Publications de Blanchard Alice (15)

Les pelleteuses de la peur

Il y a quelques temps, on a vu surgir des agents municipaux dans les quartiers de Pointe-Noire pour avertir et apposer des croix sur les espaces ayant dépassé les limites conformes au plan de la ville. Les autorités veulent certes faire régner l’ordre, mais cela ne participe pas à créer un climat serein lorsque les populations ont l’impression de subir une injustice.De passage à Nkouikou, un quartier de Pointe-Noire, j’ai pu faire ces photos qui montrent les pelleteuses en action, mais aussi une terrasse de nganda (bar public) complètement démolie. De nombreux curieux et des victimes assistaient impuissants face à cette opération musclée de la municipalité.Marina tenait un salon de coiffure sur la grande avenue qui traverse de ce quartier, elle a juste eu le temps de sortir son matériel, aidée par ses apprenties. Elle n’a pas voulue s’exprimer lorsque je lui ai demandé comment elle se sentait. Mais je pouvais lire sur son visage la tristesse de voir, en quelques minutes détruire, ce lieu de travail. Elle m’a simplement fait comprendre que la prochaine fois, elle ferait attention pour ne pas implanter son salon n’importe où.Charlie vient de la République Démocratique du Congo (RDC), plus bavard que Marina, il n’a pas hésité à exprimer sa colère. Pour lui, les autorités ne sont pas solidaires des personnes qui essaient de travailler pour ne pas aller voler ou arnaquer d’autres. Il était amer puisque cela faisait trois ans qu’il tenait un petit atelier de mécanique automobile. Pour lui, « c’est trois ans de sacrifices pour fidéliser une clientèle. Il faut désormais aller tout recommencer ailleurs ». Mais confiant, il espère trouver un autre endroit dans le même coin.Ces réactions illustrent bien le fait que la population n’a pas compris le bien fondé de cette opération démolition des espaces en cause. Et c’est là qu’une faille s’est introduite dans une action pourtant justifiée, puisque nul n’est au dessus de la loi et celle-ci doit être respectée par tous les citoyens. On ne peut pas construire n’importe où, ni n’importe comment.Or la municipalité de Pointe-Noire a laissé les gens, durant de longues années, s’installer dans l’illégalité sans réagir ; elle a même construit des routes en tolérant ces infractions. La population a toujours vécu là les unes sachant qu’elles étaient en faute, les autres qui sont venues après croyant qu’elles pouvaient installer leurs terrasses en toute quiétude.De plus, les autorités municipales ont manqué d’aller à la rencontre des populations en organisant des sortes de sensibilisation afin de dialoguer, question de leur faire comprendre pourquoi elles avaient décidé d’agir de manière ferme. Ce travail à la base manquant, les populations ont l’impression de subir une sorte de dictature, alors que la municipalité ne fait que son travail. Une population qui n’est jamais consultée, rencontrée, aura toujours tendance à se désintéresser de ce qui le concerne et à subir les décisions prises depuis le haut sommet.Curieusement, pour l’instant, ne sont touchées par ces pelleteuses en furie que certains quartiers populaires. Au centre ville, on voit toujours ces terrasses qui dépassent les bornes, mais aucune croix, ni aucune pelleteuse n’a encore fait son apparition. On fait confiance à la mairie qui doit poursuivre son opération. A suivre donc.

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Les pelleteuses de la peur

Il y a quelques temps, on a vu surgir des agents municipaux dans les quartiers de Pointe-Noire pour avertir et apposer des croix sur les espaces ayant dépassé les limites conformes au plan de la ville. Les autorités veulent certes faire régner l’ordre, mais cela ne participe pas à créer un climat serein lorsque les populations ont l’impression de subir une injustice.De passage à Nkouikou, un quartier de Pointe-Noire, j’ai pu faire ces photos qui montrent les pelleteuses en action, mais aussi une terrasse de nganda (bar public) complètement démolie. De nombreux curieux et des victimes assistaient impuissants face à cette opération musclée de la municipalité.Marina tenait un salon de coiffure sur la grande avenue qui traverse de ce quartier, elle a juste eu le temps de sortir son matériel, aidée par ses apprenties. Elle n’a pas voulue s’exprimer lorsque je lui ai demandé comment elle se sentait. Mais je pouvais lire sur son visage la tristesse de voir, en quelques minutes détruire, ce lieu de travail. Elle m’a simplement fait comprendre que la prochaine fois, elle ferait attention pour ne pas implanter son salon n’importe où.Charlie vient de la République Démocratique du Congo (RDC), plus bavard que Marina, il n’a pas hésité à exprimer sa colère. Pour lui, les autorités ne sont pas solidaires des personnes qui essaient de travailler pour ne pas aller voler ou arnaquer d’autres. Il était amer puisque cela faisait trois ans qu’il tenait un petit atelier de mécanique automobile. Pour lui, « c’est trois ans de sacrifices pour fidéliser une clientèle. Il faut désormais aller tout recommencer ailleurs ». Mais confiant, il espère trouver un autre endroit dans le même coin.Ces réactions illustrent bien le fait que la population n’a pas compris le bien fondé de cette opération démolition des espaces en cause. Et c’est là qu’une faille s’est introduite dans une action pourtant justifiée, puisque nul n’est au dessus de la loi et celle-ci doit être respectée par tous les citoyens. On ne peut pas construire n’importe où, ni n’importe comment.Or la municipalité de Pointe-Noire a laissé les gens, durant de longues années, s’installer dans l’illégalité sans réagir ; elle a même construit des routes en tolérant ces infractions. La population a toujours vécu là les unes sachant qu’elles étaient en faute, les autres qui sont venues après croyant qu’elles pouvaient installer leurs terrasses en toute quiétude.De plus, les autorités municipales ont manqué d’aller à la rencontre des populations en organisant des sortes de sensibilisation afin de dialoguer, question de leur faire comprendre pourquoi elles avaient décidé d’agir de manière ferme. Ce travail à la base manquant, les populations ont l’impression de subir une sorte de dictature, alors que la municipalité ne fait que son travail. Une population qui n’est jamais consultée, rencontrée, aura toujours tendance à se désintéresser de ce qui le concerne et à subir les décisions prises depuis le haut sommet.Curieusement, pour l’instant, ne sont touchées par ces pelleteuses en furie que certains quartiers populaires. Au centre ville, on voit toujours ces terrasses qui dépassent les bornes, mais aucune croix, ni aucune pelleteuse n’a encore fait son apparition. On fait confiance à la mairie qui doit poursuivre son opération. A suivre donc.

