Publications de Clara-Doïna Schmelck (61)

France Info: , une télé après la télé

Les sites d’information de France Télévisions (Francetvinfo.fr) et de Radio France (Franceinfo.fr), ainsi que leurs applications mobiles, ont fusionné, mercredi 24 août, pour donner naissance à une offre d’information unifiée de service public, sous…
Lire la suite...

En moyenne, 96% des jeunes regardent des vidéos en ligne, pour une moyenne de 11 heures par semaine. (Source : étude de l’agence DEFY Media). Youtube est la plus sociale des plateformes vidéo. Et celle où les mécanismes de reproduction sociale se jouent de manière parfaite. Analyse.

Les abonnée à Phosphore dans les années 1990 ou 2000 ont du être surpris en voyant paraître ce mois de juin 2016, en guise de numéro de fin d'année consacré à l'orientation scolaire, le magazine édité par Bayard Presse : à la place de "Médecine, Classe Prépa, BTS, quelle filière pour toi ?", "92 pages de youtubeurs dont Seb la Frite, Andy Raconte, PV NOVA, Doc Seven, Golden Moustache et bien d'autres !!". Les Youtubeurs sont devenus des modèles pour les jeunes qui veulent entrer dans le monde. 

Réseau social où les jeunes socialisent parce-qu’ils regardent et partagent des vidéos, Youtube est aussi celui de la réussite sociale, car sur ce site, les utilisateurs produisent certes les vidéos, mais ils produisent aussi leur audience. En ce sens, les Youtubeurs produisent leurs communautés, quand sur d’autres réseaux sociaux, les marques, les personnes ou les médias ne font qu’agréer leurs communauté. Ni tuteurs, ni communicants, ni artistes scéniques, « les youtubeurs, rompus aux nouvelles technologies de la communication, ont développé des compétences qui n’existaient pas auparavant », observe Marion Rollandin, chercheuse en SIC au CELSA, et qui travaille sur la réflexivité dans les échanges en ligne.

Cette réussite les Youtubeurs la diffusent à travers leurs contenus. Humour, mode, forme, beauté, fooding : les contenus des vidéos où les vloggers (bloggers video) se mettent eux-mêmes en scène ont tous ceci de commun qu’ils touchent à l’art de vivre.  De l’art de vivre au savoir vivre, il n’y a qu’un pas : les youtubeurs utilisent souvent le ressort du comique de situation lorsqu’ils distillent à leurs jeunes abonnés des conseils pour se débrouiller, opérer les meilleurs choix, et se départir de situations délicates auxquelles sont confrontés quotidiennement les adolescents. En ce sens aussi, Youtube est le réseau social par excellence. 

« Socialiser » à quinze ans

Dans un livre intitulé « C’est compliqué », la sociologue américaine Danah Boyd soutient  qu’un réseau social tel Youtube aide les jeunes à « socialiser », c’est à dire à développer de la conversation à travers leurs interactions en ligne , une faculté dont ils auront besoin adultes dans le monde du travail. Cela implique que le réseau Youtube d’un adolescent préfigure le réseau socioprofessionnel d’un jeune adulte, et la nature des échanges (sujets de conversation à partir des  vidéos visionnées, niveau de langue et teneur conceptuelle des dialogues auxquels il prend part) modèle la future vie mondaine de ce même internaute. 

Cette détermination est d’autant plus réelle qu’elle est fixée par des procédés technologiques. Les Youtubeurs développent en effet des stratégies pour mieux contrôler la visibilité de leur travail, ou bien en codant le contenu même de leur production, ou bien en jouant avec les étiquettes qui permettent d’adresser la vidéo à certains tout en la rendant peu accessible aux autres. Cette ruse permet de produire des communautés et remplace  la fonction « sociale » qu’est celle de l’amitié sur Facebook ou du follow sur Snapchat ou Twitter. Les structures sociales réelles (milieu professionnel, environnement culturel) se reproduisent ainsi sur Youtube sous le mode de l’affinité culturelle. Il n'est pas certain que le même type d'adolescents s'abonne aux vidéos de Norman et aux vidéos d'Hugo Décrypte.

