Publications de Marc Tibait (5)

La question de la légitimité de l’élection d’Alassane Ouattara, contestée par son rival Laurent Gbagbo, a-t-elle été réglée moins de trois mois après sa prise de fonction ? L’autorité et la tempérance du nouveau président ivoirien séduit en tout cas au-delà de ses partisans.

Quand Jeune Afrique l’interroge sur la manière dont il compte gagner à sa cause les 45% des Ivoiriens qui ne se sont pas prononcés en sa faveur lors de la présidentielle, Alassane Ouattara se montre confiant. Selon lui, les soutiens dont bénéficiait Laurent Gbagbo se sont "effondrés comme un château de cartes", suite à son comportement jusqu’au-boutiste à l’issue du second tour.

Si la réconciliation ivoirienne ne sera pas un long fleuve tranquille, le sens de la retenue et de la mesure du nouveau président face à l’extrémisme du clan Gbago devrait en effet faciliter une décrispation des partisans du président sortant.

La question du soutien de la communauté internationale (et notamment de la France) ne pourrait-elle pas revenir comme un boomerang au visage d’Alassane Ouattara ? Là encore, le nouveau chef d’Etat ivoirien affiche sa sérénité.

L’intervention armée a été "rendue nécessaire par le comportement criminel d’un seul homme. Et encore une fois, en dehors de ceux qui veulent utiliser cela par malice, la majorité des Ivoiriens est reconnaissante à la France de les avoir libérés du joug meurtrier de l’ancien pouvoir", a-t-il affirmé.

Alassane Ouattara ne se donne même pas la peine de préciser que le régime de Laurent Gbagbo a été balayé en trois jours par l’intervention de ses troupes républicaines et que le support de l’ONU et de Licorne n’a servi qu’à éviter le bain de sang que Laurent Gbagbo préparait dans les rues d’Abidjan pour finir en martyr.

Toujours dans les colonnes de Jeune Afrique, Alassane Ouattara se montre jaloux de l’indépendance nationale : "Je ne dois rien à personne, sauf aux Ivoiriens, qui m’ont élu", a-t-il conclu. La condition sine qua non pour réussir la reconstruction !

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C'est peut être une vision un peu machiavélique, mais le mouvement écologique dans les pays développés et en particulier l'éventualité de l'abandon du nucléaire, n'aura-t-il pas pour victimes les pays du Sud qui faute d'énergie ne pourront jamais rattraper leur retard économique.

 

Compte tenu des prix du pétrole et de sa raréfaction, compte tenu aussi du coût des diverses énergies renouvelables, le nucléaire demeure à l'heure actuelle le seul moyen de produire de l'énergie bon marché et abondante.

 

La Chine, l'Inde, le Brésil ou l'Afrique du Sud, les principales puissances d'un Sud émergent l'ont bien compris en se tournant ces dernières années vers l'atome afin de nourrir leur croissance et d'augmenter leurs richesses.

 

Vu du Nord, le nucléaire fait peur... A cause des risques d'accidents terribles qu'il peut provoquer bien sûr, mais aussi parce qu'il représente une occasion en or pour remettre la balance économique à zéro et offrir aux pays émergents de l'énergie pour produire... et être compétitifs.

 

Je ne pense pas que les écologistes français et européens réfléchissent consciemment de la sorte, mais il est indéniable que l'ensemble de l'idéologie "écolo", basée sur la décroissance et la limitation de la consommation énergétique aura in fine pour conséquence d'aggraver les disparités de développement entre le Nord et le Sud, et de rendre impossible tout rattrapage.

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Cacao : le nerf de la guerre en Côte d'Ivoire ?

Sans être un spécialiste du pays, il semble bien que le contrôle du cacao soit le nerf de la guerre en Côte d'Ivoire entre le président sortant Laurent Gbagbo et le président reconnu par la communauté internationale Alassane Ouatarra.

Fort du soutien de la majorité des pays du globe, M. Ouatarra a annoncé un gel des exportations de cacao ivoirien, auquel les grandes entreprises du secteur se sont pliées.

Une façon pour lui d'assécher les finances de son rival compte tenu du poids économique du cacao en Côte d'Ivoire.

En représailles, Laurent Gbagbo vient de "nationaliser" l'ensemble de la filière pour reprendre la main et sanctionner les sociétés ayant obéi à Alassane Ouatarra.

Reste maintenant à comprendre comment va se terminer cette partie de poker menteur. Dans quel état sont les finances du camp Gbagbo ? Ouatarra pourra-t-il se relever ?

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L'électricien français a renforcé cette semaine ses liens historiques avec le principal opérateur sud-africain, Eskom, en signant un accord de formation d'ingénieurs. Un moyen pour Henri Proglio de positionner son groupe en vue du futur appel d'offre pour la construction de six centrales nucléaires dans ce pays.

 

EDF n'a pas tardé à traduire dans les faits son nouveau leadership sur le nucléaire français officialisé la semaine dernière par le gouvernement.

 

Alors que s'approche l'appel d'offre pour la construction de six centrales de type EPR en Afrique du Sud, Henri Proglio a placé ses pions pour profiter des bonnes relations que les deux groupes publics entretiennent depuis plusieurs années.

 

 

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C'est peu dire que la classe politique française (gauche et droite confondues) a soutenu à bout de bras et sans réserves jusqu'au dernier jour le régime de Ben Ali et entretenait des relations plus que troubles avec l'entourage du dictateur déchu.

Des relations qui dépassaient le cadre diplomatique (voire amical), puisqu'il est attesté que deux responsables politiques d'envergure, une ministre et une ancienne ministre excusez du peu, avaient des liens financiers (au moins indirects) avec un riche homme d'affaires proche du pouvoir.

C'est une chose que Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, profite du jet privé d'un millionaire étranger lors de ses vacances en Tunisie... C'est tout à fait autre chose que ce voyage ait pour but de visiter les lieux où ses parents comptaient investir de l'argent avec Aziz Miled.

La situation d'Elizabeth Guigou est guère plus reluisante. Si elle a annoncé jeudi qu'elle quittait le think tank (financé par Aziz Miled), ce départ est un peu tardif. Surtout que Jean-Louis Guigou, le mari de l'ex-ministre demeure salarié de ce think tank !

Dans les deux cas des intérêts d'argent avec un riche homme d'affaires faisant partie du clan d'un dictateur étranger... En étant mauvaise langue, on pourrait même se demander si ce n'était pas là un moyen de s'assurer du soutien de la France ?

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