A la suite de la chute du cours des matières premières, au début de la seconde moitié de la décennie 1980 (dès 1985), sous pression des institutions de Bretton Woods, les économies de la zone franc s'engagent, à partir de 1990, vers la voie des ajustements internes, autrement dit, comme la Grèce à l'heure actuelle, elles adoptent des mesures d'austérité (à la fois, monétaires et budgétaires).

Cependant, face à la crise, ces mesures d'ajustement interne n'ont eu aucun effet, puisque, entre 1985 et 1993 (avant la dévaluation du franc cfa en 1994), la croissance économique ralentit d'environ 1.47% l'an.

Qu'est-ce qui n'a pas marché ?

Depuis l'irruption de la stagflation, à la fin des années 1970 et des années 1980, on sait que, les mesures d'austérité sont nécessaires lorsqu'il y a, à la fois, une demande excédentaire, autrement dit, une forte inflation, et une récession, autrement dit, un ralentissement de la croissance économique, or, en zone franc, avant l'adoption des mesures d'ajustement internes, l'inflation était basse, par exemple, en zone CEMAC, l'inflation passe environ de 4%  en 1985 à 3% en 1990, autrement dit, contrairement aux recommandations du FMI, les économies de la zone franc avaient besoin de stimulation.

Ceci dit, ne convient-il pas de féliciter l'initiative, de la comission de l'Union Africaine, d'un Fonds monétaire africain !

 

Oscar KUIKEU est docteur ès sciences économiques, avec la mention Très Honorable, de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour (FRANCE).

 

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