Publications de Fabrice Heron Iconographe (5)

Recherches iconographiques et filmiques, contractualisation des cessions de droits, en vue d'alimenter les supports didactiques du parcours d'exposition permanente du Musée de l'Homme.

Le Musée de l'Homme a vocation de présenter l'humanité dans sa diversité anthropologique, historique et culturelle rappelant que malgré leur grande pluralité, tous les humains appartiennent à une seule espèce.

Evelyne Heyer Directrice scientifique du Musée de l'Homme - Agnès Parent, responsable projet exposition - Fabrice Grognet, chef de projet-concepteur exposition - Valérie Kozlowski, chef de projet-concepteur exposition

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Migrants ou réfugiés, aidons les !

Des milliers de personnes noyées chaque mois depuis plus de 10 ans en tentant de traverser la Méditerranée, des camions chargés de dizaines de corps sans vie entassés les uns sur les autres, des milliers vivant comme au Moyen Age dans des zones de non droits à l'image des jungles de Calais et de Boulogne-s/mer, des millions de réfugiés aux abois, etc.

Ce ne sont pas seulement des chiffres mais la réalité et le quotidien d'hommes, de femmes et d'enfants !

Aujourd'hui le corps d'Aylan, 3 ans, noyé en voulant nous rejoindre pour se sauver d'un cauchemar, comme endormi sur une plage... exactement comme ce que nous sommes !

© AFP / Dogan News Agency

Je suis européen, j'ai 26 ans, je fais partie de la dite classe moyenne comme des millions d'autres... Aude-là des images qui me choquent, c'est l'inertie de nos dirigeants et des gouvernements qui m'indigne le plus, et je demande en mon nom comme citoyen à ceux-ci d'agir, d'allouer les moyens politiques, financiers et matériels pour secourir ces être humains qui nous demandent de l'aide. Nous en avons les moyens, arrêtons de détourner la tête et de passer à un autre sujet d'actualité comme si il s'agissait d'une autre réalité, d'un ailleurs qui ne nous concerne pas. Je refuse de laisser faire et de demeurer spectateur d'un drame qui se déroule sous nos yeux !  Signez la pétition pour demander à nos dirigeants d'agir !

# In My Name
Don't stay indifferent
Please doing something... act now!

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Après 6 mois de collaboration intense, j'ai le plaisir de vous annoncer le lancement de la série Champions de France, ils ont gagné pour la France depuis plus d'un siècle, sur les chaines du groupe France Télévisions.

Fort d’archives photo et films exceptionnelles, parfois inédites, cette présente à travers 45 films-courts, les portraits de près de 70 championnes et champions qui ont tous en commun d'être nés en Outre-mer ou à l'étranger et qui ont remporté un titre sous les couleurs nationales.

A un moment où les lignes de fracture de notre société se cristallisent dans l’actualité, quand l'altérité est confondue avec la différence menant parfois à la stigmatisation et au racisme, il me semble essentiel de rappeler quelques bonnes vérités autour d'une histoire nationale. Leur histoire est la nôtre, la mienne se mêle à la leur.

Qui se souvient de Battling Siki, premier boxeur franco-sénégalais à devenir champion du monde en 1922, de Marcel Cerdan, dit le « bombardier marocain » né en Algérie, ou encore que le Nord-africain Alain Mimoun remporte le marathon des JO de Melbourne en 1956, plus récemment Yannick Noah le seul joueur français à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem de l'ère Open en simple messieurs, mais aussi le joueur français le mieux classé à l'ATP et le plus titré en simple avec 23 titres, de Marie-José Pérec, la seule athlète française à détenir une triple médaille d’or olympique... C’est une histoire peuplée de champions qui ont fait la joie de millions de Français, de records et de médailles qu’offre cette série !

En partenariat avec le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, et avec de nombreux partenaires institutionnels (Fédérations sportives, l'INSEP, l'Acsé, l'INA, etc.)

