Vu le comportement ou conduite des puissances occidentales ou institutionnelles (guerres ou frappes militaires en Afrique), doit-on se poser des questions?

 

A quoi ou à qui se réfère t-on?

 

Merci.

Balises : Afrique, ONU, arabe, conseil, de, guerre, libye, ligue, sécurité

Vues : 84

Participer à la discussion

Réponses à cette discussion

considerons que l'ensemble des humains(toutes couleurs confondues) forme l'humanité et que cette humanité dont nous sommes acteurs se doit d'etre solidaire:il ya bien lieu que l'occident ou tout autre puissances viennent au secour des personnes en danger.c'est donc legitime de proceder aux frappes millitaires pour proteger les inocents citoyens. mais ces frappes millitaires ne sont louables que si l'intension est de proteger véritablement les populations. la question de souverainete doit quelque part etre occulté quand il s'agit de la defenses des innocents :le contraire est blamable

Bonjour KIMA,

 

Une vison bien générale et très intéressante.

Vous faites cas de "l'intention"; le volet "intérêt" n'est pas aussi négligéable.

Juste quelques remarques de formes que je souligne.

 

Merci.

Oui mon cher Compaoré, il y a une norme universelle et cette norme à mon avis est la sacralité de la vie humaine. on peut faire des guerres, il peut y avoir des crises et autres mais tout n'est pour autant pas permis.il y a un droit de la guerre et un droit humaniaire qui devraient prévaloir en situation de guerre ou de crise. et au nom de cette norme universelle de la sacralité de la vie humaine, celles que nous appelons grandes puissance ou les Nations Unies devraient pouvoir intervenir quand justement la vie humaine est menacée, quand des abominations sont commises contre des civils, etc.

Bien sur il y a la question des intérêts, mais pourquoi cela devrait-il nous émouvoir? les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts. ca c'est une triste réalité des relations internationales et il faudra s'en accomoder. Et si les dirigeants africains pensent plus à leurs propres intérêts qu'aux intérêts de leurs pays et de leurs populations, on n'a qu'en prendre à eux. 

Merci Maryse,

 

Vos idées sont concordantes, je vous en remercie.

La question que je me pose, est-ce "le vrai" est universel?

Le droit du baton est sans limite, sans fin?

Le capitalisme n'est pas source de tous les maux?

 

NB: je jette des questions pour élargir le champs de débats.

L'universel selon ma compréhension, c'est ce qui vaut, ce qui est la même chose un peu partout dans le monde, que je sois au Bénin, au Sénégal, au Maroc, en chine, ou belgique, en azerbaidjan, etc... ainsi, l'heure par exemple n'est pas universelle. partant de là peux tu repréciser tes qusetions STP? de quel "vrai" parles-tu? et qu'entends tu par le droit du baton?

Merci de tes questions?

Une resolution de l'ONU est-elle toujours vraie, si les detenteurs de droit de veto ne s'y opposent pas?

 

Si la resolution est votée, les puissances (droits du baton) sont-elles bien légitimées (droit:justesse) à frapper?

 

Un homme que je ne citérai pas disait " qu'il préfère les armes au pain, car avec les armes il a le beurre".

 

Merci.

La vérité étant pluridimensionnelle, ce que moi je prends pour vrai ne l'est pas nécessairement pour tout le monde. Est-il vrai que les PAS dominés par les nombreuses privatisations, étaient la solution à nos problèmes économiques, maintenant que l'occident est confronté à des problèmes similaires avec la crise de 2009 les solutions étaient complètement l'opposé des notres.
Est-il vrai qu'il y avait des armes de destruction massive en Irak, lorque cela les arrangeaient les membres de l'administration américaine a soutenu cette thèse à coups de matraquages médiatiques, et maintenant c'est ces même média qui nous dit le contraire.
Ces dernières années nous ont montré que la vérité dépend de celui qui est puissant et devient les médias.
Sinon, qui parmi vous tous peut me dire qu'il connaît Khadafi, qui est parti en Libye et sait si les rebelles ont raison. Je ne soutien pas que Khadafi a raison ou pas, je veux tout juste tirer votre attention sur le fait que nous sommes les esclaves de ce que disent les médias. Visitez le site du journaliste indépendant www.michelcollon.info. Vous y verrez un peu plus clair.

