Publications de Charles Lebon (8)

Le Pape doit-il mourir Pape ?

Pope Benedict XVILa nouvelle est tombée ce 11 février comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Ce coup aurait été moins violent si c’était le décès du pape, qui, dans ce cas et trop souvent prévisible, obligeait les journalistes à attendre sous les fenêtres du saint homme en agonie avec micro, camera et bougie. Mais ce n’était pas le cas. Il s’agit de la démission du souverain pontife au sens de : « renoncer à sa charge ».

Il faut en réalité reconnaitre que cette violence de la nouvelle dans une proportion non négligeable, est due à une idéologie médiatique basée sur la fuite. Je plaisanterai bien en la nommant le « fuitisme » que je définirai volontiers comme publication d’informations importantes ou de bribes d’informations avant l’officialisation de celles-ci, par des medias en complicité ou non avec les sources officielles’’. Ce fuitisme repose sur un principe simple et psychosocial : ‘’avant que quelque chose n’arrive, nous devons le sentir par les medias.

Mais la polémique avec les medias pseudo-libres basés sur les idéologies de ceux qui les financent n’étant pas le sujet de mes propos actuels, j’y reviendrai.

Il me semble donc bien utile après la tombée du vacarme, de voir brièvement à travers un examen des textes de l’Eglise afin déterminer d’un coté si ce qui s’est passé est de l’ordre cohérent de la foi de l’Eglise et conforme à la norme ecclésiale en vigueur, et de l’autre si c’est d’une révolution copernicienne qui permettrait aux medias de transformer l’Eglise à une ONG distributrice de préservatifs ou en apologiste de l’avortement ou du mariage pour tous.

  • Quand l’illusion du temps et de l’habitus semble être la norme

L’histoire de l’Eglise ne nous offre pas beaucoup de cas de démission de pape. Selon les medias qui se mettent subitement en ecclésiologie, il existerait trois cas avérés voire cinq selon  le Point.fr dans son article intitule :'' Benoît XVI : comment un pape peut-il démissionner ?''

Je peux vous assurer simplement  que le passé de l’Eglise, sainte et pécheresse, regorge de beaucoup de démission de Papes. Le plus souvent dans des situations rocambolesques, mouvementés et de pression.

Ceci dit, il faut reconnaitre que devant le nombre écrasant de pape qui sont morts en exercices, la démission d’un pape quoique présent dans l’histoire de l’église devient presque un épiphénomène voire inexistante. Comment ne pas comprendre le premier choc de cette nouvelle, si le dernier en date est celle de Grégoire XII il y a presque 600ans ?

Le temps et la rareté de cet acte ont en effet creusé en nous une disposition illusoire à considérer la papauté comme une fonction à vie.

La déception que cet acte courageuse a pu produire chez certains fideles catholiques relève, à mon avis, d’une norme collective mais illusoire qui s’est fixée en nous à travers le concours du temps mais aussi par l’habitude que la plupart des pontifes ont de façon personnels choisis de mener leur charge pontificale jusqu'à leur dernier souffle.

La norme qui se trouve dans les textes fondamentaux de l’Eglise, n’exige donc pas que le pape démissionne à un certain âge ou de mourir dans sa charge pontificale. Elle le met simplement devant sa conscience, sa liberté et la finitude même de l’être qu’il est.

Mais avant d’aller à ces textes notamment au « Droit Canon », faisons un virage pour nous poser une petite question mais tout de même théologique.

  • Dieu veut-il un Pape à vie ?

Une réflexion d’un prêtre que j’ai lu sur la Croix dans un article intitulé : '' La renonciation de Benoît XVI pourrait modifier la fonction papale''  m’a contraint joyeusement à ajouter ce paragraphe un peu théologique. Le P. Laurent Villemin, qui enseigne l’ecclésiologie et la théologie des ministères à l’Institut catholique de Paris affirme que : « Si Dieu ne veut plus du pape, il ne le fait pas forcément mourir. » Et il en déduit qu’ « On peut penser que la décision de Benoît XVI a été guidée par l’Esprit Saint, et qu’elle ne relève en rien d’un manque de foi. »

Dieu est la liberté en soi. Et si le pape reste un monarque, il reste cependant sous la volonté de Dieu. Le Christ l’unique Pasteur, peut effectivement conduire son Eglise sur les voix que nous ignorons. Et si nous sommes surs, que l’Esprit du Christ repose sur son vicaire, le Pape, il faut donc avec foi reconnaitre le signe de la volonté de Dieu dans cette décision courageuse de Benoit XVI.

Croire donc que la sacralité de la fonction du pape est liée à la mort du pape en tant que pape en exercice, serait toute autre chose, et peu être une foi macabre. Mais certainement pas la foi vivante de l’Eglise.

  • Les textes de l’Eglises : entre Liberté, Responsabilité et finitude de l’être humain 

Le code de droit canonique nous donne une description physique et juridique  du pontife romain : notamment en ses articles 331 et 332. (Un petit tour même irrégulier sur www.vatican.va peut mieux nous aider à connaitre l’Eglise).

L'Évêque de l'Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d'une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l'Église tout entière sur cette terre; c'est pourquoi il possède dans l'Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu'il peut toujours exercer librement.  Can. 331

Le canon 331 nous présente ainsi  une description particulière d’une monarchie religieuse. Même si l’usage du mot « souverain » n’est pas utilisé dans les textes, le pape est bien un monarque dont l’extension du pouvoir est absolue. Ceci se reflète plus particulièrement dans le paragraphe trois du canon 332 : « Contre une sentence ou un décret du Pontife Romain, il n'y a ni appel ni recours. ».

Cette conception de la charge pontificale que nous avons dans le canon actuel promulgué par Jean-Paul II en 1983, n’est pas si différente du document  Dictatus papæ de Grégoire VII, même s’il ne faut pas confondre les visions qui les animent. Celui-ci traite du rapport entre le pouvoir temporel et le Saint Siege, en mettant l’accent sur une vision monarchiste absolue au siège de saint Pierre. La proposition 18e sur les 27 que contient ce document est assez significatif : « Sa [le pontife romain] sentence ne doit être réformée par personne et seul il peut réformer la sentence de tous. » ou encore le 9e « Que tous les princes baisent uniquement les pieds du pape. »

Toutefois ce pouvoir absolu et universel du Pontife Romain ne lui est pas donné directement par Dieu ni imposé par un tiers. Il reçoit indirectement ce pouvoir par l’intermédiaire de ses pairs et cela en toute liberté.

Le Pontife Romain obtient le pouvoir plénier et suprême dans l'Église par l'élection légitime acceptée par lui, conjointement à la consécration épiscopale.  C'est pourquoi, l'élu au pontificat suprême revêtu du caractère épiscopal obtient ce pouvoir dès le moment de son acceptation.  Et si l'élu n'a pas le caractère épiscopal, il sera ordonné aussitôt Évêque. Can. 332 - § 1.