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Je vous pollue et je m’en fous

Regardez ces images, c’est possible que vous ne compreniez pas où je veux encore en venir. En fait elles illustrent la sortie de la fumée provenant d’un groupe électrogène de mon voisin d’en face. Son groupe tourne toute la journée et une bonne partie de la nuit. Cette pauvre plante est la première victime de cette pollution aussi bien atmosphérique que sonore.Ceci veut donc dire qu’à longueur de journées, nous sommes obligés de supporter aussi bien le bruit qui sort de cette machine, mais aussi la fumée. En effet, notre voisin qui visiblement ne doit pas acheter le carburant qui aliment son groupe électrogène, puisqu’il fait partie de ces pétroliers (agents de sociétés pétrolières du pays) vivant parmi nous ; peut se permettre de produire son courant et de se passer de l’électricité devenue tellement rare par ici à cause de nombreux délestage de courant.Là où ça devient moins marrant dans l’affaire c’est le fait que mon voisin a pris le soin de mettre un tuyau d’évacuation de la fumée de son moteur en le dirigeant vers l’extérieur. Il a dû se dire que c’était mieux ainsi pour lui épargner, ainsi qu’à sa famille l’absorption continuelle de cette fumée polluante. Et c’est là que je trouve un tel comportement scandaleux. Pourtant, personne par ici ne se permettra d’aller le faire remarquer à ce voisin avec son mur de dix mètres. Nous respirons chaque jour sa fumée et supportons son bruit en toute résignation.Mais ce que mon voisin a oublié, c’est le fait, que l’air qu’on respire est le même pour tous. Il a beau diriger son tuyau d’évacuation à l’extérieur, il subit d’une manière ou d’une autre les conséquences de cette pollution qu’il produit. Et c’est là que se pose le problème, sommes nous conscients de vivre dans la même planète que les autres, malgré le standing de vie qui est le nôtre ? Apparemment non.Pour mieux me stresser, je regarde souvent cette plante pour savoir à quel niveau de pollution je suis et les effets potentiels sur mon organisme. Ici, aucun laboratoire ne pourra me le dire.

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Transports en commun, musiques en commun

C’est ainsi que je qualifie cette cacophonie que je subis chaque jour dans nos transports en commun ici à Pointe-Noire. Il suffit de monter dans un bus pour remarquer que notre entrée dans l’air du mp3 et compagnie ne nous fait pas que du bien. Enfin, c’est mon avis.Comme beaucoup de personnes, j’adore écouter un morceau de musique ou une radio lorsque je marche ou monte dans un bus. Mais ce que je supporte moins c’est le fait que mes voisins de bus, qui ont aussi le droit d’écouter ce qu’ils veulent, mettent leur son sur haut parleur.Ainsi, il y a quelques jours, ce que je redoutais est arrivé. Nous étions 16 personnes dans ce bus, le chauffeur et son contrôleur compris, obligés d’écouter trois à quatre musiques différentes sur haut parleur. Imaginez ce que cela peut donner dans un mini-bus.J’étais au bord des nerfs, mais je n’ai pas pu exprimer mon agacement, puisque, j’ai entendu quelques uns de mes voisins fredonner l’une ou l’autre chanson. Du coup, je me suis demandée si je n’étais pas tout simplement bizarre. Ce qui me dérangeait avait l’impression de ne poser de problème à personne.
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Dadis Camara : l’aveu qui tue.

