Publications de Grace Bailhache (8)

Elle s'appelait Aoua Keita....

journee international femme-africaine aoua keita awaElle s'appelait Aoua Keita.... Comment cette Aoua Keita a t-elle pu tomber dans l'oubli ? Comment me suis-je arrangée pour ne jamais tombée sur ce nom ? Est-ce possible que je l'ai lu sans y prêter attention ? Cela fait maintenant 5 jours et je ne m'en remets toujours pas : j'ai découvert qu'il existait une journée de la femme africaine et ce depuis 1962, qu'elle a été créée à l'initiative de...Je vous le donne en mil madame Aoua Keita et qu'elle a été promulguée et parfaitement homologuée par l'union panafricaine.

Alors passe encore pour la journée de la femme africaine, certains esprits bien avisés , voulant calmer mon enthousiasme m'ont déjà interpellé sur le fait qu'après tout il y'avait déjà le 8 mars et qu'il n'y avait aucune raison pour séparer les femmes africaines des autres. Heu...Je ne partage absolument pas ce point de vue.

Sans entrer dans les détails, les dernières discussions autour du code la famille au Mali semble abonder dans mon sens, Aoua Keita était malienne, que penserait-elle de ce qui se passe aujourd'hui dans son pays ? En même temps, elle est morte en 1980, donc elle a eu le temps de laisser une trace au-delà de cette journée. J'étais vraiment de voir que son pays ne l'a pas oublié, que son visage est présent dans la ville à travers une fresque, que des actions visant à aider les jeunes filles et jeunes femmes se poursuivent dans les lieux portant son nom. Et là non plus, je ne le savais pas. Je crois que c'est la raison pour laquelle, cette journée m’obsède depuis que j'en ai connaissance, essayer de faire en sorte que l'histoire ne se répète pas inlassablement, que les femmes modestes comme Aoua Keita et qui accomplissent leur vie durant des choses extraordinaires soient présentes dans nos mémoires, dans nos ouvrages.

Moi je veux bien que dans certaines épopées, on connaisse jusqu'au petit neveu du roi et que l'on oublie comme par enchantement les femmes brillantes. Psssitt ! Heureusement qu'aujourd'hui la technologie est de notre côté, j'ai pu en apprendre beaucoup sur cette grande dame malienne en mois d'une heure et désormais le 31 juillet sera systématiquement entourée de rouge dès le 1 janvier sur mon calendrier. Il me reste plus qu'à trouver l'autobiographie qu'elle a publié, je suis curieuse de voir quelles pouvaient être sa vie avant qu'elle ne devienne militante. Ce qui est certain c'est qu'Aoua a accouché de belles créations, je vous rappelle celle du jour : la journée internationale de la femme africaine. Bonne fête à vous toutes mesdames, mesdemoiselles et n'oubliez pas, elle s'appelait Aoua Keita...

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Mon grand-père me disait souvent "si tu ne peux pas avoir ce que tu veux tout de suite, contentes toi de ce que tu as, tu peux aussi rêver que tu l'as en attendant de l'avoir". Je vous laisse imaginer ce que ce genre de propos avait comme effet sur la petite fille impatiente que j'étais. Grhhhh ! C'était bien trop profond pour l'esprit d'une gamine pourrait se dire certains, oui et non. Parce qu'au fond même si sur le moment, je trouvais ses petites phrases philosophiques aussi "barbantes" que les punitions de mes parents, aujourd'hui, elles me sont d'un grand secours, la preuve. Puisque, cette année encore, je n'ai pas quitté les montagnes pour me perdre dans les allées de la porte de Versailles au salon du livre, j'ai choisi de suivre les conseils de mon pépé Loubienga.