On peut donc dire que devant cette charge divine, toute la place de l’humain y est présente. Et peut-être c’est ce pour quoi la démission est envisagée in extenso dans les textes :

« S'il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu'elle soit dûment manifestée, mais non pas qu'elle soit acceptée par qui que ce soit. ». Can. 332 - § 2.

Le pape Benoît XVI  ce lundi 11 Février 2013 s’est conformé aux textes de l’Eglise en déclarant à ses pairs et à toute l’Eglise : 

 C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire .

En somme pour nous fideles catholique, cet acte courageux de Benoît XVI ne doit pas créer en nous et entre nous de polémiques stériles. Les medias peuvent à cœur joie s’en livrer. Ils en ont besoin pour ventre et avoir des records de visites sur leurs pages web. Mais nous, nous devons dans la prière et la ferveur, accompagner ce pape dans sa retraite et dans sa souffrance physique tout en demandant au Saint Esprit d’assister davantage son Eglise dans l’attente d’un nouveau Pape.

 

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La guerre française au Mali, officiellement contre les islamistes djihadistes, me pose problème. Ce problème est de l’ordre de la cohérence et mérite examen. L’un des principes majeurs de la bonne réflexion qui conduit à la connaissance vraie, surtout lorsque nous abordons le champ éthique de nos jour, celui que Aristote avait analysée dans l’un de ses ouvrages intitulé plus tard Métaphysique, est  la non-contradiction qui s’énonce comme suit : « Il est impossible qu’un même attribut appartienne et n’appartienne pas en même temps et sous le même rapport à une même chose ». Ce principe qui est difficilement contestable,  gouverne encore de nos jours, plus de 2400 ans après sa formulation les mathématiques, la physique et les sciences et l’éthique en particulier. Simplement ce principe nous dit qu'il est impossible pour une chose d'ETRE et de NE PAS ETRE à la fois (lire avec intérêt la préface de Roger Pouivet « Logique et Ethique : La nature du principe de contradiction chez  Jan LUKASIEWICZ » de l’œuvre Du principe de contradiction chez Aristote de Jan Lukasiewicz).

 

Or nous sommes au Mali, avec l’intervention militaire française en rapport avec ce qui ce passe sous d’autres cieux comme la Syrie, l’Egypte ou la Libye, devant une contradiction qui me fait douter de cette guerre philanthropique décidée par François Hollande déployant hommes  avions et bombes simplement pour jouer au père Noel.

 

Il convient donc de se poser une question : quelle est la différence entre les Islamistes du Mali et ceux d’Egypte, Libye et Syrie qui actuellement ont les faveurs de la France et des Etats-Unis, alors que ces derniers aussi sont partisans de la charia, fameuse loi collée par contre sur les Islamistes du Mali pour les incriminer?

 

Tandis que la France soutient les Islamistes de la Syrie, qui n’hésiteront pas à instaurer la charia lorsqu’ils seront au pouvoir, en même temps, elle fait la guerre aux Islamistes du Mali parce qu’ils sont de dangereux Islamistes, parce qu’ils appliquent la charia, parce qu’ils sont des terroristes. Donc il faut nécessairement les « détruire » nous dira François Hollande ! Nous sommes ainsi donc devant deux affirmations contradictoires où d’un coté on nous dit que tous les Islamistes sont dangereux et terroristes et de l’autre certains Islamistes ne sont pas dangereux, ni terroristes. Il s’agit donc bien là de deux jugements contradictoires qui existent dans l’esprit de François Hollande, qui existe dans l’esprit du gouvernement français.

 

Nous sommes donc devant des faits contradictoires mais qui avec le concours d’un lavage de cerveaux collectif, même des têtes les plus biens faites par les medias occidentaux, semble être la chose la mieux partagée. Et en tant qu’africain j’assiste à la valse d’approbation des Maliens et des Africains en général, à cette comédie François-française. N’est-ce pas qu’on ne peut pas s’attendre au mieux lorsque les drapeaux français se vendent par centaines, accrochés aux bâtiments, et affichés dans les rues au Mali ? Pauvres africains menés en bateau que nous sommes !

 

  • La haine Islamiste, une pré-guerre pilotée par les medias Occidentaux

 

Aujourd’hui, tout le monde semble se mettre d’accord sur une chose : les Islamistes au Mali sont de méchants loups.

Ce sentiment sur lequel est fondé le soutien de l’interventionnisme français au Mali par la plupart des Africains, doit attirer notre attention sur son origine.

Avant le début de cette guerre « Serval », nous avons été inconsciemment préparés à accueillir l’intervention militaire de la France comme un salut contre la barbarie, comme un combat entre la lumière et les ténèbres.

Ainsi l’information médiatique sur les malheurs que font les Islamistes était ressassée à la une de leurs journaux :

 

 

 

 

A ces quelques titres s’ajoutent la valeur spontanée que l’Europe accorda aux mausolées détruits par les Islamistes.

Loin de cautionner toute forme de non respect des droits de l’homme par un groupe donné tout comme je dénonce le centre de détention et de torture des Etats-Unis Guantanamo, cette propagande médiatique autour des exactions commises au nom de la charia a réussi à créer et cultiver en l’homme-africain la haine islamiste. Une haine qui est un point de départ très important pour « créer » en nous un soutien spontané, irréfléchi et néo-colonisé à l’intervention militaire et salvatrice française.

 

Au même moment les Islamistes soutenus par la France et les pays Occidentaux en Syrie commettent des attentats atroces qui fauchent la vie des dizaines de civils par jour. Et de ces cas aucun de ces medias n’y voient une quelconque barbarie afin de les dénoncer comme c’est le cas du Mali.

Prenons un exemple : Le Monde.fr en date du 28 Novemvre 2012 titre : Syrie : attentats meurtriers à Damas, les rebelles abattent un hélicoptère.

 

Ce titre tel que formulé capte notre attention sur une chose : « …abattent un hélicoptère ». Dans un contexte de guerre civile, on penserait que grâce à Dieu les bons Islamistes ont abattus un hélicoptère qui larguait les bombes sur de paisibles habitants. On passerait bien vite sur la première phrase… « Attentats meurtriers ». Nous sommes ainsi devant un titre bien étudié. Or à la première lecture de l’article voici ce qu’on peut découvrir :

 

Plus de 50 personnes ont été tuées et 120 blessées, mercredi 28 novembre, dans deux attentats à la voiture piégée dans une banlieue favorable au régime, au sud-est de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

 

De ce fait, je me demande quelle est la différence fondamentale entre les minuscules Islamistes du Mali qu’on bombarde et ceux de la Syrie qu’on finance à coup de milliards et d’armes ?