Le Youtubeur aura crée sa communauté, et l'algorithme de recommandation de Youtube aura entériné la structuration sociale des communautés ainsi formées en amont de la plateforme. In fine, l’engagement affectif des Youtubeurs envers leurs fans renforce  la cohésion et le caractère clos de ces groupes sociaux : à travers ses allocutions lors d’événements et ses messages sur sa chaîne Youtube, Clara Chanel va s’adresser différemment à ses fans que ne le fera un Youtubeur qui propose des documentaires sur l’Europe.

De plus, sur Youtube, le contrat de communication, c'est à dire les normes interactionnelles qui régissent le débat ne sont pas explicitées, étant donné qu’il n'y a pas d'équivalent d'une charte du forum. Toute vidéo est liée à une chaîne, à savoir à la page personnelle de la personne qui l'a chargée. Cet internaute peut décider de poster le premier commentaire à la vidéo et donc lancer le débat, ou décider de supprimer certains commentaires que d'autres ont publiés. Les commentaires qui succèdent à la vidéo formatent donc aussi les communautés du réseau social. 

Contrat de communication 

Quand on veut participer à un débat sur Youtube (débat stimulé par une vidéo), l’on peut choisir entre poster tout simplement un commentaire à la vidéo ou répondre à un commentaire déjà présent sur le site. Le dispositif technique stimule le débat, tout en incitant tout internaute à y prendre part, soit en s’insérant dans un fil de discussion existant, soit en adressant un commentaire à quelqu'un en le visant d’une arobase suivie par de son  pseudonyme. Une procédure qui semble on ne peut plus démocratique. 

Le fait que les commentaires soient ordonnés suivant un ordre chronologique et que le système explicite toujours à qui les commentaires réactifs sont adressés (par la phrase "x [pseudonyme] en réponse à y [pseudonyme]" à la fin de tout commentaire réactif) facilite l'interprétation des conversations et incite à prendre part au débat à tout moment, sans inhibition. 

Mais, l’absence fréquente de discussion en temps réel interdit le franc face à face. Et, la conversation asynchrone en ligne rend plus difficile la tentative d'arriver à un consensus puisque chaque interlocuteur s’adresse à l’autre ou aux autres en étant toujours à contre-temps. D’où le manque de nuances, voire l’agressivité des échanges : pour se faire entendre à contre-temps par son interlocuteur mais aussi par tous les internautes, il faut ou bien frapper fort, ou bien maîtriser habilement les codes de la rhétorique. Le mode de débat sur Youtube reproduit les inégalités sociales en terme de degré de maîtrise du discours.

On n’apprend pas à s’exprimer et à écouter les interprétations différentes, on reproduit le comportement que l’on a en société, lui-même modelé par notre éducation et notre environnement de travail. 

Youtube est ressenti par les internautes comme un environnement de communication hyper socialisant, symétrique et égalitaire, alors qu’il ne l’est fondamentalement pas. 

Lire la suite...

Insultes, humiliations, racisme, homophobie, diffamation, appels à la haine et harcèlement en ligne… et les sites d’information fréquentés par des adultes sont autant touchés par les propos haineux que les réseaux sociaux pour ados. Des chiffres qui posent la question des efforts à réaliser pour enrayer la cyberviolence dans l'ensemble de la société. 

Deux insultes par seconde

« 24 heures de haine sur Internet », cela donne 200.456 insultes en un jour, soit plus de deux par seconde, révèle une étude de Kantar Media, réalisée en janvier 2016. 

La réalité est encore plus consternante, étant donné que l'étude s'est concentrée seulement sur les commentaires publics, postés sur les sites, blogs, forums et réseaux sociaux les plus populaires, laissant de côté les commentaires privés et de nombreux autres sites perdus dans les renfoncement du web, comme tous les sites conspirationnistes, saturés d’insultes. De plus, les insultes racistes, dont antisémites (les antisémites considèrent les personnes de confession juive telle une « race »), qui représentent une grande part des propos injurieux, n'ont pas été pris en compte par l'agence, qui s'est limitée à une liste de 200 mots. L’ambiguité tient au fait que les termes "juif", "musulman" et "arabe" ne sont pas en eux-mêmes des insultes. En revanche, ils sont surreprésentés dans la  multitude de commentaires à intention haineuse…

