Publications de Irane (23)

Révolution, et après?

Je m’entêtais à rejeter la réalité qui me sautait au visage. Le désespoir m’a dupé, la révolution qu’on disait secouer les rues arabes n’a entraîné que le chaos.
Le chauffeur du microbus est d’une impolitesse insupportable, il fume au volant sans se soucier des passagers. Je lui fais comprendre gentiment que c’est interdit, sans me regarder et devinant de mon accent que je ne suis pas une compatriote, il hausse le ton et me balance avec sa fumée :

- Nous sommes en pleine révolution !

Il en est fier, ses yeux amusés brillent, les passagers ne réagissent pas. Le chauffeur allume sa deuxième cigarette, je proteste une seconde fois, avec force. Il en fume un bout avant de jeter le mégot par la vitre.
L’envie soudaine de me révolter contre tout me brûle.
Son excès de vitesse est intolérable, on dirait une course de voitures ! Je m’accroche à mon siège vétuste qui bouge dans tous les sens en maudissant l’imam qui lit le coran à haute voix. Quand ce n’est pas ces versets intempestifs qui vendent l’enfer et le paradis, c’est la musique égyptienne populaire qui me pollue les oreilles.
Les ordures à chaque coin de rue, le soir, les Alexandrins ne dorment pas, tous les week-ends, les hommes du quartier jouent aux cartes sous ma fenêtre, dans le café d’en bas. Il n’est pas possible de fermer l’œil ! Ces femmes qui sont obligées de se voiler parce que la société refuse de leur accorder leurs libertés.
Mes espoirs d’un monde arabe meilleurs se brisent.
Le soleil se couche sur Alexandrie, le soleil vient se poser sur ces vagues douces annonçant un nouveau jour.

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Petite Sara

Je ne sais pas l’écrire, les mots m’échappent, ils sont creux face à cette pudeur qui l’oblige à ravaler sa douleur sans chercher à la manifester. A 14 ans, elle et son jeune frère déambulent tous les jours avec de gros sacs noirs dans les cités oranaises. Ils frappent aux portes pour récupérer le pain moisi et le revendre ensuite aux fermiers contre quelques dinars. La petite n’a pas les moyens d’aller à l’école et travaille dans une Algérie libre et indépendante qui compte ses pétrodollars. Elle. Un visage bistré d’une femme qui a dépassé la cinquantaine, quelques mèches blondes s’échappent de sa chevelure noire et décoiffée, un collier noir en plastique couvre son cou décharné. - Pourquoi travailles-tu ? - Je subviens aux besoins de ma famille. Le pain moisi nous fait vivre. Les yeux baissés, elle cite rapidement ce fermier qui chaque jour la raccompagne chez lui, seule sans son frère, en voiture, pour lui violer son enfance et racheté son pain. - Pourquoi tu y vas seule chez lui ? Tes parents le savent ? - Je suis l’aînée, lui est jeune. Mes parents le savent. - Le fermier ne t’a jamais tripoté ? - …. ….Non. Ses grands yeux noisette fixent le sol, son chagrin la porte. Mes questions sont stupides. Originaire de Rélizane, ses parents se sont installés depuis quelques années dans un bidonville entourant la ville d’Oran, fuyant les terroristes qui se sont attaqués à leur village. Faire travailler leurs enfants est l’unique moyen de survie. L’association féministe avec qui j’étais venue ne s’en souciait guère. Le repérage programmé dans plusieurs quartiers est subitement annulé, mésentente entre les femmes membres préoccupées par le pouvoir. Elles ne voient pas les deux enfants agglutinés à leur misère. Le soir, j’ai du mal à dormir, le cœur glacé, j’ai abandonné la petite et son frère. Dès que je suis rentré à Alger, j’ai quitté l’association. Mais le regard de la petite me hante. Toujours.

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Opprimée sous la révolution

Elle me rappelle les innombrables peines des femmes arabes, ces sacrifices inutiles, ces interdits jusqu’à l’âge adulte et une soumission aveugle à une religion machiste !
Elle a deux filles, un mari intello coureur de jupons, possessif et qui l’empêche de traquer ses passions. C’est cela être une femme prédestinée uniquement au mariage et à la procréation ! Se renier en permanence pour les autres et un dévouement aveugle pour des ingrats !
On continue alors de l’enterrer vivante, d’étouffer ses désirs, ses cris et ses folies.
Elle est née adulte et responsable et n’a jamais connu les bonheurs épicés de l’enfance.
Dans le silence qui l’entoure, elle, sans nom, continue de rêver d’une autre vie avec un autre homme, sous d’autres cieux, obsédée de nouveaux horizons. Pour souffler un peu, elle va aux manifestations vomir sa colère contre le régime, contre ces hommes de l’ombre.
Crier jusqu’ à tomber de fatigue
Parce qu’elle se sent incapable de changer sa vie
Incapable d’exprimer ses désirs innocents
De transgresser l’interdit qui l’assassine.
Elle va crier jusqu’à l’épuisement,
Parce que le soir, avec toute la poussière des rues, ses larmes aux coins des yeux,
Elle lavera la vaisselle, fera dormir les enfants
Et Se couchera tard,
Seule, avec quelqu’un au bout du lit.