Et voilà le travail... J'y suis... Et je vous emmène dans mon rêve éveillé au salon du livre via le stand des livres et auteurs du bassin du Congo. Vendredi 21 mars, j'ai arrêté le travail à 15 heures, mon exemplaire de La brève histoire de ma mère sous les bras, j'ai pris la direction porte de Versailles avec pour objectif d'être la toute première à obtenir la dédicace de Jean-Aimé Dikabana. Évidemment, je me serais empressée de faire un selfie avec lui après tout, n'est-ce-pas le nec plus ultra en ce moment ? Oui çà fait très groupie, mais en même temps, j'ai une bonne excuse, Barack Obama et le Pape François ont sacrifié à ce courant aussi, alors, tout est permis. SouRIRES !

Le lendemain samedi, j'ai fais relâche, parce qu'il faut bien le reconnaitre, ce n'est pas tous les jours, que je viens à Paris, et il fallait que j'en profite pour faire des trucs de filles comme la coiffure, la pédicure, la manucure, le massage et puis samedi j'ai tango aussi, donc on ne peut pas être partout non plus.

En revanche aujourd'hui dimanche, je suis retournée au salon et là, çà a été le tourbillon, j'ai pu faire la connaissance de trois jeunes auteurs qui m'intriguent Mamadou Mahmoud N'Dongo, Joss Doszen et Marien Ngombé. Et je suis repartie de plus belle avec les dédicaces, les photos et comme en plus, ces auteurs ont un sens de l'humour très aiguisé, j'ai beaucoup ri. Bref, c'était comme qui dirait le paradis. Puis, j'ai sagement repris mon train pour regagner mes montagnes.

Je le trouve pas mal mon rêve, en tout cas, il est plus inspirant que mon véritable week-end. Après tout qu'importe, pourquoi ne pas se faire plaisir de temps à autre et imaginer ce que la main ne peut atteindre ?

Qu'en dites vous ? Suis-je bonne à enfermer ? Ou bien est ce que vous aussi, il vous arrive de vous laisser aller ?

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grace bailhache conte congo autour feuLe 20 mars dernier c'était la journée mondiale du conte et cette année, j'ai loupé le coche et pourtant je suis une mordue de contes et légendes. Dis racontes moi une histoire est sans doute la phrase que j'ai le plus prononcé durant mon enfance. Est-ce mon grand-père Loubienga, ses contes magiques de chez nous, ses batailles épiques mimés à grand renfort de secousse de son ventre ? Est-ce la collection des contes et légendes que j'ai dévoré l'année de la sixième ? Ou bien est-ce que ce sont les contes de Hamadou Hampaté Bâ découvert au collège qui m'ont donné le virus des contes ? Je ne sais plus qui de l’œuf et de la poule est à l'origine de ce gout immodéré pour les contes.

grace bailhache conte beembe congoCurieusement bien que je sois une amoureuse des livres, si je devais choisir entre lire un conte et l'entendre de vive voix, je choisirais toujours de l'écouter. Il y'a quelque chose d'indescriptible pour moi à vivre un moment de conte à plusieurs. La proximité, l'interactivité, l'absence de fioritures qui oblige à faire travailler son imaginaire sont autant d’éléments qui m'enthousiasme toujours autant. Je n'ai jamais perçu les contes comme des histoires exclusivement pour les enfants.

grace bailhache legendes africainesA mes yeux, les contes demeurent un excellent véhicule pour faire passer une leçon de vie. Et confidence pour confidence, aujourd'hui encore, je continue d'en lire et lorsque l'occasion se présente, je file écouter des conteurs en "live" mais ils se font de plus en plus rares. Parfois , les contes m'aident à trouver des réponses à des problèmes du quotidien, et, mieux encore, il m'arrive de piquer quelques "trucs" de conteurs pour animer mes ateliers, donc je n'arrive pas à les trouver obsolète. Pourtant, j'ai l'impression que cette vision est de moins en moins partagée.

Je me pose la question et je vous la pose aussi. A l'heure des séries télés à foison disponibles sur internet, peut-on dire en 2014, que le conte oral est mort et enterré ? Y'a t-il encore des enfants pour dire tout bas "dis racontes moi une histoire ? Avez-vous aussi de bons souvenirs de contes ou bien y êtes vous totalement hermétiques ?