Selon l'agence Netino, 27% des millions de commentaires postés sur les sites d'informations et sur leurs pages Facebook ont été retirés en 2015. Soit plus d’un message sur quatre. Alors, que représentent ces commentaires supprimés ? Des insultes (22%), des commentaires des commentaires agressifs (20%), les propos racistes (19%), diffamants (15%) et les appels à la haine et à la violence (15%). Enfin, les spams, publicités, propos pornographiques ou irrespectueux envers une victime représentent 7% des retraits. 

« Ces chiffres mettent en relief les crispations de la société française. Ainsi, les propos racistes et les appels à la haine progressent par rapport à l'an dernier », déplore le journal français La Tribune.

L'enquête traduit en creux la persistance du harcèlement en ligne au moyen de messages privés (via messenger, par exemple), de snaps et de commentaires, phénomène qui touche principalement les jeunes. En 2013, 40% des jeunes ont admis avoir été victimes d'une agression en ligne. 48% des harcelés seraient également des harceleurs... et un tiers des victimes refuserait d'en parler à des adultes, selon une étude menée par l'Education nationale.

Échec de l'échange

“L’intelligence du réseau, c’est une intelligence à la fois collective et connective”, rappelle le philosophe Daniel Bougnoux dans son livre "Réinventer la démocratie", paru en 2009. On chemine de manière plus horizontale qu’avant et on y trouve un pari sur la confiance en l’expertise de chacun. Avec la plus grande capillarité qu’offre le réseau, on augmente les chances de partage, de branchement, de connexion.  D'où l'intérêt du commentaire en ligne sur les réseaux sociaux et sur les sites des grands médias d'information. Sur le principe, donc, la fonction de commentaire offre au public la possibilité de s'exprimer en vue de partager des idées. 

Or, ce qui se produit avec les commentaires en ligne, c’est que le discours n’est pas simplement parfois explicitement agressif, mais que la violence occupe le discours verbal : la place dévolue aux commentaires et aux messages instantanés n’est pas l’occasion d’une salve d’agressivité, mais c'est le terreau où fermente et croît la violence. Ce qui est intéressant de voir, c’est que les auteurs de commentaires, de messages et de posts violents parlent tous seuls. Ceux qu’on appelle parfois les « trolls » restent inattentifs aux tentatives de modération, et refusent tout débat, tout réponse. Impossible de les faire progresser au moyen d’un dialogue, impossible de les apaiser. 

Le propre des appels à la haine, à la menace et des des propos racistes est en effet qu’ils s’auto-alimentent en permanence. Une vedette qui fait des vague, un projet de loi, un fait divers : les commentaires acerbes et haineux s'appliquent à chaque actualité partagée sur les réseaux sociaux, et les constructions pseudo-rationnelles qui les accompagnent sont des syllogismes parfois si bétonnés qu’on ne peut aisément les remettre en question.  

Que faire contre les haters ?

Devant cet échec, les sites de presse pensent à des solutions pour réinventer le débat en ligne au delà du commentaire. 

Du côté de l'école, le Comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté, qui dépend du ministère de l'Education nationale, coordonne des projets et actions de sensibilisation au harcèlement en ligne. Des guides d'information pour aider les encadrants existent. Le problème est que ce genre de dispositifs sensibilisent davantage les adultes que les jeunes. 

Récemment, la loi s'est attaquée au phénomène d'humiliation sur internet en pénalisant le « revenge porn », une forme de pression psychologique qui touchent en priorité les jeunes et les femmes. Cette pratique, qui consiste à mettre en ligne des photos ou vidéos intimes d'une personne sans son consentement, est actuellement punie d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende au titre des atteintes à la vie privée (article 226-1 du Code pénal). En revanche, la loi n'encadre pas encore explicitement le phénomène de bizutage diffusé sur les réseaux sociaux. 