Voilà un militaire qui a pris le pouvoir en Guinée Conakry. Il a affirmé en arrivant au pouvoir qu’il souhaitait le changement pour ce pays. Il a promis que le moment venu il partirait et laisserait le pouvoir aux civils. Mais maintenant, il caresse l’idée de rester au pouvoir et de se présenter aux prochaines élections présidentielles. Certainement que pour lui aussi le téléphone directe avec Dieu a fonctionné et il l’a investit Président de droit divin sans le consentement des guinéens.Le plus gros dans cette affaire c’est que notre bonhomme aux treillis veut diriger un pays en avouant dans les médias qu’il ne peut pas contrôler l’armée. Une armée dans laquelle même les subalternes n’obéissent pas aux supérieurs.Mon Dieu, quelle horreur ! Un putschiste qui ne peut pas maîtriser les siens au point que ceux-ci ne savent même plus se contrôler lorsqu’ils se trouvent devant des manifestants sans armes. Ils tirent à balles réelles et tuent des centaines de personnes. En plus de cela, ils se déshabillent en public pour violer des femmes.Mais alors, comment peut-on confier la destinée de tout un peuple entre les mains d’un personnage qui avoue à la face du monde qu’il est incapable de se faire obéir ? Allez-y savoir. Ainsi va notre Afrique avec ses éternelles aberrations.Dadis Camarade, on a compris. Tu n’es pas l’homme du moment, retires-toi et laisse les guinéens se débrouiller tous seuls. Ils peuvent s’en sortir
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En séjour à Dakar depuis quelques semaines, j’en ai profité pour me rendre à la cérémonie commémorant le naufrage du Joola qui a eu lieu le 22 septembre 2002 (près de 2000 morts et seulement 64 rescapés)."La place du Souvenir" a vu la présence des familles des disparus, des officiels, des religieux, des journalistes et d’autres personnes venues témoigner leur soutien aux familles des victimes.Je vais me passer de tout le tralala qui accompagne ce genre de cérémonie et me contenter de vous partager ce que Boubacar Ndieng a bien voulu me raconter. Cela fait 7 ans qu’il a perdu son épouse dans cet accident. Il est jeune, il parle calmement, mais je peux percevoir à travers ses propos et sa voix, la douleur qui habite toujours son cœur et les nombreuses questions restées sans réponses, depuis.« Je n’arrive toujours pas à m’expliquer ce qui s’est passé. J’ai toujours soif de vérité. Je me dis juste qu’il y a eu des négligences et un manque de secours. J’ai pourtant lu des rapports relatant ce qui a pu se passer, mais je reste sur ma faim. J’ai soif de justice. Il ne suffit pas d’indemniser les gens pour leur dire après que c’est fini. Il y a certes l’indemnisation, mais il faut en plus la prise en charge des personnes. Or dans ce qui a été fait, cette prise en charge est nulle. Il y a des orphelins qui attendent toujours cette prise en charge. La justice de notre pays ne veut ouvrir aucun dossier, ni châtier les coupables. C’est ainsi que s’il le faut, nous allons recourir à une justice internationale. Si notre pays nous refuse la justice, on sera obligés d’accueillir ceux qui peuvent nous offrir une justice en dehors du Sénégal.On nous a fait signer des papiers qui attestaient que si on acceptait l’indemnisation, il nous fallait renoncer aux poursuites contre l’Etat sénégalais. Lui à son tour se chargerait de poursuivre les coupables. Mais depuis, rien ne s’est fait ».

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Roger de Diesbach: salut héro !!!