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Je suis abonnée à un certain nombre de podcasts, et çà finit par prendre de la place. Certes l'atelier des médias est un programme que j'affectionne tout particulièrement, cependant, à chaque fin d'année, je fais un tri en réécoutant les épisodes afin de ne conserver dans mes archives que certains épisodes.

Pour mon florilège, j'ai distingué trois types d'émissions, celles que je conserve à titre d'archives parce qu'elles envisagent des nouveautés, parce qu'elles imaginent le futur et que çà m'intéresse de voir si les spéculations s’avèrent exactes, ensuite les émissions "découvertes" que je garde parce qu'elles m'ont réellement appris quelque chose que j'ignorais et enfin il y'a les émissions coup de cœur que j'aime réécouter parce qu'elles ont en plus ce "je ne sais quoi" en plus.

Pour ne pas faire un article trop long, je l'ai scindé en deux, d'un côté sur mon blog, j'ai publié dans ce post Atelier des médias RFI : le meilleur de 2013 ma dernière émission coup de cœur et la série de mes émissions préférées dans la catégorie des découvertes. L'idée étant de permettre à des personnes qui me suivent et qui ne viennent pas sur l'ADM de faire des découvertes.

Ici sur l'ADM, la démarche est différente parce que j'aime l'idée de pouvoir discuter avec des personnes qui font partie de la "famille" de l'atelier, donc qui ont entendu la même chose que moi, et qui ont compris ou entendu les choses différemment. Donc voici mon best of :

Mes 2 émissions coup de cœur


5 janvier 2013 : le carrefour des possibles !


J'ai eu un grand coup de cœur pour cette série qui avait commencé d'ailleurs en décembre 2012. Les 5 profils choisis pour être accompagnés m'ont tous intéressé à des niveaux différents. Cependant, j'avoue avoir eu un vrai coup de coeur pour la passion et la débrouillardise du jeune togolais Sam Kodo. En farfouillant un peu un an après, j'ai voulu voir où il en était et quelle tristesse de ne rien trouver de neuf à son sujet. Sniff ! J'avais également été interpellés par Roland Polman et Jean-Delmas EHUI. Pour mon plus grand bonheur, ils sont tous très actifs sur Twitter et j'ai la ferme intention de les suivre, car je suis certaine d'enrichir mes connaissances à leur contact.


13 avril 2013 : les émissions spéciales Mondoblog à Dakar

Amusée par la gouaille chatoyante de l'acteur, du co-animateur de cette spéciale, le bien nommé Cyriaque, émue par les tribulations de Gaius Kowene, impressionnée par le calme olympien d'Alimou Sow consacré meilleur blogueur francophone aux bob's, conquise par l'ironie mordante de Florian Ngimbis aka le Kamer Kongossa, transportée par la chronique toute "pisanienne" de René Jackson, les deux volets des mondoblogueurs en vadrouille "apprentissage" à Dakar sont des pépites hors catégorie à réécouter les jours de pluie ou de blues.

Mentions spéciales pour les cultissimes scènes : le fabuleux destin du riz sénégalais, le dakar by night ou les tribulations d'un kongossa dans un taxi et enfin pour le remake drolatique du fameux générique de l'atelier des médias.


Les émissions placées dans la catégorie " à suivre"

12 janvier : bilan de l'année 2012 et enjeux de 2013

19 janvier : Le Cahier de Tendances médias d'Eric Scherer

9 février : Afripedia, la nouvelle idée de Wikimédia pour l'Afrique

6 avril : Les drônes au service du journalisme ?

14 septembre : La rentrée média 2013 vue par quatre spécialistes

19 octobre : Kindia 2015 quand Canal+ verse dans l'humanitaire

Et vous ? Y'a t-il des émissions qui vous ont marqué plus que d'autres ? Lesquelles et pourquoi ? J'ai peut-être manqué quelque chose sans m'en rendre compte, alors n'hésitez pas à me faire part de vos préférences.

