Publications de Claire Branchereau (13)

Les drônes au service du journalisme ?

Photographier le haut d’un volcan en ébullition, filmer du ciel une manifestation ou un camp de réfugiés interdit aux visiteurs : voilà quelques-unes des possibilités qu’offre le drone aux journalistes. Aujourd’hui, cet engin piloté à distance n’est plus réservé aux seuls militaires. Il se démocratise et intéresse de plus en plus les médias français. La preuve : le journal L’Express lance son projet de drone journalisme, « Drone It ». Le réseau parisien des Hacks Hackers a profité de l’occasion pour se pencher sur ce nouvel outil d’information. C’était lors de son 6e meet-up, le 28 mars dernier, dans les locaux de L’Express.

Les Hacks Hackers sont soit journalistes, soit développeurs. Ils font partie d’un réseau international qui compte 10 000 personnes sur le globe et se retrouvent ponctuellement par petits groupes pour réfléchir au futur de l’information. Dans ces conditions, difficile pour les Hacks Hackers français de passer à côté du drone journalisme ces temps-ci.

 

 

Car si aux Etats-Unis cette nouvelle pratique est déjà en place depuis un certain temps, en France on est en train d’assister à son éclosion, là, maintenant. Un journaliste du quotidien Ouest-France, Dominique Mesgouez, a été le premier à se lancer il y a quelques mois, filmant avec son drone un piano abandonné sur un bout de falaise inaccessible :

 

 

Le projet « Drone it », lancé par le Lab de L’Express le 30 mars risque de donner un coup d’accélérateur au phénomène. Pendant deux mois, cinq équipes munies chacune d’un drone partent réaliser (entre autres) des reportages photos et vidéos. Dans chaque drone, une caméra ou un appareil photo, un contrôleur de vol, et au sol, un pilote. Et pour les résultats, le rendez-vous est donné le 4 juin, ici.

 

 

LES POUR

 

Le directeur de l’innovation à l’Express, Raphaël Labbé , le répète : le drone permettrait au journalisme de « prendre de la hauteur ». Il fournirait des images inédites,  impossibles à capturer telles quelles depuis la terre ferme ; « Mieux que les photos de Yann Arthus Bertrand », nous dit-on.

 

Exemple avec cette vidéo tournée pendant une manifestation en Pologne :

 

 

Autre atout en faveur du drone journalisme, son coût plutôt réduit. Un drone tel que ceux utilisés pour le projet de L’Express coûte environ 300 euros, caméra embarquée comprise. Une somme dérisoire à côté du prix d’une location d’hélicoptère pour une équipe de tournage qui voudrait filmer depuis les nuages. Surtout, le temps d’un vol, le drone peut filmer une scène sous toutes les coutures : pas besoin d’une armada de cadreurs et de caméras.

 

 

LES CONTRE

 

Sous d’autres aspects, le drone journalisme s’avère moins accessible. En effet, un drone, même s’il peut tenir dans le creux de la main, reste un appareil bourré d’électronique qu’il faut savoir conduire. Sans cela l’usager risque, au pire, la chute, au mieux des photos ratées. Prévoir donc quelques leçons de pilotage avant de se lancer.

 

 

Dans le cas des « AR Drones » utilisées par les équipes de L’Express, le pilotage se fait via un Iphone ou une tablette sur laquelle on peut voir en direct les images tournées par la caméra installée dans le drone. Les photos quant à elles s’enregistrent sur une clé usb.

 

Le drone peut aller jusqu’à 100 mètres de distance, et voler plusieurs dizaines de minutes… à condition de ne pas trop être chargé, selon Nicolas Halftermeyer, le directeur marketing du groupe Parrot, fabriquant des drones.

 

Dans leurs bagages les équipes du projet « Drone it » emportent aussi un texte de loi, on ne sait jamais. Car personne, dans les rédactions, chez Parrot ou à la direction générale de l’aviation civile, n’est en mesure de dire exactement ce que peut ou non filmer un drone, tant son utilisation journalistique est récente.

 

 

Que se passera-t-il si une personne filmée par l’engin dans une manifestation fait valoir son droit au respect de sa vie privée ? C’est ce que raconteront peut-être les équipes de « Drone it » à leur retour.

 

 

LE DRONE JOURNALISME DOIT FAIRE SES PREUVES

 

Du côté des Hacks Hackers, malgré la démonstration de pilotage Nicolas Halftermeyer, on attend donc le rendez-vous avant d’être totalement convaincu.

