Publications de Christian Uzilo sashi (6)

 

A Kisangani au Nord de la RDC, faute  de service d’orientation scolaire dans les écoles, beaucoup d’élèves embrassent les options dont ils n’ont pas les capacités. Les échecs, abandon scolaire sont  nombreux.

 

"J’ai débuté par les humanités littéraires mais j’étais très faible en latin et en anglais. Les enseignants m’ont conseillé de reprendre la 3eme année en  pédagogie générale alors que j’étais déjà en 4eme année ", témoigne Alain Lutumba, élève à l’Institut Kalindula. Comme lui, de nombreux élèves opèrent des choix d’option sans tenir compte de leurs capacités intellectuelles. Des échecs et des décrochages scolaires sont enregistrés. En effet, la cellule d’orientation scolaire n’existe plus dans la majorité d’écoles. L’élève décide seul en imitant ses collègues ou ce sont les parents qui dictent leur choix. Les parents ont tendance à projeter leur histoire personnelle sur celle de leur enfant. "Je veux que tu sois médecin ou avocat",…disent-ils oubliant que chaque personne a son propre parcours. Ces choix sont souvent guidés par les seuls exemples de personnalités qui émergent. Le jeune se trouve face à sa propre ambition et à celle de ses parents. "J’ai choisi la biologie chimie parce que je rêve devenir médecin car les médecins ne chôment pas ", déclare Christèle Matisho,élève en 3eme année à l’Institut Kalindula.

A l’école, aucune cellule n’oriente l’élève vers une option par rapport à ses capacités intellectuelles. Il n’est pas rare de voir un élève avec les bulletins de deux ou trois options différentes avant de décrocher son diplôme d’Etat. "J’ai présenté trois fois sans succès les examens d’Etat en biochimie. Cette fois, je me suis inscrit en pédagogie. J’ai de difficultés dans certains cours d’option car c’est la première fois pour moi de les étudier " témoigne Honoré, ancien élève de l’Institut Anuarite, aujourd’hui au Lycée Mfaume.

 

Des élèves souvent désorientés

Rares sont les écoles qui tiennent encore cette cellule adéquatement. Au collège Maele, pour monter en troisième année, les titulaires des classes orientent les élèves selon les meilleures cotes obtenues dans les cours d’option : l’élève qui obtient plus de points en mathématique est orienté en mathématique physique et celui qui a plus de points en français en latin -philo.

Selon Sashi Kumba, inspecteur de l’enseignement," les instructions scolaires prévoient un conseil d’orientation dans les écoles. Mais certaines écoles ou coins du pays n’ont pas toutes les options requises. C’est ainsi que l’on  laisse le libre choix à  tout le monde de faire l’option disponible". Ou ne pouvant changer d’école, l’élève ne fait que l’option existante dans son école. " Nos élèves savent dés la première année qu’ils vont faire les humanités pédagogiques car c’est la seule option que nous avons ", souligne un enseignant d’une école à l’Orphelinat de Mangobo.

Les élèves s’orientent vers les options (littéraires, pédagogie, biologie chimie, math physique, commerciales) pour devenir juriste, médecin, économiste, politologue etc. Par contre, les options des métiers comme l’agriculture, menuiserie, vétérinaire, coupe et couture, électricité, plomberie, maçonnerie sont négligées. Les chômeurs sont nombreux. Mais l’actuel boom immobilier et les travaux  de réhabilitation des routes ont montré que les spécialistes des écoles des métiers étaient rares et prisés.