L’association Respect Zone vient pour sa part de lancer "Licornes vs Haters ». Il s'agit d'un plug-in, que l'on peut installer sur tous les sites, et qui permet de transformer automatiquement chaque insulte postée par des haters en émoticônes kawaï (des licornes et autres arc-en-ciel sucrés) pour les ridiculiser. Ce procédé permettra t-il aux cyber-agresseurs de s’auto-modérer, ou cela va t-il au contraire les inciter à tourner leur discours haineux de manière insidieuse (sous-entendus, périphrases, menaces...), et donc peut-être encore plus nocive - pour  que l’outil n’en identifie pas le caractère violent ? Pour l'heure, les grands services prisés par les ados comme Snapchat, Facebook ne se sont pas montrés intéressés.

Lire la suite...

Après Slate et Rue 89, une deuxième génération de pure players est entrain de modifier le paysage de la presse en France. Ces nouvelles rédactions hybrides qui veulent s’affranchir des périmètres des métiers et des hiérarchies se cherchent encore un modèle économique viable. 

Nouveau paysage

« Innovation – expérimentation – attraction  : c’est ainsi qu’il faut voir l’évolution du modèle économique à l’heure du numérique » explique le  sociologue des médias Jean-Marie Charon dans  le rapport sur l’écosystème des médias  que lui avait confié Fleur Pellerin, la ministre de la culture et de la communication en novembre 2014.  Une réalité contemporaine qui concerne la France aussi bien que tous les pays connectés du monde. 

Les jeunes entrepreneurs cités dans le texte de Jean-Marie Charon sont venus rue de Valois partager leurs  motivations et leurs premiers retours d’expérience. Entre enthousiasme et incertitudes.

Leurs médias ? Il s’agit de  « Pure players d’information, start up, agences, studios qui se spécialise dans un type de traitement ou de contenu, pour accompagner les éditeurs d’information, que la matière soient les data, les documentaires, le recours au jeu, l’identification de tendances sur les réseaux sociaux, voire la fourniture de contenus amateurs, principalement photos, (…) pure players de contenus qui offrent information et services sans avoir fait le choix du statut d’éditeur de presse en ligne. » décrit Jean-Marie Charon dans son rapport.

Qu’espèrent ces néo-entrepreneurs et souvent aussi néo-journalistes, dans un  paysage occupé par les fournisseurs d’accès internet (FAI), les moteurs de recherche, à commencer par Google, les plateformes d’échange (musique, vidéo) et les réseaux sociaux ?

La nouvelle génération des médias numériques natifs, à la grande différence des ainés comme Slate ou Rue89, se pose comme une « alternative de qualité » au « fast info ». Le temps long n’est d’ailleurs pas qu’une exigence éditoriale. Il signifie aussi le temps d’expérimenter pour innover. « Je voulais prendre le temps de produire des reportages de qualité plutôt que d’accumuler des contenus en desk dans une grande rédaction » explique Claire Barthélémy, qui a fondé L’Imprévu.  « Dans les grands médias, un papier de fond fuit dans le flux de l‘info et finit par disparaitre. », poursuit cette ancienne jeune journaliste à France Télévisions Info.

Un jugement sévère porté sur la presse dite traditionnelle, dont l’évolution éditoriale n’est plus à démontrer. Plusieurs dimensions se sont particulièrement affirmées au cours des dernières années qui concernent le fact checking (« Les décodeurs » du Monde, « Désintox » de Libération), la data visualisation, la vidéo (Le Figaro, Le Monde, etc.), le suivi et l’intervention sur les réseaux sociaux. Il n’empêche que ces jeunes médias sont en recherche de nouveaux paradigmes éditoriaux ; et, dans cette quête, rien de mieux que de créer soi-même son propre modèle.

Pour ces pionniers, dont l’entreprise a souvent moins de deux ans d’activité,  créer un média semble surtout relever d’un désir de maîtriser intégralement le processus vital du média pour lequel ils produisent des contenus éditoriaux. « La conception, la production et la diffusion des contenus est entre nos mains », s’enthousiasme les néo-journalistes de l’équipe du Quatre Heure, qui ont fondé leur média alors qu’ils étaient encore étudiants au CFJ.

