Publications de BATCHOU T. FRANK WILLIAM (76)

C’est l’objectif que s’est fixé le comité d’organisation. Un nouveau départ pour cet événement annuel. Faut y croire !

Simple coïncidence. Mais ça valait le coup. Fort heureusement ! Le Cameroun célèbre cette année, avec un an de retard, le cinquantenaire de sa réunification. Un événement historique ayant eu lieu le 1er octobre 1961. Onze ans avant la proclamation de la République unie du Cameroun par son premier président, le feu Ahmadou Ahidjo. La grande manifestation, comme annoncée par Paul Biya dans son discours de fin d’année à la Nation, dans la ville de Buea, est toujours attendue. Le label Blaxity a pris une option d’avance (les longues attentes n’étant pas siennes). Et organise le 24 novembre 2012, les « Mboa hip-hop awards » à l’hôtel Seme beach à Limbé, au bord de l’Océan Atlantique, dans la région du Sud-ouest. Une grande première. Car, les cinq précédentes éditions de cette cérémonie, au cours de laquelle sont primés les acteurs des cultures urbaines au Cameroun, se sont toujours tenues dans la ville de Douala.

La symbolique de cette sixième édition est l’unité culturelle de la jeunesse anglophone et francophone. « Nous avons voulu intégrer la partie anglophone (le Nord-ouest et le Sud-ouest) pour quelle rentre définitivement dans ce jeu, dans cette fête que nous organisons chaque année. Car, les années antérieures étaient plus tirées par la partie francophone. Pourtant, ils sont nombreux, les artistes (Jovi, Achalle et Sidney) qui sont partis de cette partie du pays pour devenir des stars », a souligné Tony Nobody, le promoteur dudit concept lors de la conférence de presse organisé le 17 novembre 2012 à Limbé. Avant de préciser : « Nous voulons effectivement que ce rendez-vous soit un marché et que les différents labels puisent se rencontrer et échanger ». Une manière pour le comité d’organisation de marquer « un nouveau départ au bord de l’eau. Nous en profitons pour internationaliser le projet. Surtout que cette ville est une porte d’entrée du Cameroun où l’on rencontre de nombreux expatriés », dixit Fidèle Batindi, le directeur de Blaxity.

Bientôt les « Mboa Muzik awards »

Cette année, soixante (60) nominés s’affrontent dans dix catégories : meilleur artiste Rn’b, meilleur artiste rap, meilleur album rap, meilleur album fusion, meilleur vidéogramme masculin, meilleur vidéogramme féminin, révélation 2012, meilleur label hip-hop, meilleure compile 2012 et meilleur maxi/single/street album. Grande absence, la catégorie récompensant le meilleur artiste hip-hop de la diaspora. Et pour quelle raison ? « C’est un travail de groupe. On peut estimer que cette année, selon les critères, qu’il n’y a pas eu de meilleur parce qu’ils n’ont pas assez bossés », justifie Tony Nobody. Et de révéler : « Nous avons notre philosophie. Bientôt, nous n’aurons plus de Mboa hip-hop awards mais de Mboa Muzik Awards au vu de notre chaîne de télévision lancée depuis quelques mois ». Les artistes nominés sont, selon le comité d’organisation, ceux ayant excellé pendant la période comprise entre le 30 novembre 2011 et le 31 octobre 2012. Les votes se poursuivent par sms au 8193. Qui seront les meilleurs ? Rendez-vous au soir du samedi 24 novembre 2012. Bonne chance à tous !

Frank William BATCHOU

A Limbé

Lire la suite...

La piraterie m’a rendu « star »

Beaucoup d'artistes se livrent à cet exercice pour faire connaître leur oeuvre par le grand public.

Partout où tu vas, ce métier te colle à la peau comme une puce agrippée à la peau d’un chien. Ce qui te pousse à être curieux même où, il ne faut pas. Je m’en excuse. A force de trop marcher, je ne tombe que sur des personnes en pleur. En se rapprochant davantage, j’ai constaté que c’était des artistes. Euch… Encore eux ! Interrogés, ils se plaignent de la piraterie et de l’absence de perception des droits d’auteur. Tous les jours ? Il y a pourtant une semaine, certains d’entre eux, sous la houlette de Roméo Dika et son fameux syndicat, né on ne sait comment et quand, ont organisé une marche dite pacifique pour revendiquer ces droits. Une marche réprimée par la police avec à la clé, la garde à vu de quelques marcheurs. De son côté, le Maréchal Papillon alias « Mota guigna » a déclaré depuis quelques mois qu’il marchera nu, comme un ver de terre, dans les villes de Douala et Yaoundé pour lutter contre la piraterie. Depuis lors, on attend le « djor » cinéma, ça ne vient pas.

Dans les médias, d’aucuns ont sorti l’artillerie philosophique pour la combattre. On dirait Freud, Platon, Socrate ou d’autres philosophes donc j’ignore les noms. « Aka », pourquoi je me trucide le cerveau ? Est-ce qu’ils me connaissaient aussi ? Ces beaux parleurs disent que « la piraterie n’est pas bien », « qu’il faut l’éviter », « qu’elle tue l’artiste ». D’autres ont même dit que le « gomna » ne fait rien pour mettre fin à ça comme ce fut le cas du « zoua zoua », ce carburant frelaté que nous connaissons tous ici. Ces discours durent depuis quelques années. Mais madame piraterie sévit toujours. Personne ne l’aime mais elle est là. Imperturbable. Une vraie amoureuse impertinente, une courtisane assidue. Mes voisins du quartier l’aiment à mourir. Ils disent que si vous voulez assister à leur divorce, il faut d’abord arrêter les artistes qui se plaignent tous les temps, les fouettez et ils vous dévoileront, par miracle, tous les réseaux de piraterie de ce pays. Ce n’est pas aussi faux. L’un d’eux (artiste) m’a dit récemment qu’il suffit d’aller, comme lui, avec son cd au marché Congo à Douala ou au marché central à Yaoundé, on vous « pirate » moyennant quelques billets pour vivre. En même temps, il n’a pas tord parce qu’on l’appelle désormais au quartier « Le pharaon de la musique », « le grand artiste ». Il dit partout qu’il est, en ce 21e siècle, l’un des artistes les plus populaires au Cameroun. Que dans les campements, tout le monde écoute ses musiques présentes sur presque tous les cd piratés. Voila. La piraterie l’a rendu star. La star de la marche à pied comme moi. Bien sûr !

Je m’interroge sur le cas de mon « poto » artiste, tout comme celui de ce manager qui, il y a deux jours me demandait si je connais le réseau du marché Congo pour écouler aussi les chansons de son artiste. Entre nous, tu crois que si je maitrisais ce réseau, je galérerai encore ? Après moult réflexions, il y a des choses que j’aimerai partager avec toi brother. C’est vrai que la piraterie t’a rendu « star » ou va rendre ton artiste « star ». Mais une chose est sure, quand le pirate roule « Carros » avec ton argent, toi tu vas à pied tous les jours. Quand ses enfants vont à l’école, les tiens jouent aux billes au quartier. Quand il se bâtit des duplex, toi tu cohabites avec des rongeurs dans un calabote, le genre « A vos marques, prêt, tombé » dans un marécage. Il faut cesser de pleurnicher et de se plaindre quand on connait l’origine du mal. Le tout n’est pas d’être une star mon frère ou ma sœur artiste. Mais, d’avoir une vie normale et une carrière artistique bien construite pour un succès mondial éternel.

Frank William BATCHOU

Lire la suite...

Un travail collectif de quelques blogueurs camerounais. Exceptionnel... Lisez plutôt !

Le 4 Novembre 1982, à la surprise générale, l’ex président camerounais quitte le pouvoir, A 10 heures et 15 minutes, Samuel EBOUA, secrétaire général à la présidence de la République, est reçu par Ahmadou Babatoura Ahidjo.

J’ai décidé de démissionner. En effet, depuis un certain temps, je constate que je ne suis plus à même d’assumer pleinement mes fonctions à la tête de l’État. Mes nerfs sont à bout, et mes médecins m’ont prescrit un repos complet d’un an. J’ai donc vu Biya. Je lui ai dit que vous avez servi avec dévouement l’État, et qu’il est souhaitable que vous continuiez à le faire. Il vous proposera donc soit le ministère du Travail et de la Prévoyance sociale, soit le département de l’Agriculture avec le rang de ministre d’État. Toutefois, au cas où vous ne désireriez pas à faire partie du gouvernement, vous pourriez aller à la Société Nationale d’Investissement en qualité de Président Directeur Général lui dit alors le Président de la République

20h au journal : Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes. J’ai décidé de démissionner de mes fonctions de président de la République du Cameroun. Cette décision prendra effet le samedi 6 Novembre 1982 à 10 heures… J’invite toutes les Camerounaises et tous les camerounais à accorder sans réserve leur confiance, et à apporter leur concours à mon successeur constitutionnel M. Paul Biya.

Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes…

Depuis que je suis née, je fais confiance à cet homme. Euh! Après tout, j’avais pas le choix non plus. Mais le jour où j’ai eu l’âge de voter j’ai voulu changer les choses. Comme une vierge, mon premier amant m’a déçu…Ses différentes concubines faisant partie de la classe politique dirigeante m’ont vendu ses mérites… Tu grimperas au septième ciel … oh! oui! je l’ai touché mais par la pensée seulement lors de ses élections très très démocratiquement. Le RENOUVEAU. Tout était dans cette phrase: C’est qui convient le plus. Me convient-il aujourd’hui? J’en ai aucune idée… j’ai pas le choix. Le roi Lion et sa basse cours et surtout elle m’invectivent «Jeunesse paresseuse qu ne fous rien»; Oui! Je me soule; oui ! Avec quel fric? Le mien! Pas le vôtre?

Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes …Lydiane tsayem

Un 06 Novembre…Ou quand tu achètes la crème de beauté « Je vais que te rendre blanche oooooohhhh ma chérie », et que trente ans plus tard, tu te retrouves avec le corps strié de noir et de blanc façon « zèbre », mais en moins joli…

Ou alors, lorsque tu épouses un mec, et que trente ans plus tard, tu te rends compte que le jour de votre mariage, il était si saoul que toute la soirée, il t’a confondue avec son ex dont il était amoureuse, et que c’est à cette méprise, seulement à cette méprise, que tu dois l’existence de votre couple. Disons que le mec- trentenaire, toujours aussi sexy, genre beau brun ténébreux-, il devait être tout de même un peu inspiré au début…trente ans plus tard, il faut dire, même Jésus s’est tiré à cet âge là!

Bon. Disons que le destin ne l’a pas aidé. Entre les accords très philanthropes (On est là pour vous aider, hein?) que nous faisaient signer le FMI, la dévaluation du Francs CFA, la crise boursière internationale et autres, le destin ne l’a pas vraiment servi, le pauvre…

Mais au fond, le bon goût aurait exigé qu’en ces circonstances, au lieu de placer des camions anti émeutes à tous les coins de rue du pays, qu’en ce jour tout du moins, qu’il offre une part de gâteau à chaque Camerounais (Zut! Je viens de dire à mon boyfriend comment faire tomber toutes mes colères…mince!). Après ces trente et magnifiques années passées ensemble, nous n’avons plus qu’une chose à dire: « Et si l’on s’abstenait de fêter le trente et unième anniv’? »…

Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes… Serait-ce trop tard pour les grandes réalisations? Marie Simone Ngane

Le 06 novembre 82, je n’étais pas née. En 90, lorsque le multipartisme a été mis en place, je n’étais pas née. Lorsqu’en 92, les espoirs de cette nouvelle opposition se sont envolés, je parlais à peine. Je n’ai pas connu les chantiers du renouveau, je suis née dans l’inertie, je n’ai connu que Paul Biya. Je pense pourtant (sans avoir lu les textes des autres) que je serai la plus optimiste de tous. Je ne veux pas pleurer sur les trente ans qui viennent de s’écouler. Serait-ce trop tard pour les grandes réalisations? Le Cameroun peut-il émerger en 2035 ou alors sommes-nous déjà trop loin derrière dans la course ?

Ce 06 novembre 2012, j’ai vu mes pairs se plaindre, gémir sur les réseaux sociaux le mal-être de la jeunesse camerounaise. La faute aux lions m’a-t-on dit, « au moins quand ils gagnaient, on était fiers d’être camerounais ». Qu’avons-nous fait pour que les choses changent ? Rien ? Sommes-nous pareils que le système que nous décrions ? Puissions nous, cette jeunesse qui se revendique du changement, ne pas répéter les erreurs des aînés, ne pas tomber dans le clivage des nombreux leaders que l’on ne peut départager. Ne ratons pas le coche de l’Afrique émergente.

Le renouveau m’aurait-il déçu ? Pour être déçue, faudrait-il encore avoir eu le choix…

Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes…Ulrich Tadajeu

…au chef de l’État, en cet anniversaire, de ne pas le célébrer. Nous l’invitons à prendre quelques années pour mettre sur pieds une véritable société de consensus où règnent la confiance et la tolérance. Ceci en créant un panthéon à la mémoire des héros nationaux. Ensuite, il assainit vraiment les mœurs et le champ politique à travers la transparence pour créer aussi un climat de confiance entre les différents entrepreneurs politiques. Tout ceci en accordant une place prépondérante à la jeunesse, aux Technologies de l’information et de la communication. Voila les préliminaires que notre chef doit faire au lieu de démissionner comme le prétend une certaine presse. Ainsi, à mon avis, on pourra parler de « Renouveau », non pas par rapport au régime Ahidjo, mais par rapport à la première phase du régime Biya qui a été tout, je dis bien tout, sauf le « Renouveau ». Soucieux de l’image qu’il aimerait laisser en quittant le pouvoir, le chef de l’État pourra ainsi être fière de cette image…

Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes ….Le renouveau m’a tué…Zouatcham

Voici un régime où les jeunes n’ont plus de rêve où les plus méritant souffre de la corruption où les jeunes n’ont de solution qu’en sortant de leur pays ou en se prêtant à des pratiques peu orthodoxes. Ce régime a trop durée. C’est un régime qui dirige un pays stable et immobile. On nous vante la stabilité. De quelle stabilité ? Une stabilité au prix de quoi ? Quel sera le prix ? Que nous vaudra ce régime. J’ai trente ans quatre masters et je prépare un doctorat et dans mon pays je ne suis pas encore cassé. Il faut être amoureux de la douleur et sado maso comme ces criminels qui servent le pouvoir pour croire que ce régime a du bon et lui accorder ses suffrages. Le Cameroun va connaitre un choc social comme le cousin Hubert des visiteurs. Oui nous nous réveillerons un matin avec l’histoire en face de nous comme cet immeuble dit de la mort en plein cœur de Yaoundé capitale du cameroun. Au Cameroun quand tu réussis à t’enrichir en pillant les poches de l’état tu es adulé quand tu trimes et tu essayes de te conforter en reposant des bases de moralité on te traite de con et d’idiot. Au Cameroun, les difficultés que l’on rencontre on trait soit à l’origine tribale ou alors à l’origine sociale. Comment comprendre qu’en plein 21 siècle, l’on applique encore au Cameroun la répartition régionale dans les concours ? L’unité camerounaise de 1972 n’est-elle donc qu’un leurre scandé comme les nombreux slogans creux de ce régime ? Dans quel pays on procède à un recrutement où les plus jeunes sont recrutés avant leur ainé académique. C’est le ferment de la discorde et surtout de la victoire de la corruption et du favoritisme sur les valeurs républicaines…

Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes … Pourquoi le soleil du renouveau de 30 ans de Paul Biya n’apporte rien de nouveau à la jeunesse Camerounais? Josiane Michael Kouagheu Chemou

Ce mardi, je me suis promené au carrefour Ndokoti à Douala, capitale économique du Cameroun. Un grand carrefour. Le plus grand de Douala, a en croire certaines personnes.

Ils étaient là. Certains sur des motos, d’autres sur le trottoir, diverses marchandises à la main, se promenant de gauche à droite.

J’ai vu ce que trois décennies ont ignoré. J’ai vu des jeunes, plein de rêves, stoppés aux portes de ce gouvernement. Ils sont techniciens supérieurs, licenciés…, mais ils sont des vendeurs ambulants, des maçons, des conducteurs de moto.

Ils étaient loin de leur rêve ce jour, ce mardi, jour de la fête pour les « fans » du régime (ironique non?). J’aimerai comprendre pourquoi. Pourquoi est ce que le soleil du renouveau de 30 ans de Paul Biya, n’apporte rien de nouveau à moi, à la jeunesse camerounaise? Pourquoi…

Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes… la paix ne fait pas le bonheur… Julie Owono

Avec le Président Paul Biya, le Cameroun a connu 30 ans de paix, ne cessent de rappeler les partisans de l’homme qui fêtait le 6 novembre 2012 les 30 ans de son accession au pouvoir. Relativisons cependant : selon le Global peace index 2012, le Cameroun est classé 97ème Etat le plus en paix au monde, sur 158. Surprenant qu’avec autant d’années sans guerre, ce pays ne fait pas partie des 5 pays les plus sûrs d’Afrique, l’Île Maurice étant le premier du continent et 21ème au rang mondial.
La paix camerounaise tant célébrée par ses partisans n’est pourtant pas la panacée.
Notre président est un homme de la guerre froide, qui s’est laissé enfermé dans le discours géopolitique qui prévalait alors : la stabilité à tout prix, même si le risque était la paupérisation des populations et une léthargie politique, économique et sociale. La conséquence de cette doctrine prêchée par des stratèges occidentaux a eu pour principale conséquence que le seul service public efficace au Cameroun est celui de la sécurité, non des citoyens, mais celle du régime contre toute tentative de déstabilisation, surtout celles fantasmées.
Nous continuons encore à payer le prix  de cet accident historique. Paul Biya serait-il toujours un homme qui lit l’histoire dans le marc de café d’avant la chute du mur de Berlin?
Son sursaut politique récent, peut-être sa dernière chance d’entrer dans l’Histoire, en saisissant la main qu’elle lui tend : préparer les institutions, Sénat et Cour constitutionnelle, continuer sa guerre contre la corruption, et préparer notre pays pour que les  70% de camerounais de moins de 30 ans puissent envisager un avenir plus enviable que celui brisé en plein vol de leurs parents…

Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes…FrankWilliam

Je suis sûr que c’est la malédiction. On lui a fait ça au village. Ne riez pas. Je suis sérieux. L’année dernière, ma voisine m’a dit qu’elle ne pouvait plus aller à un meeting. Même si c’est l’anniversaire de l’accession au pouvoir du « Noum gui ». Quand j’ai demandé, elle a maugrée et elle est partie. Séraphina ? Elle n’a pas répondu. Dans mes recherches, j’ai appris que lors de la fête du 6 novembre 2011, elle n’avait pas mangé (même pas le pain chargé). Ni bu de l’eau plate (j’ai aussi entendu ceci dans un restaurant de la place), ni la somme de 5000 Fcfa promise à chaque militante avant les cérémonies. Euch !!! Jusqu’à ce point ? Si c’est comme ça, je suis d’accord avec toi. Comme dit maman Foning, « Nous te soutenez ! ».

Ce 6 novembre 2012, il est 22h30. Je suis abrité sous un hangar. Je vois vos gros yeux ouverts. Je fuyais cette pluie torrentielle qui s’abattait sur la ville. Quand je tourne la tête, qui vois-je venir ? Séraphina. Ma voisine est bien fâchée. Son visage est tellement serré on dirait le pain « rassie » que j’ai vu tout à l’heure chez le boutiquier du coin. Ce genre qu’il faut prendre une machette pour couper. Séraphina et ses autres camarades militantes marchaient sous la pluie. Sans parapluie, sans protection. Elles arboraient toutes les uniformes du parti des flammes avec l’effigie du « Nkunkuma ». Les militantes se plaignaient. Depuis le matin comme elles sont sorties, elles n’ont pas encore mangé. Elles disent qu’un grand camarade a pris l’argent qui leur était destiné et a disparu. On m’a a dit que l’épervier rôde là haut. Mais les gens ont toujours le courage d’emporter l’argent des autres. Tchuips….

Camerounais Camerounaise ,mes chères compatriotes de 2035….Florian Ngimbis

En ce lendemain de fête nationale, les rues de la capitale sont plus ou moins désertes. La Société des Brasseries du Cameroun, devenue première industrie du pays a décrété une baisse de moitié du prix de la bière, pour permettre à tous ses clients de célébrer dignement l’évènement. La conséquence notoire a été une beuverie générale suivie d’une gueule de bois nationale.

La veille, le roi Lion alias Duncan Mc Leod alias l’Immortel a présidé le défilé en personne via son hologramme relifté et programmé pour sourire et saluer toutes les deux minutes. En ce lendemain de fête, aucun journal n’a osé publier une autre photo que celle de l’hologramme officiel. Personne n’a osé braver la loi sur l’image du monarque qui interdit la représentation du Roi Lion sous son aspect délabré et fripé actuel. L’union des Journalistes s’inquiète par ailleurs du sort d’un confrère du journal la Vérité qui pour avoir osé publier une photo du Roi Lion en déambulateur, est allé méditer sur les Vérités Eternelles dans une cellule du pénitencier sous-terrain de Nkondengui.

Le défilé a été marqué par la présence de tout le gratin politique de la Nation. Tout le monde a pu apprécier leurs luxueuses berlines à coussins d’air se jouant des nids de poule du Boulevard Bolloré. Depuis l’élection de 2018, les opposants tels qu’on les nommait n’ont plus beaucoup de travail. Le nouveau système politique, la chefferie démocratique, qui n’admet pas d’alternance, en a fait des notables, dont les seules intrigues consistent à se demander s’ils doivent proposer le médecin personnel du Roi Lion au Prix Nobel ou à la potence.

La soirée s’est néanmoins bien terminée, malgré l’annulation du concert géant prévu, les sept sociétés de droit d’auteur musical n’étant pas parvenues à se mettre d’accord sur le partage du pactole promis par la multinationale, promotrice de l’évènement. Les riverains du lieu devant accueillir l’évènement se disent par ailleurs soulagés car la puissante coalition de pasteurs de sectes réveillées avait promis de saccager les lieux si deux artistes pratiquant le rythme à la mode, le porno-bikutsi étaient maintenus dans la programmation.

Malgré la gigantesque coupure d’électricité survenue vers vingt trois heures, coupure qui a fait se demander aux uns et aux autres pourquoi le développement du solaire n’a jamais fait partie des Grands Chantiers Inachevés, la soirée fut belle pour certains comme ce Florian Ngimbis, fêtard rencontré devant le monument du martyr Marafa Hamidou Yaya:« on n’a jamais eu besoin de lumière pour avaler une bière dans ce pays, si c’était vrai en 2012 je ne vois pas pourquoi ça ne le serait pas aujourd’hui »…

Les vieilles marmites feraient de bonnes sauces. Je lève les fonds pour une mise en bière de notre espoir. Bien vouloir apporter la bière et surtout les mises.

Allez,

Son’a ponda.

Lire la suite...

C'est le message de cette semaine adressé par les Artistes camerounais.

J’aime les artistes et leur œuvre. Qu’ils soient musiciens, danseurs, marionnettistes ou humoristes, j’exulte de joie à leur écoute quand je les écoute à partir de « ma radio deux piles » ou quand je les regarde à la télévision. Je fredonne, comme si j’étais en concert, leurs mélodies s’agissant des chanteurs-musiciens ou conte la même histoire rigolote comme l’humoriste à l’honneur. Exactement comme le faisait mon tonton, Stéphane Tchakam. Ce grand reporter, amoureux de belles œuvres artistiques, à qui je pensais en quittant mon lit ce matin. Un artiste au sens propre du terme.

Mais revenons à mes artistes et leur œuvre. Ils sont talentueux. Que celui qui pense le contraire lève le doigt. Personne. J’en étais sûr. Il suffit juste de voir ou d’écouter les créations qu’ils « pondent » tous les jours comme mes amis ivoiriens. Entre le Pinguis, la mignoncité, la beaugocité, la danse bankalisé, la danse qui cogne dans la tanière, l’humour du père Tchop-Tchop, de Fingon Tralala…et que sais-je encore. Le pêché mignon de ces artistes est concédé sur la scène. Très souvent, ils prestent devant un public qui n’est pas le leur. C’est le cas de Nana Ardo, le vainqueur du Castel live comédie 2012, qui a vu un nombre important des spectateurs quitter la salle lors de la cérémonie de clôture de l’événement annuel « Couleurs & Toiles » à Douala. Peut-être que ce public ne comprenait peut-être rien à tout ce travail riche concocté en amont et livré en aval. On a eu le cas de Charlotte Dipanda, invitée par le Rotary Club, qui a presté dans une salle presque vide de Douala Bercy parce que sa cible a été mal choisie.

Des exemples à décrier sont nombreux. Voila des supposés fans, des filles et femmes de surcroît, qui se sont mis a jeté des bouteilles sur le jeune rappeur Franco lorsqu’il faisait la première partie du concert du Sexion d’Assaut à Douala. Tout simplement parce qu’il exécutait son fameux titre : « Les filles d’aujourd’hui ». Et plus tard, quand c’était le cas des « garçons d’aujourd’hui », il a été hué par cette gent masculine. Des attitudes qui m’énervent. Car, l’artiste est comme un Dieu sur terre. Ses œuvres sont la résultante d’une d’inspirations parfois divines. Mesdames et messieurs, je m’érige ce jour en porte-parole des artistes pour exiger un minimum de respects pour notre travail. Plus de bouteilles, plus de tomates encore moins de bouteilles sur l’artiste. Quand il preste, laissez au moins qu’il quitte la scène avant de quitter la salle à votre tour. C’est aussi une règle de bonne séance. C’est pourquoi je rappelle, mesdames et messieurs, ayant du respect pour nous, pour les artistes camerounais !

Frank William BATCHOU

Lire la suite...

Une période marquée par l’obtention de la médaille d’or dans plusieurs disciplines telles que la corruption, les détournements de fonds publics et le chômage grandissant des jeunes. Des grands projets structurants annoncés… L’espoir fait vivre !