 

Après tout, comme le signalent les deux journalistes Maël Inizan et Pierre Alonso,

"le drone journalisme n’existe pas encore vraiment en France"

 

Si tout semble prêt côté technique, pour le fond tout est encore à inventer. De l'autre côté de l'Atlantique en revanche, la machine est déjà bien en route. Aux États-Unis, où vivent la plupart des pilotes de drones, plusieurs laboratoires d’université comme celle du Nebraska ou du Missouri, consacrent une partie de leur recherche au phénomène. Certaines écoles de journalisme entraînent même leurs étudiants au pilotage. 

 

 

C’est aussi le cas des reporters de The Star, un journal Kenyan qui bénéficiera d'ici peu du projet Skycam 4 Africa.

 

 

BONUS :

www.diydrones.com

www.dronejournalismlab.org

 

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L'Américain Andy Carvin, l'Egyptien Wael Abbas, et le Tunisien Malek Khadhraoui étaient invités du   colloque  4M (pour médias, mutations, Montpellier et Méditerranée) les 21 et 22 juin dernier. Le thème de cette rencontre était "e-politique : après les révolutions, les élections". L'occasion pour l'équipe de l'Atelier d'interroger ces trois figures des Printemps Arabes sur leur vision de ces événements et de l'actualité.

 

Andy Carvin, le "dj-journaliste"

C'était un peu la star de cette seconde édition des 4M : le journaliste américain Andy Carvin. Sa conférence intitulée "La curation, un nouvel outil de crise?" était l'une des plus attendues du colloque. Pourquoi un tel engouement ? Sans doute parce qu'Andy Carvin, aujourd'hui chargé de stratégie à la radio NPR, est l'un des journalistes et utilisateurs de Twitter les plus fiables qui soient au sujet des révolutions arabes, un sujet qui est au cœur des 4M.

Sans quitter son Amérique natale ou presque, Andy s'est servi de ses contacts dans la blogosphère arabe et de Twitter pour repérer, puis recouper et publier toutes les informations qu'il a pu trouver sur le web concernant les soulèvements populaires du monde arabe. Une activité qui lui a demandé des milliers d'heures de travail mais aussi d'innombrables coups de pouce : d'après ce que Carvin a déclaré à Rue 89, son réseau compterait 200 000 collaborateurs!

Aujourd'hui, il prêche pour une plus large utilisation des réseaux sociaux au sein des rédactions, et propose une nouvelle métaphore pour le journaliste. Celle du DJ, qui tout en restant attentif à un public, doit "recevoir les demandes, écouter les rythmes et les mélanger, les mettre en ordre". Andy Carvin s'explique sur cette analogie, et sur sa vision de l'après-révolution dans l'entretien accordé à l'atelier des médias à écouter dans le lecteur au bas du billet, mais aussi dans cet article de P. Couve.

 

 

Wael Abbas, le "former internet junky" devenu cyber dissident

Journaliste, blogueur et surtout activiste égyptien, Wael Abbas a fait le déplacement jusqu'à Montpellier pour participer à deux débats. Le premier sur le rôle d'internet en période d'élection présidentielle, le second sur "l'internet, nouveau faiseur de rois". Wael Abbas a commencé à se servir d'internet dès 1994. A partir de 2005, encouragé par la publications de certains de ses écrits en ligne, il décide de ne plus se cantonner au téléchargement de musique et aux discussions sur les forums. Il crée son blog où il parle politique, religion et problèmes de société.

Il y prête particulièrement attention aux mouvements sociaux qui, déjà à l'époque, se font entendre en Égypte. Se substituant aux médias traditionnels qui ne les couvrent pas, le blog de Wael Abbas devient une référence où des milliers d'internautes mais aussi les médias officiels viennent chercher des informations données nulle part ailleurs.

 

                (Pierre Haski de Rue 89, avec Wael Abbas, image du Facebook des 4M)

 

Un an et demi après la révolution qui a mis fin au régime Moubarak, Wael Abbas compte bien poursuivre son travail d'activiste, d'autant plus qu'à ses yeux le régime militaire en place est pire que l'ancien régime pour ce qui est de la liberté d'expression : médias à nouveau sous contrôle, blogueurs emprisonnés...

 

Malek Khadhraoui, "the stranger"

                (photo extraite du compte Flickr de 4M Tunis où était intervenu Malek Khadhraoui, 2e à droite)

Quand la révolution tunisienne a éclaté, Malek Khadhraoui était encore en France, d'où il tenait son blog, "the stranger". Cela avait d'ailleurs permis à l'atelier des médias de l'interviewer avant qu'il ne reparte dans son pays natal en 2011. Là, il retrouve ses collaborateurs de Nawaat.org, un blog collectif très impliqué dans la lutte contre le régime de Ben Ali.