« Je pourrais gagner bien plus ailleurs, mais la sécurité financière se paye au prix d’un risque de bore-out », fait valoir Jean Christophe Boulanger, fondateur de Contexte, un titre de niche qui s’adresse aux législateurs francophones sensibles aux problématiques européennes.

Jeune start up presse cherche modèle économique viable

La ministre de la culture et de la communication a tenu à modérer l’entrain  en soulignant la difficulté des sites à monétiser leur contenu de sorte à trouver un modèle économique stable : « je suis surprise de voir autant de foisonnement et autant de fragilité, autant d’inventivité et autant de précarité » s’est-elle publiquement étonnée.

Car, les  jeunes pousses agiles et créatives n’ont pas encore prouvé qu’elles étaient rentables. Les deux premières années, la focale est mise sur la recherche de la visibilité et de la crédibilité. Partenariats avec des titres de presse ou avec des groupes audiovisuels   prestigieux, organisation d’événements, … : la reconnaissance de la légitimité de son entreprise dans le paysage des médias apparait comme le passage obligé avant d’atteindre l’équilibre budgétaire. Le Quatre Heures enregistre 700 abonnements, alors qu’il en faudrait 3000 pour fonctionner. 

"Alors, on pige..."
Alors, « On pige, on écrit des livres et on donne des cours », détaillent les jeunes « start-upers de presse » serrés contre les  dorures de la rue de Valois. Il y a bien créativité, ouverture et diversification,  mais cela sur fond de crise. « Dire que le modèle économique est cassé et qu’il faut le reconstruire n’est pas une mince affaire. De même que parler de nécessité d’ouvrir les rédaction en réponse au recul des effectifs. De même que d’insister sur la nécessité d’innover et expérimenter alors que les moyens font défaut », nous confie Jean-Marie Charon.

Dans son rapport, le sociologue des médias donne l’exemple de Blendle aux Pays Bas, qui a réussi à monétiser des contenus à l’unité. Le Native Advertising fait en outre l’objet d’un paragraphe. Mais, c’est surtout la valorisation des données qui, selon lui, est au coeur de la stratégie de monétisation des éditeurs de presse.

Autre problème : le poids de la « réputation » en société, héritée de notre culture romaine. « Si on dit qu’on est journaliste à Cheek, on est pas pris au sérieux. Pour que les portes s’ouvrent, mieux vaut dire qu’on bosse à Libé » soupire Julia Tissier, une ancienne de Libération à l’origine de Cheek.

Grossir vite ? « On souhaite tous bénéficier d’audiences de masse, percevoir des subventions et attirer des investisseurs. Mais, le danger qui nous guette est de perdre le contrôle de notre entreprise, et de se voir imposer les mêmes carcans dont on a voulu se défaire en se lancent dans un nouveau média  » entrevoit Claire Barthélémy.

Apprendre à entreprendre

A moyen terme, l’hybridité et la mobilité posent en outre la question du profil de formation des futurs acteurs des médias. Comment préparer des profils atypiques aptes à s’insérer ou créer des entités développant des contenus à valeur ajoutée innovant qu’il s’agisse de data visualisation, de serious game, de webdocumentaires, d’analyse de tendances dans les réseaux sociaux ? 

Des formations plus adaptées permettraient surtout de développer une culture de l’entreprenariat média, garante d’une synergie qui manque encore entre les jeunes entreprise du secteur. Pour l’heure, les jeunes pousses sont éclatées dans plusieurs incubateurs. Personne ne cherche à mutualiser ses fonds, ni ses compétences, ni ses contenus. Or, la logique de pionniers, ce n’est pas une logique du chacun pour soi, c’est savoir travailler ensemble. Faut-il aller vers la création d’un statut d’entrepreneur médias, et proposer des cursus correspondants dans les écoles de journalisme ?  

« Il est temps de redéfinir l’entreprise de presse », tranche Philippe Couve, formateur à SAMSA et journaliste. 

La ministre de la culture et de la communication semble aller dans ce sens en annonçant un changement de cap dans l’histoire des aides à la presse depuis la Révolution Française : Fleur Pellerin veut supprimer les aides postales à la presse dite de loisirs et de divertissement au profit d’un fonds d’aide  à la création de médias. 

Lire la suite...