d’un groupement ethnique portant le même nom du Cameroun) que l’aïeule de mon cher ami comptait utiliser. Nous marchions donc, lorsque nous nous fîmes interpeller par deux hommes. Première erreur, nous nous sommes arrêtés. « On ne vous a pas appris qu’on ne passe pas entre deux personnes qui causent? » (Il faut noter que les deux individus étaient placés de telle façon qu’on devait soit passer entre eux, soit enjamber la chaussée). Comme toute personne bien éduquée, nous nous sommes rapprochés d’eux pour leur présenter des excuses. Deuxième erreur. « On ne passe pas entre deux personnes qui discutent. Si vous le faites, tout l’argent que vous avez sur vous va disparaître avant que vous n’arriviez chez vous » (C’est normalement con une histoire pareille. Mais on y a cru, jusqu’à aujourd’hui je me demande encore comment). Pour appuyer leurs dires, un troisième larron apparaît et prêche par l’exemple, en expliquant que lui-même était passé entre les deux hommes et était alors obligé de leur donner « tout » l’argent qu’il avait sur lui (ceci en sortant de sa poche et en remettant à l’un des deux hommes des billets de banque). Cette manoeuvre ayant pour but de nous mettre en confiance fit mouche, surtout lorsqu’ils ajoutèrent que nous retrouverions notre magot en dessous de notre lit à la maison. On a sorti tout le fric que nous avions sur nous, mais ils refusèrent de prendre les pièces (un aubaine, vu ce qui allait se passer par la suite).Lire la suite...

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Douala, version "sans caleçon"

Ô innocence, ô insouciance, où êtes-vous?
Où êtes-vous passés depuis?
Ô pudeur, ô honte, ô honneur, pourquoi avez-vous foutu le camp?


Cela avait commencé par une démultiplication des débits de boisson, qui naissent et se répandent de façon totalement incontrôlée. Ces lieux qui auparavant fermaient avant 10 heures du soir font maintenant concurrence farouche aux night clubs et autres discothèques.
Y a-t-il encore des gens qui sortent en boîte à Douala ?
Je ne crois pas, puisque plus personne n’en parle. Il y a encore quelques années, les seuls lieux de (ré)jouissances dans notre chère ville se nommaient « Khéops », « Jet Set », « Blue Note », qui étaient tous des boîtes de nuit dignes de ce nom, c’est-à-dire avec des videurs à l’entrée, petite porte close, contrôle des identités, insonorisations… Aujourd’hui, on parle de « Club Facebook », « Connexion », « 10 étoiles », qui sont des snack-bars en bonne et due forme. Ils ne sont désormais plus seulement le repaire des braqueurs qui y ourdissaient leurs funestes desseins, mais aussi des lieux de jouissance libidinale incontrôlée. Ces bars ne sont plus seulement des bars, mais aussi des clubs de strip-tease. On les appelle les bars « sans caleçon »!

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Faut-il avoir peur des motos-taxis de Douala?

La scène se déroule le mercredi 19 octobre dernier devant les locaux abritant les studios du groupe de presse Equinoxe. Ce groupe, réputé pour ne pas y aller du dos de la cuillère avec le régime en place et de ce fait souvent réprimandé par celui-ci recevait une visite d’importance: celle du ministre de la communication. Mais la présence des véhicules des forces de l’ordre composant le cortège ministériel ont eu un effet pervers: ils ont attiré les badauds et les inévitables conducteurs de moto-taxis. En une poignée de minutes, plusieurs centaines de ces engins étaient parquées devant le bâtiment. Une rumeur avait voulu que les forces de l’ordre soient venues sceller les lieux. Les conducteurs de moto-taxis regroupés sur les lieux entendaient donc intervenir si cette éventualité se confirmait. Il faut noter que la TV et surtout la Radio Equinoxe jouissent d’un important capital de sympathie dans la classe populaire car le franc-parler de ses journalistes est apprécié. Et il est à préciser que la dernière fermeture de ces chaînes en février 2008 avaient été la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase et les fameuses émeutes que le Cameroun avaient connues alors avaient éclaté la semaine d’après. Lire la suite...
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Vous connaissez DJ Arafat? Si vous répondez non, ce serait une véritable surprise, surtout si vous vivez en Afrique francophone. Parce que ce rigolo n’est rien de moins que l’artiste musicien le plus populaire actuellement dans cette partie du monde. Ce qui fait son succès? Des propos grivois accolés à des beats violents faisant usage excessif de batterie. Il proclame qu’il est le créateur du Kpangor, un dérivé du célèbre coupé-décalé ivoirien. Ce qu’on appelle chez nous « la musique des bars ». Et comme moi je ne fréquente pas souvent les bars, je n’ai réellement pas eu l’occasion d’apprécier sa musique comme il le fallait. Et puis les bars ne sont pas connus pour étant les endroits où on privilégie la qualité d’écoute, mais plutôt le bruit.  N’empêche que je le connaissais, mais beaucoup plus par les énormités qu’il débite à longueur de chansons. Lire la suite...
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Au Kmer, on ne donne pas le lait