Présent dès le début de l'aventure Nawaat, en 2004, Malek Khadhraoui en est le co-administrateur, et l'un des auteurs principaux. Il décrit la plateforme comme étant à l'époque l'un des seuls espaces d'expression possibles pour la société civile et l'opposition tunisienne, dans un pays où la cyber dissidence était encore vivement combattue. Plus largement, internet est pour lui la première arène démocratique qui ait existé en Tunisie.

Aujourd'hui, ce n'est plus la seule. Même s'il ne se réjouit pas de l'arrivée au pouvoir des islamistes d'Ennahda, Malek Khadhraoui est confiant pour l'avenir de son pays. Il estime les médias tunisiens traditionnels libérés, et sait l'action du gouvernement tenue à l’œil par les journalistes professionnels et journalistes citoyens.

Ecoutez l'entretien avec Andy Carvin, Wael Abbas et Malek Khadhraoui dans le lecteur ci-dessous :


Prochainement

Retrouvez aussi des images du colloque 4M 2012 ici, et des vidéos de quelques conférences et ateliers . Celle-ci est de Simon. 

crédit image : Said Ait Ali Said

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Les BoBs sont un peu comme les oscars du blog. Tous les ans, à Bonn, ils récompensent des blogueurs  venus du monde entier. L'équipe de l'atelier des médias s'est rendue sur place lors de la 9e édition du concours, le 26 juin, puisque deux mondoblogueurs ont été primés : Florian Ngimbis et Boukary Konaté. Notre blogueur de Bamako, David Kpelly, et Claire Ulrich de Global Voices, étaient eux aussi présents. 

 

Florian et Boukary (Photo Ziad Maalouf) 

 

Son blog s'appelle Kamer Kongossa. Un mot camerounais qui veut dire "commérages". Et pourtant, c'est bien pour la catégorie "meilleur blog francophone" que Florian Ngimbis a été récompensé à Bonn mardi dernier par le jury des BOBs. Ce qui a valu à ce jeune community manager basé à Yaoundé le prix? Le style et la légèreté avec lesquels il raconte son quotidien de jeune camerounais. Le thème peut sembler léger, mais il demande à Florian des heures de travail. Et de la débrouillardise : bloguer en temps réel au Cameroun où la connexion internet est capricieuse n'est pas toujours simple. Qu'importe, il est devenu "l'ambassadeur de sa ville", selon l'adage Mondoblog qui l'a incité à s'inscrire sur la plateforme de blog en 2011, et compte bien continuer.

Florian (photo Anne le Touzé) 

 

 

Bamako-Bonn : Boukary Konaté alias Fasokan a fait le voyage pour recevoir le prix du meilleur blog catégorie éducation et culture. Dans son discours de remerciements, en anglais, il a redit à l'assemblée l'importance de l'accès à internet pour les populations des villages maliens les plus reculés. Depuis plusieurs années, et comme il le raconte dans chacun de ses billets, il se rend dans des villages ruraux où le matériel et parfois même l'électricité font défaut. Là, il montre aux habitants, souvent aux enfants, ce qu'il est possible de faire avec internet : connaître le monde sans se déplacer, et trouver des solutions aux problèmes quotidiens. 

 

Boukary recevant son prix (photo Ziad Maalouf)

 

 

Invité par la Deutsche Welle, la radiotélévision allemande organisatrice des BoBs, un troisième mondoblogueur avait fait le déplacement : David Kpelly. Togolais basé à Bamako depuis 2008, blogueur depuis 2009, David est auteur et professeur. Il est aussi en passe de devenir mondobloguement célèbre grâce aux billets provoc mais toujours littéraires qu'il publie très régulièrement sur son blog Castigat ridendo mores ("corrige les moeurs en riant"). Il avait déjà été interviewé dans l'Atelier des médias ici

 

Florian et David pendant l'enregistrement de l'Atelier des médias (photo Anne Le Touzé)

 

Fidèle de l'atelier des médias et éditrice du site collaboratif Global Voices, Claire Ulrich ne pouvait pas manquer les Bobs elle non plus. Pour elle, les mondoblogueurs font partie de la "même famille", de la "même tribu" que les 500 blogueurs et traducteurs avec qui elle collabore sur le site Global Voices (dont Boukary). Global Voices est un site où sont édités et traduits des articles de blogueurs du monde entier, traitant de pays et de phénomènes peu médiatisés.    

