Publications de FOFANA BABA IDRISS (2)

Il y a deux ans… tout près. Les Ivoiriens viennent de traverser une crise post-électorale sans précédent, du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011. Si tout semble être revenu à la ‘’normale’’ (le pays était en lambeaux) – après l’installation des nouvelles autorités – force est de constater aujourd’hui que la Réconciliation nationale, que nous appelons de tous nos vœux, reste à un point ‘’anormal’’. Ce, du fait d’un certain déchirement que des frères et sœurs du même pays ont pu connaître.

 

Sans remuer le couteau dans la plaie, plusieurs voix autorisées continuent de pointer un doigt accusateur sur la presse ivoirienne. D’ailleurs, le président du Comité scientifique des états-généraux de la presse d’août 2012, ne croyait pas si bien dire dans son rapport « que la presse ait exacerbé la crise ivoirienne ne faisait l’objet d’aucun doute ». A telle enseigne qu’une partie de cette population n’a plus confiance aux structures habilités à leur donner des informations crédibles. Pour preuve, il y a plus de « titrologues » que de consommateurs de presse ; puisque c’est la méfiance.Le phénomène des "titrologues" a pris de l'ampleur en Côte d'Ivoire. crédit photo:François-Xavier Gbré


 

 

A cette allure, il est clair que la Réconciliation ne tombera pas du ciel. C’est pour mettre fin à cette guéguerre que l’agence d’internet marketing et de solution médias « E-voir », à décidé de mettre à contribution sa plateforme de discussion et de formation, au service des citoyens et des médias : le « E-school ».

 

Après les deux premières éditions, « Summer E-School » en septembre 2011, avec pour thème « Dans le monde de l’open source » et « Yakro E-School » en 2012 #YES12 autour du thème « La formation sur l’aire du web ». Cette année, l’E-School se déplace à l’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké du 16 au 17 août sous la dénomination « Bouaké E-School Time : #BEST13 », en choisissant comme thème « médias (&) citoyens ».

Le Afterwork a été enrichissant pour tous ceux et toutes celles qui ont effectué le déplacement au siège de E-voir Agence. crédit photo: E-voir

 

 

En vue de faire un large écho de cet évènement, un ‘’Afterwork’’ a été organisé le vendredi 26 juillet 2013, de 20h à 21h au siège de « E-voir » sis à Cocody-2-Plateaux Les Perles. Au cours de cette rencontre, où internautes (facebookeurs et twitteurs), blogueurs, journalistes, producteurs de contenus et entrepreneurs web ont pris une part active, la présidente du Comité d’organisation, Elodie Yao, a indiqué que l’édition 2013 à pour objectif de sensibiliser les populations locales, en particuliers les étudiants et les enseignants, sur l’intérêt de l’implication du citoyen dans le processus de production de l’information. En référence au « printemps arabe », qui a démontré aux yeux du monde entier ce que le web constitue dans le traitement et la diffusion des informations.

 

Selon Elodie Yao, « ce sera une occasion pour les médias de se rapprocher de leurs lecteurs, de briser le mur de la méfiance tout en cherchant à s’enquérir davantage de leurs préoccupations ». A l’en croire, les échanges entre ces différentes entités favoriseront une collaboration entre médias et citoyens pour une cohésion sociale afin de parvenir à une paix durable en Côte d’Ivoire. Expliquant le choix de Bouaké cette année 2013, la responsable du Comité d’organisation du #BEST13 a fait savoir que les villes de l’intérieur ont souvent moins de chance d’accueillir ce genre de rendez-vous. « Après Yamoussoukro… Bouaké. Nous restons fidèles à notre processus de décentralisation des rencontres et formations. Abidjan est parfois saturée et les populations des autres régions de la Côte d’Ivoire sont bien souvent oubliées », a soutenu Elodie Yao, avant d’ajouter qu’« en plus, Bouaké c’est réellement le centre de la Côte d’Ivoire. On y arrive de partout… directement ».Danatien Kangah et Elodie Yao ont su entretenir le public durant une heure d'horloge. crédit photo: E-voir

 

 