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Patriotisme armé

Je ne veux plus revoir Mohamed. Je ne supporte plus la rage qui luit dans ses yeux lorsqu’il parle de la révolte égyptienne, cette haine naissante qu’il qualifie de patriotisme. Nos échanges deviennent violents. Hier, nous nous sommes encore disputés.
• Quel malheur, la révolution égyptienne n’est pas armée !?
• Quoi ? Parce qu’une horde d’intégristes qui porte les armes et qu’on surnomme rebelles symbolise pour toi le changement ? Regarde ce qui se passe en Syrie, c’est le bordel !
• Tous les moyens sont permis pour faire tomber le régime et assurer le changement.
• Tu crois! Non mais tu blagues ? Tu es anarchiste et tu soutiens une bande de fanatiques qui mène la guerre armée en Syrie au nom de Dieu ?
• Des bobards ! Le régime use de violence contre les populations, ça justifie la violence de l’opposition.
• Mais c’est une opposition armée, qui abat des Syriens ? En Algérie, l’opposition armée des terroristes a détruit le pays et ses enfants. 20 ans de barbarie n’ont fait que renforcer le régime en place.
• Oui, mais ce n’est pas pareil !
• Mais qu’est ce qui est pareil ? La dérive est humaine et la violence ne résout rien.
• Mais elle est utile, elle déstabilise le pouvoir.
• Regarde l’Algérie, rien n’a changé ! On veut nous faire croire que la lutte armée est une solution en Afrique et dans les pays arabes. Pas du tout ! Regarde comme Kaddafi a été assassiné et ce qui se passe en Irak ? Nous n’avons que l’instabilité à l’horizon.
• Il le méritait bien Kaddafi, il méprisait son peuple
• Ah oui ! Les opposants armés eux ils respectent les autres ? Ils l’on abattu froidement sous les caméras du monde. Ce sont les prémices d’une guerre civile !
• C’est le prix de la démocratie et il faut le payer.
• Payer quoi encore? Nous avons trop payé justement ! Basta ! Abattre les dictateurs et les populations avec, mais quel changement ? Non, mais quelle transition là ! En plus, des fanatiques religieux qui crient Dieu est grand devant les caméras !
• Et alors ? Non mais ils ne sont pas nombreux ces islamistes parmi les rebelles.
J’ai dû arrêter la discussion. Mohamed, ne m’écoute plus. A 21 ans, il est prêt à faire la guerre, à tuer d'autres égyptiens pour la démocratie ! J'ai eu peur, il est ailleurs. Dans son paradis. Nos échanges ne servent plus à rien.
Quelques mois plus tard, la police égyptienne l’arrête avec d’autres jeunes. Il est resté plusieurs mois en prison. Dès qu’il est sorti, je ne le reconnais plus. Il a maigri et il ne fréquente plus la même bande. Il s’est calmé.

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La jeunesse incarne le changement

Depuis 2001, j’ai papillonné d’une rédaction à un autre, sans avoir envie de me poser quelque part. À l’époque, j’avais 21 ans, fraîchement diplômée de l’université algérienne, j’étais jeune et je partais à la conquête de la vie. L’impossible me faisait rêver, le journalisme me passionnait et le risque me nourrissait. J’étais prête à tout, même à aller le couvrir la guerre en Irak et décevoir mes parents !

Rien ne pouvait m’arrêter. Tout m’intéressait, y compris les sujets que mes collègues, plus expérimentés, disaient futiles. Combien de fois mes articles ont fait la une avec des sujets ‘banals’ ?

J’apportais un regard neuf, curieuse et dynamique, ma jeunesse était un atout qui m’a poussé à aller au bout de moi-même.  Mes débuts ! C’est la meilleure période de ma carrière professionnelle. Mes émois, mes rencontres, mes rêves, mes découvertes à travers le terrain, mes erreurs, la presse et l’Algérie que je percevais et mon envie folle de dire tout, de faire tout et de vouloir tout immédiatement. Mes premiers pas, quels souvenirs ?

Aujourd’hui, l’expérience m’a mûri, ma vision de moi-même et du monde a changé et je suis toujours jeune et pour mes patrons je suis incapable d’assumer des responsabilités ! Je brûle, je bouillonne d’impatience pour pouvoir changer des réflexes professionnels, d’apporter du renouveau au métier et de partager mon savoir-faire et mes petites expériences et mes remises en question.