 

Enregistrement de l'émission spécial BoBs pour l'Atelier des médias (photo Anne Le Touzé)

 

Ecoutez l'émission spéciale enregistrée à Bonn avec Florian, Boukary, David et Claire dans le lecteur ci-dessous. Et pour connaître le reste du palmarès des BoBs, c'est ici.  


Écoutez l'entretien (41 min. et 41 sec.)

En bonus, la gif-galerie, réalisée par @cuisineanxious

 


 


 


 

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"Le New York Times se lance sur Flipboard pour iPad et iPhone". A première vue, l'annonce n'avait pas de quoi émouvoir : l'application de lecture développée par Mike McCue propose déjà de feuilleter la presse en ligne. Mais le partenariat entre Flipboard et le New York Times est remarquable à un autre égard : il introduit, pour la première fois, un service payant sur l'application de lecture.

 

Adepte d'une nouvelle stratégie dite "NYT Everywhere" (le "New York Times partout"), le quotidien de la côte Est offre en effet à ses abonnés payants d'accéder à l'ensemble des contenus du titre depuis une application tierce.

Jusqu'ici, lorsqu'ils voulaient lire un article du New York Times payant qui leur était parvenu par un tweet ou sur Facebook (des flux que Flipboard agrège sur l'application), les lecteurs étaient renvoyés vers une page Web du nytimes.com, où il fallait passer à la caisse. Dès jeudi, ils pourront profiter de l'expérience Flipboard de bout en bout. 

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sur le blog de Marie-Catherine et écouter la chronique dans le lecteur ci-dessous.

 

Écoutez la chronique (5 min.)

Marie-Catherine Beuth est journaliste, spécialiste des nouveaux médias au Figaro. Elle est l'auteure du blog 
Étreintes digitales. Chaque semaine, dans l'Atelier des médias, elle s'arrête sur l'un des aspects de la révolution des médias actuellement en cours.

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Une tweet-conférence expérimentale

Le 22 juin dernier, dans le cadre du colloque 4M (Montpellier, Méditerranée, Médias, Mutations) organisé par CFI (Canal France International), Francis a donné une conférence sur l'impact de l'innovation sur le journalisme.Une présentation expérimentale : Francis l'a entièrement tweetée, avec pour support visuel la page de son compte Twitter. 

Francis qualifie sa conférence de "sans filet", puisque le matin encore, il ne savait pas comment faire pour envoyer les tweets à mesure qu'il parlait, et pour qu'ils apparaissent "en temps réel". C'est Damien Van Achter (@davanac) qui lui a donné le truc au petit déjeuner : l'application Twitter pour Mac (il utilise HootSuite d'habitude) qui permet de préparer des tweets qui restent sur l'écran et qu'on envoie le moment venu. 

Ecoutez la chronique dans le lecteur ci-dessous et lisez la suite 
sur le blog de Francis.Retrouvez aussi cette conférence sur le Storify réalisée par Nicolas Loubet et sur celui de Philippe Couve ici

 

Écoutez la chronique (12 min. et 57 sec.)

 

                                         (Image de @couve

 

Chaque semaine, Francis Pisani chronique les évolutions et révolutions de la société numérique dans l'Atelier des médias. Il effectue en ce moment un voyage autour du monde que vous pouvez suivre ici, sur son blog Winch5 et son compte twitter

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Des soldats maliens torturés dans le camp de Kati

Des hommes ligotés à l’arrière d’un véhicule, traînés torse nu à même le sol… Ces images ont été tournées dans le camp de Kati, près de Bamako, qui abrite le quartier général de l’ex-junte malienne où ont été enfermés pendant huit semaines des militaires proches de l’ancien président Amadou Toumani Touré (dit "ATT"). La scène, filmée par d’anciens putschistes, est d’une grande violence et apporte la preuve que des bérets rouges ont été maltraités en détention.Lire la suite...

 

 

Un Village marocain rebelle cadenassé et pillé par les forces de l'ordre

 Depuis près d’une semaine, le village de Chilhat au nord du Maroc, où s’est installée une entreprise rizicole espagnole avec l’aval du gouvernement, est sous haute tension. Les centaines d’habitants, qui se disent floués par l’entreprise, ont tenté de faire entendre leur voix mais se sont heurtés à une répression féroce. Lire la suite...

