Ça y est c'est fait!

Il l'a fait. Dans son discours à la nation le lendemain des jeux africains alors que le torchon brûlait du côté de l'Afrique de l'Ouest, au Burkina Faso, Monsieur Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo a annoncé.

Mais en annonçant, il n'a pas donné de date précise. Un message vague, comme s'il s'essayait à titiller ses opposants politiques.

Une annonce tout à fait incohérente et incompréhensible à une année des élections présidentielles, surtout lorsqu'on sait que la Loi fondamentale congolaise lui interdit de se représenter aux prochaines échéances électorales présidentielles. Son âge sera en péremption par rapport à cette élection. Peut-être devrait-il songer à s'engager comme député. Ce qui ne serait pas une mauvaise chose pour lui. Ou encore maire de l'une des villes du Congo. Cela se fait sous d'autres cieux démocratiques et pourquoi pas au Congo? Il pourrait ainsi en tant que maire se consacrer à la modernisation de sa commune.

Voici en substance les arguments qu'il présente pour convoquer ce référendum.

"Mes Chers Compatriotes, En me fondant sur le premier alinéa de l’article 3 de la Constitution qui stipule que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce au moyen du suffrage universel par ses représentants élus ou par voie de référendum », et sur le troisième alinéa de l’article 110 de la Constitution qui attribue l’initiative des référendums au Président de la République concurremment avec le Parlement,
J’ai décidé de donner la parole directement au peuple afin qu’il se prononce sur le projet de loi énonçant les principes fondamentaux de la République, définissant les droits et devoirs des citoyens et fixant les nouvelles formes d’organisation et les nouvelles règles de fonctionnement de l’Etat ». 

Ce qui est par ailleurs étonnant c'est qu'on a du mal à déceler le contenu exact de ce référendum. Monsieur le président parle de faire évoluer les institutions, mais pas de la violation de l'article qui le maintiendrai comme président à vie de la République du Congo. Mais selon les experts et juristes congolais, la convocation d'un référendum en soi est un coup d'éclat à la stabilité du pays.

Selon eux: le référendum n'est pas fondé sur un consensus. il n'a aucune consistance juridique. Convoquer ce référendum est, en troisième lieu, une faute politique, car le chef de l'État menace les congolais opposé à sa démarche. Il se place ainsi au-dessus de la loi, se considérant ainsi comme celui qui est censé diriger et orienter. (Cf Analyse de Monsieur Manangou, docteur en droit ) http://https://www.facebook.com/ghdfdaaaaaaaddddd/posts/10153608486362889

Que dire alors de la cour constitutionnelle de la République du Congo qui a validé ce coup d'éclat? Ya t-il différents types de droits existants ou bien, comme la plupart des élites congolaises, les membres de la cour constitutionnelle, éminentissimes juristes ont choisi la voie de la corruption, de la bassesse et du coup d'état.

Il faut rappeler que le Congo un pays de 4 millions d'habitants, riche en ressources de sous sols et en bois, est l'un des pays du monde où la division sociale est distincte et où la politique est la voie la plus facile pour s'enrichir financièrement. À l'époque pays de grande culture, les congolais ne gardent aujourd'hui que leur gros français où morale et probité ont du mal à cohabiter. Aucune structure de ce pays ne montre que le Congo a un avenir intéressant. L'éducation, censée préparer l'avenir, est bafouée et reste l'un des domaines les plus sacrifiés et mêmes brimés au profit certainement d'autres priorités non moins importantes. À croire que les élites congolaises à la tête des institutions ont l'éducation en horreur. Le congolais moyen vit en deçà d'un dollars par jour, sinon en deçà de rien. C'est un peu, comme dans l'état de nature où prédomine la loi du plus fort. La loi de la jungle. L'un des paradoxes les plus patents, c'est que dans ce pays, la machine chinoise fonctionne à coup de bétons et de truelles. On voit s'élever des buildings à l'américaine, mais sans eau ni électricité et l'on finit par se poser la question de l'entretien futur de ses beaux bâtiments, puisque les personnes censées s'en occuper n'ont reçu aucune formation. Bref! Au Congo, il ne fait pas bon être malade quand on est cadre moyen ou quand on est pauvre. le système de santé normal est quasi inexistant. Mais les autorités ont la chance de se soigner en Occident. La question de la santé de la population ne se pose pas à eux. Ce qui est encore paradoxal, c'est qu'au Congo, on note une certaine massification de diplômés sans emploi. Mais d'autres ont choisi de passer le reste de leur vie en Occident non pas parce qu'ils l'auront choisi, mais parce que l'instinct de survie surplombant l'existence, on choisit facilement de vivre en France où l'éducation scolaire est une priorité et où tout le monde peut se soigner. Dans ce cas, peu importe que le travail exercé ne concorde pas avec le diplôme que l'on incarne. L'argent n'a ni couleur ni odeur.

Devant ce constat accablant qui ne laisse personne indifférent, sauf peut-être les proches du président. Quoique, la question de la révolte et de la violence semble immanente et imminente. Mais du point de vue de la politique, le président Denis Sassou Nguesso semble oublier que la marche de la démocratie peut être irrépressible. Pour reprendre les mots de Tocqueville, la démocratie est comme les eaux du déluge. Il écrit

« La démocratie ! N’apercevez-vous pas que ce sont les eaux du déluge ? Ne les voyez-vous pas s’avancer sans cesse par un lent et irrésistible effort ? Déjà elles couvrent les campagnes et les villes, elles roulent sur les créneaux détruits des châteaux forts, et viennent baigner jusqu’aux marches des trônes. Vous reculez, le flot poursuit sa marche, vous fuyez, il court derrière vous. Vous voici enfin dans votre dernier asile et à peine vous êtes-vous assis pour reprendre haleine qu’il a déjà couvert l’espace qui vous séparait encore de lui. Sachons donc envisager l’avenir d’un œil ferme et ouvert. Au lieu de vouloir élever d’impuissantes digues cherchons plutôt à bâtir l’arche tutélaire qui doit porter le genre humain sur cet océan sans rivages"

Monsieur Sassou-Nguesso aurait-il donc des yeux bandés ou s'illustrerait-il par la provocation? L'intérêt du peuple a-t-il de la valeur aux yeux des hommes politiques ou bien ce seront toujours leurs intérêts personnels qui prévaleront? De mon point de vue, le Congo n'a pas besoin d'une transition, car il a déjà connu plusieurs transitions. On ne peut pas prétendre vivre dans un état démocratique et être éternellement suspendu à l'idée de transition. Le président de la République doit repousser les tendances à la personnification du pouvoir qui habitent les membres de son bord politique. Nul n'est au-dessus de la loi, ne cesse-t-il de répéter. Qu'il en incarne l'exemple pour permettre à cette nation et à cette jeunesse d'espérer. Un président démocratique ne peut pas faire allégeance au despotisme.

Les congolais vont-ils encore écrire l'histoire au crayon cette fois-ci?

Pénélope Mavoungou, 

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