 

  • La contradiction des attributs : Des bons et des mauvais Islamistes ?

 

Lorsque les medias en général par contaminations des mots employés par les medias français ou des hommes politiques français ou encore des experts analystes, parlent d’ Ansar Dine, le Mouvement pour l'unicité du jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), ils tirent sur des cordes sensibles déjà préfabriquées par eux-mêmes dans notre inconscient  en les qualifiant de ‘’ terroristes- Islamistes- djihadistes et autres…’’.  On comprend un peu plus lorsqu’on lit l’objectif principal de cette intervention que se fixe le président français :

 

« Je rappelle que la France, dans cette opération, ne poursuit aucun intérêt particulier autre que la sauvegarde d’un pays ami et n’a pas d’autre but que la lutte contre le terrorisme. C’est pourquoi son action est soutenue par l’ensemble de la communauté internationale et saluée par tous les pays africains ».

Voilà le mot qui fait trembler  et qui fera trembler les Français « Terrorisme ! » Ce mot terrorisme tellement instrumentalisé, mérite aussi notre examen. Mais nous en reviendrons à travers un autre article. Car il me semble important aujourd’hui d’analyser les faits et de dire qui terrorise qui en réalité de nos jours et peut-être de toujours. Au mot terrorisme s’ajoute celui-ci : la charia, qu’ils comprennent dans leur patois comme « barbarie »

 

Lorsque nous voulons aborder objectivement la question de la charia, il nous sera utile de prendre une distance nécessaire avec ce que le monde occidental en pense. Aussi SlateAfrique nous rappelle qu’ « elle [la charia] fait souvent l'objet de nombreux fantasmes et représentations erronées dans le monde occidental, alors que celle-ci reste un épiphénomène. »

 

Mais lorsqu’on veut nous parler des Islamistes opposés au régime de Bashar Hafez al-Assad, on nous parle tout simplement des rebelles alors qu’il s’agit aussi là des partisans de la charia et certainement des anti-occidentaux mieux organisés plus que ceux du Mali. Ainsi ils nous présentent d’un coté « les bons Islamistes » et de l’autres des « mauvais et méchants islamistes » à détruire impérativement.

N'est-ce pas là le comble d'un paradoxe savamment orchestré  qui consiste à attribuer le bon et le mauvais à qui l’on veut sans savoir si on a soi-même les propriétés idoines et la conscience claire et sans volonté de tromper afin de discerner le bien du mal?

 

Tout simplement nous sommes devant des contradictions qui méritent une mise en question profonde de l’intervention de la France au Mali. Il convient également que nous nous posions un certain nombre de questions sur la capacité et l’autonomie de l’Union Africaine à prendre en charge les problèmes de notre continent sans faire recours à un sauveur aux intérêts inavoués.

Mais lorsque la contradiction devient la voie royale vers la vérité, que peut cet article contre l’absurde et le mensonge ?

 

 

 

 

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La toile The Spear et un ancien fetiche africain

Le pénis gouverne l’histoire. Telle est la conclusion vers laquelle on peut prudemment ou imprudemment s’aventurer si on est un apprenti sorcier de Hegel en mutation chez Freud en s’intéressant à la phénoménologie du pénis -…hum!- dans les rapports interhumains sur la planète Terre et surtout dans les palais présidentiels en Afrique noire.

Il est tout à fait vrai que le pénis, ah...le sacré pénis, a une histoire une très longue histoire qui a toujours mis en mal la sérénité des villages, des communautés où les vieux gardiens des us et coutumes ne s'empêchent pas parfois de mêlés à leur sagesse des vices érotiques. Ces vieux, ces anciens le jeune prophète Daniel, dans l’affaire de Suzanne, les interpelle rudement: « vous qui avez vieilli dans le mal » Daniel 13 :1-64.

 Dans le jeu des rapports interhumains, le pénis, que dis-je, le pénis et les couilles, la libido diront les freudiens non seulement a toutes sa place mais se révèle aussi comme l'élément essentiel de ce jeu. Même si les pauvres, qui n'auraient de distraction que de sexe, pouvaient être nonchalamment pointés du doigt, il n'en demeure pas moins que la dialectique du pénis -entendez se construit au mieux dans les couches les plus aisées, chez ceux qui ont le lait et l'argent du lait,  chez ceux qui ont  toutes les pointures féminines du quartier. Une dialectique qui trop souvent se hisse au sommet de nos Etats.

 Dans la lignée des rois juifs, Salomon resterait la star historique inégalée connue en nombre de femmes et concubines grâce au don de sagesse et aux richesses que le bon Dieu lui aurait généreusement accordé. La bible nous apprend qu’il « eut sept cents épouses de rang princier et trois cents concubines et ses femmes détournèrent son cœur » 1Roi 11 :3.

 Toutefois nos chefs d'Etats Africains peuvent aussi, bien sure sans vouloir atteindre le sommet du roi Salomon, se targuer d'être en matière du sexe les mieux "développés" par rapports à quiconque. Autant dire que le facteur sexe doit prendre toute sa place dans les indicateurs de développement afin de mieux rééquilibrer le classement des pays développés et sous-développés.

 Au Togo par exemple, le régime de Faure Gnassingbé, mieux que son père alias Baobab, consacre des milliards de francs  pour le budget-sexe. Face à la France certainement qui n'en a pas, faute d'un DSK à la présidence, on ne peut  donc pas dire que la France est tout à fait un pays développé. A la présidence togolaise, dans l’intérêt supérieur de la nation, nous nous consacrons au développement du sexe. Le pénis a toute sa valeur. Oui chez nous, le pénis et les couilles sont tout un projet de développement plus urgent que le chômage et la précarité.

 Zuma qui trône à la tête de l'Afrique du sud, un pays qui veut bien être le leader du continent noir, ne peut quand même pas se laisser dépasser par un petit de la taille d'un Faure Gnassingbé ?

Ayant entre 4 et 6 épouses  et environ 18 enfant sans compter les concubines et les enfants inconnus -noté bien que c’est toujours difficile d'avoir le nombre exact de femmes et de progéniture d'un polygame-, le président Zuma peut encore se dire: "mais vous n'allez quand même pas m'en vouloir...hein....regarder mon voisin Mswati III, roi du Swaziland qui choisit chaque année une ou plusieurs nouvelles épouses parmi des milliers de jeunes vierges qui défilent devant lui les seins nus....laissez moi donc tranquille….jaloux ".

Le president Zuma joyeux parmi ses femmes

 Ainsi si la normalité dans plusieurs palais présidentiels de l'Afrique noire est de gouverner avec le pénis, comment comprendre alors la colère du président Zuma, de son parti l'ANC, du superpuissant central syndical Cosatu et même  des femmes de son parti qui à mon avis devraient être heureuses et chaleureuses face au bangala de leur ténor mis en exergue?