Roger de Diesbach, grand journaliste, réputé pour sa plume sans concessions, mais toujours ajustée à chaque situation nous a quitté. Je voudrais ici lui rendre hommage et témoigner aux siens ma reconnaissance pour tout ce qu’il a fait pour le journalisme et pour moi particulièrement.Au moment où j’écris ces mots, je me demande si je vais être capable de traduire ce que j’ai retenu de cet homme. Ma douleur est tellement grande de ne pas pouvoir être à Fribourg maintenant pour lui rendre un vibrant hommage et dire à toute sa famille mon attachement.Roger est un homme d’exception. Tous ceux qui l’ont approché savent qu’il avait le chic d’être très paternaliste. J’ai eu la joie de l’entendre souvent m’appeler “ma fille”. Ce qui ne pouvait que me flatter, tant j’ai été accueillie dans leur maison, comme si je me trouvais dans celle de mes propres parents. Roger aimait la vie et savait faire la fête, en buvant un bon vin.Un autre cadeau que Roger m’a fait est celui de me partager sa passion pour le journalisme. Il m’a accordé la chance de passer mon premier stage de journalisme dans un “temple” « La Liberté » de Fribourg. Le dire peut être considéré comme une faveur qui m’était réservée. Non, dans ce journal plusieurs étudiants ont eu leur chance et c’est la politique de la maison.Grâce à sa générosité, sa simplicité, son ouverture, mais aussi sa rigueur et sa capacité à être exigeant, il m’a communiqué les règles de ce métier. Il me disait souvent “en plus du professionnalisme, il faut de la chance pour faire du journalisme”. La chance de tomber sur ce qui est opportun, la cerise sur le gâteau de l’information, quoi.Roger détenait le secret pour se mettre au même diapason que ses interlocuteurs. Dans la demeure où il vivait avec sa femme et ses enfants, j’ai vu passer des personnes aussi différentes que cela traduisait bien la grandeur de son cœur et un profond respect pour l’humain, quel qu’il soit.Je voudrais ici partager cette interview qu’il m’a accordée pour le compte du Magazine congolais « Avant Garde» (voir la rubrique “Portrait”). Je tremblais à l’idée de devoir faire cet exercice devant un grand journaliste et de ce fait, étaler toutes mes lacunes. Mais j’ai passé mon examen avec brio et je me vante de n’avoir pas perdu trop de plumes. Ce fut en définitive, une fierté d’avoir obtenu un entretien où il s’adresse à ses confrères d’Afrique, un Continent qu’il connaît et où il a de nombreux amis.Roger, tu es parti, mais tu resteras vivant dans ma mémoire et à travers mon engagement en tant que journaliste, aujourd’hui, dans mon pays. Merci !!!« Informer sur l’Afrique comme on informe ici »Roger de Diesbach vient de publier aux éditions Slatkine (Genève) un ouvrage intitulé « Presse futile, presse inutile. Plaidoyer pour le journalisme ». Ce célèbre journaliste suisse s’est toujours fait remarquer grâce à son goût particulier pour un journalisme de qualité. Il a travaillé pour l’Agence Télégraphique suisse (ATS), La tribune de Genève, Le Journal de Genève, Gazette de Lausanne. Dans la foulée, il a crée le Bureau de Recherche et (BRRI) et conduit comme Rédacteur en chef La Liberté de Fribourg. Depuis 2007, il est journaliste indépendant.Attaché à des valeurs, R. De Diesbach prône un journalisme qui cherche la vérité et s’en prend au journalisme facile et aux éditeurs qui servent au public de la futilité pour mieux se vendre.Ce livre est la preuve de son expérience (35 ans) dans le journalisme de recherche et de ses nombreuses rencontres à travers le monde. Il y fait aussi revisiter la Suisse dans son rôle humanitaire à travers le monde, l’Afrique et une Suisse qui défend des intérêts économiques peu avouables.Qu’est-ce qui est à votre avis inutile et futile pour la presse, le journalisme en général ?Ce qui n’est pas d’intérêt général, genre les fesses de la Comtesse. Qu’il y ait des sourires c’est bien. Mais si la presse n’est constituée que de futilité, cela ne sert à rien. Parce qu’il y a eu une grande crise financière dans les journaux et qu’une partie des éditeurs oublient leur mission d’information pour amuser et distraire. Au lieu de s’adresser à l’intelligence et de chercher la vérité ils s’adressent à l’émotion par des gadgets. On a souvent une presse de larmes et de sexe qui ne rempli plus son rôle.Qu’est-ce qui a motivé l’écriture de ce livre en terme de plaidoyer pour le journalisme ?Différentes raisons :- pour les jeunes journalistes qui devraient apprendre à dire non pour sauvegarder leur propre crédibilité- Pour défendre le journalisme de recherche, d’investigation qui est pour moi un pléonasme.- pour raconter cette Suisse très inconnue sur le plan international et qui a la fâcheuse tendance d’avoir un bras gauche qui sert ses intérêts avec cynisme alors que le bras droit se complait dans l’humanitaire- Pour dire aux éditeurs qui dérapent vers la futilité qu’ils sont en train de brûler leur nid.L’Afrique est un continent que vous connaissez et on le constate dans votre livre. Vous parlez de la RDC, du Rwanda, du Tchad, du Sénégal et d’autres pays encore. Comment ressentez-vous la place qui est réservée à l’Afrique dans les médias, la presse suisse en particulier ?Je pense que ne pas consacrer à l’Afrique la place qu’elle mérite dans l’actualité, le fait de n’avoir pas couvert comme il ne le fallait les massacres épouvantables de la RDCongo a été un manque. Je pense que nous sommes victimes de l’éloignement et de notre propre peur. Pour le reste il faut informer sur l’Afrique comme on informe ici. Si je me méfie du journalisme ring de boxe qui présente le bon d’un côté et le méchant de l’autre, je me méfie tout autant d’un journalisme humanitaire qui voudrait peindre l’Afrique en rose.Et le journalisme tel qu’il est exercé en Afrique comment le sentez-vous ?Je le sens extrêmement difficile et variable d’un pays à l’autre. Mais je rends hommage à tous ces journalistes même les plus modestes qui sont obligés de travailler avec des moyens financiers et techniques lamentables.Que pourraient apporter le journalisme et les journalistes à l’Afrique aujourd’hui ?Il y a un vrai problème financier dans la plupart des pays africains, qu’il n’appartient pas aux états de régler, mais aux citoyens qui devraient comprendre que seule la presse pourrait leur apporter une certaine transparence si nécessaire à la lutte contre la corruption. ça veut pour l’Occident aussi. Je suis convaincu que c’est par la formation qu’on arrivera à faire avancer les pays d’Afrique et notamment la presse, donc la démocratie. Car il est évident que la vie est difficile pour les médias dans des régions où seule une minorité des lecteurs est capable de lire et de comprendre. C’est pour cela que je vois en Afrique une grande chance pour des radios locales indépendantes et responsables.Vous prônez un journalisme basé sur la recherche de l’info, sur l’art d’informer tout court or aujourd’hui tout doit se faire vite et à moindre coût si possible. Si on ajoute le cas de l’Afrique, l’info doit se donner pourvu que le journaliste soit en bon terme avec le pouvoir en place et trouve de quoi se nourrir. Si vous êtes fondateur d’une école de journalisme, sur quoi insisterez-vous pour former de bons journalistes ?Je leur dirai que les journalistes sont inutiles s’ils se contentent d’être des mégaphones des pouvoirs politiques et économiques. Que leur seule force réelle et légitime est celle du témoignage et de la recherche de la vérité.Beaucoup prédisent la mort du journalisme à cause d’Internet des différents sites et blogs, ce qui permet à tout le monde d’écrire et de commenter des infos. Pensez-vous qu’Internet va tuer le vrai journalisme ?Internet est passionnant mais offre une information souvent manipulée, non triée et non vérifiée donc très dangereuse. L’info sur Internet a autant besoin des journalistes professionnels que l’info dans les autres médias. C’est justement le rêve périlleux de certains éditeurs de croire qu’ils pourront informer sans journalistes, ce qui ouvre la porte à tous les dérapages.Qu’est-ce qui durant ces longues années a fait que vous continuez à aimer le journalisme ? Où trouvez-vous le plaisir de continuer ?Je suis toujours enthousiaste par rapport à un métier qui fait des journalistes les agents de transparence de leurs lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs. Si je suis plus critique c’est par rapport à une presse qui abandonnerait son travail et ses critères éthiques pour de l’argent.Que pouvez-vous dire aux jeunes journalistes pour qu’au-delà des exigences du métier, ils trouvent toujours du plaisir à l’exercer ?Il faut que les jeunes journalistes soient convaincus qu’ils tiennent en main le pouvoir de faire changer les choses. Je ne parle pas de leur propre pouvoir, mais du pouvoir d’établir la vérité qui elle seule permet parfois de faire avancer les choses.
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Tous écolos !