Dans un monde où les communications explosent, nos médias préfèrent rester sur la voie sans issue de la tradition !  Ils gardent des réflexes centenaires et ils en sont fiers : Ils sont obnubilés par la politique, ils n’interagissent pas avec leurs publics, leurs portes sont fermées aux autres acteurs de la société civile et les journalistes, colonne vertébrale d’une rédaction, évoluent dans la précarité et se prennent pour des héros ! Pour moi, il n’est plus possible d’exercer le journalisme comme il y a dix ans,  les changements sont bouleversants et rapides, et il faudra suivre les évolutions ou disparaitre !

Vivre est une lourde responsabilité. Grandir dans un pays qui interdit le rêve et l’espoir est un combat de tous les jours, pourtant  on me voit toujours ‘jeune ‘ pour leader et prendre des décisions. En Algérie, beaucoup de patrons allient responsabilité et vieillesse. Ceux qui ont libéré le pays n’étaient pas jeunes et fougueux ?

Certes, un jeune a du chemin à parcourir mais c’est également une force de frappe. Il est motivé, l’innovation le séduit, transgresser les règles est naturel chez lui, il n’est pas fataliste, il se relève dès qu’il tombe. Peu de choses l’effraient, son esprit est vierge et il n’est pas formaté par le système. Il rêve de façonner le monde dans lequel il existe.

La jeunesse est essentielle pour éradiquer notre sous-développement.  Dans son dernier rapport, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) affirme que les jeunes entreprises jouent un rôle crucial dans la création d’emploi et que les politiques doivent les aider à se développer.

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vive la diversité algérienne!

Notre culture est d’une diversité inestimable. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les dialectes, les coutumes et les habitudes changent. Les cultures divergent pour converger, imposant un paysage différent et commun à la fois. Le couscous se prépare avec de la sauce rouge ou blanche, avec de la viande, du poulet ou du poisson. Il peut être assaisonné de miel ou de beurre, d’huile d’olive, de fèves, de petits pois ou carrément accompagné de pastèques. Tout dépend d’où l’on vient.

Plus de piments ici, sans sauce ailleurs, beaucoup d’épices ou moins. La règle s’applique à tous les plats locaux. Le champ lexical national est aussi prospère. Un mélange d’idiomes et de langues. On parle berbère, arabe, tamazight, français, pimenté parfois quelques mots italiens, turc ou espagnol. On y trouve aussi des noms d’origine romaine et juive. De quoi aguicher les touristes en quête de découverte. Elle est magnifique cette diversité culturelle qui permet à chaque Algérien de choisir et de se retrouver dans une cette multitude d’identités. Un trésor à préserver et à cultiver parce que l’Algérie est un pays à part, remarquablement riche de son patrimoine culturel matériel et immatériel.

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Je vous boycotte tous, je vote !

Autour de moi, à la maison, au bureau, au café avec mes amis, dans mon parti politique, dans la rue, ils sont rares ceux qui, comme moi, iront voter demain, convaincus de l’intérêt d’agir, d’exprimer son opinion, de faire face à l’incertitude.
Les opposants qui appellent au boycott des élections présidentielles prévues demain en Algérie se foutent de nous ! Vraiment…
C'est l'unique stratégie qu'ils brandissent depuis qu'ils président éternellement leurs propres partis! Le boycott!
Les Algériens ne votent plus, désengagés des choix politiques et de leurs impacts, ils ont perdu toute confiance, ils ne croient plus en rien, ils ont été déçus, trahis, souillés, marginalisés...Et le sont encore aujourd'hui.
C'est pour cela que demain, j’irai voter et exercer mon droit citoyen envers et contre vous tous. Contre moi même aussi.
J’irai dire, haut et fort, ce que je veux.
Demain, je reprends le chemin des luttes que j’ai longtemps abandonné. Je cesse d’accuser le régime de tous les maux, j’arrête de me plaindre, je veux agir, commencer par un petit pas. Un grand pas.
Demain, j’irai voter parce que la rue a apporté le printemps intégriste, par que les révoltions ont apporté guerre civile et guerres armées et parce que les politiques de tout bord en profitent. Ils profitent de mon silence et m'écrasent encore plus.
J’irai voter demain parce qu’on m’a menti depuis que je suis née, depuis que j’ai commencé à rêver, à grandir et à comprendre ! Depuis que j’ai commencé à être Algérienne.
J’irai voter, parce que voter c’est le début du changement. C'est un petit pas, c'est un grand pas.

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J'irai voter, parce que c'est déjà demain

J’irai voter parce que voter, c’est le changement.