 Malgré les précisions de  Brett Murray, qui affirme que sa toile, intitulée The Spear « la lance », « a une signification plus large que Zuma lui-même. Il traite du pouvoir, d’avidité et de patriarcat », Zuma et ses amis, qui certainement dans les couloirs font des déductions ironiques à propos de la taille du pénis de la toile par rapport à la réalité qui se cache sous le pantalon du président, rien n'y fit: la polémique continue de plus belle.

 Le camp Zuma accuse l'artiste Blanc d'avoir fait un tableau raciste parce qu'il montre le président Jacob Zuma les

parties génitales à l'air ce qui seraient contre les valeurs africaines.

Ceci dit, on ne peut assister à cette controverse bien rigolote sans rappeler au clan Zuma

 

que les représentations phalliques sont tout a fait à leur place dans les valeurs et religiosités africaines.  Voici une explication élémentaire du symbolisme phallique que Wikipedia nous donne : « Le symbolisme phallique est le symbole de la virilité et de la fécondité. Dans de nombreuses civilisations et dès l'Antiquité le pénis était par exemple associé à des divinités comme Osiris ou Bacchus. Dans certaines tribus des Indiens d’Amazonie, la taille du phallus est directement liée au rang social. Les hommes mettent ainsi un étui pénien indiquant leur rang social ».

 

Mais ceci étant, on peut se demander d’où nous viendraient d’ailleurs cette honte de la nudité ? Comme nous le rappel Lejeune: «  la pudeur n’est pas si intéressé qu’on le prétend au recouvrement des parties sexuelles » (La représentation sexuelle en religion, art et pédagogie : 476)

 Au mieux je souhaiterais que cette masse de manifestants qui  quand même à la joie de défiler contre « monsieur le pénis », organise des phallophories avec procession de la toile controversée pour rendre hommage au dieu Zuma-Dionysos.

 Si telle n'est pas l’avis du président Zuma et de ses coalisés, je ne vois pas autre lecture réaliste et réelle de la toile que celle que la victime lui-même en donne: « le tableau me dépeint comme un homme à femmes qui n'a pas de respect, (...) un abuseur de pouvoir, corrompu et souffrant d'ineptie politique ».

 En saisissant ces dernières lignes de ce billet, je laisse la place aux psychologues de nous décrire de tels propos qui à mon avis ne peut être qu'une révélation objective de soi-même.

 

 

 

 

Bibliographie :

Lejeune G. La représentation sexuelle en religion, art et pédagogie. In: Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, Tome 2, 1901. pp. 465-481.

Bible, Version de Jerusalem

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Sénégal 2012: Wade, mon amertume amère!


En prenant mon stylo, je revoie défilées devant mes yeux les images de ce jour triomphal pour tout le Sénégal, pour toute l’Afrique.
Wade, en effet, venait d'être proclamé président élu du Sénégal. Non, c'était pas le président sortant, ce n’était pas le président-organisateur qui vient d'être ré-élu! C'était un opposant de longue date!

Ce jour, le Sénégal chantait et toute l’Afrique dansait.
Ce jour, nous Togolais, qui ployions sous une dictature quarantenaire d’Eyadema, espérant l’alternance comme les Juifs, un messie, redonnions force et vigueur à nos rêves, à nos combats.


En fait, la terre avait tremblé au Sénégal et nous espérions que ses secousses et ses répliques atteignent les fondements des autres dictatures africaines et les engouffrent.


Cette élection présidentielle du 27 février et du 19 mars 2000 qui s’est conclue par la victoire au deuxième tour de Maître Abdoulaye Wade constituait un cas salué comme tout à fait exceptionnel.
Les commentaires élogieux de la presse écrite et parlée, non seulement nationale mais étrangère, chantaient la "victoire de la démocratie" au Sénégal.
Wade devenait en effet en ce jour le symbole de la démocratie et la fierté de tous les opposants africains.


Mais aujourd’hui, ma déception envers Wade est à la mesure de l’espoir qu’il a suscite. Toutefois n’est-ce pas qu’à quelque chose, malheur est bon? La dérive de Me Wade peut être une leçon.

Mais ici la leçon à retenir voudrait que nous nous imprégnions d’une dose suffisante d’existentialisme. Si l’homme existe et se définit après, nous devons seulement prendre acte des nouveaux qui prennent le pouvoir et ne définir ce qu’ils sont qu'après exercice du pouvoir. Parfois à trop crier victoire très tôt, à trop mettre confiance en l’homme au début, on ne finit par récolter que des déceptions à la taille de Wade.

Il est tant que les peuples se réveillent et surtout les intellectuels pour que nos militantismes n’aient pas pour définition le nom d’un individu ou des démonstrations tordues, dithyrambiques et partisanes.

Et ceux qui soutiennent le vieux Wade, ont certainement le diable dans leurs caleçons, pour vouloir construire un pays avec un nonagénaire.
J’ai trouvé un peu curieux et rigolo cette louange que l’hebdomadaire en ligne le Messagera consacré à Me Wade:

“Nous avons tous et toutes besoin, sans conteste, d’un homme ou d’une femme aux mains expertes, grâce à qui le gouvernail ne tremblera pas, capable de dépassement, un homme ou une femme de paix, de dialogue, connaissant bien la valeur de la concorde nationale et qui nous mènera vers des lendemains meilleurs pour tous. En tout cas, la vie politique, le combat héroïque, le bilan inégalable en dix (10) ans et le parcours historique de notre charismatique et Illustre Candidat, le Grand Bâtisseur, l’infatigable pacificateur, Maître Abdoulaye WADE, accompagneront nos compatriotes dans leur recherche du meilleur profil, entre le Concret et le saut dans l’inconnu, le rêve et la réalité, la Paix et l’inutile confrontation.“


Mais c’est à croire qu’au pays de la Teranga, il n’y a plus personne, aucun digne fils ou fille du Sénégal, à part Wade, qui puisse mieux gouverner? Donc Après Wade, nous devons certainement attendre le chaos? Non, chers griots à la solde de Wade et de ses sbires, arrêtez l’idiotie et faisons place à la réflexion.


La leçon de Wade, c’est que nous devons renouveler notre pensée politique et commencer sérieusement par rêver pour notre continent.


Lorsque Me Wade déclare ceci au service français de la voix de Amérique reproduit parJeune Afrique: "J'ai le droit d'être président. Je crois qu'il y a des gens qui réclament la démocratie et qui ne sont pas des démocrates. Il faut laisser la voix au peuple sénégalais" en ajoutant "Que chacun se présente et que le jeu soit ouvert, qu'il n'y ait pas de tricherie", il ne fait que souligner sa petitesse d’esprit commun à la plupart des intellectuels et hommes politiques africains.
Ce que nous voulons pour notre continent, ce n’est pas le formalisme mais la sagesse dans le formalisme. J'entends ici par formalisme l'application stricto sensu de toutes les règles qui régissent l’organisation et la gouvernance d’un peuple.