Au nom de Dieu. Je serai aussi président de la République aujourd’hui si j’avais accepté. Pas la démission du « Noum gui ». Pardon… N’y pensez même pas. Tout ce que je sais, ce n’était ni un 4 ni un 6 novembre. Je me rappelle que je me reposais tranquillement dans un milieu bien chaud. Les entrailles de maman. Pour être précis. J’entends une discussion entre mon père et ma mère. Le premier disait : « Mon fils va s’appeler Ahidjo ». La seconde disait : « Il s’appellera Paul Biya ». J’ai sursauté et j’ai crié : yaaa les gens ci ! Laissez-moi tranquille ! Et le temps m’a donné raison. Entre novembre (démission du président et passation du pouvoir à son dauphin constitutionnel) et janvier, mois au cours duquel j’ai vu le jour, il y a une grande différence.

Mon refus découlait du fait que le nouveau président était appelé « le deuxième Ahidjo ». Une prospérité de la nation assurée. Surtout avec son programme de société : « Rigueur et moralisation ». A qui était-il destiné ? Aux administrateurs ou aux administrés ? Il n’y a personne pour m’aider dans ce carrefour ? J’ai vraiment besoin de réponse. Car, entre 1982 et 2012, nous avons tout entendu, tout vu et tout gagner même à la limite : le renouveau, les grandes ambitions, les grandes réalisations et probablement les grandes réjouissances. Ce sera mon septennat préféré. Et nombre de camerounais l’attend impatiemment !

Ces 30 ans de règne restera à coup sûr historique. Mes yeux continuent à regarder le Cameroun. Cet Etat prospère d’hier devenu le mendiant international à qui on accorde des prêts et des aides tous les jours. Certains ont été fiers de toi, moi non, de te voir remporter deux trophées coup sur coup. Ne dites pas que je ne suis pas patriote. Loin de là. Ces trophées sont ceux de Pays pauvre et très endetté (Ppte) devant nous permettait de voir « le bout du tunnel sans jamais l’atteindre », et celui de pays le plus corrompu du monde. Les enfants du « Nkunkuma » avaient fort cette fois là. Chapeau ! Néanmoins, un aîné maire de commune a eu le courage de dire aux camerounais ce dimanche 4 novembre 2012, au cours de l’émission « Scène de presse » diffusée sur la Crtv Télé que c’était une mascarade de Transparency international. Un organisme, dit-il, qui venait d’être crée et voulait se faire connaître. Donc, il avait uniquement vu le Cameroun, sur près de 192 pays que compte la planète, pour se faire connaître ? Ça c’est la thèse d’une « créature de l’autre » et adepte de « Zéro mort ». Si la démocratie et le multipartisme ont été acceptés au Cameroun, ce n’est pas par la seule et unique volonté de son « père » comme il nous le faisait comprendre. Grand-frère, même le Maréchal Mobutu, qualifié de grand dictateur, avait plié l’échine face à la mouvance du vent d’Est au début des années 90.

30 ans du renouveau. C’est 30 années, à côté des grandes ambitions et grandes réalisations dit-on en cours, marqués par un nombre importants d’arrestations des détourneurs de deniers publics. Tous des apparatchiks issus de l’appareil gouvernemental et du parti des flammes. Le chômage des jeunes diplômés a atteint son paroxysme. Et continue d’ailleurs à grimper. En opposition à la fermeture ou privatisation de la quasi-totalité des entreprises publiques du pays. 30 années que des jeunes du pays, n’ayant pour souci majeur que s’expatrier, parle de souffrance, quémander ou se plier au joug des sectes et autres loges. Chers amis, « Souffrir n’est pas mourir ». Retroussons les manches et serrons la ceinture. N’est-ce pas le père ? Quand il y a vie, le rêve et l’espoir sont permis !

Frank William BATCHOU

Lire la suite...

Un peu de tenue les ami(e)s. Pourquoi vous me mettez la pression. Je vous dirai tout. A la fin, vous me direz si j’ai tort ou raison.

 

Je suis sûr que c’est la malédiction. On lui a fait ça au village. Ne riez pas. Je suis sérieux. L’année dernière, ma voisine m’a dit qu’elle ne pouvait plus aller à un meeting. Même si c’est l’anniversaire de l’accession au pouvoir du « Noum gui ». Quand j’ai demandé, elle a maugrée et elle est partie. Séraphina ? Elle n’a pas répondu. Dans mes recherches, j’ai appris que lors de la fête du 6 novembre 2011, elle n’avait pas mangé (même pas le pain chargé). Ni bu de l’eau plate (j’ai aussi entendu ceci dans un restaurant de la place), ni la somme de 5000 Fcfa promise à chaque militante avant les cérémonies. Euch !!! Jusqu’à ce point ? Si c’est comme ça, je suis d’accord avec toi. Comme dit maman Foning, « Nous te soutenez ! ».

Ce 6 novembre 2012, il est 22h30. Je suis abrité sous un hangar. Je vois vos gros yeux ouverts. Je fuyais cette pluie torrentielle qui s’abattait sur la ville. Quand je tourne la tête, qui vois-je venir ? Séraphina. Ma voisine est bien fâchée. Son visage est tellement serré on dirait le pain « rassie » que j’ai vu tout à l’heure chez le boutiquier du coin. Ce genre qu’il faut prendre une machette pour couper. Séraphina et ses autres camarades militantes marchaient sous la pluie. Sans parapluie, sans protection. Elles arboraient toutes les uniformes du parti des flammes avec l’effigie du « Nkunkuma ». Les militantes se plaignaient. Depuis le matin comme elles sont sorties, elles n’ont pas encore mangé. Elles disent qu’un grand camarade a pris l’argent qui leur était destiné et a disparu. On m’a a dit que l’épervier rôde là haut. Mais les gens ont toujours le courage d’emporter l’argent des autres.

Il y avait pourtant beaucoup de promesses faites par les enfants haut placés cette année. Surtout que c’était le trentenaire du père. A côté, il avait néanmoins oublié deux faits majeurs : la marche pacifique de tonton Jean-Michel Nitcheu, le boss du Social democratic front (Sdf) dans le Littoral. Une annonce qui a poussé tous les bidasses de cette ville dans la rue. On dirait une armée en partance pour la guerre au Vietnam. Le deuxième fait, c’est la mort à 3 heures du matin du chef Sawa, le prince René Bell. Les mauvaises langues disent que c’est à cause de ça qu’il a plu ce jour. Taisez-vous pardon. La météo l’avait annoncé et Séraphina était aussi au courant. Puisqu’elle me l’a dit quand je sortais. Quand elle m’a vu, elle a sursauté. Comme un bandit pris la main dans le sac. Avec sa bande, elle s’est souvenue de ses dires de l’an dernier. Seulement, « je sais que l’avais dit plus jamais. Mais, je comptais sur les 5000 Fcfa qu’on nous a promis pour faire la cuisine cette semaine. Mon mari est foiré », lance-t-elle. Mama, les explications que tu donnes là, c’est pour ton mari qui t’attends à la maison avec un fouet. Décidément, les habitudes de militantes ont la peau dure. Et leurs blessures semblent inguérissables. A l’année prochaine. Puisque tu y seras encore. Moi aussi !

Frank William BATCHOU

Lire la suite...

Des clients payent le tarif normal. Mais voyagent debout ou couchés le long des couloirs. Des artistes talentueux circonstanciels se font découvrir. Ambiance particulière. Suivez le guide !

 

Les voyages en train sont comme les histoires d’amour. Ils s’arrêtent quand le jour se lève. Peut-être au premier chant du coq. Chaque fois que j’apercevais tous ces voyageurs sur le quai. J’aimais en être un. Heureusement, l’opportunité s’est présentée ce 11 octobre 2012. Dans les wagons, surtout les 884, 885 et 886, il fait chaud. Exactement comme dans un fourneau. Pas de ventilateur. Encore moins de climatisation. Normal. On n’est guère dans un château de luxe. Les volets sont ouverts pour bénéficier de l’air frais venant de l’extérieur. Le train a quitté la gare de Yaoundé depuis 18 heures 10. A peine la troisième escale (Nkometou) située à 37 km de Yaoundé, plusieurs passagers sont plongés dans les bras de Morphée. Pourront-ils parcourir 631 km (avec 18 gares escales) dans cet état ? « Personne n’a le choix. Il y a un wagon lit en première classe. Chacun se bat comme il peut pour fermer les yeux. L’important ici, c’est d’arriver à Ngaoundéré. Et ce n’est pas la ville d’à côté », souligne Gaëtan Izane Fouba, un frangin habitué de ce tronçon. Comment se sentiront-ils au réveil ? Personne pour me répondre. A moins de me prêter aussi au jeu.