Merci Kiemdé,

 

Vous avez sans doute raison avec vos idées.

 

En ce qui me concerne, je pose juste des questions pour ouvrir un débat ou animer.

 

Merci pour cette intervention bien argumentée.

 

Best regard.

Bonjour MAHAMOUD,

Je constate que les arguments s'orientent presque tous dans le même sens.

Merci pour votre passage.

Vos posez des questions que certaines personnes viendraient y répondre.

 

Le débat est bien ouvert à tous.

Best regard.

Salut,

Merci pour ton retour et ta vison.

 

L’Afrique manque une vision, des innovations et d'ordres.

 

Je pense et j'en suis convaincu que les ressources humaines sont à présent sur place.

A nous de nous unir, au vrai sens du mot, et de nous réorganiser.

 

Le développement est un tout, alors, il faut attaquer les domaines clés et innover dans ces secteurs.

 

Ensembles, construisons l'Afrique car personne d' autres ne le ferait à notre place.

 

A vous lire tous, car c'est une tribune.

 

Best regard.

Salut je sais que l'intervention ci est très longue et je sais le dégoût que nous avons tous à parcourir les longs écrits sur le net. Mais je vous en pris et même je vous en supplie prenez le temps de le lire attentivement je vous assure que cela vous sera très profitable.
C'est un écrit sur la guerre en Libye qui borde le thème de cette discussion.
C'est tiré du site que j'ai donné dans ma première intervention.