De ce fait, la candidature de Wade est en soi un péché contre la jeunesse et une insulte à la capacité des autres hauts dirigeants de son propre parti à lui succéder.


Je ne demande pas à Me Wade d'être Nelson Mandela, mais d'être plus que Nelson Mandela. Et cela, il ne l’a pas compris. Il préfère être petit.

Mon objectif n’est pas de revenir sur les critiques contre sa candidature. Mais je crois que cette candidature après celle avortée de son fils Karim, les arguments farfelus et fallacieux d’ici et là de ses druides politiques, ressemblent beaucoup plus à une gaminerie qu’à des agissements responsables d’un digne vieux Africains parvenu à l'âge de la sagesse.


Il est vrai que je ne peux pas demander à autrui d'être ce qu’il n’est pas, surtout lorsque c’est un opposant qui longtemps a lézarder les murs présidentiels avant de conquérir le pouvoir. Mais de grâce que cet autrui arrête de foutre le bordel dans notre cite commune et de servir la honte sur la place publique.


Toutefois en considérant ces propres déclarations précitées, le peuple sénégalais à le devoir et la responsabilité de donner une bonne leçon à Wade et à tous les diablotins et marabouts qui l’entourent. En ce sens, je dis à l’opposition sénégalaise qu’il est encore temps de trouver en son sein les meilleures stratégies pour aider le peuple à ce résultat.

En attendant Fevrier 2012, mobilisons-nous avec un seul mot d'orde: TOUS CONTRE WADE!

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Poème : Du Rire Rageur

L’année 2011 nous a offert un spectacle à la fois tragique et magique.
Tragique parce que les peuples qui se sont levés un peu partout dans le monde arabe ont dû payer la liberté au prix du sang et de leurs vies.

Magique, parce qu’ils ont été acteurs et actrices pour que leurs rêves, leurs désirs deviennent des réalités (que ces révolutions, en tant que rupture, soient des réussites ou non l’histoire peut-être dans 10 ans nous le confirmera, mais on ne peut ignorer que les peuples eux-mêmes se sont donnés la possibilité d’un nouveau départ et que l’année 2011 si c’est l’année de la joie pour les peuples en pleurs, est aussi celle du déracinement de certains baobab).

A tous les martyrs de la liberté, à tous ceux qui sont encore sur le champ de bataille que ce soit sur le plan de la pensée ou des armes, à tous ceux qui dans nos pays de l’Afrique noir refusent la mixture démocratie-dictature, à tous les opprimés et indignés du monde entier, je dédie ce poème.


De ces rats rongeurs
De ces scélérats blagueurs
Ma gorge se serre et se meurs
De rire rageur


A quoi riment leurs raisons,
Ces rois forçats
Qui de leurs forces risibles
Se rient de leur peuple

Peuvent-ils de leur force faiblesse,
Des répressions et des discours de bassesse,
Venir au bout
De leur peuple debout ?

Sont-ils des inactuels cruels
Ces cerveaux sans programmes curieux ?
Portaient-ils en eux, ou un fiel
Ou un troupeau de démons vicieux ?

Contre votre orgueil satanique
Le courroux de la bête Liberté
Se dressera dans les prisons de fierté,
Et vous serrez pris de panique.

Déjà voici que l’étoile de ce jour
Pointe déjà à l’horizon éternel
Où des combattants libres au son des tambours
Effacerons les larmes de *Rachel


*Rachel est une figure biblique, femme de Joseph, elle donnera finalement deux fils Joseph puis Benjamin, dont la naissance lui coûta la vie alors que la famille revient dans le pays de Canaan (Genèse 29). Le tombeau de Rachel, lieu saint du judaïsme, symbolise pour les Juifs la route que les Judéens prirent lors de l’exil de Babylone. La tradition juive enseigne que Rachel pleure pour ses enfants et quand les juifs furent exilés, elle pleura car ils passèrent devant son tombeau sur le chemin de Babylone.

Le prophète Jérémie l’évoque à cet effet : « Une voix retentit dans Rama, une voix plaintive, d’amers sanglots. C’est Rachel qui pleure ses enfants, qui ne veut pas se laisser consoler pour ses fils car ils ne sont plus.
Ainsi parle Adonaï : que ta voix cesse de gémir et tes yeux de pleurer, car il y aura une compensation à tes efforts, parole d’Adonaï, ils reviendront du pays de l’ennemi.
Et il y a de l’espoir pour ton avenir, parole d’Adonaï, tes enfants rentreront dans leur domaine
» Jérémie 31 : 14-16.

Matthieu aussi dans son deuxième chapitre au verset 18 reprend cette figure de Rachel pour exprimer la douleur d’Israël lorsque Hérode fit assassiner les Saints enfants.

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Et Dieu créa la femme...

Le bon Dieu aurait-il fait une faute technologique en créant la femme ? La femme serait-elle une erreur divine ? Dieu aurait-il créé la beauté en la faisant femme ? Dieu aurait-il symbolisé par cette créature tout ce que l’esthétique a de sublime ? Pourquoi dans le jardin d’Eden, la présence de Dieu lui-même, n’a-t-elle pas comblé, suffit, rassasié l’homme ? (Gn2 :20-25). La femme serait-elle le terme sans lequel l’être-homme se saurait être adéquatement défini ? La femme, est-ce un salut divin pour sortir l’être-homme de son angoisse métaphysique, ou une damnation pour l’empêcher de parvenir au sommet de la tour de Babel ?

 

Oh, la femme ! L’Esméralda ! Dis-moi,-toi Victor Hugo, est-ce une créature dont la présence, peut nous dispenser de jeter nos regards vers le ciel ? La femme, serait-elle une synthèse du paradis et de l’enfer ? Oh, mystérieuse créature ! Dis-moi, dis-nous qui tu es ?

 

Ce soir, comme chaque samedi soir, je faisais mes promenades sur les avenues les plus chaudes de la capitale togolaise, Lomé la belle, la coquette, quand entrainés par ce que je voyais, mes esprits s’envolèrent en enjambant les ennéades de Plotin, se détournèrent des vérités bibliques sur la création où la femme ne serait qu’une côte de l’homme, après les avoir longuement scrutés, et se jetèrent dans une contemplation métaphysique, espérant saisir dans un effort aristotélicien les essences des choses et surtout celle de la femme : qu’est-ce que la femme ?