De nos jours, pour faire bien, il faut afficher son attachement à l’écologie. Nous essayons tous de montrer à nos semblables que par des engagements aussi petits soient-ils, nous faisons attention à notre environnement. Gare donc à celui qui ne fait aucun effort, il portera la responsabilité d’asphyxier notre planète mère : la terre.Il y a quelques jours, je suis arrivée à Dakar et comme il arrive souvent aux voyageurs distraits d’oublier des choses utiles, j’ai dû vite courir m’acheter ce qui me manquait et commençait à me poser un vrai problème.Je suis allée dans une station service et là, j’ai eu la joie de voir mes achats finir dans un sac en papier, pas en plastique, comme on en voit encore dans certaines villes africaines qui ne veulent pas s’adapter aux nouvelles donnes environnementales. Pour ne plus se retrouver avec des sacs en plastique qui vont finir dans nos décharges à ciel ouvert pour une durée de vie interminable et donner l’image d’une ville crasseuse, certains commencent à faire des efforts. C’est le cas de ce vendeur de carburant dont je dois louer l’initiative.Cependant, lorsque j’ai pris le sac et que j’ai lu ce que vous lisez aussi sur cette photo, j’ai ri jaune. Comment m’expliquer que pour deux petits sacs en papiers, je vais lui accorder la palme du respect de notre environnement lorsque je connais sa principale activité partout dans le monde ?Comme quoi, n’est pas écolo qui le veut et il ne suffit pas non plus de quelque slogan sur un sac à provisions.

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Solidarité ou arnaque familiale ?

Grâce à la solidarité familiale dans de nombreux endroits en Afrique, certains ne manquent de rien puisque d’autres pourvoient. Cependant, cette solidarité est souvent à sens unique, ceux qui donnent un jour, sont priés de donner toujours. Mais eux, ne reçoivent parfois rien, même pas l’attention de leurs protégés. Pire encore, lorsqu’on regarde de près, cette fameuse solidarité prend parfois des allures d’escroquerie bien ficelée par ceux qui savent la manier.Comme nombreux parmi nous le savent, il est de rigueur que celui qui a plus dans nos familles africaines, donne plus à ceux qui ont moins. Mais malheureusement, ceux qui ont la malchance d’être identifiés comme tels connaissent des fois un quotidien très stressant et rempli de solitude. Ils doivent penser à tout le monde, mais personne ne pense à eux. On peut même dire que les autres développent une sorte d’indifférence à leur égard au point où ils sont considérés comme des surhumains qui ne manquent pas d’argent et n’ont aucun souci personnel. Ils doivent rester forts, gentils, en bonne santé pour que les autres aient une belle vie. On pourrait dire sans exagérer que ces "riches" de nos familles sont des sacrifiés.Il y a quelques jours, je découvre Nadine, une dame qui habite le même palier que moi en pleurs. Elle est fatiguée et n’arrive même plus à marcher. Je lui dis bonjour et là comme si elle n’en pouvait plus, elle se met à sangloter. Cela me surprend un peu parce qu’en général c’est une femme très forte et dynamique.Je l’aide à porter les sacs qu’elle avait jusque dans son appartement. Elle me demande de prendre un verre d’eau. Je décline l’offre, mais elle insiste et me demande de m’asseoir un moment pour entendre ce qu’elle avait sur le cœur.Nadine me raconte tous les déboires qu’elle a avec sa famille qui la prend pour la bienfaitrice de tout le monde. Elle habite seule et en ce moment elle est malade. Cependant, personne n’arrive à entendre sa souffrance. Elle essaie de faire comprendre à tout le monde que depuis quelques semaines, elle vient d’apprendre qu’elle est atteinte d’un cancer. Elle est à bout de souffle, elle digère mal cette nouvelle. Mais personne dans sa famille ne l’appelle pour lui demander comment elle va et ce qui va se passer maintenant.Si, une sœur et un neveu l’ont appelé, mais c’était pour lui demander de penser à eux parce que la rentrée des classes va bientôt arriver. En général c’est elle qui s’occupe de ce genre de chose. Elle me raconte à l’occasion que des fois, elle donne de l’argent pour ceci ou cela, afin de soulager les autres parce qu’elle pense avoir plus que les autres. Mais elle sait que certains en profitent bien. Elle pense même qu’il leur arrive d’inventer des besoins, question d’en soutirer un peu plus.Je lui ai demandé pourquoi elle ne s’adressait pas directement à ceux qui en abusaient pour qu’ils arrêtent de la faire souffrir. Elle m’a répondu : « Je ne peux pas le faire parce que je n’en ai pas le courage. J’ai peur que cela soit mal interprété et que les autres pensent que je ne veux pas leur porter secours ».On connaît certainement des tas d’histoires de ce genre, on n’y fait peut-être même plus attention, mais Nadine m’a fait pitié. Je voulais juste vous partager cette histoire, question de faire un petit clin à ceux qui vivent la même situation. Ainsi va parfois la famille africaine ! Cependant, ça m’écoeure quand même de voir qu’une telle situation n’apporte pas que du bonheur dans nos familles qui ont pourtant la réputation d’être des lieux chaleureux.
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Des nouvelles de "L'envers du décor"