 

Les brèves de Julien 

La compagnie chinoise Mengniu, qui s’était déjà retrouvée au cœur du scandale du lait frelaté en 2008, est à nouveau sous le feu des projecteurs depuis qu’une stagiaire a diffusé des images volées des conditions sanitaires de l’usine à glaces de l’entreprise.

Dans son billet posté sur le réseau social Douban, la jeune fille dresse un tableau particulièrement désolant de son stage au sein de l’usine. Immédiatement supprimés, le texte et les photos ont toutefois été récupérés et repostés par de nombreux internautes tous choqués par cette description. Notre Observateur Suy nous a transféré et traduit la totalité du billet original dont seules quelques bribes sont encore accessibles en ligne.

Une Observatrice installée à Riyad a visité l'un des zoos de la capitale saoudienne. Sur place, les scènes auxquelles elle a assisté dépassaient largement la mauvaise réputation du lieu.
Laylah s’est rendue en février au zoo Hadiqat Abu Jarra, situé à l’intérieur du parc d’attractions Fantasy Land Amusement Park sur Thumamah Road, à Riyad. Un endroit qu’elle décrit comme une sorte de 'musée des horreurs' où lions, tigres, ours, hyènes et autres animaux sauvages aux silhouettes rachitiques vivent enfermés dans des cages exiguës, visiblement en manque d’eau et de nourriture.

 

Écoutez la chronique (8 min. et 35 sec.)

 

Chaque semaine, l'Atelier des médias invite les Observateurs de France 24

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Cette semaine, Francis consacre sa chronique à l'Afrique du Sud. Un pays qui a réussi quelques jolis coups dans le domaine des technologies de l'information (Paypal, Mxit.com), mais qui ne semble pas pour autant en faire un axe stratégique de son développement. C'est ce que regrette Francis Pisani dans sa chronique à lire et à écouter dans ce billet. 

 

Commençons par les succès.

Mark Shuttleworth, a fait fortune en vendant son programme de cryptographie à VeriSign. L'argent ainsi acquis lui a permis d'être le premier africain dans l'espace, de créer une fondation qui finance "les changements innovants dans la société". Il a lancé et dirige Ubuntu la version la plus facile d'utilisation des systèmes d'exploitation open source pour ordinateurs. 


Écoutez la chronique (7 min. et 05 sec.)

 

Chaque semaine, Francis Pisani chronique les évolutions et révolutions de la société numérique dans l'Atelier des médias. Il effectue en ce moment un voyage autour du monde que vous pouvez suivre ici, sur son blog Winch5 et son compte twitter

 

Source image

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Le prix RFI-France 24 du webdocumentaire sera attribué en septembre 2012, lors du festival de photojournalisme Visa pour l'Image-Perpignan. Pour l'heure, l'appel à candidatures de cette 4e édition vient tout juste d'être lancé. Présentation de ce concours annuel, qui prime un genre journalistique en pleine explosion. 


"Webdocumentaire", le mot est explicite. Il désigne un documentaire diffusé sur le web, et qui exploite tout ce qu'on peut y trouver : vidéos, photos, sons, graphiques mais aussi textes et animations. Une sorte de documentaire augmenté, pour le dire autrement. 

 

C'est ce genre journalistique ouvert et plutôt neuf que RFI et France 24 ont choisi de récompenser, cette année encore, par un prix. Pour sa 4e édition, les critères sont les mêmes que les années précédentes : le candidat doit traiter un sujet d'actualité original, de façon multimédia, journalistique, mais aussi interactive et innovante. 

 

Après Soren Seelow en 2009 pour Le corps incarcéré, Philippe Brault et David Dufresne en 2010 avec Prison Valley et Guillaume Herbaut et Bruno Masi l'an dernier pour La Zone , le lauréat 2012 se verra récompensé lors du festival annuel de photojournalisme Visa pour l'Image-Perpignan, qui se tient du 1er au 16 septembre. Il sera choisi par un jury de professionnels de l'image donc, mais aussi de l'information, des nouveaux médias et du documentaire. A la clé pour le vainqueur, la somme de 8000 euros.  

 

 Extrait du webdocumentaire lauréat du prix en 2011, La Zone.

 

L'appel à candidatures est ouvert jusqu'au 25 juillet prochain, et nécessite non seulement une inscription en ligne, mais aussi l'envoi de plusieurs pièces. Autre obligation pour concourir, réaliser un projet en français ou en anglais. Le règlement complet est disponible ici, et pour toute question, l'adresse à laquelle écrire est celle-ci.