Vous êtes très nombreux à réagir à la guerre en Libye et à envoyer vos questions. Michel Collon qui a publié plusieurs livres sur les stratégies de guerre des Etats-Unis et les médiamensonges des conflits précédents, répond à toutes ces questions et présente ici une analyse globale de ce conflit. Investig’Action tient à attirer votre attention sur l’importance de ce texte… Partie 1 : Des questions qu’il faut se poser à chaque guerre
Partie 2 : Les véritables objectifs des USA vont bien au-delà du pétrole
Partie 3 : Pistes pour agir Des questions qu’il faut se poser à chaque guerre 27 fois. Les Etats-Unis ont bombardé un pays à 27 reprises depuis 1945. Et chaque fois, on nous a affirmé que ces actes de guerre étaient « justes » et « humanitaires ». Aujourd’hui, on nous dit que cette guerre est différente des précédentes. Mais on l’avait dit aussi la fois passée. Et la fois d’avant. On le dit chaque fois. N’est-il pas temps de mettre sur papier les questions qu’il faut se poser à chaque guerre pour ne pas se faire manipuler ? Pour la guerre, il y a toujours de l’argent ? Dans le pays le plus puissant du globe, quarante-cinq millions de gens vivent sous le seuil de pauvreté. Aux Etats- Unis, écoles et services publics tombent en ruines, parce que l’Etat « n’a pas d’argent ». En Europe aussi, « pas d’argent » pour les retraites ou pour créer des emplois.
Mais lorsque la cupidité des banquiers provoque une crise financière, là, en quelques jours, on trouve des milliards
pour les sauver. Ce qui a permis à ces mêmes banquiers US de distribuer l’an dernier 140 milliards $ de récompenses et bonus à leurs actionnaires et traders spéculateurs.
Pour la guerre aussi, il semble facile de trouver des milliards. Or, ce sont nos impôts qui paient ces armes et ces destructions. Est-il bien raisonnable de faire partir en fumée des centaines de milliers d’euros à chaque missile ou de gaspiller cinquante mille euros de l’heure avec un porte-avions ? A moins que la guerre soit une bonne affaire pour certains ?
Pendant ce temps, un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes et le nombre de pauvres ne cesse d’augmenter sur notre planète en dépit des promesses. Quelle différence entre un Libyen, un Bahreini et un Palestinien ? Présidents, ministres et généraux jurent solennellement que leur objectif est seulement de sauver des Libyens. Mais, au même moment, le sultan du Bahrein massacre des manifestants désarmés grâce aux deux mille soldats saoudiens envoyés par les Etats-Unis ! Au même moment, au Yemen, les troupes du dictateur Saleh, allié des USA, tuent 52 manifestants à la mitrailleuse. Ces faits n’ont été contestés par personne, mais le ministre US de la Guerre, Robert Gates, a juste déclaré : « Je ne crois pas que ce soit mon rôle d’intervenir dans les affaires internes du Yemen » [1]. Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ? Parce que Saleh accueille docilement la Vème Flotte US et dit oui à tout ce que lui commande Washington ? Parce que le régime barbare d’Arabie saoudite est complice des multinationales pétrolières ? Il y aurait de « bons dictateurs » et de « mauvais dictateurs » ?
Comment les USA et la France peuvent- ils se prétendre humanitaires ? Lorsqu’Israël a tué deux mille civils en bombardant Gaza, ont-ils instauré une « no fly zone » ? Non. Ont-ils pris des sanctions ? Aucune. Pire : Javier Solana, alors responsable des Affaires étrangères de l’U.E. a déclaré à Jérusalem : « Israël est un membre de l'Union européenne sans être membre de ses institutions. Israël est partie prenante à tous les programmes » de recherche et de technologie de l'Europe des 27. Ajoutant même : « Aucun pays hors du continent n'a le type de relations qu'Israël entretient avec l'Union européenne. » Sur ce point, Solana dit vrai : l’Europe et ses fabricants d’armes collaborent étroitement avec Israël dans la production des drônes, missiles et autres armements qui sèment la mort à
Gaza.