A sa suite, il est revenu au Chargé de projet de l’agence « E-voir », Donatien Kangah, de lever un coin du voile sur les innovations du #BEST13. Parlant d’un focus sur le ‘’bloguing’’, il a indiqué qu’avec le blogueur, on assiste à la fonction de diffuseur de l’information comme journaliste à un citoyen lambda. C’est pourquoi, a-t-il souligné, une dizaine de speakers et non des moindres composés de patron de presse, de journalistes, de blogueurs et de spécialistes des médias (de la Côte d’Ivoire et des pays de la sous région) accorderont, durant deux jours, un cachet particulier au #BEST13. Au nombre desquels Samba Koné, président du Réseau des instances africaines d’autorégulation des médias (RIAAM) ; David Youant, président du Réseau des professionnels de la presse en ligne de Côte d’Ivoire (REPRELCI) ; Eben-Ezer Guébo Dja, Wikipédien, promoteur du portail Côte d’Ivoire ; Mohamed Diaby, Webactivist, CEO Waleya ; Cyriac Gbogou, Social Media manager, Activiste Web ; Israël Yoroba, Journaliste-Blogueur, promoteur de Avenue 225 ; Edith Yah Brou, Co-fondatrice & Social media manager de Ayana Webzine et Donatien Kangah, Responsable éditorial de www.infopresse.netLa rencontre blogueurs, journalistes, internautes et entrepreneurs web s'est déroulé dans un climat bon enfant. crédit photo: E-voir

 

 

Pour un tel évènement avec de telles figures du monde médiatique ivoirien, plusieurs institutions et structures ont décidé d’associer leurs images. Il s’agit entre autre du Sce Communication du Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, de l’Université Alassane Ouattara, de l’Union des journalistes de Bouaké, de Internet sans frontière, de Intelgeo, de Techmissus, de Alerte-Info, de Classe Fm… En foi de quoi le Responsable des projets a encouragé les uns et les autres à venir s’inscrire avant le 04 août 2013.

 

En ce qui concerne le voyage proprement dit, il a confié qu’un convoi est prévu en aller-retour, d’Abidjan à Bouaké par E-voir au tarif de 14.OOO FCFA (chacun est libre d’effectuer le voyage selon ses moyens). S’agissant des conditions de logements, Donatien Kangah a fait savoir que certains établissements hôteliers ont prévu des réduction de 10% (les chambres sont disponibles à partir de 7.000 FCFA). De même pour la nourriture, « il y en a pour toutes les bourses (à partir de 500 FCFA). Néanmoins, nous offrons les deux déjeuners du vendredi 16 et du samedi 17 à tous les participants », a-t-il précisé. C’est à juste titre qu’un concours a été organisé par E-voir en partenariat avec « Les découvertes d’Aamalorie », en vue d’octroyer 5 tickets de transport aller Abidjan-Bouaké. Selon les organisateurs, il s’agira de récompenser les meilleurs articles qui donneront un avant-goût sur le #BEST13. Pour participer, il vous suffit de publier un billet de blog sur l’évènement Bouaké E-school Time entre le 26 juillet et le 05 août 2013. Ensuite, indiquer par mail l’url de votre billet à l’adresse contact@e-voir.net. Tout en précisant en objet : « Challenge Blogueurs #BEST13 ». Le 9 août 2013, un jury se réunira pour désigner les 5 blogueurs vainqueurs de ce challenge. 2 critères à prendre en compte : la qualité (éditoriale et technique) et la popularité de votre billet.Barcely Yorobi et Moussa Bamba, en ligne de mire. crédit photo: E-voir

 

 

Ce qui se passera… restera à Bouaké !

 

Au programme (sous réserve de modification), le vendredi 16 août, de 08h à 09h, nous assisterons à l’ouverture des salles, à l’accueil et à l’installation des invités et à la distribution des badges (après son inscription sur le site www.e-voir.net). De 09h à 11h, il y aura une table ronde autour du thème : « Internet, Média et Citoyen, un trio gagnant pour une paix durable ». Elle sera animée par Mohamed Diaby, Eben-Ezer Guébo Dja, Edith Yah Brou, David Youant avec pour modérateur Samba Koné. Toutes ces interventions seront précédées de deux communications d’ouvertures faites par E-voir et l’Université Alassane Ouattara.