 

 

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Le groupe audiovisuel américain Turner Broadcasting lance "MediaCamp". Un incubateur qui doit soutenir financièrement 6 startups innovant dans les médias, en échange d'une participation à leur capital. La chronique de Marie-Catherine Beuth revient sur cette initiative.

Jusqu'ici Turner Broadcasting était connu pour CNN, la chaîne d'information continue qu'il édite, la mèche rousse de Conan O'Brien et les dessins animés siglés Hanna-Barbera qui tournent en boucle sur son Cartoon Network. Bientôt, l'illustre enseigne américaine sera peut-être associée à une star montante du Web... Ecoutez la suite dans le lecteur ci-dessous:


Écoutez la chronique (2 min. et 25 sec.)

Marie-Catherine Beuth est journaliste, spécialiste des nouveaux médias au Figaro. Elle est l'auteure du blog 
Étreintes digitales. Chaque semaine, dans l'Atelier des médias, elle s'arrête sur l'un des aspects de la révolution des médias actuellement en cours.

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Pas sage en seine, le festival du hack

 

Le hack dans tous ses états. C'est le thème du festival "Pas Sage en Seine", qui s'est tenu à la Cantine du 14 au 17 juin dernier. Retour sur cette manifestation partenaire du festival Futur en seine, dont il est une sorte de version alternative. 

 

(photo de @NoorChandler)

 

4 jours pour discuter, penser, et même manger hacké : la proposition de l'équipe de Pas sage en Seine (PSES) a séduit plus d'un geek pour cette 4e édition. La Cantine, qui organise l'évènement a fait le plein du jeudi au dimanche. 

 

 

Dans l'assistance, des habitués des lieux, des développeurs, des journalistes web, mais pas seulement.Car l'enjeu du festival, ce n'est pas tant de permettre aux initiés d'échanger sur les différentes facettes du hack et sur l'internet libre. En réalité il s'agit surtout d'ouvrir le cercle aux moins connaisseurs et de faire comprendre au grand public que hacker ne se résume pas à pirater des logiciels. 

 

(photo de @NoorChandler)

 

Ce sont d'ailleurs les organisateurs de l'évènement eux-mêmes qui le disent : tout ou presque est "hackable". Des sites internet aux vêtement en passant par les smartphones et les tranches de cake, on peut parvenir à gérer, créer ou réutiliser chacun de ces éléments sans suivre le mode d'emploi traditionnel. En les détournant, ou plutôt en les "bidouillant", pour reprendre un terme souvent entendu au festival. 

 

 

(photo de @oetienne)

 

Manifestation partenaire de Futur en Seine, grand festival du numérique qui a lieu en juin, Pas sage en Seine (PSES) est souvent décrit comme son "festival Off". Son pendant  "underground" comme l'indique le site de la Cantine. Ou tout simplement "pas sage". A vous d'en juger, en retrouvant ici quelques ateliers et conférences au programme.

 

Celui qui a permis aux participants de hacker leur bière par exemple, sur les conseils de Bibi et de Lucas...

 

(photo @MelleBerangere)

 

 

... ou la conférence de Serge Humpich, intitulé "Les légumes et les datasheets" mais dont on vous laisse découvrir le véritable thème ici:

 

 

... le hardware open source

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'atelier Fashion Hack, organisé devant la Cantine :

"Donnez un second souffle à vos vieux T-shirts délavés avec l’atelier Upcycling animé par l’association Sew&Laine ! Au programme : création d’un accessoire bijou ! Avis aux fashionistas…  Upcycling ? Transformer de la matière, chez nous textile, pour créer ! Atelier en accès libre, dans la limite des sièges disponibles ;-) Apportez un T-Shirt - Autres matériaux fournis." 

 

(photos de @nirinatweet)

 

 

Tout aussi originale dans un festival où l'on pourrait s'attendre à des interventions très techniques, la conférence de Manuela Montserrat portait sur les poulpes. Des animaux qui selon elle, ont de nombreux points communs avec internet.

 

(photo de @mart1oeil)

 

 

Plus sérieux, le président de French Data Network, Benjamin Bayart a fait des propositions aux législateurs pour la neutralité des réseaux internet.

 

 

 

 

 

 

Capture d'écran de sa conférence, visible en entier sur la web TV de la Cantine:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous l'avons reçu dans l'Atelier des médias, Gael Musquet d'Open Street Map était là pour présenter sa base de données géographiques: 

 

(photo de @Numendil) 

 

 

Quant à @Bluetouff, @kitetoa_ et @kheOps (vidéo), impliqués dans l'organisation du festival, ils ont expliqué en quoi consistait l'opération OpSyria.