Rassurez-vous, c’est un sommeil loin d’être « paisible ». Nul n’est allongé sur son lit ici. Mais assis sur un siège ou couché sur ce tas de ferrailles roulantes. Faut pas oublier le « tchouk tchouk », ce bruit répétitif émit par le train. Et ce marché (roulant) spontané ayant surgit. On ne sait d’où. Les marchandises proposées sont diverses et variées : bonbons, sandwichs, disques audio et vidéo contrefaits, cravates, mandarines, kola, les chaussettes (200 Fcfa la paire et 3 à 500 Fcfa), les médicaments qui soignent deux cent maladies… Même dans le train, on vous agasse ? « Si tu veux éviter ce vacarme, il faudra désormais voyager en première classe. Là au moins, il y a un mini confort et tout le monde n’y accède pas mais soit sûr que tu seras isolé parce que chacun est seul », chuchote un voisin. Mon supposé sommeil est alors interrompu. Malchance !

C’est la danse que tu veux voir ?

« Homme, réjouit-toi pendant les jours de ta jeunesse ». Il existe des individus qui savent mettre en pratique ce précepte biblique. Où qu’ils soient ! Généralement, ce sont les garçons qui en sont des acteurs. Cette fois ci, c’est une fille. Nordiste de surcroît. Excusez mon étonnement. Ces filles ont toujours été qualifiées de sournoise. La jeune danseuse est vêtue d’un ensemble pagne. Les écouteurs de son portable fixés à ses oreilles, elle s’offre en spectacle. Elle chante et danse au rythme de la Zoropoto, le Makossa, le Bikutsi, le Zouglou, la Tectonik… Le bal-à-terre est aussi au rendez-vous. Il faut voir pour y croire ! Des encouragements, des regards méprisants, des injures et des commentaires de toute sorte s’entremêlent. La star de ce soir est restée zéine. Sans complexe ! Ce n’est pas le lait qu’elle donne. Son action va d’un wagon à un autre.

Certains ont osé l’interpeler au passage. Ils n’ont eu pour seule réponse qu’un regard fugitif. Comme pour dire : respect pour l’artiste que je suis. Et son « concert » s’est déroulé pendant plus de cinq heures. Du jamais vu ! Car, même le Turbo d’Afrique, Petit Pays, n’a pas encore réussi ce pari. Un spectacle qui s’est achevé brusquement. Comme un charbon ardent sur lequel on vient de verser de l’eau. Notre artiste est parti sans crier gare. Depuis près d’une heure. Nul ne sait où elle est passée. On aurait dit une mission commandée. Heureusement, nous nous rapprochons de la destination. La gare de Ngaoundéré où le train s’est immobilisé à 8 heures. Des passagers s’en font satisfaits : « On moins j’ai eu une compensation de mon argent avec cette fille qui dansait. Avant, il y avait la télévision dans les wagons. On pouvait regarder les films. Ce n’est plus le cas aujourd’hui », dixit en s’éloignant un quadragénaire. Fin du premier parcours. Le départ pour Maroua est imminent ! A bientôt !

Frank William BATCHOU

A Ngaoundéré

Lire la suite...

C’est le temps à mettre pour rallier la capitale régionale de l’Extrême-nord. Un voyage long. Mais, passionnant. Suivez le guide !

 

Ce n’est guère un conte de fée que tu lis. Encore moins une aventure de Bleck le roc. C’est une réalité. Passer 24 heures de route entre Yaoundé et Maroua. Voire plus. Pratiquement le même nombre de temps pour aller du Cameroun pour la Martinique. Incroyable ! Il faut l’expérimenter pour se rendre à l’évidence. Celle de la véracité des propos longtemps tenus à propos de ce tronçon. Et grâce du Marouacamp, une non-conférence régionale sur les Tic, l’expérience peut (enfin) avoir lieu. La première des choses, c’est s’offrir un ticket de transport. Un exercice pas du tout facile. Il faut s’aligner. Trente minutes. Une heure. Peut-être plus. Dans l’espoir d’avoir une place assise. Exactement comme à l’école primaire. Parfois, l’émotion monte d’un cran. Surtout quand un malin veut s’infiltrer dans les rangs. « On n’est pas venu s’aligner ici pour toi hein. Tu n’étais pas en rang. Va t’aligner derrière et attendre ton tour. Tu crois que tu es plus sage que qui ? », entend-on dans les rangs. Les bousculades aussi sont au rendez-vous. La finalité dans tout ça, c’est l’obtention du « sésame » du voyage. Après cette procédure d’enregistrement, il faut revenir dès 16 heures pour les modalités d’embarcation. « C’est l’aéroport ? », demande une camarade. Non. C’est le train. Ce sont les règlements et il faut respecter. Parce que, si tu rates le train, tu payes une pénalité : 2000 Fcfa.

17 heures 30. Manifestement, certains passagers ont déjà pris place à bord d’un wagon. Attendant uniquement le départ du « Tchouk tchouk ». Une appellation « camerounisée » du train au regard du bruit régulier qu’il fait sur les rails. Dehors, des porteurs s’activent. Ils courent dans tous les sens. Proposant leur service aux derniers passagers. Moyennant quelques pièces de Cfa. Normal ! Chaque travail mérite une récompense. Surtout quand il est bien fait. Pour atteindre l’engin immobilisé sur les rails, il faut traverser quatre barrières de contrôle. « Même à la frontière ce n’est plus strict comme ça », s’exclame une passagère. C’est vrai. Mais ici, il y a beaucoup de malin qui tentent et réussissent (parfois) à voyager sans ticket. Ceux là sont qualifiés de « Frank William Abegnele » ; acteur du célèbre film de Léonardo Dicaprio, « Catch me if you can ». On verra ça à bord !

Wagon 885

Rien à voir avec le titre d’un film d’action. Comme ce fut le cas avec « Passager 55 » de Steven Seegal. C’est le wagon dans lequel nous nous trouvons. Une façon de mieux vivre l’ambiance de la seconde classe. Premier heurt, la « guerre » des sièges. Pourtant, chaque billet porte un numéro de siège. Du moins, pour ceux qui ont payé une place assise. Le siège N°115 est confortement occupé par un homme. Visiblement, il vient du Nord-ouest. A en juger son vestimentaire et sa manière de parler. C’est alors que le « propriétaire » du siège l’invite à lui céder la place. « Je suis arrivé avant toi dans le train. Et tu me demandes de me lever. Ce n’est pas possible », rétorque-t-il. Son interlocuteur d’insister : « C’est ma place. C’est écrit sur mon ticket. Vérifiez le numéro de votre siège sur votre ticket. Vous verriez que ce n’est pas votre place ici ». Vérification faite, son ticket de voyage porte la mention : « Place debout ». Le sieur doit voyager debout. Ah bon ! On vend encore les places debout à Camrail ? En même temps. Qui n’aime pas l’argent ici dehors ? Comme si cela ne suffisait pas, une jeune fille vient d’entrer dans le wagon. Qu’elle a d’ailleurs confondu. Puisqu’elle est au wagon 884. Néanmoins, elle demande au vigile passant par là : « Je dis hein, les places debout sont assis où ? Je vois que toutes les places assises sont occupées ». Le vigile de lui répondre : « La place debout c’est debout. Vous allez à l’école sans rien comprendre de ce que vous lisez ou écrivez ? Dépose ton sang et accroche toi à une barre des barres de fer là ». C’est Tarzan ? 18h10. Une « voix de fée » annonce le départ imminent. Les moteurs vrombissent. Les wagons se déplacent. Le cap est mis sur Ngaoundéré, la capitale régionale de l’Adamaoua.

Frank William BATCHOU

A Ngaoundéré

Lire la suite...

Ces deux phénomènes sont sans cesse grandissants. Selon plusieurs personnes, elles permettent d’extérioriser des nombreuses frustrations accumulées à longueur de journées.

 

Si l’injure est une religion, Douala sera un sanctuaire. Et les résidants, des adeptes inconditionnels. Tant, le phénomène d’injures et engueulades publiques a pris une proportion inquiétante dans cette ville. Jeune comme adulte. Homme comme femme. Lettré comme illettré. Tous sont rentrés dans la danse. A toute heure et en tout lieu, l’injure est au rendez-vous. Comme dirait quelqu’un : pas un pas sans se faire injurier ou assister à une scène d’enguelade. Vendredi 31 août 2012. Il est 14 h. Au carrefour salle des fêtes d’Akwa, les voitures avancent à une vitesse de tortue. Les travaux effectués sur cet axe depuis plusieurs mois sont la cause. Un conducteur de moto en  forçant le passage, gratte la peinture d’une voiture avec son engin. Courroucé, l’homme est sorti en lui demandant d’améliorer sa conduite. Il reçut en retour injures et menace de mort. « Fils de P… Un bandit comme ça. Tu t’amuses je casse ça et t’envoie à l’hôpital », vocifère le ben-skineur. S’en est suivi une rixe verbale incontrôlable. Au marché New-Deïdo, une ménagère demande à une revendeuse communément appelée « Bayam-sellam » de lui faire une remise sur le prix du plantain et autres produits maraîchères vendus. Mal lui en a pris. Elle a été copieusement engueulée par la vendeuse. Selon ces voisines, cette commerçante est irritée depuis la matinée.

