Le modèle néo-classique de croissance stipule que les écarts de richesse ou de niveau de vie se réduiront entre économies et que, par conséquent, les économies pauvres rattraperont le niveau de richesse des plus riches, si seulement les économies, pauvres et riches, ont accès à la même technologie, c’est-à-dire, en d’autres termes, la même technique de production, cette idée, dite de « convergence absolue des niveaux de vie », a reçu une attention considérable et a permis d’agrémenter les débats relatifs à l’opportunité de l’intégration régionale, notamment, la question qui se pose est celle de savoir si les mouvements de libéralisation commerciale pourraient conduire à une réduction des écarts de richesse entre partenaires à l’accord commercial, ceci, dans la mesure où, ces mouvements de libéralisation commerciale s’accompagnent d’effets qui peuvent conduire, à terme, à un rapprochement des niveaux de vie au sein de l’espace d’intégration, comme, par exemple, l’accroissement du commerce intra-communautaire


"ce n'est pas suffisant pour dire que on ne peut pas développer un commerce entre nous parceque on n'a pas la même monnaie" propos de Jean-Louis Ekra, président de la banque africaine d'import-export Afreximbank, cités sur RFI à l'édition du 29 janvier 2012 du débat africain

 

Puisque, la zone CEMAC (Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale), ensemble constitué des six économies d’Afrique Sub-Saharienne situées en Afrique Centrale et membres de la zone franc (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée-équatoriale, République Centraficaine, Tchad), d’une part, a engagé depuis 1969 d’importantes mesures afin de libéraliser les échanges commerciaux entre ses Etats membres, d’autre part, ses Etats membres partagent, en commun, une même monnaie, son expérience peut permettre d’identifier la nature du lien entre monnaie et commerce intra-communautaire, à cet effet, comme, entre 1995 et 2005, le commerce intra-communautaire en zone CEMAC, d’après les données de la BEAC, représente par rapport au total de ses échanges commerciaux (respectivement, par rapport à ses échanges commerciaux avec le reste de l’Afrique) seulement 3% en moyenne (respectivement, seulement 5% en moyenne), n’est-il pas raisonnable de considérer que la monnaie constitue seulement un catalyseur du commerce intra-communautaire sans, toutefois, en être un obstacle.      

 

Enfin, comme conclusion, il convient de noter que l’essentiel des échanges commerciaux de la zone CEMAC s’effectue avec les pays développés, en effet, en guise de comparaison, alors que 23% de ses échanges commerciaux s’effectuent avec les Etats-Unis, 49% de ses échanges commerciaux s’effectuent avec l’Union Européenne.

 

 

 

Oscar KUIKEU est docteur ès sciences économiques, avec la mention Très Honorable, de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour (FRANCE).

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