 

Ensuite, après une pause de 30 mn, c’est-à-dire de 11h30 à 12h, nous aurons deux conférences de presse : « La production de contenu par les citoyens à travers wikipédia » sera l’affaire de Guébo Dja et « Les réseaux sociaux au service de la paix », sera conduite par Cyriac Gbogou. Après quoi, de 13 h à 15h, on aura également droit à deux ateliers. L’un, dénommé « Bloguer Pro », (rentabiliser par le contenu de son blog) sera animé par Mohamed Diaby et l’autre « Bloguer au féminin » (avec la participation des Mys’TIC) par Edith Brou.Cyriac Gbogou a apporté sa touche d'humour, avec ses ''railleries''. crédit photo: E-voir

 

 Enfin, pour clore la journée du vendredi, Israël Yoroba va entretenir les professionnels des médias sur « La posture d’un Journaliste-Blogueur », de 15h à 17h. Le lendemain samedi 17 août (dernier jour du E-School), après l’ouverture des salles de 08h 0 09h, le Service communication du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire fera un « Workshop sur la politique 2.0 » entre 09h et 10h. De 10h à 11h, une conférence sera dite sur « Les nouveaux supports de diffusion de l’information (alerte par sms) », par David Youan. Ainsi, le E-School 2013 prendra fin à Bouaké par un « Open speech » entre 11h30 et 12h00. A vos marques…

FBI

                                                                  

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Il était destiné, selon certaines prophéties, à être Président d’un pays, la terre ivoire. Où son nom rimait avec ‘’rébellion armée’’. Traité de tous les péchés d’Israël, « l’enfant président » ne pouvait que revenir signer un autre pacte en sept jours (du 2 au 8 juillet 2013) avec ses parents du nord, après plus de deux ans de règne.

Rien ne devrait surprendre quiconque ! Les Ivoiriens ou du moins les populations du nord de la Côte d’Ivoire s’attendaient à la visite non moins inopinée de leur digne fils devenu président de la République de Côte d’Ivoire. Depuis sa prise officielle de fonction le 21 mai 2011 – après la chute de Laurent Gbagbo comme un ‘’fruit pourri’’ (selon les propres termes de celui qui l’a cueilli)-, à l’occasion de son investiture à la fondation Félix Houphouët-Boigny de la capitale politique et administrative de Yamoussoukro.

 

Après ses tournées à l’Ouest et à l’Est, c’est le 2 juillet 2013 que Alassane Dramane Ouattara (ADO) a foulé le sol de ses ancêtres, dans le District de Korhogo notamment Kong, pour revenir dire merci à ses parents de l’avoir soutenu comme un seul homme durant ses 17 ans d’opposition jusqu’à son accession à la magistrature suprême, le pouvoir d’Etat. L’attente fût longue. Mais, l’enfant ‘’prodige’’ du nord est revenu avec le ‘’trophée de guerre’’ tant attendu. Que de souffrance et d’humiliation endurées !

http://youtu.be/vayWgg6qQ2g

 

C’est à juste titre que le Chef de l'Etat ivoirien, Alassane Ouattara a rendu un vibrant hommage au Président de l'Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro en saluant son "courage exceptionnel et sa fidélité" qui ont permis aux populations du Nord de recouvrer leur "dignité" par la sauvegarde de la "nationalité ivoirienne". « Vous savez que Ferké est spécial, parce que Ferké connait un jeune qui a grandi ici, qui a fait le Petit séminaire à Katiola et qui a fait preuve d'un courage exceptionnel » a-t-il déclaré lors d'un meeting à Ferkessédougou, village natal de Guillaume Soro, ex-chef de la rébellion.

 

Mais quelle récompense pour son fief électoral? Quand on sait que le nord de la Côte d’Ivoire reste dépourvu d’infrastructures économiques (voirie, eau potable, électricité etc.). Et pourtant, de toutes les régions du pays, le District des Savanes est celui qui a le plus contribué à la victoire de ADO au second tour des élections présidentielles de 2010. Pour rendre la monnaie à ceux qui ont fait de lui, ce qu’il est aujourd’hui, le successeur de Laurent Gbagbo (incarcéré à la Haye) n’a pas badiné avec les promesses durant ses 7 jours de visite dans les 10 Chef- lieux de départements du District des Savanes.