Des scènes d’irritation et d’injures sont récurrentes dans la ville de Douala. Plusieurs personnes expliquent cela par la diversité de mentalités recensée dans cette ville cosmopolite. « Les gens ici viennent de partout avec leur mentalité différente. Il est difficile de les canaliser d’où les débordements constant observés », soutien Martine Dimodi. Cette poussée fulgurante inquiète davantage les parents. Car, elle s’étend jusque dans les domiciles. Elevant ainsi la ville en capitale nationale des injures et engueulades publiques. Pour Etienne Nforgang, « ces scènes sont très vite captées par les enfants. De retour à la maison, ils le reproduisent exactement comme en route et c’est ainsi que nait les tensions dans les domiciles à Douala ». Quant à Bidjoka, étudiant en droit et sciences politiques à l’Université de Douala, ce phénomène s’expliquer par le fait que « Douala est situé dans une zone chaude. Par conséquent, les esprits sont toujours échauffés. Pour les abaisser, il faut se défouler et chez nous, ce sont les injures qui priment. Ailleurs, comme dans le Moyen-Orient, le défoulement, c’est la guerre ; voilà pourquoi, il y en a assez là-bas ».

80% de langage ordurier

S’agissant dudit phénomène, les sociologues ont aussi leur mot à dire. François Guebou Tadjuidje, enseignant de sociologie à l’Université de Maroua, l’explique comme étant le seul moyen de lutter contre les frustrations sociales et conjugales accumulées à longueur de journées. Finalement, la population « use d’un langage ordurier adopté à plus de 80% dans la ville de Douala. En majorité jeune, cette population exerçant des activités informelles, expriment aussi leur insolence dans la manière de se vêtir, de dépenser son argent pour pouvoir juguler les frustrations sociales souvent observer », explique François Guebou Tadjuidje. Pourtant, dans les villes comme Buea, Yaoundé ou Bafoussam, les injures et engueulades publiques sont moins fréquentes. Les habitudes et l’éducation devraient être revues dans cette ville.

Frank William BATCHOU

Lire la suite...

Dans certains coins de rue, vous trouverez encore et malgré leur état de délabrement avancé, des banderoles, des minis tableaux ou des tracts. Lesquels annoncent un 100% de réussite aux derniers examens officiels avec en toile de fond, le nom de tous les admis, série par série. Même un établissement qui présentait 120 candidats au baccalauréat avec au bout du compte 48 admis, 200 candidats au probatoire avec 100 admis, idem au Bepc, écrit aussi 100% de réussite. Très étonnant ! Comment peuvent-ils parler de 100% si dans les classes de terminale, de première ou de 3e, on dénombre encore des élèves de l’année précédente. Rassurez-vous, ils ne sont pas devenus des contrôleurs permanents dans ces salles de classe. Vous me direz et cela est vrai que nous ne sommes plus à l’heure des spéculations et la véracité des 100% d’un tel établissement ou d’un autre. Mais, l’heure est à la grande interrogation formulée sur le niveau de ses élèves déclarés admis ou non. Parce que, à les attendre parler ou à voir leurs écrits, on se croirait en face d’une personne du 3e âge qui, à l’époque, à cesser de faire cours à la Section d’initiative au langage (SIL) de l’école sous l’arbre ; ou encore d’un adepte de l’école buissonnière. Tant ils ont de la peine à faire une concordance verbale. Ils ignorent partiellement voire totalement les règles élémentaires de la grammaire. Par exemple : « Quand le premier verbe est conjugué, le second se met à l’infinitif » ou « Le participe passé des verbes pronominaux s’accorde en genre et en nombre avec le sujet, sauf si le pronom réfléchi peut-être analysé comme complément d’objet direct » ou encore « Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir demeure invariable ; sauf s’il est précédé d’un complément d’objet direct : dans ce cas, il s’accorde en genre et en nombre avec celui-ci ».

De peur de se faire corriger à chaque seconde ou à chaque bout de phrases, ces brevetés, titulaires de probatoire ou ces bacheliers utilisent désormais le « francanglais » pour communiquer aussi bien dans les salles de classe, les amphithéâtres que dans la rue. Cela justifie le repêchage de nombreux candidats lors des délibérations aux différents examens nationaux. Il vient aussi conforter les propos de Maurice Phouet Foé, le Secrétaire général du Syndicat national autonome de l’éducation et de la formation (Snaef) qui, dans une interview accordée au quotidien Mutations, a déclaré après la publication des résultats du baccalauréat édition 2010 que : « On prend à partir de 8 de moyenne.On s’efforce ensuite pour que ceux qui n’arrivent pas à ce niveau là aient des points par ci et par là. Et en fin de compte, vous vous retrouvez avec des résultats composés ». Cette situation n’empêche pas les « déclarés admis » de bomber le torse. Et aux différents chefs d’établissements scolaires de s’enorgueillir avec leur soit disant 100% de réussite.

La faute est-elle seulement celle des élèves qui, au fil des années, refusent de se cultiver ou de réviser leurs leçons ? Une réponse affirmative ne serait pas immédiatement le bienvenu. Car, il se dégage un constat dans nos établissements scolaires ces dernières années : L’absence des bibliothèques fournies et surtout la jeunesse des enseignants. Cette fois, vous me diriez qu’ils étaient intelligents pour achever aussi vite leur cursus académique et leur formation d’enseignant. Que non ! La majorité est constituée des étudiants n’ayant même pas encore obtenu leur licence à l’université, n’ayant reçu aucune formation en enseignement dans une quelconque école normale et qui commettent autant de fautes langagières que leurs élèves. Et de surcroît, ils se voient confier des salles d’examen (3e, 1ereet Terminale) ; dispensent des matières telles que : le français, l’anglais, les mathématiques, la physique-chimie-technologie et que sais-je encore. Bonjour des énormités débitées à longueur de journées et des confusions permanentes ; contribuant ainsi à affaiblir davantage les élèves. Alors, mesdames et messieurs les chefs d’établissements scolaires, avant d’entonner et de fredonner de longs mois durant et en fin d’année le refrain du 100% de réussite aux différents examens, rassurez-vous que vos élèves ont reçu un enseignement de qualité ; synonyme d’un résultat de qualité. Ne dit-on pas très souvent que « l’avenir d’un pays se prépare maintenant » et « nos dirigeants de demain sont ses enfants que nous formons bien ou mal aujourd’hui ». Un point d’honneur sur la formation de « vos » enfants s’impose.

Frank William BATCHOU

Lire la suite...

Le péage érigé dans ce village du Nyong et Kellé, sur l’axe lourd Douala-Yaoundé, serait un vivier de la production et commercialisation de cette partie du poulet. Il faut s’y arrêter pour découvrir le contraire. Quoique !

 

La petite ville de Boum-Nyébel est située entre les deux capitales (politique et économique) du Cameroun. Difficile de partir de l’une pour l’autre sans y faire un break. Même un passager plongé dans un sommeil comateux se réveille dès qu’il est au niveau du péage. D’abord, le cri des vendeurs qui courent aux abords des fenêtres. Brandissant leurs marchandises. Très bon prix (?) ! Ensuite, une grosse voix d’homme, toujours au rendez-vous. C’est « Tonton Domche », dans sa blouse blanche, qui propose les brochettes de gésier. 100 Fcfa l’un. A peine le bus s’est immobilisé, il y a déjà fait irruption. A tour de rôle, il propose ses brochettes en y expliquant ses délices : « Gésier bien chaud à 100 Fcfa. Très bon pour la santé surtout avec du piment maman. J’emballe combien pour le voyage ? ». Première remarque, c’est le niveau hygiénique de ce produit commercial. Pas de protection contre les microbes. Et les raisons ne tardent pas à être données. « Quelle protection veux-tu grand frère ? On enlève la viande directement du feu pour le proposer aux clients. Le feu tue les microbes mon frère. Si tu ne veux pas acheter mes brochettes, tu laisses », rétorque un vendeur de brochette qui s’appellerait Johny.

Curiosité

La première est la permanence de la vente, dit-on, du gésier de poulets à cet endroit. Et à toute heure. Etonnant ! Une passagère de d’expliquer qu’il ne « s’agit pas seulement du gésier. Mais d’un mélange de viandes vendu aux passagers. C’est soi du poulet ou du bœuf qu’ils vendent et parlent à tout moment du gésier. La dernière fois, je voulais manger ce gésier mais, je me suis retrouver entrain de bouffer du mouton ». Il faut y voir plus clair ce 17 août 2012. Aller à la rencontre des commerçants pour savoir exactement quelle quantité de poulets écorchent-ils ? « Nous n’écorchons presque pas de poulets ; il y a des personnes qui viennent nous les livrer. On achète aussi les autres poulets dans les poissonneries qu’on transforme en brochette pour les commercialiser chaque jour », souligne Johny avant d’ajouter : « On ne fait pas que le gésier ici. On vent aussi les brochettes de bœufs et de d’autres viandes même le rôti de poulets ».