Rappelons qu’Israël a chassé sept cent mille Palestiniens de leurs villages en 1948, refuse toujours de leur rendre leurs droits et continue à commettre de multiples crimes de guerre. Sous cette occupation, 20% de la population palestinienne actuelle a séjourné ou séjourne dans les prisons d’Israël. Des femmes enceintes sont forcées d’accoucher attachées à leur lit et renvoyées immédiatement dans leurs cellules avec leurs bébés ! Mais ces crimes-là sont commis avec la complicité active des USA et de l’UE. La vie d’un Palestinien ou d’un Bahreini ne vaut pas celle d’un Libyen ? Il y aurait les « bons Arabes » et les « mauvais Arabes » ? Pour ceux qui croient encore à la guerre humanitaire… Dans un débat télévisé que j’ai eu avec Louis Michel, ancien ministre belge des Affaires étrangères et commissaire européen à la Coopération au développement, celui-ci m’a juré - la main sur le cœur - que cette guerre visait à « mettre en accord les consciences de l’Europe ». Il a été appuyé par Isabelle Durant, dirigeante des Verts belges et européens. Ainsi, les écologistes « peace and love » ont muté va-t-en-guerre !
Le problème, c’est qu’on nous parle de guerre humanitaire à chaque fois, et que ces gens « de gauche » comme Durant s’y sont à chaque fois laissé prendre. Ne feraient-ils pas mieux de lire ce que pensent vraiment les dirigeants US au lieu de juste les écouter à la télévision ?
Ecoutez par exemple, à propos des bombardements contre l’Irak, le célèbre Alan Greenspan, qui fut longtemps directeur de la réserve fédérale des USA. Il écrit dans ses mémoires : « Je suis attristé qu’il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que chacun sait : la guerre en Irak était essentiellement pour le pétrole » [2]. Ajoutant : « Les officiels de la Maison-Blanche m’ont répondu : ‘Eh bien, malheureusement, nous ne pouvons parler du pétrole’. » [3] Ecoutez, à propos des bombardements contre la Yougoslavie, John Norris, directeur de com de Strobe Talbott qui était alors vice-ministre US des Affaires étrangères, chargé des Balkans. Norris écrit dans ses mémoires : « Ce qui explique le mieux la guerre de l’Otan, c’est que la Yougoslavie résistait aux grandes tendances des réformes politiques et économiques (il veut dire : refusait d’abandonner le socialisme), et ce n’est pas notre devoir envers les Albanais du Kosovo. » [4] Ecoutez, à propos des bombardements contre l’Afghanistan, ce que disait alors l’ancien ministre US des Affaires étrangères Henry Kissinger : « Il existe des tendances, soutenues par la Chine et le Japon, à créer une zone de libre échange en Asie. Un bloc asiatique hostile combinant les nations les plus peuplées du monde avec de grandes ressources et certains des pays industriels les plus importants serait incompatible avec l’intérêt national américain. Pour ces raisons, l’Amérique doit maintenir une présence en Asie… » [5] Ceci confirmait la stratégie avancée par Zbigniew Brzezinski, qui fut responsable de la politique étrangère sous Carter et est l’inspirateur d’Obama : « L’Eurasie (Europe + Asie) demeure l’échiquier sur lequel se déroule le combat pour la primauté globale. (…) La façon dont les Etats- Unis ‘gèrent’ l’Eurasie est d’une importance cruciale. Le plus grand continent à la surface du globe en est aussi l’axe géopolitique. Toute puissance qui le contrôle, contrôle par là même deux des trois régions les plus développées et les plus productives. 75% de la population mondiale, la plus grande partie des richesses physiques, sous forme d’entreprises ou de gisements de matières premières, quelque 60% du total mondial. » [6] A gauche, n’a-t-on rien appris des médiamensonges humanitaires des guerres précédentes ? Quand Obama le dit lui-même, vous ne le croyez pas non plus ?
Ce 28 mars, Obama a justifié ainsi la guerre contre la Libye : « Conscients des risques et des coûts de l’action militaire, nous sommes naturellement réticents à employer la force pour résoudre les nombreux défis du monde. Mais lorsque nos intérêts et valeurs sont en jeu, nous avons la responsabilité d’agir. Vu les coûts et les risques de l’intervention, nous devons chaque fois mesurer nos intérêts face à la nécessité d’une action. L’Amérique a un important intérêt stratégique à empêcher Kadhafi
de défaire ceux qui s’opposent à lui. » N’est-ce pas clair ? Alors, certains disent : « Oui, c’est vrai, les Etats-Unis n’agissent que s’ils y trouvent leur intérêt aussi. Mais au moins, à défaut de pouvoir intervenir partout, on aura sauvé ces gens-là. »
Faux. Nous allons montrer que seuls les intérêts seront défendus. Pas les valeurs. D’abord, chaque guerre US fait plus de victimes qu’il n’y en avait avant (en Irak, un million de victimes directes ou indirectes !). Ensuite, l’intervention en Libye en prépare d’autres… Qui refusait de négocier ? Mais, dès que vous émettez un doute sur l’opportunité de cette guerre contre la Libye, tout de suite, on vous culpabilise : « Vous refusez donc de sauver les Libyens du massacre ? »