Et j’ai changé ! J’en ai ras-le- bol de ces manifestations populaires dans la rue, de ces révolutions qui qui n’ont promu qu’intégristes de tout bord.

J’irai voter parce que j’ai pris conscience de mon rôle citoyen.

Parce que je ne me suis jamais exprimé. J’ai laissé toujours les autres abuser de mon silence, de ma voix, de ma foi. J’ai cédé mon droit aux profiteurs, aux manipulateurs, aux voleurs,  aux politiciens du vide.

J’irai voter parce que j’ai compris tardivement l’engagement par la parole.

Aujourd’hui, ce n’est plus hier et ça ne sera plus demain. Il faut agir. J’ai envie d’agir. Je ne veux plus terrer ma colère au fond de moi, la confier à la rue, aux politiciens du vide ou aux détracteurs du boycott. 

J’irai voter pour dire ma voie, l’écrire sur les cartons, dans l’histoire, parce que je ne veux plus que le hasard guide mes pas, que les autres votent pour moi, que mon silence reste sans voix. 

J’irai voter le 17 avril prochain, heureuse, fière et optimiste, pour dire basta à vos mensonges!  Parce qu’enfin, je n’ai plus peur de choisir, de dire oui ou de dire non. Parce que je suis jeune, je suis aujourd’hui et demain. Parce que j’en ai marre de tous ces politiciens, de ces opposants sans projets sociétal et sans perspectives, de ces promesses jamais tenues, de ces laïcs islamistes opportunistes capitalistes prothésistes machistes scénaristes... De cette rue qui bouillonne sans voix, de ce printemps islamiste, de ces idiots qui ont longtemps parlé pour moi sans m’entendre ou me demander mon avis !

J’irai voter parce que je refuse que tout se fasse sans moi. Je suis fatiguée de mon désengagement, de mon silence et de mon indifférence.

J’irai voter, parce que voter est le premier acte du changementParce que voter, c'est déjà demain. 

 

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Avancez à reculons les filles !

En Algérie, les conditions des femmes évoluent lentement. Universitaires, travailleuses, besogneuses du matin au soir, ces citoyennes qui représentent la moitié de la population, continuent de subir les affres des lois machistes qui gèrent la république depuis l’indépendance. Quelques textes de loi ont été modifiés, toutefois, la vision inégalitaire et discriminatoire prévaut encore dans beaucoup de familles et dans la plupart des institutions étatiques. Profondément, rien ne change. Un exemple effarant. L’on vous dira aujourd’hui que nos femmes peuvent demander le divorce. Bien sûr ! Faux. Les Algériennes ont le droit de demander à être divorcées de leurs maris. Et pour être libérées, elles doivent payer leurs conjoints ! En d’autres termes, c’est le marché des esclaves : Tu veux te libérer, combien peux-tu donner ? Ainsi, le droit de divorcer n’est pas accordé aux femmes comme un droit naturel d‘arrêter une situation qui les fait souffrir mais plutôt comme une faveur à citoyennes qui prennent part au développement du pays ! Des femmes présidentes, managers, médecins, députés, éducatrices, responsables…. Des citoyennes actives appelées à prendre leurs destinées en main mais qui sont soumises à des réalités dures. Peut-on réellement dissocier entre l’espace public et l’espace privé ! L’absence des libertés individuelles ne déteint-il pas sur la vie publique ? La réponse est évidente et douloureuse. Être responsable, c’est être libre et l’Etat est le garant premier de ces libertés.

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Les assoifés aux portes des élections

Bouteflika se présentera-t-il pour un quatrième mandat ! La question ronge la presse nationale depuis que les élections présidentielles de mars 2014 approchent. Les intellos du pays, les journalistes chevronnés, fonctionnaires de la presse privée, les responsables et militants qui quittent rarement leurs maisons ou leurs bureaux s’attèlent à y répondre. Tous les jours. Les mêmes questionnements, les mêmes voix dénonciatrices, des propos accusateurs. Le silence du président de la république qui, dit-on malade, enfonce la situation. Le scenario semblable à une série algérienne de mauvais goût comme celles qui inondent nos écrans de télévisions privée ou étatique me donne la nausée. Il n’y a pas d’intrigue. Il n’y a pas d’histoire. Aucune trame. Juste du blabla futile. La presse n’a pas autres préoccupations que de colporter des rumeurs, des interrogations superflues au moment ou les crises gangrènent le quotidien des citoyens : inflation, cherté de la vie, embouteillage, pollution, problèmes de santé. Une misère sociale, culturelle, politique, économique et affective. L’horizon sans avenir. Le lendemain n’affiche aucune solution dans ce brouhaha inutile ou les candidats à l’élection présidentielle sont d’illustres inconnus, des expatriés, des exilés, des enfants du système, des dissidents du parti unique qui se bousculent à la porte du pouvoir comme des affamés, comme des assoiffés qui ne pensent qu’à prendre sans perspective de donner, de se sacrifier, de changer… Des discours creux, des marionnettes obsédés des projecteurs, des anonymes qui rabâchent des mots entendus quelques part sans y croire. Leurs programmes sont des gribouillis d’incertitudes et de promesses sans perspectives ! Le patriotisme, l’Algérie, la nation, dieu, l’opposition, le pétrole, l’ouverture d’un débat national, réforme de l’école, la démocratie…, sont des thématiques dépassées ! Le monde d’aujourd’hui parle universel, culture, économique, géostratégie, production, exportation, création, créativité, innovation, mouvement, changement, révolution technologique, égalité des sexes. L’Homme se repositionne dans toute perspective de développement. Où sommes-nous de toutes ces interrogations qui impliquent l’avenir de l’humanité !