 

En me posant ce soir ces questions, peut-être et certainement que mon esprit a dû vaciller par tout ce qu’il a vu. Et ne m’en voulez pas si parmi tout ce qu’il y a de beau sur ces avenues, tout ce que j’ai vu c’est la femme, parce que ce qu’il y a à voir n’est que femme. A Lomé, tu n’aurais rien vu si tu n’a pas vu la femme. Rien ne peut réjouir la vue que la femme, la demoiselle Loméenne, dans sa version non-marié et libre. Je vous l’avoue, elles incarnent la beauté. A Lomé, la beauté s’est faite femme ou mieux la beauté est femme !

 

Je ne sais pas s’il y a de nos jour une usine qui les produits en série, mais la nouvelle génération des filles que je croise à Lomé présente une morphologie hautement améliorée. Peut-être que les théoriciens de l’évolutionnismepourront nous donner des indices scientifiques. Ben, en attendant, je vois ce que je vois !

 

De plus en plus, ces jeunes filles parce que d’une beauté insolente sont l’une des causes du déséquilibre des repères moraux et dogmatiques, mettant dans l’embarras les chrétiens fervents qui n’ont droits qu’à une seule d’entre elles devant l’autel du bon Dieu.

Des cheveux aux chevilles, c’est Aphrodite elle-même qui se dévoile à vous. Le tour des hanches est parfais, le devant et le derrière vous atomisent.

 

Elles sont saintes et diaboliques. Elles sont plus que ça ! N’ont-elles pas fait perdre la tête même aux anges ? La dernière tentation de Jésus pouvait être aussi bien elles ! Dominique Strauss-Kahn, lui-même n’a-t-il pas préféré au fauteuil présidentiel, la femme ?

 

Ce soir-là, en rentrant à la maison, j’ai bien compris que la femme, la demoiselle Loméenne pourrait être aussi bien une cause majeure des accidents de la circulation. Elles sont les centres focaux de tous les regards, de toutes les attentions. Ne me le reprochez pas, ce soir je les ai bien regardés, j’ai bien rincé les yeux comme on le dit chez nous ici.

Mais je n’étais pas le seul. J’ai même remarqué que certains hommes bien qu’étant accompagnés, ne manquaient pas de jeter des regards furtifs au dessus des épaules de leurs conjointes, tandis que ces dernières croyaient que leurs maris craquaient pour leurs yeux révolvers.

 

Ce soir, j’aurais bien aimé rentré chez moi avec une de ces créatures qui mettaient en mouvements tous les pantalons et en feu tous vos sens. Mais un exercice rapide de calcul mental m’en a dissuadé. La raison, elle est toute simple : ces filles canons, croquantes, éblouissantes sont chères, trop chères !

S’il est vrai que j’ai été éblouit par leur beauté, je n’ai pas du tout, par contre, été aveuglé par le coût des apparats qui les rendaient déstabilisantes. Il suffit de humer leurs parfums pour savoir que c’est de la haute classe ! La femme Loméenne, cette jeune fille, ce n’est pas pour les pauvres. L’amour n’a plus rien à voir avec Roméo et Juliette.

 

• La jeune fille : une entreprise chère et périlleuse

 

La jeune fille Loméenne, si elle est toute belle, toute provocante, elle est surtout un besoin, donc une dépense. Comme je vous le disais, j’ai bien voulu rentré à la maison avec une de ces diablesses angéliques, lorsque j’ai eu le bon réflexe mathématique et économiste : est-ce un projet que mes revenues financières peuvent supporter ? Si je l’entame, pourrais-je arrivé au bout de cette aventure sans y laisser des plumes ? Puis-je supporter la femme si elle se définit comme une dépense à supporter par son conjoint ?

 

Je ne suis pas arrivé au bout de mes calculs, car le premier élément, le parfum, que j’ai évalué, dépasse déjà d’un quart mes revenues. Et dire qu’il y a les mèches, les rouges à lèvres, les chaussures, les savons, les colliers, les bijoux…..l’inventaire est sans doute kilométrique !

 

Conclusion : c’est une entreprise trop chère et périlleuse pour ma pauvre bourse.

 

 

•Ce que « ce soir-là » m’a enseigné

 

Ce soir-là, j’étais rentré chez moi heureux d’avoir rassasié mes yeux de cette beauté togolaise, mais contrit que cette beauté ne peut se dissoudre dans mon lit pour la simple raison que je ne suis pas riche, je ne suis pas capable de payer la femme.

 

J’étais rentré jaloux contre ces gros messieurs qui chaque soir garaient leurs gros cylindres aux coins des rues pour nous arracher nos filles qui ne sont pas de leur âge. Elles sont jeunes et doivent être prioritairement être aux jeunes ! Pas aux vieux !

 

J’étais rentré dans ma cabane très en colère ; en colère contre les mouvements féministes qui, il me semble, ne s’attaquent pas aussi aux problèmes du coût de la femme. Comment peut-on me parler de la parité entre homme et femme, si cette dernière a été achetée ?

Ici, la femme, elle-même se considère comme une marchandise rarissime et agit comme telle. Aussi élève-t-elle les enchères pour se donner au plus offrant. Je veux bien que mes sœurs, dont j’apprécie la beauté et le grand soin apporté à leurs corps, soient les plus belles du monde, mais je préfère que leur beauté ne soit pas un gouffre pour les économies des hommes.

 

Dès lors, elles pourront recouvrir leur dignité d’être-femme, réclamé leurs droits légitimement aux cotés des êtres-hommes. Tant qu’elles même se considéreront comme étant des objets, tant que les hommes aussi croiront qu’elles doivent leur servir d’enjoliveur pour apparaître en public, le rêve féministe ne pourrait se réalisé qu’à la saint-glinglin.

 

Le féminisme à Lomé doit d’abord commencer avec une prise de conscience de ces jeunes femmes, futures cadres de nos républiques et faire du travail la nécessaire condition de leur émancipation vis-à-vis des mentalités phallocratiques.

 

Ce soir-là, j’ai compris que le combat féministe est une très bonne chose, car si toutes, elles étaient mordues par les idéaux féministes, j’aurai pu rentrer chez moi avec une d’entre elles qui ne me dira pas : « je t’aime mon cœur » en pensant à ma poche !

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  En optant pour ce titre, qui d’ailleurs n’est pas de moi, d’une part je ne prétends aucunement livrer ou faire découvrir à des esprits superstitieux envers les coutumes et pratiques africaines, un certain secret culinaire féminin exotique, une sorte de potion érotique destinée au bonheur d’un mari.

D’autre part je ne prétends enseigner des recettes à des femmes soucieuses de garder pour elle seules leurs époux ou en mal de stabilité conjugale.

Même si c’est le cas, Calixthe Beyala l’aurait déjà fait. Car l’intitulé de cet article Comment cuisiner son mari à l’africaine ?, est le titre d’un roman de cet auteur Camerounaise dont je vous présente une lecture( Vous pouvez achetez ce livre en ligne à travers ces liens: Amazon, Evene ou Librairie le Divan).