Je vous retrouve dans les commentaires pour échanger !

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Le début d'une année est propice aux rétrospectives sur les 12 mois écoulés et les perspectives sur ceux à venir. Bien que peu présente sur l'atelier des médias au cours de l'année 2013, j'ai fais de belles découvertes parmi les mondo-blogueurs et autres blogueurs de l'atelier.


Avant de poursuivre vers de nouvelles aventures avec la session 2014 de l'ADM, je tenais à remercier tous ceux qui m'ont contacté via ce site, soit en lançant une demande d'amis, soit en m'envoyant des messages privés ou encore en me rejoignant sur d'autres plateformes d'échanges.


Traditionnellement, nous avons jusqu’au 31 janvier pour présenter nos vœux, je suis encore dans les temps, pour vous souhaiter à tous une année pleine d'échanges et de belles amitiés qui je l'espère passeront du virtuel au réel.

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Certains d'entre vous se souviennent peut-être d'avoir lu quelque part que le 12 mars dernier marquait la cinquième édition de la journée mondiale de la censure sur internet, journée à l'initiative de RSF (Reporters sans frontières) ? Il se trouve que j'ai publié ce jour là un bref rappel de l’événement dans la partie blog de mon site avec ce billet C’est la journée mondiale contre la censure sur internet (cliquez sur le titre pour y accéder) avec dans l'idée de la prolonger toute la semaine sur ma page Facebook à travers quelques clins d’œils à des personnes publiques emblématiques d'une certaine résistance face à la censure notamment Aung San Suu Kyi ou Ai Weiwei. Si je reviens sur la notion de censure dans un billet sur l'atelier des médias, en l'acoquinant sans vergogne à l'autocensure, c'est parce que la semaine qui a suivi cette fameuse journée, j'ai eu quelques échanges sur Facebook avec un blogueur, et que cette discussion a donné lieu à une réflexion et une série d'interrogation qui sont au final résumé dans le titre de l'article du jour.

Que s'est-il passé exactement ? J'ai l'habitude d'organiser des sortes de jeu sur ma page, et un soir de la semaine dernière donc, après avoir échangé un peu autour sur ma page, j'ai prolongé le moment avec un fan sur son profil facebook. Il a l'habitude comme d'autres blogueurs d'y relayer certains de ses articles pour prolonger la discussion avec ses amis. Je suis arrivée au moment où la discussion tournait autour de deux sujets, deux images de façon simultanée, c'est assez commun sur ce réseau. Et comme ces sujets m'intéressaient, j'ai demandé à cet "ami" blogueur" s'il les transformeraient en articles pour son blog, de façon à ce que nous puissions continuer la conversation, sans avoir à voir disparaitre le thème puisque sur Facebook, d'un jour à l'autre un sujet en chasse l'autre en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Et c'est là, que la discussion a pris un autre tour. Ce blogueur m'a informé qu'il ne pensait pas le faire, parce qu'il n'abordait pas certains sujets sur son blog pour éviter d'exposer un certain lectorat trop jeune ou trop proche. Waoh ! De l'autocensure venant d'un blogueur plus provocateur et "polémiqueur" que consensuel ? Ma première réaction a été la surprise, la seconde l'interrogation et la troisième la réflexion sur mes propres limites en tant que blogueuse.

Alors c'est vrai que je ne parle ni de politique, ni de religion, ni d'argent, ce qui limite considérablement les sujets polémiques, mais je me suis demandée quand même, si moi aussi, je ne m'interdisais pas volontairement certains sujets ? mais également si en modérant les commentaires tel que je le fais, je ne pratiquais pas aussi une forme de censure ? Au départ, je me suis donnée le beau rôle en justifiant le fait de ne pas aborder les sujets qui fâchent du style du genre : les promesses de gagner de l'argent avec votre blog sans effort sont fausses, la meilleure idée du monde sans un minimum de marketing a peu de chance de toucher qui que ce soit, ou encore non mais sérieusement vous vous demander pourquoi personne ne vient sur votre blog alors que vos articles sont truffées de fautes, que votre design ressemble à celui de votre voisin et que vous ne visitez aucun autre blog, que vous ne participez à aucun forum et que vous ne faites partie d'aucune communauté ? Et si je voulais être tendance, et surfer sur la vague Nabilla j'ajouterais...Non mais allo quoi ?