Pour son acolyte, la mise en exergue du gésier est due à son côté brisé par les camerounais en général et les voyageurs en particulier. Raison pour laquelle, « nous sommes obligés de le mettre en avant afin de mieux vendre parce que ce sont les passagers qui nous font la recette. Sans eux, nous ne sommes rien. On a les gésiers mais en nombre insuffisant mais, c’est de la viande bien connu et bien faite. Ils ne devraient pas se plaindre », ajoute un vendeur. Une thèse soutenue par Pierre Koloko, un client régulier sur cet axe routier : « La viande c’est la viande, du moment où elle est bien faite. Je suis commerçant et je voyage au moins une fois par semaine sur cette route. Je ne peux pas passer ici sans m’arrêter pour déguster les brochettes ». Qu’il y ait tromperie ou pas sur la marchandise, le péage de Boum-Nyebel garde son statut de site par excellence de la « vente du gésier ». Bon appétit !

Frank William Batchou

A Boum-Nyebel

Lire la suite...

Malgré son interdiction durant cette période, cette activité pédagogique fait de très bonnes affaires. L’avis des parents est mitigé.

 

Mardi 7 août 2012. 12 heures environ. Nous sommes dans l’enceinte du Lycée bilingue de Deïdo. L’établissement vit comme en période scolaire. Des va-et-vient sont fréquents dans l’enceinte. Au babillard, des jeunes admirent encore et avec fierté les noms présents sur la liste des admissibilités au probatoire de l’enseignement générale. Ils sont heureux d’avoir bravé cet examen qui ouvre les portes de la classe de terminal. Non loin d’eux, d’autres discutent en groupuscule. Soit sous les vérandas des différents bâtiments soit dans les recoins de la cours de récréation. « Ce sont les élèves qui font les cours de vacances. Certainement qu’ils ont déjà fini leur cours. Si vous êtes là pour les inscriptions, c’est là bas. Si c’est pour les responsables des cours de vacances, ils sont dans le bâtiment derrière celui là », renseigne respectueusement le vigile. Tout en nous indiquant la direction à prendre.

Il faut effectuer quelques mètres pour découvrir l’effectivité de cette activité « lucrative ». Pas moins d’une vingtaine d’élèves par salle de classe. Ils sont très studieux aux explications de matchs, de physique, français, anglais ou espagnol (…) données par le professeur en blouse blanche. Un scenario observable au sein l’école publique et l’école catholique Saint Gérard de Deïdo, à l’Ecole privée laïc de la cité belge et dans plusieurs autres établissements scolaires de la ville de Douala. Voire même au-delà. S’inscrire à ses cours permet « de nous mettre à niveau avant la rentrée afin de mieux préparer mon examen, le baccalauréat, en fin d’année prochaine. Ça fait une semaine comme je suis là et ça se passe plutôt bien », souligne Edith ; rencontrée au Lycée bilingue de Deïdo. Roland Fabius dit être inscrit en 6e par son père en guise de punition pour avoir refusé d’aller au village avec ses frères. Une contrainte !

Interdiction

Plusieurs parents, estiment que c’est le seul moyen pour eux de se débarrasser de leur progéniture pendant les vacances. « Ils n’ont rien à faire à la maison si ce n’est que manger, dormir et faire du désordre toute la journée. Il faut les occuper par ses cours. Ils se rodent aussi  avant la rentrée scolaire », affirme Henri Etia. Une thèse que rejette Tchialeu Edmond estimant que « la période des vacances doit permettre aux élèves et aux enseignants de se remettre de tous les efforts et sacrifices consentis tout au long de l’année scolaire afin de démarrer la nouvelle année dans les très bonne conditions ». P. Daheu d’ajouter : « Après neuf mois de classe, l’enfant est épuisé moralement. L’inscrire à ses cours c’est le privé de repos. Et pendant l’année scolaire, ses résultats sont très médiocres ».

Au-delà de ces avis, les cours de vacances sont prohibés dans toute la région du Littoral depuis 2007. Une interdiction réaffirmée le 11 mai 2011 lors d’une réunion sectorielle à Douala par les délégués régionaux des Enseignements secondaires et de l’Education de base pour le Littoral. Dans une interview, Jean Jules Ebongue Ngoh, délégué régional des Minsec, estimait que « les élèves et les enseignants doivent s’occuper à divers loisirs, s’occuper à des travaux agricoles, apprendre les langues maternelles, se frotter aux us et coutumes qui, demain, feront d’eux des citoyens accomplis dans tous les sens. Nous avons également constaté que ce que les enseignants construisent le long de l’année scolaire est parfois détruit pendant ses cours de vacance par des enseignants de fortune et de qualification approximative ». Une mesure qui reste à appliquer.

Frank William BATCHOU

Lire la suite...

Les résultats du test radiographique effectués à la clinique Help medical foundation révèle une fistule vagino-rectale du nourrisson. Une opération a été prescrite par les médecins.

 

C’est un père meurtri dans sa chair. Ekambi Monie Kenedy, puisqu’il s’agit de lui, est habitant de Dibombari, une petite bourgade sis à une quinzaine de kilomètres de la ville de Douala. Sa fille aînée, âgée seulement de dix-sept (17) mois a été conduite à la clinique Help medical foundation à Akwa, sur recommandation du gynécologue obstétricien de l’Hôpital de Bonassama, pour des examens médicaux de fistulographie. Les résultats produit par le radiologue Dr George Assam relèvent « une mise en évidence d’un trajet fistulaire vagino-rectale avec opacification du tube digestif distale ». Un test qui arrive à la suite du rapport médical signé le 2 juillet dernier par Dr Fogaing A. Dupleix, gynécologue obstétricien, en service dans ledit hôpital. Il ressort de ce rapport que, le nourrisson « âgé de 18 mois présente un traumatisme vulvo-vaginale perméable et infecté. Le viol est certain », lit-on ici. La petite Agnès N. doit suivre une opération chirurgicale pour que, apprend-t-on, le pus contenu dans son ventre soit extrait.

Un fait qui ne passe pas inaperçu. La société civile via l’Association La colombe, s’étant saisie de l’affaire. A travers un communiqué de presse, elle dénonce cet acte d’agression sexuelle considéré comme criminel et « condamne avec la dernière énergie de tels actes. En appelle à la vigilance et à l’implication de tous dans ce combat ».

L’examen fait ce 11 juillet 2012 à Douala arrive avec plus d’une semaine de retard. Faute de moyens financiers. « Il fallait environ quatre cents mille (400.000 Fcfa) pour effectuer tous les examens. Ce qui n’est pas évident pour quelqu’un comme moi. On n’a même pas la possibilité de retourner au village », explique Ekambi Monie. Son frère aîné, Samuel Sonnè, de renchérir : « Le service social nous a promis 100.000 Fcfa. Depuis là, on n’a plus de retour. On ne sait pas comment on fera pour soigner notre fille qui souffre ».

Disparition

L’histoire remonte au 30 juin 2012. Agnès N. est portée disparue alors « qu’elle se rendait chez sa tante à quelques mètres de la maison avec ses frères. Nous l’avons cherché en vain. C’est au petit matin du dimanche 1er juillet (à 9h, Ndlr) qu’on la retrouve derrière la maison de Ebongue Etame Mazarin », lit-on sur la plainte adressée à l’attention du commandant de la Brigade de gendarmerie de Bwélélo-Dibombari, le même jour de la trouvaille. L’enfant retrouvé, la famille s’est immédiatement rendue à la « Brigade pour information, nous l’avons (Agnès N) amené à l’Hôpital de Bonassama d’où il ressort qu’elle a été violée mystiquement ; photo à l’appui. Je viens vers vous pour que justice soit faite et que ma fille retrouve sa santé car à l’hôpital, il faut 400.000 Fcfa pour l’opération chirurgicale », ajoute le plaignant via sa plainte.

Ekambi Monie Kenedy craint que « des parties internes de l’organe de sa fille soient enlevées » par les présumés kidnappeurs du nourrisson qui ont failli à une vindicte populaire nu été « l’intervention du chef du village qui a calmé la population en convoquant une assise. Mais, les choses vont lentement vu ses multiples occupations », rapporte Samuel Sonnè. Une enquête a été ouverte à la Brigade de gendarmerie de Bwélélo-Dibombari. Affaire à suivre !

Frank William BATCHOU

Lire la suite...

La musique camerounaise est malade

Les messages véhiculés et la qualité des vidéogrammes qui frisent la pornographie, contribuent à détériorer davantage notre musique au quotidien.