Ce roman semble contribué à la résolution d’une préoccupation peut-être première sur l’échelle des difficultés des femmes : Comment garder son mari ou en amont comment arracher à une rivale un homme ?

Pour y arriver, Calixthe Beyala ne passe pas par quatre chemins. Pour elle, la gestion de la satisfaction sexuelle est l’une des clés fondamentales pour résoudre cette équation.

Aïssatou, personnage principale du roman qui se définissait comme « une négresse blanche » Beyala C. (2000 :21), revient d’une amère déception.

Malgré toutes ses forces pour s’incarner dans l’idée de la beauté blanche, Aïssatou n’a pas connu l’amour dans les délices de ses profondeurs. Après avoir « tenter de plaire aux hommes blancs », « forcer la volonté des pantalons à livrer combat pour l’admirer » en brimant son corps, garder « les fesses plates », « ne pas avoir de seins » p12, ne voit pas pour autant ses objectifs atteints :

    Mais plus tard, lorsque mes amants fracassent mes espoirs sur le pare-brise de leurs voitures, parce qu’il est de l’amour comme du temps, ça va, ça vient, mon visage se déforme et un faisceau de haine jaillit de mes lèvres : « Salaud ! » Je tremble de colère. Ce n’est plus un homme que j’aime, mais le diable haut cornu avec sa queue, ses sabots et ses griffes de léopard. pp13-14

Mais pour échapper à ce cycle d’éternel retour espoir-désespoir qui conditionne l’amour des amants, et voyant l’impuissance des critères de la beauté blanche, il n’y a pour Aïssatou qu’une solution : « Revenir aux racines » p12

Ce retour aux racines, pour chercher un remède dans le cas présent, se résume en trois questions simples que la mère d’Aïssatou lui aurait demandées :

« – L’as-tu satisfait sur le plan sexuel ?….
- As-tu bien tenu ta maison ?…
-Lui as-tu préparé des bons petits plats ? » p14

Voilà donc de petites questions qui mettent côte à côte le sexe et la cuisine semblable à deux béquilles pour la stabilité et la pérennité d’un amour entre deux personnes.

Ce titre : Comment cuisiner son mari à l’africaine ?, devrait donc beaucoup plus s’entendre par : comment cuisiner à son mari pour réveiller sa libido au maximum tout en cuisinant son cœur pour ne battre uniquement pour soi.

La première démarche d’Aïssatou qui veut emprisonner Mr Bolobolo dans son cœur, fut d’aller rendre une petite visite au professeur Gambi, le marabout de la ville. N’est-ce pas qu’ « une africaine sans marabout est comme un navigateur sans boussole » ? p43

La « marabouterie » comme service spirituel porte les marques du divin où le miracle et la victoire sur le temps font office de l’ordinaire : « Retour dans 24 heures du Bien-aimé Affection immédiate. Fidélité à l’infini- Satisfaction sur le champ ou remboursé » p45

Mais suite à la visite d’Aïssatou, la divination du professeur-marabout Gambi semble beaucoup plus réaliste :

-Veux-tu savoir pourquoi tu n’es pas « amoureusable » ? p48
-T’es trop maigre en voulant te tailler sur la mesure de la beauté du pantalon blanc. Car « les culs plats ne plaisent pas aux hommes » p49 et
-Parce que vous les filles d’aujourd’hui, vous ne savez même pas cuisiner
Voilà donc deux bonnes raisons qui en sens contraire, ont permis à Maïmouna, la femme du marabout-professeur Gambi de rester la tête froide face à « ces gonzesses rentrant-venant, prétextant des soins » p49 chez son mari.

Savoir cuisiner, c’est donc savoir arracher un mari et le garder pour soi.

Le retour aux racines pour Aïssatou qui vit dans le pays des Blancs, sera de retrouver l’art de la cuisine africaine.

Un art qui réunit les mets les plus aphrodisiaques, que Beyala, entre deux chapitres de son roman, nous livre les secrets des recettes:

Des mets d’une puissance aphrodisiaque égale principalement à la métaphore des viandes qui les composent :

de Ngombo queue de bœuf (p84), au crocodile à la sauce tchobi, en passant par l’Antilope fumée aux pistaches sans oublier le Boa en feuilles de bananier (p101) ou encore le Porc-épic aux noix de mangues sauvages (p141).

Le jus de gingembre tient dans cette panoplie de recettes la dernière place non comme la moins importante des recettes, mais pour l’unanimité qu’on lui reconnaît en matière de dopage sexuel : « le jus de gingembre permet aux femmes de sonder les folies des hommes et d’exalter leur sauvagerie » p70

Pour Aïssatou, qui voulait à tout prix faire sienne au détriment de Bijou, la pauvre Blanche, amante du négrion Bolobolo, la voie est toute trouvée : cuisiner à l’africaine à Mr Bolobolo tout en le cuisinant pour une destination la plus attendu des femmes y compris les féministes : le mariage : « Il arrive toujours un moment dans la vie d’une femme où elle doit aimer le mariage plus que l’époux » p126

Quand Aïssatou dresse sa table, rien ne manque : « …il y a la salière, le poivrier, la porte cure-dents et même les bougies, tout ce qu’il faut pour éveiller l’appétit et dresser le bangala à midi pile » p119

Cette jeune femme qui se préoccupe beaucoup plus de son droit de sentir la verge de son amant entre ses jambes que les tergiversations non moins importantes, mais bavarde trop bavarde des féministes, n’a qu’un rêve : « je sens son odeur douce et suave entre mes cuisses qui se mêlent aux senteurs du porc-épic, aux mangues sauvages et du citron vert » p136

Décidé à arracher le sieur Bolobolo, ce qu’elle réussira d’ailleurs, Aïssatou déborde de détermination que de conviction commune à toutes les femmes à ces moments critiques où leur existence ne se joue que sur un « oui » d’un homme :

J’en ferai un amant à défaut d’un mari, me dis-je. Je vais le cuisiner dans une daurade aux piments rouges jusqu’à ce qu’il devienne mou de dedans, moelleux et fondant comme un chocolat au soleil, qu’il en perde le sens ! Qu’il éjacule ! Qu’il crève ! J’ai une illumination soudaine : comment cuisiner son mari à l’africaine sans perdre son âme ? p64

Mais au fil de son expérience de vie amoureuse fait de déboire et d’infidélité de Mr. Bolobolo qui courait toujours les plus belles filles, Aïssatou semble avoir trouvé un principe de juste milieu :
« Il y a des difficultés dans la vie que le meilleur porc-épic aux noix de mangues ne saurait aplanir » p140

Tel est le fil de lecture qui à tenu en haleine ma curiosité du début à la fin de ce roman.