Finalement, en y réfléchissant plus longuement, j'ai été bien obligée de me rendre à l'évidence que moi aussi, je pratiquais une forme d'autocensure. C'est là que je me suis demandée si ce blogueur et moi étions simplement prisonniers en n'abordant pas certains sujets alors même que personne ne nous l'interdit nommément ? Je vous pose la question amis de l'atelier des médias, pratiquez-vous l'autocensure et dans l'affirmative sur quels sujets et pourquoi ? Éclairez-moi de vos lumières car j'avoue que là je nage un peu dans le brouillard.

Merci de laisser vos avis dans la partie "commentaires" sous l'article et non par messagerie. J'aime la confidentialité et l'exclusivité, mais là je souhaiterais que chacun puisse profiter au maximum de l'avis des autres.

N.B : Je n'ai pas eu de relecteur sur ce texte, alors si et remarquez une faute, une coquille ou une erreur quelconque dans ce texte, merci de m'en faire part. 

A très vite, bon dimanche et bonne semaine !

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Je me suis absentée un petit moment de la toile pour mettre de l'ordre dans mes sites après un problème avec un hébergeur pour des raisons de transfert dont je vous épargnerais les détails. Mais malgré cette absence, j'ai toujours été en veille, à l'affût de logiciels, applications ou de toutes idées qui sortent un peu de l'ordinaire.

Lorsque j'ai découvert le site de Pixton, j'ai immédiatement eu envie de le tester pour envoyer des messages un peu originaux à mes contacts sur la blogosphère. Mais progressivement, je me suis prise au jeu, et d'une image, je suis passée à une planche, puis de la planche à la vidéo et plus seulement pour l'atelier des médias.

Au départ, je voulais faire un clin d'œil à deux membres de l'ADM uniquement, et plus j'avançais plus l'idée d'agrandir et d'enrichir s'est imposé pour finalement devenir un clin d'œil à l'atelier dans sa globalité. Alors bien sûr comme à ce moment là, j'arrivais au terme du sondage qui se déroulait sur mon site, je m'en suis servi dans les dialogues. La planche a été faite le 9 mai, je l'ai mise en ligne en vidéo le 11 mai sur Your Tube. A ce moment là, il y'avait déjà près de 400 participants au sondage et j'étais un peu honteuse de ne pas en avoir parlé aux contacts de l'ADM, je suis surtout passée par une campagne d'affichage dans ma ville et par la publicité sur Facebook.

Le sondage est terminé depuis le 19 mai, mais la planche demeure et j'ai eu envie de la partager avec les membres de l'atelier, et du même coup de vous faire découvrir un outil. Qui sait peut-être que l'un de vous en aura l'utilité ?

Que pensez-vous de cette planche ? Une planche de BD peut-elle remplacer un message par mail ?

 

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Viva Riva ou la notion de fiction

Avez-vous entendu parler de Viva Riva le film du congolais Djo Munga ? Peut-être même l'avez-vous vu ?

Moi j'ai vu ces deux affiches dans le métro parisien le mois dernier. Et il n'y a pas à dire, l'affiche m'a tout de suite happée. Le choix des couleurs, ce visage au regard mi-inquiétant, mi-séduisant m'ont fait reculé alors que j'étais pressée comme toujours et comme tout le monde dans le métro. Et lorsque j'ai réalisé ce film se passait à Kinshasa, çà a été comme une bouffée de plaisir, j'ai pris quelques photos en me promettant d'aller le voir avant de quitter Paris. J'ai été bien déçue d'apprendre par un ami que le film ne sortirait qu'après mon départ. Grrhhh ! J'ai compris qu'il me faudrait attendre un moment avant de pouvoir le voir, parce que je doutais de l'arrivée de ce film dans la bonne ville de Chambéry. Et çà s'avère exact, car à ce jour, ce film n'est pas programmée dans ma ville de résidence.