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Youpi, un autre branleur dans l'opposition politique !

Invité sur le plateau d’une télévision nationale privée, le politicien, élégant dans son costard gris brillant, paré d’une cravate rouge, parle sans aucune envie de s’arrêter. Même pour respirer. Ses mains fines pendent dans le ciel et tombent avec ses mots comme des vérités. Des sentences inébranlables. Il insulte le pouvoir en place, lui colle tous les maux de l’Algérie, dénigre l’opposition incapable de proposer un programme pour les prochaines élections présidentielles, dénonce la réalité. Il rabâche des déclarations périmées, défonce des portes ouvertes et pense, pourtant, casser des tabous !

A l’entendre, tous les maux du pays c’est les autres, lui et son parti, c’est la solution, l’alternative mais aussi sans programme et sans perspective et sans débats de fond.

Ce messie politique qui vient sauver le bateau de la dérive, est incapable de faire une projection de l’avenir économique, politique  et sociétal de l’Algérie. Comme beaucoup de ses confrères, il reprend des mots qu’il a entendu quelque part, à la télé ou lors de ses séjours en Occident, pour les cracher sur ce plateau sans saisir leur portée.

Ce même politicien, comme beaucoup, est l’enfant du grand parti unique qui occupe la place politique et publique, dans le pouvoir et dans l’opposition. Il a baigné dans ses eaux, manger de ses mains, grandit sur ses pas et s’est nourrit de ses idéaux avant de penser, plusieurs années plus tard, à créer son propre parti unique.

Ce n’est pas une blague. C'est un vrai branleur !

 

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Bonne mauvaise année!

Arrêtez ! Cessez de m’envoyer des mails et des textos et des cartes virtuelles pour me souhaiter une bonne et merveilleuse année 2014! S’il vous plaît !

Une avalanche de vœux qui se ressemblent,  qui fait exploser mon téléphone et ma boîte mail. Je ne réponds pas. Je n’apprécie pas ces messages courts, chaleureusement froids écrits entre une pause-café et un appel téléphonique ! Des mots répétés, diminutifs, retapés, fastidieux  et collés l’un sur l’autre avant d’être envoyés à plusieurs personnes instantanément ! La technologie c’est formidable !

Un gain de temps, d’argent et de sentiment ! On n’écrit plus avec son cœur, avec ses sentiments, avec son bonheur et ses émotions… Peut-on envoyer les mêmes messages à tout le monde ! A tous ses amis ? Les membres de sa famille ? Les résumer tous en quelques lignes !

Je n’y arrive pas ! J’ai envoyé ce matin un message de vœux à ma directrice. J’ai ressenti mes phrases. Je les ai choisies. J’ai répondu à deux messages. J’ai longuement réfléchi mes mots.

Je n’ai pas envoyé une centaine de vœux, ce qui importe c’est la qualité, pas la quantité. Le sentiment profond, partagé, échangé, … Pas la rapidité.    

J’ai adoré le texto de mon chéri, il fait l’exception. Il me rappelle une époque révolue et lointaine.  « Bonjour mon trésor Ma première pensée mon premier soupir mon premier message de 2014 c’est toi. Ce n’est que pur bonheur. Merci pour avoir donné un sens à ma vie… ».
Je l’ai relu plusieurs fois. Quelques lignes qui dégagent énormément de tendresse, qui réduisent la distance et l’éloignement et rappelle les merveilles de la technologie quand on s’en sert.

 

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J’ai prononcé la rupture

A peine, je m’exprime sur le contenu de la Déclaration Finale, que je prononce la rupture. Ils s’emportent sans m’écouter, sans essayer de comprendre mes palabres. Les militants invétérés qui ont passé la nuit à l’écrire réagissent immédiatement. Les réponses pleuvent comme des sentences, des balles, des barrières…

Je réalise, à mes dépens, que je n’ai pas de place dans cette assemblée qui prône le changement, qui s’oppose au pouvoir, qui croit à de lendemains meilleurs.