 

 

 

 

 

Pour le savoir, écoutez la conférence.

 

 

 

 

 

 

 

Et parce qu'on peut aussi hacker la rue, un aperçu de la performance d'Endless devant la Cantine, passage des panoramas:

(photo de @xpoxpo)

 

Retouvez l'intégralité de l'évènement couvert par l'équipe du Chaos Press Club (en sons, images et vidéos!). Vous pouvez également revoir chaque conférence en vidéo

 

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Eric Scherer est le Monsieur numérique de France Télévisions. Son troisième cahier de tendances méta-médias, "transferts de pouvoir", vient de sortir en version papier et en ligne. Il se penche sur les bouleversements que le numérique a fait surgir dans la relation des médias au public.  Eric Scherer est notre invité cette semaine pour en parler et pour faire le point sur les grandes évolutions du monde médiatique.

 

L'an dernier, à peu près à la même période, nous avion reçu Eric Scherer pour parler de son livre, A-t-on encore besoin des journalistes? Avec "Transferts de pouvoirs", son troisième cahier de tendance France Télévision, il prolonge la réflexion et explique pourquoi, à l'ère du numérique, les professionnels des médias doivent se réinventer.

De la surabondance de l'information au pouvoir croissant des internautes, en passant par la télé connectée et le "tout mobile", les questions abordées par Eric Scherer sont nombreuses. Vous pouvez l'écouter dans le player ci-dessous et commenter en bas de page.


Écoutez l’entretien avec Eric Scherer (40 min. et 30 sec.)

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Mercredi 6 juin 2012, la Cantinea accueilli neuf jeunes femmes venues du monde arabe. Elles ont raconté leurs parcours de journalistes, de blogueuses et de révolutionnaires pour certaines. Pendant près de trois heures, le public les a écoutées fasciné par leurs récits. compte rendu en audio et en texte dans ce billet.

 

Écoutez la table ronde (1h. 23 min.)

 

Le tour de table de cette rencontre intitulée « l’activisme, du Maghreb au Machrek » nous emmène d’abord en territoires palestiniens avec Ikram Abu Aisha et Maysa Assi. La première est blogueuse, la seconde est journaliste militante depuis l’âge de 15 ans. Aujourd’hui elle vit et étudie à Ramallah, loin de son village d’origine, trop traditionaliste à son goût. C’est à Ramallah qu’elle a participé, le 15 mars 2011, à ce qu'elle appelle "le printemps palestinien". Et depuis ? Elle attend « l’été arabe ».

 

Journaliste, blogueuse, militante activiste, Raghda Gamal Hazaa vit à Sanaa, au Yémen. Depuis le début du soulèvement dans son pays, elle forme des activistes au journalisme sur la place Taghyir (du changement). Malgré un « recul » de la liberté d’expression, la jeune femme reste optimiste, une « nécessité » d’après elle. Le cas de Bushra Al Maqtari confirme la difficulté de travailler au Yémen pour les journalistes. Cette écrivaine, journaliste et blogueuse yéménite vit à Taez, la 3eville du pays. Engagée à gauche, Bushra a perdu maison, travail et salaire après la parution d’un article. Il expliquait que Dieu avait abandonné les contestataires yéménites à la répression du régime.

 

Photo SiliconManiacs

« La presse continue d’ignorer ce qui se passe.
Et pourtant, les protestations vont croissantes […]
les gens se radicalisent.
Aujourd’hui ils demandent carrément le départ du régime »

 

Nazeeha Saeed  a elle aussi subi menaces et tortures pour ses activités de journaliste. La jeune femme est correspondante au Bahreïn pour la chaîne France 24. C’est surtout le ton de ses reportages sur les manifestations anti-régime qui ont déplu. Pour elle, « La presse continue d’ignorer ce qui se passe. Et pourtant, les protestations vont croissantes […] les gens se radicalisent. Aujourd’hui ils demandent le départ du régime ».

Une situation bien différente de celle que connaît Maria Moukrim au Maroc. Rédactrice en chef du site d’information Febrayer.com, elle décrit le mouvement du 20 février, "le printemps marocain", comme « une empreinte dont on se souviendra » . Un avis que partage sa consœur et compatriote Sanaa El Aji. Écrivaine, journaliste et chroniqueuse, elle a été condamnée à trois ans de prison avec sursis en 2007 pour son article «Comment les Marocains rient de la religion, du sexe et de la politique ?». Toutefois, les deux femmes relativisent : si « tout n’est pas rose » dans leur pays, que les « lignes rouges » à ne pas franchir sont difficiles à repérer, les choses bougent. De leur point de vue, le Maroc fait son printemps arabe depuis une décennie déjà, à son rythme.