Comme vous le savez déjà, mon premier roman est en vente depuis de longs mois. Cependant, depuis un moment, je reçois des messages de déception de la part des personnes qui veulent s'en procurer en librairie ou par d'autres canaux, parce qu'il apparaît comme indisponible sur Internet.En réalité, mon éditeur a sollicité les services d'un autre distributeur CALIBRE et durant la mise en route de ce nouveau partenariat, les livres apparaitront momentanément indisponibles. Malheureusement, "L'envers du décor" aussi.Ainsi, je voudrais rassurer ceux qui voudraient ou qui ont tenté de se procurer mon roman, que ce désagrément est temporaire. Pour vous permettre de l'acheter le plus rapidement possible, je vous conseille de vous rendre à l'adresse suivante et de faire votre commande directement auprès de mon éditeur en indiquant bien vos coordonnées pour l'envoie par la poste. Comme vous le savez déjà certainement, vous pouvez vous le procurer en deux versions (papier et téléchargeable sur Internet)Veuillez nous excuser pour cette gêne causée et je souhaite que d'ici là tout s'arrange. Merci pour votre compréhension et bonne lecture.
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J'ai une peau foncée, mais je déteste

Il y a quelques temps j’ai, au détour de causeries de femmes, entendu une connaissance nous raconter sa mésaventure à l’aéroport de Paris, de retour du bled. Elle serait une victime prise en flagrant délit simplement parce qu’elle était gentille. Elle portait dans ses bagages un colis interdit : des crèmes éclaircissantes.Ma copine Prudence (je me suis d’ailleurs demandée comment avec un tel prénom elle pouvait se laisser prendre dans une affaire de ce genre) rentrait du Congo après ses vacances. Arrivée à l’aéroport de Paris, une banale fouille de bagages révèle qu’elle possède des produits éclaircissants.Comme nous savons bien le faire, Prudence commence à crier, à faire la grande gueule aux douaniers, prétextant que ces produits interdits ne lui appartennaient pas. On les lui aurait remis pour les porter à une compatriote. Ce qui est étonnant c’est le fait qu’elle avait une quantité industrielle de ces crèmes, disséminés un peu partout dans ses bagages.Les douaniers très calmes lui expliquent qu’elle ne peut pas entrer en France avec de tels produits puisqu’ils sont dangereux et interdits depuis longtemps. Petit à petit, Prudence a commencé à baisser d’un ton, au point de ne plus rien dire du tout, puisqu’elle avait fini par comprendre qu’elle était dans de mauvais draps. Elle s’est rendue compte qu’il y a des choses qu’on peut réussir à faire passer dans un aéroport du Congo en payant les “haricots des enfants”. Mais réussir la même chose en France est une autre affaire. Prudence, tente tout, le charme, les pleurs, les supplications, rien n’y fait. Elle est conduite dans un bureau où elle doit faire une déposition et payer les amendes salées qui vont tomber.Je reviens sur cette scène que j’ai entendu relater il y a des mois parce que depuis, je me suis demandée pourquoi, malgré toutes les interdictions, ces saletés continuent à circuler ? En effet, les produits éclaircissants sont interdits de vente et d’utilisation depuis de longues années, mais lorsqu’on observe certaines personnes (hommes et des femmes) on se rend compte que la pratique qui consiste à se décaper la peau pour la rendre plus claire, reste en vigueur dans nos communautés africaines. On peut même dire que depuis, les réseaux clandestins se sont multipliés.Alors, je me suis empressée de rappeler Prudence, puisque même si elle a nié ne pas être concernée par ces crèmes éclaircissantes, en la regardant, on voit bien que sa peau a subit quelques transformations dues à ces crèmes. Je l’ai rappelé pour lui demander pourquoi elle s’enduisait de ces produits dangereux. Elle m’a répondu « non, je ne me décape pas la peau, j’ai une peau claire depuis ma naissance. Je mets un peu de tube (comprener crème éclaircissante) dans mon lait de beauté pour ne pas perdre ma couleur parce qu’entre le calcaire, l’eau de javel qu’il y a dans l’eau ici, je risque de voir ma couleur changer ».Il était difficile que je m’arrête là, j’ai alors posé la même question à un monsieur, oui, certains messieurs le font aussi. Gianni, m’a dit ceci : « Je le fais parce que je n’aime pas avoir une peau trop sombre. Je ne veux pas devenir blanc, c’est juste pour entretenir ma peau. Les blancs, lorsqu’ils vont se bronzer ce n’est pas pour devenir noirs. C’est juste pour ne pas être trop pales ».Il y a d’autres femmes africaines que j’ai interrogé et qui se sont défendues par rapport au soupçon du dénie de couleur de peau qui circule autour de la question. Elles m’ont dit que non, c’est juste une question de choix personnel et d’esthétique. « Les femmes les plus appréciées par nos hommes sont celles qui sont claires de peau, alors il faut se rendre belle pour être choisie ».Nous vivons dans un monde où la liberté s’est érigée en droit, il est donc inutile et déplacé de juger les personnes qui pratiquent ce sport. Cependant, il est quand même important de rappeler que c’est un réel problème de santé publique. C’est pour cela que ceux qui ont pris conscience des dangers de telles pratiques se battent bec et ongles pour lutter contre et ne pas faire la promotion de tels produits.C’est le cas de certaines associations et des personnes qui travaillent sur le Continent africain pour faire de la sensibilisation autour de cette question. A l’instar du Docteur Fatimata Ly, Présidente de l’association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle. Sans pour autant parler à la place d’une spécialiste, je vous laisse lire cette interview accordée il y a quelques temps au site Afrik.com.C’est un contre-pied de certains magazines féminins répandus sur le continent, qui au fil des pages, ne se gênent pas d’étaler les publicités sur des produits éclaircissants, alors qu’ils se présentent comme des canaux d’information et de la promotion des femmes africaines.Contrairement à ce qu’on peut croire, il n’y a pas que les africaines qui se décapent la peau, on trouve le même phénomène chez les asiatiques, les maghrébines, les afro-américaines et les antillaises.Une vidéo pour aller plus loin.
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"Entrevivre" le décor