Toutefois s’il est bon et même recommandable que les couples trouvent les moyens pour stabiliser et pérenniser leur union, il n’est pas aussi négligeable de se souvenir que « l’amour ne se place pas entre les jambes » ou encore que « l’amour ne se mesure pas à quelques soupirs au lit pendant cinq minutes » Kieslowiski K. Piesewicz K (1991 :259)

Bibliographie :
(N.B : J’ai adopté à une référence bibliographique simple dans le texte vu que le roman Comment cuisiner son mari à l’africaine, est presque le seul roman sur lequel porte cet article. Cet article se trouve aussi sur mon blog Togocouleurs. Vous trouverez également sur ce blog plein d'autres articles sur divers sujet.)

Beyala Calixte, Comment cuisiner son mari à l’africaine ?, Paris, Editions Albin Michel S.A., 2000, p 157

Kieslowiski K. Piesewicz K., Le décalogue, récits, trad. du polonais par Malgorzata Smortag et Beata Canes-Boussard, Paris, Editions Ballan, 1991, p334 (achat en ligne de ce li
vre sur fnac.com)
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L'un de mes exercices spirituels de prédilection est la contemplation de la voûte céleste. Rassurez-vous je ne suis pas un mage ni un astrophysicien. Pour moi c'est un spectacle ineffable que de contempler le ciel criblé d'étoiles en des périodes de pleine lune.


•   Une vision nostalgique

Hier soir, je m'adonnais à cet exercice, plongé dans l'extase que m'offrait le clair de lune, quand je fus entrainé comme dans un songe par des souvenirs d'enfance faits de contes, de chants, de danses et de jeux.
Ces souvenirs ont surgi dans mon présent éphémère et fugace en cet instant où le ciel, drapé dans son manteau étoilé, ne présentait aucune usure du temps. C'était un tableau d’éternelle jeunesse que je contemplais. Ce ciel plus brillant que lorsque j'avais 5 ans, créait en moi un paradoxe de sentiment de joie insaisissable et d'angoisse nostalgique.

•    Lomé à l’époque

Je suis de la promotion des nouveau-nés des années 80. Je suis né à la capitale Lomé. Mais la Lomé de mon enfance avec celle d'aujourd'hui n'ont rien de parallèle.

Lomé, la capitale du Togo, la grande ville de mon enfance, n'était en réalité qu'un gros village.

L'électricité était rare sinon rarissime. La télévision  n'était pas à la portée de toutes les familles. Un poste téléviseur est souvent dévoré par des dizaines de pairs yeux venant d'un peu partout du quartier. Il n'y a d'ailleurs qu'un seul office de télévision (la télévision togolaise TVT) et une seule radio (la radio Lomé).
La communication était donc un luxe et s'était pour les riches gros ventres du quartier qui ne s'empêchaient de faire de leurs postes téléviseurs des appâts pour les jeunes filles.

Du coup nos grands moments et les plus fréquents de divertissement ne se faisaient pas les yeux plongés, le soir, dans l'écran de télévision. Nos divertissements étaient bien ailleurs et bien meublés.


•    Ces soirées de contes

Les soirs, pendant les clairs de lune, après le diner, nous nous réunissons autour  de Nagan, la vielle de notre maison (ici nous étions dans une maison de location). Les uns se regroupant par genre ou par affinité. Les autres comme moi plus petits, blottis contre nos mamans, la tête posée sur leurs genoux pour mieux s'y accrocher lorsque comme il arrive trop souvent, l'histoire contée comportait des génies de la brousse dont on avait tellement peur.

La plupart de ces récits sont des fables où interviennent des animaux: le lion incarnant la force et parfois l'injustice, le lièvre la ruse, la tortue la patience ou la prudence... Ces récits ouvraient nos yeux d'enfants sur des mondes féeriques où tout est enchanté mais aussi parfois dramatique: les animaux qui parlent entre eux, avec les humains; des objets inanimés, la lune, la pierre... qui ont la parole; la forêt, la mer, les fleuves qui à travers ces récits nous livrent leurs secrets, leurs habitants: des génies, des dieux, des déesses qui souvent incarnent la justice.

Ces trésors de savoirs enfouis en moi, m'ont très tôt rapproché des fables de la Fontaine, qui pour moi n'étaient qu'un recueil des fables de mon village.


•    Ces soirées, une vraie école

Ces récits où le fabuleux se mêle au vraisemblable est une véritable école de cosmogonie et de morale.
L'aspect cosmogonique de ces récits tout en nous initiant au mystère des éléments de la nature, avait le mérite de satisfaire les nombreuses questions que nos parents n'arrivaient pas à répondre.
Lors de ses soirées de contes, de chants et de danse, le conteur ou le fabuliste avait un but aussi didactique. Ces soirées étaient une école informelle qui nous préparait indirectement à la vie sociale et à son intégration.

Nous pouvons donc affirmer avec Louis-Vincent Thomas et Réné Luneau dans La terre africaine et ses religions, que ces moments de contes représentaient bien un système éducatif "dont le but évident est d'unifier puis de ren-forcer le moi tout en l'aidant à se situer dans l'univers cosmique et le monde social" (THOMAS Louis-Vincent, LUNEAU René, 1986:40).


Un autre aspect de ces récits ou bien du conteur que je veux bien souligner est la force de l'oralité.
La force de la parole rythmée, mesurée et prononcée; cette parole qui servait de canal au récit est en soi l'élément rhétorique qui catalysait nos attentions et nous laissait sur notre soif.


•    Ces souvenirs emportés par le vent de la modernité

En somme j'ai essayé avec des mots qui sont loin des images de ma contemplation, de vous rendre compte de ce qui créait en moi un sentiment de joie insaisissable et d'angoisse nostalgique.

Après la disparition de cette vision nostalgique, il ne me restait qu'une angoisse sidérante.

Cette vision a en effet disparu avec son contenu. J'ai cherché en vain si dans ma société actuelle, pareil moments se vivaient encore, si ces joies d'écouter le soir au clair de lune des histoires racontées par des vielles édentées étaient encore la prédilection de la nouvelle génération d'enfants.

Mais hélas! Qu'est-ce que je vois? Des vieillards aux bébés, ils sont à la télé, plongeant leur nez et âme dans l'écran. Qu'est-ce que je vois? Des enfants prenants d'assauts les clubs de jeux vidéo.

Ont-ils tort? Ont-ils raison? On me dit :"mais ne vois-tu pas que le monde évolue, que les choses changent, que nous aussi Africains, sommes dans la modernité, qu'il nous faut bien s'insérer dans l'Histoire pour éviter les coups de gueule d'un Sarkozy!!!".

Ah, oui je vois, je comprends. Mais mon angoisse, ma nostalgie, mon amertume amère reste bien vivace tant que ces souvenirs saisissants de mon enfance resteront dans mon cœur.

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