Champions de France (45x2 min.), de Rachid Bouchareb et Pascal Blanchard, Tessalit Productions sur France Télévisions de mai 2015 à mai 2016.

Voir le dossier de presse

3 épisodes à voir en avant première !

Ils en parlent...

L'Express

L’Équipe 

Et toujours à l'antenne la série Frères d’armes, vue plus de cent millions de fois par des téléspectateurs et des internautes depuis mai 2014.

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Paris Photo, de Paris à Los Angeles...

Alors que paradoxalement la photographie n'a jamais été aussi présente dans les réseaux sociaux et à la fois aussi dépréciée par certains médias au point de mettre à mal le métier de photographe, voilà qu'elle confirme son entrée haut de gamme sur le grand marché de l'Art comme en témoigne la réussite de la dernière édition de Paris Photo au Grand Palais.

Le week-end dernier Paris accueillait la foire mondiale dédiée à la photographie : 143 galeries, 35 pays représentés, sous la direction artistique de Julien Frydman pour une 18ème édition qui s'annonce déjà comme un succès marchand et critique!

Badauds, curieux et professionnels... 60.000 visiteurs armés de patience prêts à en découdre pour découvrir la collection vintage Alkazi provenant d'Inde, Avedon et son portfolio inédit, les dernières acquisitions du Moma, les œuvres de Nicolas Dhervillers... pour rencontrer les Martin Parr, Richard Prince et autres Bettina Rheims. Une fois parvenus à entrer, les esthètes découvrent les stands de chaque galerie, organisés comme des salons intérieurs, regorgeant de photos de renom, avec des hôtes d'accueil prompts à séduire des acheteurs potentiels.

The show must go on comme l'atteste aussi la présence de nombreuses personnalités du show biz et des politiques, de Jane Birkin à Éric Cantona, ou de Jean-Jacques Aillagon au couple Jack et Monique Lang. Bienvenue à Paris Photo !

Au-delà de l'évènement, il existe une autre bulle que la verrière du Grand Palais, celle du marché de l'art où les prix montent très vite lorsqu'il s'agit d'acquérir ce que tous les autres convoitent ou bien de dénicher le photographe encore peu coté mais dont les œuvres s'envoleront dans les années à venir. Qu'est-ce qui fait d'une photographie une œuvre d'art ? Difficile de répondre, tant la subjectivité et l'irrationnel parfois entrent en compte, si ce n'est qu'elles ont comme dénominateur commun cette fameuse cote, fruit de la rareté du tirage et de l'écriture de son auteur. L'esthétique n'y a pas toujours sa place. Je vous renvoie à ce sujet au très bon article signé Eric Karsenty, Gwenaëlle Fliti et Camille Lorente paru dans le dernier numéro de Fisheye magazine (n°9 novembre-décembre 2014) qui dresse le panorama de cette fièvre récente.

Quelques exemples d'œuvres dont les ventes ont vite atteint les sommets : des vintages d'Agnès Varda acquis par l'International Center of Photography de New York de 8000 à 10.000€, les Still Life de Valérie Belin par des collection privées (30.000€), le portrait de Stromae par Daniel Templon vendu 120.000€, enfin Exasperated boy with hand grenade de Diane Arbus vendu par la galerie Howard Greenberg pour un montant de près de 500.000 dollars. A la quasi unanimité, les galeristes présentes déclarent qu’il s’agit bien là de leur meilleur cru. L’édition 2014 fut particulièrement exceptionnelle tant par son offre éclectique que sa capacité à fédérer les collectionneurs, les curateurs et de très nombreux groupes d’amis de musées internationaux. On souligne également la présence de près de 200 photographes : Raymond Depardon, Elliott Erwitt, Alberto Garcia-Alix , Jean-Paul Goude, Paul Graham, JR, William Klein, Georges Rousse, Joachim Schmid, etc.

Fort de cette reconnaissance, Paris Photo s'exporte comme n'importe quelle autre marque avec une édition prochaine à Los Angeles dans les studios de la Paramount qui promet également un fort rendement.

