L’Afrique, ce riche continent est devenu cet ogre ou ce monstre qui dévore ses enfants dès qu’il les accouche. Ses enfants deviennent certainement des condamnés à la peine capitale, évadés de prisons dont l’unique solution est de fuir leur sentence. Ces idées découleraient d’analystes lointains. Mais la réalité est ailleurs. Car, ce n’est pas seulement la mort physique que le immigrants fuient, mais la tragédie à laquelle ils tentent d’échapper, et qui est loin d’être moins douloureuse. Aujourd’hui, avec le contexte de la mondialisation qui élimine les barrières, le déclin démographique et le vieillissement de la population dans l'Union européenne (UE), le développement des migrations économiques n’est –elle pas une solution alternative au niveau européen pour répondre aux besoins du marché du travail ? Et pourtant, chaque jour, ce sont des milliers d’immigrés qui sont rapatriés dans les pays Africains.
Ampleur du phénomène
La migration forcée est ancrée dans la culture des Africains.
En 2001, 44 841 immigrés en situation irrégulière ont été rapatriés ou expulsés d’Espagne vers leur pays d’origine (Maroc, Colombie et Equateur en tête) ; 22 984 autres ont été détenus sans papiers, dont 21 706 Marocains. 12 976 étrangers, en majorité des Marocains (contre 6 579 en 2002), ont enfin été expulsés par procédure judiciaire, en application de la nouvelle loi sur l’immigration adoptée le 23 décembre 1999. L’Espagne, vieux pays d’émigration qui comptait encore très peu d’immigrés dans les années 1980, accueille, en 2001, 1 243 919 étrangers officiels, dont 46 % d’extracommunautaires.
Le chiffre est estimé à environ trois millions en Europe. S’il faut ajouter tous les clandestins qui vivent dans les mêmes conditions en Amérique, en Asie et dans certains pays d’Afrique, les personnes en situation irrégulière constituent une grande communauté des exclus à la construction de l’humanité. Quelque soit la voie utilisée pour entrer en Occident, les conclusions amènent à deux sortes d’immigration:
-l'immigration clandestine apparente qui s’opère à travers les groupes de personnes n’ayant aucun papier et entrant frauduleusement sur le territoire étranger. C’est ce qui se passe entre les frontières qui séparent le Maroc et l’Espagne ;
- une autre porte d’entrée en Occident est celle de l’immigration camouflée. Elle s’opère quant à elle de manière souple. Les futures « sans papier » entrent par la grande porte, c'est-à-dire qu’ils remplissent toutes les conditions posées par les services d’immigration de leur pays d’accueil.
A l’heure actuelle, les Maliens migrent encore plus qu’avant. Selon le ministère malien des Affaires étrangères, quatre millions, soit plus d’un tiers des 11,7 millions d’habitants que compte le pays, vivent à l’étranger.
Balises :
Partager
- Pièces jointes
-
-
▶ Participer à la discussion