Entre-temps, j'ai parlé de ma frustration à des amis parisiens qui avaient justement l'opportunité de voir le film. J'ai été assez surprise des réactions des congolais des deux rives, surtout de ceux de la RDC particulièrement concerné puisque l'action se déroule à Kinshasa.


"Ce n'est pas un film congolais..."

Pour tout dire, j'ai eu droit à des
"ce n'est pas un film congolais...",heu oui ! pardon ? Réalisé par un congolais, l'action se passe à Kinshasa et ce serait un film...Japonais peut-être ?Et attention, il s'agit de personnes qui se plaignent sans cesse, qu'il n'y a jamais de films africains au cinéma et qui ne vont pas au cinéma quand il y'en a un qui sort.
 J'ai également entendu, mais cette fois de la part de quelques personnes qui l'ont vu :
"c'est un film de vendu, il n'y a que des mensonges dedans et en plus çà sent la main de l'état à plein nez" . Ah bon ? Vue l'affiche, çà m'a plutôt l'air d'un film d'action avec tout ce que çà peut comporter comme ingrédients de subversion, pas vraiment le genre à plaire à un état post-marxiste qui ne voudrait montrer que le côté "tout va bien dans le meilleur des mondes", mais bon, admettons.

Quid du FILM en lui-même, du sujet, du jeu des acteurs, de la façon dont la ville a été filmé, de la musique, bref de tout ce qui fait qu'on a envie d'aller dans une salle de cinéma ? RIEN ! Aucun commentaire, juste une heure de discussion stérile sur le gouvernement. Quand je dis une heure, ils ont continué longtemps après, parce que je suis partie. En fait, j'ai eu tout à coup comme un sentiment de "déjà vu". Le fait est même si le groupe n'était pas le même, je me suis retrouvée dans la même situation, avec le film de
Mahamat Saleh Haroun "Un homme qui crie" qui a eu un prix à Cannes. J'ai adoré ce film tchadien sur les relations père/fils avec la guerre en filigrane. Cette fiction m'a fait sourire et pleurer à chaude larme à la fin, je suis restée scotchée dans la salle.
Là aussi, au lieu de parler du film, le groupe dans lequel j'étais s'est mis à parler du président. Alors bien sûr, comme la guerre est une composante du film, çà me paraissait logique d'en parler au début, mais là aussi, le réel a pris le pas sur la fiction et uniquement dans un sens. Oublié le film, et la façon dont le réalisateur nous présente le quotidien d'une famille lambda, le problème de communication d'un père et son fils, le décalage de projection, le remords, la folie, la rédemption, le suicide, enfin bref autant de thèmes qui sont abordés, mais non.


Puisque l'histoire semble se répéter pour moi en tout cas, je me suis demandée si je ne devais pas sortir de ma zone de confort et voir ce que des personnes hors de mon entourage pensent de la notion de fiction. Pour moi un film n'est pas un documentaire mais une fiction, même si les faits sont réels ou s'inspire de personnages réels comme par exemple dans le
Lumumba de Raoul Peck, Le Dôlé d'Imunga Ivunga, le Karmen de Joseph Gay Ramaka pour ne citer que les premiers qui  me viennent à l'esprit et que j'ai vraiment aimé. Mais c'est ma vision de cinéphile, j'aimerais avoir d'autres avis.


Je n'ai pas encore vu
Viva Riva, et ce n'est pas grave en soit, je reparlerais du film en lui-même quand je l'aurais vu. Ce que je veux savoir, ce qui m'interpelle là tout de suite, c'est la notion de fiction.


Est-ce qu'un film doit forcément représenter le réel pour vous ?

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