Une fois passée la cohue et le grand chambardement des passionnés et des critiques, le succès de ce type de manifestation porte en lui ce que la photographie et ceux qui la font au quotidien rencontrent aujourd'hui : une profonde variation qui les tournent vers des horizons nouveaux. Faut-il le voir comme de nouveaux débouchés ou bien comme l'accaparement du 8ème art, cher à Lucien Clergue, par ceux qui savent transformer une photo en œuvre et une œuvre en dollars. Quoiqu'il en soit, les réussites de Paris Photo et de fotoever, ou bien la fièvre récente pour le livre photo, témoignent que la photographie ne va pas si mal ! Elle se déplace dans une mue artistique où les plus audacieux repartent avec des certificat attestant de l'originalité du tirage.

A bon entendeur!

F. Héron

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Alors que Paris célébrait son Mois de la Photo, le monde du 8ème art apprenait la disparition de Lucien Clergue. Co-fondateur des  Rencontres photographiques d'Arles, titulaire du premier fauteuil dédié à la photographie à l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France, Lucien Clergue ne comptait plus les titres et pourtant il demeurait un passionné et un éternel curieux.


Des bords du Rhône au MoMA...
Dans les années 1940 , il déguise des enfants en clown dont il couvre les pyjamas avec des losanges révélant la série des «Saltimbanques» ou « La grande récréation » comme pour exorciser une période trouble.


Un jour, il trouve sur les berges du Rhône un cadavre de poule morte en plein soleil. Il la photographie puis il continue avec des cadavres d'oiseaux lançant sa série « Charognes », incarnant son rapport obsessionnel à la mort qu'il poursuivra avec «Toros muertos».


Il y a aussi sa Camargue natale, qui lui offre une véritable source d'inspiration inépuisable pour une créativité sans cesse renouvelée.  L'eau, le sable, le soleil... autant d'éléments de composition pour ses clichés dans lesquels le lien avec la nature déjà se dessine.


C'est sur cette terre camarguaise qu'il immortalise ses grands corps féminins inondés d'eau de mer réunis dans l'ouvrage "Corps mémorables"  co-signé avec Pablo Picasso et Jean Cocteau en 1957. De là, naitront une amitié et une confiance indéfectibles.


Longtemps délaissé par les institutions parisiennes, Lucien Clergue est l'un des  rarissimes Français, avec Jacques Henri Lartigue, à bénéficier du soutien d' Edward Steichen, galeriste et conservateur du département de photographie du MoMA de New York, qui lui acheta ses clichés dès 1961 et l'invita à réaliser sa première rétrospective à seulement 27 ans!


Il en revient avec une débordante passion pour les travaux d'Edward Weston et l'idée de créer un festival dédié à la photographie. Il propose à Jean-Maurice Rouquette, conservateur du musée Réattu, d'y créer un département de photographie avant de se lancer en 1969 avec son ami l'écrivain Michel Tournier dans l'accomplissement de son projet de biennale.


A ses débuts le festival est un endroit où des copains passionnés de photographies se retrouvent avant de devenir le lieu incontournable de la photographie contemporaine autant qu'un lieu de redécouvertes patrimoniales. Brassaï, William Eugène Smith, connu des pros sous le diminutif de «Gene Smith», André Kertesz, Robert Mapplethorpe, Eikoh Hosoe, Henri Cartier-Bresson, Gene Smith, Robert Doisneau, Ansel Adams tous y font leurs exposés et expositions.


Lucien Clergue participe ensuite à la création de l’École Nationale supérieure de la Photographie d'Arles en 1982 où il enseigne jusqu'en 1999.

Plus humain qu'humaniste...