 

 

                               Nombre d'utilisateurs actifs de Twitter dans le monde arabe en Mars 2012

 

 

Comme la plupart des autres jeunes filles présentes, l’Égyptienne Samira Ibrahim n’a pas attendu le printemps arabe pour bloguer. Elle est connectée depuis 2006. Ses compatriotes la connaissent pour ses prises de position sur son blog mais aussi parce qu’elle a intenté un procès contre l’institution militaire du pays. Arrêtée place Tahrir en mars 2011, elle a été torturée et soumise à des tests de virginité. A force d’obstination et de témoignages-vidéo postés sur Youtube et les réseaux sociaux, elle a obtenu gain de cause et fait interdire ce genre de test.

 

De son côté, en Tunisie, Hajer Ben Cheikh Ahmed-Dellagi s'est engagée dans une commission d'enquête sur les violences commises pendant la révolution. Si elle l'a quittée aujourd'hui, elle anime toujours une émission politique quotidienne sur une radio privée.

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"Rendez-lui la caméra!"

 

Le journaliste tunisien Ramzi Bettaiebi, alias Winston Smith sur le net, est en grève de la faim depuis le 28 mai 2012. Il veut récupérer les caméras que lui ont confisqué des militaires alors qu'il couvrait un procès, le 21 mai dernier. Ce procès dit "des martyrs", tenu par un tribunal militaire, doit décider si le régime de Ben Ali est, oui ou non, responsable des blessés et des morts de la révolution à Kasserine et Tahla. Ramzi a été rejoint dans sa grève de la faim par plusieurs blogueurs de renom. C'est à Paris, loin des locaux de Nawaat.org où Ramzi s'est établi, que 80 personnes se sont retrouvées jeudi pour le soutenir et crier "Rendez-lui la caméra!"

 

Le rendez-vous était fixé à 18h30, devant l'institut du monde arabe. La plupart des personnes sont venues après avoir vu la page facebook « Rendez-lui la caméra ! » ou les hasthags #Rajja3ElCamera, #RamziBettaieb ou bien #WinstonSmith sur Twitter. Certaines ont même fait le voyage depuis Lyon pour montrer leur soutien à Ramzi. Avec eux, ils ont des drapeaux tunisiens, des photos du journaliste et des pancartes où on peut lire en arabe « Rendez-lui la caméra ». Mais à les entendre discuter entre eux, on s’aperçoit qu’ils espèrent bien plus que la restitution du matériel de Ramzi.

 

Comme le journaliste lui-même, ils exigent que les médias tunisiens puissent couvrir les procès des meurtriers des martyrs dans la transparence. Surtout, ils veulent que ces procès soient traités par la justice civile, et non militaire. Comme l’explique Anis, un des organisateurs du rassemblement et confrère de Ramzi chez Nawaat, « l’armée a eu un rôle prestigieux pendant la révolution, mais elle est de plus en plus mise en cause. […] La caméra, c’est symbolique : la confisquer, ça veut dire que le citoyen n’a pas de droit de regard sur le fonctionnement de la justice militaire tunisienne en ce qui concerne les martyrs de la révolution. La récupérer, c’est gagner un bras de fer contre l’armée et prendre ce droit. »

 

Et dans ce "bras de fer", Ramzi est rejoint depuis quelques jours déjà par d'autres journalistes, blogueurs et activistes. Parmi eux, Houssem Hajlaoui, Emine M’Tiraoui, Yassine AyariAzyz Ammami ou encore Lina Ben Mhenni.

 

Pour que l’on ne perde pas de vue leur lutte depuis Paris, la création d’un comité de soutien a été décidée après le rassemblement. Via le compte Facebook d’Anis, ce comité a déjà annoncé qu’il organiserait des actions très prochainement. De son côté, Ramzi a changé d’avatar sur Facebook : il a choisi la photo d’une des pancartes brandies devant l’Institut du monde arabe ce jeudi.Il a aussi posté la vidéo du rassemblement, renommé "Opération Rajja3ElCaméra" et mis en ligne sur youtube ce matin.


 

 Bonus, extrait de l'émission de l'atelier des médias du 09 juin 2012 :


Écoutez le reportage (2 min. et 07 sec.)


Photo prise par Oussama Boukhris, album à voir ici
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