J’ai juste tenté de dire que la Déclaration Finale reprend un discours vieillot, qu’elle ne parle pas modernité et innovation. Elle se contente de reprendre les mêmes discours d’il y a 40 ans, sans les remettre en cause, sans saisir l’importance des défis à venir, des mutations profondes qui ont touché le pays, la société... Des idées rabâchées qui ont déjà prouvé leurs défaites, leurs péremption.

Oui, j’ai dit que cette déclaration grelotte, qu’elle ne réfléchit pas, qu’elle dénonce mais ne propose pas,…

Ils réagissent immédiatement. Les réponses pleuvent comme des sentences, des balles, des barrières…

Ils se disent démocrates et libéraux, ils vomissent la haine, la dictature et le pouvoir, pourtant ils pérennisent ses pratiques. Ils n’écoutent pas les jeunes, ils parlent à leur place.  

Ils se sont réunis encore, plusieurs fois, sans moi, pour finaliser LEUR Déclaration.

Je ne suis plus revenue. J’ai compris qu’on n’avait pas besoin de moi. Que je n’avais plus rien à faire.

 

 

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A bas les révolutions !

Depuis deux ans que ça dure ce putain de printemps islamiste ! Jargon médiatique pour inventer des concepts à la noix : islam politique, printemps arabe… et j’en passe. Des termes creux qui ne veulent absolument rien dire !

Avec un peu de réflexion, on peut redéfinir les choses. Islam politique et modéré (le mot qui me fait rire…modéré !) est plutôt la montée des intégristes libéraux au pouvoir, cette ascension est aussi armée. Printemps arabe, c’est plutôt le règne de l’anarchie et réactionnaires.

Deux ans de rage, de cris, de sang, de guerre et de vomis ! Et toujours rien ! Pas de changement. Plutôt le règne de l’anarchie, de la guerre et du sang. Des présidents sont certes tombés. Oui, des têtes sont sacrifiées mais pas plus que cela. L’opposition de paille crie à tue-tête les mêmes discours, les mêmes slogans, les mêmes maux. Elle n’a rien d’autre à proposer que de s’opposer. S’opposer à tout sans pouvoir proposer une alternative. Pas de programme politique, de vision économique, de perspectives sociales et culturelle. Elle n’est pas mieux que le pouvoir en place.

Aujourd’hui, on veut nous faire croire que le changement, c’est par les armes et la violence. C’est cela la démocratie. Pas du tout ! Je n’y crois pas ! Après vingt ans de barbarie terroriste en Algérie, je refuse qu’on vienne me servir la même sauce sous prétexte que l’on sait mieux que moi ce qui me va !

Basta ! Basta ! Je sais. Je veux choisir mon présent et mon avenir. Je m’inspire de mes racines, de moi-même et des erreurs des autres. Des miennes aussi. Il n’y pas de modèle parfait. Me remettre en cause, me renouveler et me reconnaitre, est un besoin vital aujourd’hui. Arrêtez de nous ériger des modèles à la Turque, à la Française, à l’Européenne ou à l’Américaine…

Les vraies révolutions n’existent pas!C'est une autre invention humaine.

Il n’y pas de miracles. Le changement est d’abord un travail intérieur, avec soi-même, c’est commencer à voir autrement, à reconnaitre la différence, le monde qui nous entoure avec ses paradoxes et sa fragilité. Tout le reste, tout le reste c’est du baratin. Pourtant, ce ce qu’on nous sert tous les jours dans les médias !

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Hommage à une Congolaise violée

Mon cœur a frissonné, mes larmes ont coulé spontanément, les maux qui te racontaient me traversaient.

Tu étais seule, quand il s’est mis sur ta route. Il s’est jeté sur toi, le monstre ! Il s’est acharné sur ton corps meurtri, tu t'es débattu sur le sol dur, avec le peu de force qui te reste.

Il t’a violé le salaud ! Il t’a abandonné à ta solitude et tes douleurs avant de prendre la fuite. Un lâche ! Tu t’es levée, tu as nettoyé le sable de tes haillons, tu as regardé le ciel, tu as porté ton corps ensanglanté et tu as continué ton chemin vers les champs pour cueillir les moissons.

Puis, il a recommencé, une vingtaine de fois, lui ou un autre, tu ne sais plus. Les mêmes visages, la même route, la même haine, la même cruauté, la même solitude, les mêmes larmes glacés au coin des yeux.