Celui qui a fait découvrir la photographie en France ne partage que peu de vue avec ses contemporains comme Henri Cartier-Bresson dont le style dominait alors la photographie. Plus proche de ses sujets,  il ne goûte pas à la photographie dite "humaniste" revêtant un caractère social qu'il cherche à fuir. Refusant le reportage, il déclina de collaborer avec le magazine "Vogue". Ses clichés, intimes et graphiques, drôles ou mélancoliques, portent en eux l'intensité d'une génération d'artistes nourris du surréalisme (André Breton, Salvador Dali, etc.) libérées du contrôle de la raison et en lutte contre les valeurs reçues du siècle des salons.

Comme ses célèbres nus féminins, corps très sensuels mis en scène dont il célèbre les courbes aussi architecturales qu'humaines, qui lui valurent quelques soucis avec la censure de l'époque encore prise dans le carcan d'une société conservatrice.

Une rencontre mémorable...

Lorsque je l'ai contacté en 2012 dans le cadre d'une recherche iconographique pour le projet de réhabilitation du Museon Arlaten, j'avais été surpris par la modestie de cet homme à l'accent provençal qui s'excusait presque d'être très occupé, et qui m'avait proposé de le rencontrer dans la cité camarguaise. Voilà cet homme qui avait côtoyé les plus grands artistes du XXème siècle : Picasso, Paul Eluard, Jean Cocteau, Saint John Perse ou Michel Tournier, Kirk Douglas qui m'invitait à passer le voir comme n'importe quel autre photographe pour me présenter ses planches photos.


Notre rencontre aurait pu ne jamais se faire lorsque par une maladresse de ma part, je lui présentais l'exhaustivité du sujet d'étude qui m'amenait à m'intéresser à son œuvre, la tauromachie et les anti-torros ce qui risqua de nous fâcher à jamais. Fidèle à sa fougue d'homme provençal, qui ne retint que la seconde partie de mon sujet d'étude, il s'emporta pensant avoir à faire à l'un de ces militants anti-corridas. Lorsque les choses furent apaisés, et que je parviens à lui expliquer l'approche du musée ethnographique fidèle aux missions des ATP de George-Henri Rivière, s'engagea alors une conversation riche autour de l'esthétique cohérente qui permet au photographe de partager son point de vue même sur des sujets aussi durs. Leçon de photographie dont je me souviens encore !


Un des sujets qui m'amenait également à le contacter portait sur les gitans de Camargue depuis les années 1950, et ses célèbres pèlerinages de Saintes-Maries-de-la-Mer.  Portraits symboliques d'une culture qui le fascinait. Coïncidence, sa disparition intervient quelques jours après celui de son ami qu'il avait magnifié, le chanteur et compositeur gitan Manitas de Plata dont il avait été le manager pour l'aider à produire le premier disque et jouer les intermédiaires avec des producteurs américains.

«Dernière Parade»

Lucien Clergue a œuvré sans cesse pour la reconnaissance de la photographie comme un art majeur à part entière au même titre que la peinture la gravure ou la sculpture. Il y parviendra en l'inscrivant en tant que telle au Ministère de la Culture.


Son fils spirituel, l'ex-directeur des Rencontres d'Arles, François Hébel, lui rendait encore hommage dans la Grande halle du Parc des Ateliers lors de l'édition 2014. Affaibli par la maladie il tenait encore à partager ses connaissances lors du colloque des Rencontres organisé par Françoise Docquiert.


Dans une société de l'image, où la photographie semble perdre de son aura, l'œuvre de Lucien Clergue continue d'affirmer sa singularité. Ses photos de paysages et de nature prises dans les années 1950 sont toujours d'actualité comme les témoins d'une culture intemporelle. Elles auraient pu être prises hier. Il n'y a pas de nostalgie mais bien le désir de partager. Il laisse derrière lui une œuvre tournée vers la photo et vouée à être (ré)étudiée sans cesse:

-sa thèse préfacée par Roland Barthes et publiée sous le titre Langage des sables ne comporte aucun mot mais des images, c'est l'écriture avec la lumière
- 800.000 clichés et 75 livres


Voir ses photos

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