 

Christian UZILO

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Les ouvrages “électoraux”
Délaissés par les candidats

Maintenant que les élections sont passées, les habitants de la ville craignent que les travaux lancés par certains candidats pour avoir leur voix restent inachevés ou que certains, mal faits, ne durent guère. Durant la campagne électorale et les semaines précédentes, des candidats députés ont fait des dons d’ouvrages d’intérêt communautaire à la va vite pour s’attirer la sympathie des électeurs. Ces dons répondaient parfois aux besoins exprimés par les communautés qui exigeaient des candidats de faire ce que le gou¬vernement n’a pas fait en cinq ans.
Certains ont jeté des ponts, d’autres construits des écoles et maternités, d’autres encore ont remis des transformateurs et câbles électriques pour des quar¬tiers restés longtemps dans le noir.
Certains de ces ouvrages n’ont cependant pas été construits selon les règles de l’art. D’autres encore restent inachevés et les habitants se demandent si les candidats qui n’ont pas obtenu les suffrages escomptés vont les parachever.

Des travaux en veilleuse

Sur la 4ème avenue Kabondo à une centaine de mètres de Camp sergent Ketele, un ponceau construit par un candidat n’est pas encore pra¬ticable car la surface n’est pas encore aplanie. “Les élections sont passées, poursuivra-t-il ces travaux en cas d’échec”, s’interroge Jean-Louis, habitant sur la 3ème avenue.
D’autres ponceaux sont ainsi inachevés : sur l’avenue Basongue au plateau boyoma dans la matière de Katanga dans la commune de Lubun¬ga, sur la rive gauche du fleuve Congo, construit trop court par rapport à la largeur de la rivière, en planches minces… L’association Campus qui regroupe, les riverains de ce cimetière s’étaient opposés à la construction d’un pont en planches. “Nous leur avons dit de le construire en béton armé ou de laisser s’ils n’ont pas assez d’argent pour bien le faire”, témoigne un jeune mécontent de ces travaux. Ici, les habitants mettent les pieds dans l’eau, le cercueil sur les épaules de quatre braves pour aller au cimetière.
Ailleurs, c’est l’électricité qui était promise mais là aussi cela ne fonctionne guère. Dans la cabine électrique située à l’E.P. Mwangaza, un transformateur placé depuis un mois n’est pas encore fonctionnel. “Quelqu’un dormait à l’intérieur. La population doit encore patienter car la Snel est entrain d’effectuer les travaux pour sa remise en état”, explique le premier suppléant du candi¬dat.
Des câbles électriques remis par les candidats pour alimenter certains quartiers ne peuvent pas accueillir plusieurs raccordements. “Avant la population utilisait des câbles dénudés avec le risque d’électrocution”, se défend pourtant un proche d’un candidat. Au quartier Wagenia, la cabine de haute tension avec un transformateur construite par un candidat n’est pas encore uti-lisée faute de câbles pour distribuer le courant aux abonnés. “Il nous a assuré que les câbles et quatre autres transformateurs pour les autres quartiers sont déjà commandés à Kampala”, sou-ligne ce quinquagénaire qui assure la garde de cette cabine.

Des ouvrages appréciés des habitants

Quant ces réalisations d’intérêt général auxquelles les habitants conditionnaient leurs votes fonctionnent, elles sont appréciées. Sur des avenues jadis inaccessibles aux motos ou aux véhi-cules, des passerelles ont été jetées. “Il y avait plusieurs accidents ici car c’est une planche qui nous permettait de traverser. Nous sommes très reconnaissant à l’égard de ce candidat”, déclare un étudiant sur la première avenue Tshopo admirant un ponceau en planche. Les habitants de l’avenue Kiwele, vers l’OKIMO et le camp Q.G. ont le courant après trois ans passé dans le noir. “Nous avions demandé à un candidat de nous aider avec des matelas mais voilà, il nous a construit toute une maternité d’une capacité de 25 lits”, se réjouit aussi Marie Jeanne Bofanda, administratrice du foyer social de Kabondo.
Christian Uzilo

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Battre campagne sans moyen financier
Moins connus, sans argent ni photo, certains candidats à la députation nationale, multiplies des stratégies pour se faire connaitre et d’autres désespérés désarment.