Tu fais tous les jours cette traversée de la mort. Tu n’as pas le choix. Tu ne sens plus ton corps usé, fatigué. Travailler dur dans les champs nourrit ta marmaille d'enfants.

Tu n’as même plus le temps de souffrir. Ton kikongo (République démocratique du Congo) a disparu, il a été dévasté par la guerre, ton corps, lui, est ravagé par les hommes.

Loin dans les champs, tu livres, tous les jours, la même bataille, celle de la survie

J’ai pleuré en écoutant ton histoire. L’impuissance face au drame. Femme muette au visage coloré de soleils, tu n’as  plus la force des mots pour parler.

Je t’ai vu, j’ai ressenti tes blessures sur mon corps, sur mon cœur. J’avais envie de sortir de la salle de conférence, hurler ta solitude et ma colère.

Je n’écoutais plus que tes cris, je n’ai vu que ton silence et ta souffrance sourdre en moi.

Le soir, quand j’ai lu mon texte, devant cette assemblée de participants, mon corps se tordait douleur pour toi.

T’écrire me sauve de ma culpabilité. Les mots qui te libèrent m’emprisonnent pourtant.

Ton supplice perdure. Le mien aussi. 

Comment faire ?

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l'Algérie le black-out

Bientôt les élections présidentielles en Algérie et je ne vois aucun bon candidat successeur. Tous ceux qui sont dans l’opposition depuis des siècles, sont incapables d’assurer quoi que se soit. Je le vois tous les jours, ces partis politiques ont le même leader depuis l’indépendance du pays, depuis cinquante-ans ! Ils vomissent les jeunes et n’assurent ni encadrement, ni formation. Leur discours est dépassé, démodé, vieillot. Ils ont la trouille de tout ce qui est jeune, de tout ce qui est nouveau. La démocratie, c’est un mot qu’ils ont entendu ailleurs, en occident, qu’ils ont importé avec leurs costumes et leurs discours. On ne voit jamais leurs femmes, leur vie qui doit être publique est cachée.  Ils annoncent en boucle un seul programme : ils se disent anti-islamistes et laïcs. Mais la laïcité est une vision, elle ne peut être un programme social, économique et politique ! A part être des « êtres laïcs » c'est-à-dire de faux laïcs et de faux démocrates,  quelle alternative proposent-ils ? Quelles nouvelles vies proposer à ces jeunes affamés qui quittent le pays en rêvant de l’eldorado ! Quelles solutions pour créer de l’emploi, assurer une justice sociale et faire monter l’économie ?

Ehuu… Là encore rien…Ils n’anticipent jamais et bricolent au jour le jour et font abstraction de la société civile parce qu’ils sont des illuminés et savent toujours mieux que les autres…

Le souci est que l’opposition n’est pas mieux que le pouvoir, elle est sont enfant. Cela se voit d’ailleurs très bien en Égypte et en Tunisie.

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Est-il mort en perspective?

Tout le monde s’interroge. Tous les intellos du pays sont obnubilés par cette question existentielle. Le président de la république est-il encore vivant ?
Moi, à l’image de la populace je m’en fou ! Je ne suis pas intello et survivre dans les cercles politico-économiques ne m’intéresse pas.
Ici, dans la cité, je ne vois pas l’avenir. Dans le grand jardin, des citoyens ont construit leurs petites maisons, ils n’ont pas où aller. Leurs demandes de logements n’ont jamais abouti. Ils ont squatté cet espace vert qui, autrefois, abritait notre enfance. On y jouait, on y rêvait, on y grandissait.
Grandir n’est pas une mince affaire dans un pays qui te déteste et qui te le fait savoir dès que tu sors du ventre de ta mère. Tu ne vis pas dans un pays qui ne te promet pas d’avenir et qui ne t’assure pas le présent.
La question, celle que je me pose tous les jours sans que cela fasse la une des médias : Comment rester en vie dans un pays qui ne vous offre que la mort comme perspective ?

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Femme lève toi

Ils m’ont appris à ne rien dire, à enfouir mes idées, à enterrer mes sentiments et à accepter tout. Obéir c’est cela une femme idéale, elle ne discute rien. Une chose. Un esclave qui exécute en renonçant à tout ce qu’il est, ce qu’il ressent et ce qu’il pense.
Renoncer à ma nature. Supporter tout sans rechigner et faire face aux ingrats. Sacrifier sa vie inutilement pour les autres. Donner sans jamais compter, sans attendre de retour, tête baissée. Ne jamais recevoir. A me voiler parce que mon corps comme ma voix sont une honte. A faire sans jamais s’interroger, sans remettre en question, faire l’amour sans rien ressentir. Un viol physique et moral.
C’est cela la vie que l’on essaie de m’imposer chaque jour, partout, là ou je vais dans ce pays qui a du mal à se construire, où j’ai de plus en plus mal à me trouver une place.
Aujourd’hui, j’explose. Je brise toutes ces chaînes imposées parce que je suis une femme simplement !
Je ne suis que ce que je veux être. C’est déjà assez compliqué comme ça !