 

De nombreux observateurs ont pu remarquer que le plus grand mal qu'a connu le nord depuis 70 ans a été l'exode de ses ressortissants vers des zones pluvieuses. Certaines localités affichent même moins de 10 habitants au Km2. Le nord est vide de ses populations par manque d'infrastructures et d'emplois. Rattrapage économique oblige, il est prévu 400 milliards FCFA de soutien agricole, 60.000 emplois directs en création et divers projets d'investissements. Partout où il est passé, ADO a arrosé les populations et les départements de promesses de milliards et de grands travaux.

 

Pourra-t-il tenir à ses promesses faramineuses ? Quand on sait que l’ex Directeur général adjoint du Fonds Monétaire International (FMI) avait annoncé des pluies de milliards de FCFA pendant la campagne électorale de 2010, s’il était élu président de la République : « J’ai conçu un programme pour que la Côte d’Ivoire retrouve sa dignité. Ce programme prévoit un investissement de 155 milliards FCFA pour Ferké en cinq ans », annonçait le président Ouattara en 2010 pendant la campagne présidentielle. «La Côte d’Ivoire fait pitié. J’ai parcouru le pays. Partout où je suis allé, la situation est la même. Des écoles sans toits, des enfants obligés de s’asseoir à même le sol. Pas d’eau potable, pas de médicaments dans les hôpitaux, pas de routes », dénonçait-il.

 

  • A Boundiali, Ouattara a même dit qu’il investirait la somme de 108 milliards FCFA pour, selon lui, conduire un programme d’urgence. Cette fois-ci, Alassane Ouattara a promis que, dès l’année prochaine, le bitumage des axes Boundiali-Tengrela, Boundiali-Madinani et Boundiali-Kani. En ce qui concerne l’adduction d’eau potable, l’ancien Premier ministre d’Houphouët-Boigny a indiqué avoir dénombré dans le département, 257 pompes villageoises qui ne fonctionnent pas. Il entend les réparer et construire 41 nouveaux forages. Au plan de l’Education, ADO envisage dans son programme de rénover 300 classes scolaires et construire 10 écoles.

http://youtu.be/BJSYaDIsSRo

 

C’est à croire que la majorité de ses promesses n’ont pas encore été réalisées après plus de deux ans de gouvernance. Mais, Alassane Ouattara réclame encore 7 ans pour tout parfaire. « Jusqu'en janvier 2013, j'avais décidé de ne faire qu'un seul mandat. Quand j'ai vu un peu la profondeur des dégâts, et le fait que nous avons pratiquement perdu une année, je me suis dis que je m'en voudrais de ne pas essayer de demander et de le faire le plutôt possible, un deuxième mandat pour avoir le temps nécessaire », a confié l’enfant président. « En fait, si on regarde bien à partir de maintenant, supposons que grâce à vous, je serai réélu, il me reste un septennat. Puisque deux ans, plus cinq ans, ça fait sept ans », a-t-il démontré.

 

A en croire notre cher président, il souhaite "utiliser ce septennat pour régler les problèmes de fonds que nous connaissons tous". Il s'agit notamment, des "problèmes du quotidien des ivoiriens et de hisser la Côte d'Ivoire au niveau auquel, elle doit être et faire en sorte que nous ayons une véritable stabilité sur une longue période". « Je réalise qu'il nous faudra encore une année pleine pour remettre le pays au niveau où nous étions, il y a dix ou douze ans », a-t-il indiqué.  

 

Le moins qu’on puisse dire, comme tout bon Africain, les Ivoiriens ne se nourrissent que d’espoir : « Découragement n’est pas Ivoirien », aime à dire les plus optimistes. Et, Ouattara n’a pas intérêt à berner ses parents du nord. Car, même s’il venait à ne pas réaliser ses propres engagements, ces derniers lui vouent déjà tout le mérite pour sa probable réélection en 2015. Vu l’immensité du travail abattu en deux ans de magistère, après la grave crise post-électorale que le pays a connu entre décembre 2010 et avril 2011.  

 

Tout bien calculé, « C'est une candidature qui rassure et apaise au plan national et international. Korhogo vous promet une contribution forte et exceptionnelle pour votre réélection », a déclaré lors du meeting de clôture du président Ouattara, le lundi 8 juillet 2013 dans le District des Savanes, le maire de Korhogo, Amadou Gon Coulibaly, également Secrétaire général de la présidence. Y a rien à dire : « Une mère ne peut jamais rejeter son enfant quelque soit son acte », dit l’adage.

 

FBI

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