Des jeunes diplômés de l’université, des enseignants du secondaire , et autres personnes à faible revenu ayant postulés à la députation nationale peinent pour battre campagne. Certains abandonnés par leur directoire national qui ne leur envoie pas de l’argent, ne savaient même pas comment imprimer les photos. « Tu sais que je suis aussi candidat ? Je n’ai pas encore fait des photos mais retiens quand même mon numéro ». Déclare Pépé enseignant à l’école Belge surpris dans une conversation avec l’un des ses voisines.

Si, les candidats ayant beaucoup des moyens sont entourés de plusieurs personnes qui battent campagne à leurs noms et ont l’accès facile aux médias, les démunis eux se débrouillent seuls. « Chaque jours quand je rentre du travail je fais le porte à porte pour me faire connaitre ». Affirme un candidat de l’Udps. Certains sont aidés par les membres de leur famille. « Je viens vous signaler que mon oncle à postuler il a fini en Droit je vous amener ses photos songé aussi à lui ». déclare Carine Bolio réalisant une activité de sensibilisation sur la première avenue Plateau Boyoma.
D’autres impriment des photos en noir et blanc dont la qualité se détériore à force de photocopier et qui ne permet pas facilement d’identifier le visage du candidat. « Nous le faisons seulement pour montrer le nom et le numéro en attendant que l’on imprime des photos en couleurs ». Témoigne un candidat sur la 12eme trans commune Kabondo.
Des candidats qui se découragent
Près de deux semaines depuis que la campagne électorale a été lancé officiellement sur toute l’étendu du territoire nationale ; sur terrain, l’on observe un engouement relatif par rapport aux nombres des candidats en liste. Face à cette situation, seuls les candidats ayant beaucoup de moyens sont visibles dans les rues et se positionnent dans les intentions de votes. Cela constitue un facteur de découragement et de démotivation pour les candidats qui n’ont encore rien fait et craignent de faire la figuration. « C’est trop tard pour moi je me prépare pour la députation provinciale». Déclare un candidat dans un ton désespéré.
Christian Uzilo

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Kisangani RDC des témoins incontrôlables dans certains bureaux de vote

Assis sur les fenêtres, les autres débout entre les isoloirs avec possibilité de violer le caractère secret du scrutin, certains témoins tant de l’opposition que de la majorité ont régné en maitre dans certains bureau sous l’œil impuissant du président de vote. Au bureau de vote C dans le centre 15480 à l’EP Maendeleo dans la commune de Kabondo, une fille avec un badge de témoin attaché à sa chemise joue le rôle du premier assesseur. Elle reçoit et enregistre toutes les cartes des électeurs qui arrivent. « Elle aide le premier assesseur qui un peu lent ». se justifie le président

Crainte d’influencer sur les choix.

Contrairement dans d’autre bureau ou les analphabètes, les personnes de troisième âge ou ceux qui ont le problème de vision choisissent sur le fil d’attente une personne de leur choix pour les aider à voter ; dans ce bureau quelques témoins généralement des jeunes filles et de jeunes garçons ont déserté les bands leurs réservés pour se placer débout entre les isoloirs. « Non je sais la personne que je cherche ». Répond à haute voix un quinquagénaire à un témoin qui est allé les suivre dans l’isoloir pour l’aider. Au bureau de vote D dans le centre 15480 à EP Kabondo, les bands des témoins se transforme à un dortoir. Ceux qui accusent les signes de fatigue n’hésitent pas à s’allonger pou dormir. « Depuis le matin pas de l’eau à boire ». Déclare un témoin à 15heure. Cependant ceux qui paraissaient plus vigilant n’hésitaient pas à donner à quelques connaissances qui accedent dans le bureau des consignes de vote à l’aide de gestes et de l’expression faciale. « Madame tu n’es pas la pour saluer tout le monde qui entre ».interpelle le président à un témoin.
Christian UZILO

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RDC/ Kisangani : Les femmes a la remorque des candidats.