C'est ainsi que j'ai voulu titrer ce billet afin de marquer le fait que ce journal qui oeuvre pour valoriser des initiatives citoyennes à voulu donner de la visibilité à « L'envers du décor »Entrevivre" est un mensuel édité à Rouen. Ce mois-ci, il a fait sa couverture sur mon roman et à l'intérieur on peut lire de nombreux articles, notamment celui qui a été fait par Jean-Pierre Bambier (ancien éditeur et actuel Responsable de la Librairie "La Renaissance" à Rouen) et celui écrit par moi pour montrer l'ampleur de la situation que je mets en exergue dans ce roman.

J'en profite pour dire merci à toute l'équipe de ce journal pour le sursaut qu'elle contribue à donner à ce livre avec la sortie de ce numéro.C'est aussi une occasion pour inciter ceux qui ne sont pas encore décidés à se plonger dans la lecture de ce roman. "L'envers du décor" est une ode, un regard bienveillant à l'égard de nos traditions africaines et du droit moderne. Nos coutumes ancestrales avaient une manière de protéger les veuves et les orphelins pour préserver le bien être de l'humain. Le droit également a conçu des lois pour rendre aux ayant droits ce qui leur revient en cas de coup dur.Ce que tente de mettre en cause ce roman et cette fiction c'est le fait que les personnes qui déshéritent les veuves et orphelins dans notre environnement, sont en total contradiction aussi bien avec nos coutumes qu'avec les lois modernes qui régissent nos nouvelles sociétés.Pourtant, ces personnes que nous connaissons, membres de notre famille ou amis, passent leur temps à vouloir faire croire qu'elles agissent au nom de nos valeurs ancestrales. Ce qui est totalement faux, puisqu'elles n'agissent que pour leur égo. Ce sont elles qui contribuent à ternir l'image de marque que notre Continent a toujours gardé aux yeux des autres lorsqu'il s'agit de parler des valeurs familiales."L'envers du décor" est une (petite) contribution au débat sur cette question et il veut nous inciter tous à chercher la vérité sur nos valeurs et à refuser ce diktat (imposé par une minorité) qui tend à déshumaniser notre être le plus profond. Faisons attention à ceux qui profitent de notre ignorance pour nous faire avaler n'importe quoi. Je ne veux pas dire que toutes nos coutumes ancestrales sont parfaites. Cependant, sur ce coup là, nos ancêtres étaient très humains. Gardons donc ce qui est bien !!!Bonne lecture à tous !