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FFS 50 ans d’opposition, du vent!

J’ai envie de boire, de ma saouler la gueule dans un bar de fortune et de fumer jusqu’à ne plus en pouvoir. Il a démissionné enfin ! Après cinquante-ans de règne ! Hocine Aït Ahmed, le président historique du Front des forces socialistes (FFS), le seul président qu’a connu ce parti d'opposition algérien, a déposé sa démissionné jeudi 23 mai. A 86 ans ! Il a dirigé le parti depuis sa création en 1963.

Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer. Hocine Ait Ahmed, fatigué, n’a pas pu assister au 5e congrès de son parti. Il a écrit un message qui a été lu à l’assistance par son fils Jugurtha. « Pour tous, il y a un avant, un pendant et un après. C’est vrai que les moments de passage sont parmi les plus difficiles à vivre mais ils sont aussi parmi les plus passionnants à vivre ». « Je me retire de la présidence du parti, j’aurais voulu, j’aurais pu ou dû, ou pas su, le faire plutôt », a-t-il affirmé. « J’en ai souvent discuté avec des camarades et des amis, mais voilà l’histoire se fait pendant que nous apportons notre modeste contribution à son déroulement » a-t-il ajouté.

Des mots. Que des maux ! J’ai horreur d’idéaliser les personnes. Dans ma vie, tout peut être remis en cause à tout moment, tout dépend de la situation. Rien n’est sûr, rien n’est vrai mais tout est relatif.
Quel message après toutes ces années de royauté ? Cessons de parler de démocratie lorsque nous sommes incapables de l’assumer. Le parti, comme tous les autres, rejette ses enfants qui osent critiquer ses dérives ou remettre en cause certaines de ses idées. Ce qui n’est pas comme moi est contre moi.  C'est tout!

Aujourd’hui, le FFS est livré à ses membres, à lui même! Ils s’entredéchirent parce qu’ils ne se sont pas habitués à l’alternance du pouvoir, de la présidence, un autre leader qui voudra gouverner pendant cinquante ans voire même plus! Une telle opposition, fébrile de pouvoir, minée par une guerre de succession depuis belle lurette, ne pourra jamais effrayer le pouvoir en place. Je crois même qu'il en rigole.

Je préfère boire, boire à ne plus pouvoir penser !

 

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Patriotisme armé

Je ne veux plus revoir Mohamed. Nous n’avons plus rien à partager, à se donner, à s’échanger. Je ne supporte plus la rage qui luit dans ses yeux lorsqu’il parle de la révolte égyptienne, cette haine naissante qu’il qualifie de patriotisme. Hier, nous nous sommes disputés. Quel malheur ! La révolution égyptienne n’est pas armée ! Quoi ? Parce qu’une horde d’islamistes qu’on appelle rebelles, qui mène la guerre en Syrie te plait ? Tout est permis pour faire tomber le régime. Tu crois! Non mais tu blagues ? Tu es anarchiste et tu soutiens une bande de fanatique islamiste qui mène la guerre armée en Syrie au nom de Dieu ? Des bobards ! Le régime use de violence contre les populations, ça justifie la violence des opposants. En Algérie, nous avons 20 ans d’opposition islamiste armée qui a détruit le pays et renforcé le régime et … Oui, mais ce n’est pas pareil ! La dérive est humaine et la violence ne résout rien. Mais elle est utile, elle déstabilise le pouvoir Regarde l’Algérie, rien n’a changé ! On veut nous faire croire que la lutte armée est une solution, pas du tout ! Regarde comme Kadafi a été assassiné et... Il le méritait bien, il méprisait son peuple Ah oui ! Ceux qui disent contre le régime l’on abattu froidement sous les caméras du monde. Les prémices d’une guerre civile ! C’est le prix de la démocratie et il faut le payer Payer quoi ? Effrayer les populations, abattre les dictateurs comme ça ! Non, mais quelle transition là ! En plus, des fanatiques religieux qui crient Dieu est grand devant les caméras ! Et alors ? Non mais ils ne sont pas nombreux ces islamistes parmi les rebelles J’ai du arrêter de discourir avec Mohamed, il ne m’écoute plus, il est prêt à faire la guerre pour ses principes qu’il ne veut discuter, à tuer d'autres égyptiens...J'ai eu peur, ses propos m'effraient et je ne peux l'arrêter. Il est ailleurs. Dans son paradis. Nos échanges ne servent plus à rien.

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