Depuis le début de la campagne en République démocratique du Congo, les femmes évoluant dans les associations tribales ou chrétiennes, sont intéressées par des candidats. Certaines, passent des journées entières sur les états major des candidats pour n’être reçues que tard dans la nuit. Causant ainsi déceptions et frustration dans certains foyers.

Il est 20heure dans la grande salle de l’aumônerie des jeunes, une centaine des femmes visiblement fatiguées attendent impatiemment un candidat qui a fait appel à eux depuis midi. « Nous sommes ici depuis 13heure, nous avons encore rien mis sous la dent ». témoigne Génerose Senga membre du Durema (dynamique pour l’union des ressortissants du maniema). Plus des chants, il règne un calme totale sauf quelques conversassions isolées entre connaissance ; d’autres commencent même à somnoler. « J’attendais que l’autre candidat termine son mitting pour me permettre de commencer mes activités ». Se justifie Daruwezi pour le grand retard. Certaines des ces femmes effectuent des dizaines de kilomètres pour répondre à ces rendez-vous.

Le 16 novembre dernier, plusieurs dizaines de femmes lancent des cris de joie et dansent devant la résidence d’un candidat « Je viens de Lula vers la rive droite du fleuve Congo (une vingtaine de kilomètre du lieu ); je suis venu au non de notre association des femmes musulman ». Témoigne une quadragénaire sourire aux lèvres enfant au dos visage voilé en face de l’Ibtp.

Perte de temps

Bon nombre de ces femmes sont à la remorque des leurs leaders et elles subissent les choix opérés par ces derniers dans le contact des candidats. Cependant, il se pose un problème de déficit d’information. Elles apprennent pour la plus part des cas ces rendez-vous par les bouches à l’oreille. Et souvent cela avec une imprécision d’heure. C’est ainsi, il est fréquent de voir les unes arrivées très tôt que l’heure prévue et les autres arrivées tard. « Pas à cet heure. Il nous a plutôt appelé à 16heure, va d’abord faire ton travail ». S’étonne Zawiya devant la Caritas surprise de voir sa voisine de Lubunga prête pour une rencontre avec un candidat au Foyer social. « Ces femmes ne partent pas par conviction politique encore moins par adhésion au programme mais pour besoin d’argent ». affirme désolément Claudine Bela membre de la société civile force de l’orientale.

Face à cette réalité, bon nombres de ces femmes rentrent déçues et frustrées par la modicité des sommes reçues. « Je suis vendeuse je perdus toute ma journée ici je n’ai eu que 1500fc (soit 1,5 dollars)». témoigne tard dans la soirée une dame à la sortie d’une rencontre devant la mairie. Le 15novemvre dernier au plateau boyoma, une femme a été copieusement battue par son marie pour avoir passé toute la journée chez un candidat.

Un électorat important non valorisé

La population féminine à l’âge de voter constitue plus de 52%d’électorat national. Ce pour cette raison qu’aucun candidat ne veut s’en passer d’elles. Ceci justifie l’intérêt que certains d’entre eux accordent aux mouvements féminins d’obédience religieuse ou provinciale, qui naissent ça et là dans la ville. « Elles sont disponibles, patientes et souvent tolérantes elles nous écoutent facilement que l’électorat masculin qui est rigoureux, exigeant et souvent occupé ». Temoigne un mobilisateur d’un candidat trouvé à l’hôtel Boyoma Boyoma au centre ville de Kisangani. Selon madame Claudine Bela, certaines responsables des associations féminines ne jouent pas pleinement leurs rôle d’encadrement des ces femmes. Ces dernières souffrent par l’absence des modèles pour se faire respecter par ces politiques qui ne voient que leurs intérêts. Pour cela il faut intensifier les opérations de sensibilisation à travers les médias et au sein des petits groupes pour valoriser la femme en fin de lui donner sa dignité.

 Christian Uzilo

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