Comment est-ce que cela a pu arriver? Moi, le chantre du français bien parlé, l’amoureux de la langue de Molière, le pourfendeur de toutes les espèces de tournures de langages employées dans notre microcosme linguistique camerounais, comment ai-je pu recevoir un blâme de la part d’un responsable de mon établissement aussi bêtement? Le plus grave pour moi n’est pas le fait que je lui ai manqué de respect, mais les termes que j’ai utilisés. Comment est-ce que j’ai pu répondre à un reproche qui m’était adressé par un « je ne donne pas le lait » aussi gauche et puéril qu’inapproprié? Sorti de ce bureau, j’ai vite fait de supprimer cette chanson de la playlist de mon baladeur numérique. Elle, que j’écoutais en boucle depuis quelques jours est la seule responsable du dérapage verbal inacceptable dont j’ai été victime.

 

 

Clip Je ne donne pas le lait

 

Tout ceci parce qu’au Cameroun, les artistes musiciens ont mis un point d’honneur à ne pas être un exemple à suivre. Ils ont tout d’abord versé dans des chansons aux paroles à connotation explicitement sexuelle pour qui connaît les rudiments des figures de style Lire la suite...
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Où est passé le SIDA?

Quelle fille épatante elle était, cette Candy! Candy n’était pas son véritable prénom mais nous aimions l’appeler ainsi car elle ressemblait à un savoureux bonbon. Juchés que nous étions sur notre banc dans le quartier, nous avons vu défiler devant nous des centaines de jolies fleurs, mais Candy était celle qu’on préférait de toutes. Elle était notre fée et nous passions notre temps à nous imaginer dans les plus voluptueuses turpitudes en sa compagnie. Mais elle nous était inaccessible, pour la bonne raison que nous n’avions pas le carrosse qui devait nécessairement aller avec cette Cendrillon. Elle montait et presque chaque soir dans une voiture qui l’attendait à l’autre bout de la rue et en redescendait quelques heures après, sous nos yeux dépités. Mes compères ont chacun à leur tour essayé de la conquérir. Sans succès. Je fus le seul de la bande à qui elle n’opposa pas de refus, pour la simple raison que je ne lui avais jamais conté fleurette. Mais depuis, nous ne nous occupons plus d’elle. Plus aucune voiture ne vient l’attendre à l’autre bout de la rue. Elle n’est plus le catalyseur de nos tourments fantasmés. Elle est devenue difforme, inintéressante. Agnès est enceinte.

 

Nous avons littéralement chuté de notre banc quand un soir où nous étions particulièrement tranquilles Lire la suite...
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Faut-il croire à la sorcellerie?

J’ai assisté à la messe hier dimanche. Oui, je fais partie de ceux qui sont convaincus de l’existence de Dieu et de son omnipotence. Et au fur et à mesure que j’ai le sentiment de mieux comprendre le monde et la vie, je suis encore plus affermi dans cette conviction. Donc, hier à la messe, l’une d’ailleurs des plus belles auxquelles j’ai eu à assister, le prêtre a fait une homélie très imagée et de ce fait accessible à tous, même aux enfants qui composaient au moins le tiers de l’assistance. Il a évoqué avec des termes forts la sorcellerie. Il s’est appliqué à démonter méthodiquement cette croyance (ou pratique) à l’aide de passages bibliques choisis avec minutie. Mais dans nos sociétés africaines où les traditions ancestrales ont encore prise sur les gens, il est très difficile de se départir de toute la bulle ésotérico-mystique qui semble guider beaucoup de gens. D’un autre coté, le niveau d’instruction qui ne cesse d’être à la hausse amène de moins en moins de jeunes à y prêter quelconque attention. Une question est donc posée: la sorcellerie existe-t-elle? Lire la suite...
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Demain dimanche 09 octobre 2011, les camerounais vont élire leur nouveau président de la République. Du moins, ceux qui voudront et/ou pourront le faire, car jusqu’à cette veille de jour-J, de nombreux électeurs n’ont toujours pas eu en mains le précieux sésame qui leur permettra d’aller dans les centres de vote accomplir leur droit de citoyen qui est celui de choisir à qui offrir les rênes de la destinée de notre pays. Entre peur dans le ventre, compétition courue d’avance et incertitudes, voici en quelques termes un concentré des évènements saillants de cet épisode de campagne électorale souvent commun à bien de pays,  avec malgré tout des particularismes bien camerounais.