La musique camerounaise est malade. Cette maladie prend des proportions inquiétantes. L’artiste est un messager qui devrait apporter sa contribution à l’édification de la nation. Mais chez nous, il excelle dans la production des œuvres dans lesquelles se côtoient déviances verbales et obscénité chorégraphique. Ces œuvres inondent et crèvent nos écrans téléviseurs à longueur de journées. Avant et après le journal, il n’y a que ça ! Durant les interludes ou entre deux programmes, c’est encore et toujours ça ! Des danses et chansons, tout aussi lubriques les unes que les autres. Tout se passe comme si les chorégraphes camerounais, voire africains, ne pensent qu’à ça ! J’ai scruté avec peine toute cette semaine les vidéo-clips des rythmes musicaux tels que l’Oriengo, le Ndombolo, le Tchoukoussa, le Mapouka, le Bobaraba, le Bikutsi, le Rap, le Rn’b, le Ben-skin, entre autres, et je n’ai vu que ça.

Vous vous demandez sans doute que « ça » c’est quoi ? Eh bien ! « Ça » c’est les spectacles impensables et inimaginables pour un africain, que ces vidéo-clips nous servent. Ici, l’accent est toujours mis sur les mouvements de hanches et du postérieur. A cela, s’ajoute des vêtements laissant impudiquement transparaître les courbes gracieuses et généreuses du corps, et parfois des parties dites intimes des danseuses. Lesquelles ont un âge moyen oscillant entre 18 et 29 ans. Je vous assure et croyez-moi, la chute de leur hanche peut abjurer un prélat. C’est à peine si l’on ne se croirait pas dans une partie de strip-tease avec en prime, des gestes proches à des invites sexuelles. Hier, on se plaignait des formules : « la queue de ma chatte » de K-Tino, « le ventre et le bas ventre » de Lady Ponce. Aujourd’hui, on est obligé de subir, malgré les répressions, les « ça là prend cadeau », « ça là prend pour toi », « l’homme est l’homme quand ça se lève », « l’homme est l’homme quand c’est dure » ! Désormais, les noms parlent d’eux même : Chatty la chatte, le démarreur. Excusez du peu. Dans le milieu artistique, l’on parle du côté sexy des danseuses africaines, la liberté d’expression et de créativité comme justificatif.

Il est vrai que le Cameroun s’est arrimé à la mondialisation. Mais, nos artistes ne doivent pas oublier que nous sommes africains. Qui dit africains parle de la probité morale d’un être avançant des propos et des gestes ne pouvant pas blesser la pudeur d’autrui. Les diffuseurs « radio et TV » doivent aussi s’assurer de la qualité des vidéos et audio avant toute diffusion. Sinon, imaginons les effets graves sur l’éducation de nos enfants et sur notre identité culturelle. De plus, ces danses et chansons peuvent aussi remettre en cause les vertus fondamentales de notre société. En attendant que chacun de nous prennent conscience, il est judicieux que les responsables en charge de la culture freinent cette gangrène qui avance à une vitesse faramineuse. Ainsi, nous pourrions retrouver ces belles mélodies et chorégraphies des années 80 et 90.

Frank William BATCHOU

Lire la suite...

 

Un casting a été organisé dimanche 17 juin 2012 en vue de sélectionner les deux candidates qui représenteront le Cameroun à New-York et Londres en juillet et août prochain.

 

Elles étaient dix-sept au départ. Au final, elles ne sont plus que quatre à être sélectionnées : Edmonda Barbara, 24 ans, Audrey Wato Nzitchoua, 21 ans, Tia Malafa, 24 ans, et Marie Corine Obama, 28 ans. Exceptionnellement, une cinquième finaliste a été retenue bien après le casting. Il s’agit de Cynthia Tayou. « Elle rejoindra les quatre autres choisies lors du casting. Kibonen NFI et David NSO, fondateurs de la Cameroon Fashion Industry ont pensé qu'elle a beaucoup de potentiel et qu'il faut lui donner une chance de participer pour saisir cette opportunité de défiler lors des Africa Fashion Weeks de Londres et de New-York », informe Jodelle Mayoda, assistante de Kibonen Nfi au Cameroun. Le casting organisé par la Cameroon fashion industry ce dimanche 17 juin 2012 à Douala est présidé par un jury constitué de Jackie Patcha et Munghai Nfi, consultants en mode, Alain Ngann et Guy Ella, photographes professionnels et Félix Ngambi Manga, président de l’Association des mannequins professionnels du Cameroun (Ampc). Les quatre heureuses retenues ont été évaluées sur les critères de l’expression courante d’anglais, la taille (mesurer au moins 1m80), être libre, disposer d’un passeport en cours de validité et être âgée entre dix-huit (18) et vingt-quatre (24) ans.

 

Au terme de cette première sélection, « nous allons les coacher les cinq mannequins retenus en langue anglaise, à l’expression en public, à l’amélioration de leur façon de marcher. Puis, nous mettrons leur photos sur la toile (facebook, Ndlr) et les internautes choisiront, dans deux semaines, les deux meilleurs qui représenteront le Cameroun », rapporte Félix Ngambi Manga, le président de l’Ampc qui compte un peu plus de trois cents membres. Les deux mannequins plébiscités par les internautes et cinq stylistes dont les noms ne sont pas encore dévoilés, prendront par à l’African fashion week qui se tiendront à New-York et à Londres respectivement en fin juillet et début août 2012. Une grande première pour les acteurs de la mode camerounaise. Car, la Fashion week-end donnait la possibilité depuis cinq ans aux stylistes africains de présenter leurs modèles. Et ceux-ci n’étaient portés que par des mannequins étrangers.

Cette fois, « la possibilité est donc donner aux mannequins camerounais de devenir professionnels et de vivre (de) leur passion. Mais également de démontrer qu’une vraie industrie de mannequins existe au Cameroun », explique Adeline Ntoh de la structure Cameroon fashion industry. Une aubaine qui a été offerte grâce au déploiement de Kibonen Nfi, créatrice de modèle, et David Soh, ancien mannequin camerounais ; tous deux basés à New-York se battent au quotidien pour promouvoir la mode camerounaise aussi bien en Afrique qu’au-delà du continent africain.

Frank William Batchou

 

Lire la suite...

Certaines musiques  sont interdites dans des églises comme quoi, elles sont conçues par des adeptes des églises dites de réveils.

 

Je l’avais déjà dis la semaine dernière, que je ne voulais pas m’aventurer sur un terrain religieux. Il est plus glissant qu’une piste de sky en plein hiver. Plus les minutes s’égrainent, plus les journées se meurent et que les nuits se succèdent, l’affaire là me colle à la peau, comme une puce. Je me suis donc rendu à l’évidence que les faits sont plus têtus et plus collants que ce diable aux trousses de Jésus dans le désert pendant quarante jours. En vérité en vérité, je vous le dit : je ne savais pas que dans la maison de Dieu, la musique dite chrétienne pouvait créer les problèmes. Rassurez-vous on est toujours dans la culture. On est ensemble ???

Je vous le jure, la culture ci me fait marcher comme un chien dont-on a coupé la queue. Dimanche dernier, je me suis retrouvé dans une église évangélique de la ville de Douala. Mon frère… l’ambiance était semblable à celle qu’on vit au lendemain de la nomination d’un proche à un poste important dans cette République. Exactement comme le frère de Donny Elwood qui est...  en haut ! Chanter c’est prier deux fois. Vrai ou faux ? (Vrai parce que je l’ai aussi appris à la catéchèse). Les gars dansaient plus que les turbines de Petit Pays. Enchainement avec la chanson « Je suis dans la joie… » du Pasteur Guy et « Je suis libéré » de Maggie Blanchard. Mais, elle a été interrompue et interdite dans cette paroisse par le pasteur. Pour lui, cette musique appartient aux églises dites de réveil. Pasto ! J’ignorais que la musique chrétienne avait déjà un acte de naissance et que la paternité de certaines musiques était reconnue à une église « X ». Et son exécution, nuisant à une église « Y ». Pourtant, dans la même église, les musiques du groupe « Gaël » sont autorisées ?

La musique, qui plus est religieuse, est une thérapie. Les uns et les autres devraient taire leurs égaux et ne voir que le bon côté de la chose. La qualité de sa mélodie et la pertinence de ses textes. Elle doit curer les esprits et sauver les âmes. La confondre à une musique de division est un mauvais jugement. Encore au Cameroun, considéré comme une terre d’amour. Il faut un peu de tout pour construire un monde. Il faut associer presque toutes les musiques pour promouvoir « La Nous culture Cameroun ». Surtout quand elles visent toute, le même objectif. Proscrire une musique chrétienne dans une église est, à mon sens, un acte ignoble. Et celui qui le fait, n’est pas différent d’un aventurier en plein désert, sans boussole. Ces mêmes gens qui interdisent sont les mêmes qui se plaignent qu’elle n’est pas jouée dans les médias à longueur de journées comme « les autres » musiques. C’est aussi par là que s’ouvre la porte du bonheur. Seule l’abolition de cette discrimination permettra d’éviter qu’on te dise le moment venu… « Keuleu… sort » !

Frank William BATCHOU 

Lire la suite...