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Les stylistes du pouvoir

J'ai remarqué que depuis des années, l'histoire se répète et on peut se demander pourquoi changer une équipe qui se croit gagnante ?Il y a comme une constance dans la manière de vivre le pouvoir en Afrique. On peut même dire qu'il y a désormais une particularité africaine dans l'art de gouverner. N'est-ce pas ce que revendiquent certains africanistes qui se demandent pourquoi l'Afrique devrait copier l'Europe dans sa gouvernance ?Entre les coups d'états et les élections presque démocratiques, se placent ces présidents stylistes du pouvoir. Ces hommes d'état qui détestent l'idée qu'il y a une vie après la présidence. Nous avons connu Mobutu qui disait qu'il préférait qu'on l'appelle feu président et pas ex-président. Nous voyons comment se comporte Mungabé, obligé de s'auto proclamer élu de Dieu. Même Gnassigbé Eyadema a pensé qu'il devait se réincarner dans son fils Faure Gnassigbé pour rester éternellement au pouvoir.Parmi ces stylistes du pouvoir il y en a de plus futés, c'est le cas d'Abdelaziz Bouteflika qui vient de briguer son 3eme mandat. Avec brio, il a obtenu d'inscrire dans les textes officiels cette particularité africaine. On peut rester au pouvoir tant qu'on peut se lever pour aller mettre son bulletin dans l'urne. À 72 ans, il a été réelu à 90,23%, score à faire pâlir les électeurs sous d'autres cieux et à complexer certains démocrates.Que croyez-vous, l'Afrique est aussi entrée dans l'histoire, contrairement à ce qu'à dit un certain Monsieur, pour paraphraser une certaine dame de France.Eh oui, Bouteflika a été réelu, lors d'un scrutin très démocratique, à l'africaine. D'ici là, il peut préparer son successeur, ce sera à lui de choisir, dans sa famille. C'est ainsi que s'y est pris Eyadema Gnassigbé. Seulement lui, risque de se retourner dans sa tombe à cause de ses nombreux fils. Si chacun doit se tailler son costume présidentiel et le garder à la mode, il risque d'y avoir quelques signes d'impatience de la part des autres, qui devront attendre leur tour.Il me semble que ça commence à faire quelques remous du côté du Togo, on dirait que le stylisme du pouvoir a quelques ratés surtout lorsqu'il y a trop de prétendants à la cours. Peut-être que nos chers papys du pouvoirs devraient revoir leur copie. Se tailler son pouvoir à sa mesure c'est possible. Mais tailler aussi celui des fils, ça peut devenir très compliqué.
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C'est pas sorcier !

Source de la photo : www.infomonde.beOui, je l'admets, la République du Congo a fait fort !Ces derniers jours, tous les médias qui se respectent ont tout fait pour comparer les particularités des accueils réservés au Président français dans les deux Congo et en Guinée. Pour faire court, il y en a qui ont dit, en RDC, c'était froid, en RC très chaleureux et en Guinée, c'était entre les deux. Si je comprends bien, la RDC a reçu de bons points parce qu'au moins là-bas, à commencer par le Président, personne n'a voulu se mettre à plat vendre devant Sarkozy. Ben oui, qu'on ne s'y trompe pas (dans certains coins de France), il y a des gens en Afrique qui veulent vraiment en finir avec le colon français.J'ai encore écouté sur une radio française, des interventions recueillies à Kinshasa et à Brazzaville. Pour résumer, j'ai retenu deux interventions de deux étudiants, donc des jeunes. Et là, quel contraste !Le jeune de la RDC disait qu'il était indifférent face à cette visite parce que ce n'est pas à Sarkozy de venir régler les problèmes des congolais, puisque les français sont eux-mêmes englués dans des soucis sérieux. Quand arrive le tour de cet étudiant de Brazzaville, il utilise tout son français pour expliquer les relations indestructibles qui existent entre le Congo et la France. De ce fait, il a beaucoup de respect et de considération pour Sarkozy qu'il considère comme Sassou.Partant de l'accueil et de ces interventions, je me suis dit, ce n'est pas sorcier !!! Lorsqu'on voit ce qui s'est passé et s'est dit dans ces différents pays, on sait tout de suite dans quels pays il se passe un débat et une réflexion au sein de la société civile et dans lequel il ne se passe rien. La République du Congo ne quitte pas sa réputation de pays où la population répète ce que pense l'élite politique au pouvoir. Même lorsqu'on s'adresse à un média étranger on a peur de dire ce qu'on pense. Mais que pense-t-on d'ailleurs ? Que peut-on penser lorsqu'on n'a jamais appris que comme citoyen on peut aiguiser son esprit critique pour avoir un avis personnel et simplement pour soi-même ?C'est à se demander que font les chapelets de partis politiques qui y pullulent, les associations qui poussent comme des champignons et les groupes religieux (de réveil) qui grouillent de partout ? Vous allez certainement me demander d'y ajouter les médias...
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Encore un blog ?

C'est ce qu'on appelle se mettre la corde au cou. J'ai déjà deux blogs qui fonctionnent au ralenti et voici qu'ici on me propose une autre possibilité pour me lancer. Bien, je vais essayer, peut-être qu'à force, je deviendrai une experte.Je commence par exprimer mon intimidation de me mettre a parler devant tout le monde que j'ai vu inscrit ici. J'espère que c'est une autre aventure qui va commencer à travers toutes les discussion enrichissantes qui y sont évoquées.Soyez en tout cas les bienvenus sur mon espace et n'hésitez pas à me laisser un mot si je suis absente. Sous la porte, il y a un petit espace pour laisser entrer mon chat quand je rentre trop tard ; vous pouvez l'utiliser pour laisser votre message. Ne m'attendez pas, il se pourrait que je ne rentre pas ce soir.A très bientôt
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