 

Panique: c’est ce qu’ont ressenti les populations de Douala le 29 septembre dernier, quand au petit matin, un individu (attention, là les chiffres varient. Mais officiellement c’était un individu) a investi le pont qui enjambe le fleuve Wouri, qui sépara la ville en deux. Certains témoins signalent qu’il arborait une banderole hostile au président en place. Après un échange de coups de feu, l’homme, vêtu d’oripeaux militaires, s’est jeté dans les flots. Il n’a pas été retrouvé malgré de longues heures de recherches. Dans la même journée, Martin Kisop, fils de colonel de l’armée camerounaise, candidat recalé à ces élections présidentielles et chef d’une mystérieuse Armée de Libération du Peuple Camerounais Lire la suite...
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Top 50 ou l'homosexualité au Cameroun

J’écoutais la session d’information d’une radio de proximité il y a quelques temps quand un fait divers assez cocasse fut relaté. Il y avait eu une bagarre entre deux amis, parce que le premier avait essayé de faire du charme au second. Ce dernier, mis hors de lui par cette situation, avait entrepris de passer son compère à tabac. N’eût été l’intervention du voisinage, il jure, selon ses propres termes, qu’il l’aurait tué. Il faisait partie de ceux (encore très nombreux au Cameroun) qui ne tolèrent pas l’homosexualité. Et je peux vous promettre que pour un homme  c’est une expérience très perturbante de se faire courtiser par un autre homme. Je sais de quoi je parle. Je le sais parce que j’en ai été moi-même victime. Victime?

 

L’histoire des deux amis débute quand le premier, arrivé à Douala, se rappelle que le second y réside et décide de passer la nuit chez lui (c’est la victime de l’agression qui donne ainsi sa version des faits). Lire la suite...

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Ma lettre au Président Paul Biya.

Cher Président,

Avant tout, je vais te demander comment tu vas. Chantal se porte bien? Franck, Junior et Anastasie, j’espère que par la grâce de Dieu, ils sont bien portants. Il faut croire que, car comme on dit souvent: « pas de nouvelles, bonne nouvelle ».

Excuse-moi de ne pas emprunter les canaux officiels pour te faire parvenir cette missive. Les affres de la bureaucratie sont tels dans notre cher et beau pays, que beaucoup disent que la grande majorité du courrier qui t’est destiné tu ne le vois même pas. En ayant vécu l’expérience des tracasseries administratives, je suis plutôt enclin à donner raison à ceux qui le disent. Je me suis donné le courage de coucher numériquement ces mots en voyant ce qui est arrivé à Valsero, le rappeur qui a écrit deux lettres et qui te les a faits parvenir en couchant les paroles assez dures sur des mélodies. Ce qui est arrivé à Valsero? Ou plutôt ce qui ne lui est pas arrivé. Parce que la première fois que nous avons entendu ses chansons, nous nous sommes dits: « Aïe! En voilà un pour qui ça va chauffer dans quelques semaines ». Et depuis deux ans, rien! Personne n’a touché à aucun de ses cheveux. Mais beaucoup d’autres ne peuvent en dire autant. Nyemb Popoli par exemple, qui a (encore) été molesté par les gendarmes la semaine dernière. Ou les agriculteurs qui ont été empêchés de manifester (pacifiquement) à Yaoundé. il y a deux semaines. Ou encore les citoyens qui, en février, ont été mis provisoirement aux arrêts à Douala car ils avaient osé défiler pour soutenir M. Laurent Gbagbo, alors que tu avais déjà dit que conformément à l’Union Africaine, tu reconnaissais M. Ouattara comme étant vainqueur de la présidentielle ivoirienne. Lire la suite...

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Eto'o, dégage!

J’ai tout d’abord voulu intituler ce billet: « Dieu existe ». Mais tout le monde le sait déjà et encore, personne n’aurait saisi tout d’un coup le sens de ma pensée. Le Cameroun a plein de problèmes. Et l’un de ses problèmes est l’actuel capitaine de son équipe nationale masculine A, j’ai nommé Samuel Eto’o fils. Le pénalty qu’il a bazardé samedi n’est que la goutte qui a fait déborder le vase de la patience des camerounais maintes fois mise à l’épreuve par les écarts de conduite de celui n’est rien de moins que le joueur de football camerounais le plus prolifique de l’histoire de ce jeu. Six raisons pour lesquelles il doit partir de l’équipe nationale.


1- Tout simplement parce qu’avant, il n’était pas là! Et on s’est bien débrouillés sans lui. Lire la suite...
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