Question mal posée. Supposons que tout ce qu’on nous a raconté se soit vraiment passé. Premièrement, arrête- t-on un massacre par un autre massacre ? Nous savons qu’en bombardant, nos armées vont tuer de nombreux civils innocents. Même si, comme à chaque guerre, les généraux nous promettent que celle-ci sera « propre », nous avons l’habitude de cette propagande.
Deuxièmement, il y avait un moyen beaucoup plus simple et efficace de sauver des vies tout de suite. Tous les pays d’Amérique latine ont proposé d’envoyer immédiatement une mission de médiation, présidée par Lula. La Ligue arabe et l’Union africaine soutenaient cette démarche et Kadhafi avait accepté (proposant aussi d’envoyer des observateurs internationaux pour vérifier le cessez- le feu).
Mais les insurgés libyens et les Occidentaux ont refusé cette médiation. Pourquoi ? « Parce que Kadhafi n’est pas de bonne foi », disent-ils. Possible. Tandis que les insurgés et leurs protecteurs occidentaux ont toujours été de bonne foi ? A propos des Etats-Unis, il est utile de rappeler comment ils se sont comportés dans toutes les guerres précédentes à chaque fois qu’un cessez-le-feu était possible… En 1991, lorsque Bush père a attaqué l’Irak parce que celui-ci avait envahi le Koweit, Saddam Hussein a proposé de se retirer et qu’Israël évacue aussi les territoires illégalement occupés en Palestine. Mais les USA et les pays européens ont refusé six propositions de négociation. [7] En 1999, lorsque Clinton a bombardé la Yougoslavie, Milosevic avait accepté les conditions imposées à Rambouillet, mais les USA et l’Otan en ont rajouté une, volontairement inacceptable : l’occupation totale de la Serbie. [8] En 2001, lorsque Bush fils a attaqué l’Afghanistan, les talibans avaient proposé de livrer Ben Laden à un tribunal international si on fournissait des preuves de son implication, mais Bush a refusé de négocier.
En 2003, lorsque Bush fils a attaqué l’Irak sous prétexte d’armes de destruction massive, Saddam Hussein a proposé d’envoyer des inspecteurs, mais Bush a refusé car il savait que les inspecteurs ne trouveraient rien. Ceci a été confirmé par la divulgation du mémo d’une réunion entre le gouvernement britannique et les dirigeants des services scecrets briatnniques en juillet 2002 : « Les dirigeants britanniques espéraient que
l’ultimatum soit rédigé en des termes inacceptables afin que Saddam Hussein le rejette directement. Mais ils étaient loin d’être certains que cela marcherait. Alors, il y avait un Plan B : les avions patrouillant dans la « no fly zone » jetant de nombreuses bombes en plus dans l’espoir que ceci provoquerait une réaction qui donnerait une excuse pour une large campagne de bombardements. » [9] Alors, avant d’affirmer que « nous » disons toujours la vérité tandis que « eux » mentent toujours, et aussi que « nous » recherchons toujours une solution pacifique, tandis que « eux » ne veulent pas de compromis, il faudrait être plus prudents… Tôt ou tard, le public apprendra ce qui s’est vraiment passé lors des négociations en coulisses, et constatera une fois de plus qu’il a été manipulé. Mais il sera trop tard, et on ne ressuscitera pas les morts. La Libye, c’est comme la Tunisie et l’Egypte ? Dans son excellente interview publiée il y a quelques jours par Investig’Action, Mohamed Hassan posait la bonne question : « Libye : révolte populaire, guerre civile ou agression militaire ? ». A la lumière des recherches récentes, il est possible de répondre : les trois, en fait. Une révolte spontanée, rapidement récupérée et transformée en guerre civile (qui avait été préparée), le tout servant de prétexte à une agression militaire. Qui, elle aussi, avait été préparée. Rien ne tombe du ciel en politique. Expliquons-nous… En Tunisie et en Egypte, la révolte populaire a grandi progressivement en quelques semaines, s’organisant peu à peu et s’unifiant sur des revendications claires, ce qui a permis de chasser les tyrans. Mais quand on analyse l’enchaînement ultra-rapide des événements à Benghazi, on est intrigué. Le 15 février, manifestation des parents de prisonniers politiques de la révolte de 2006. Manifestation durement réprimée, comme cela a toujours été le cas en Libye et dans les autres pays arabes. Et, à peine deux jours plus tard, re-manifestation, mais cette fois, les manifestants sont armés et passent directement à l’escalade contre le régime de Kadhafi. En deux jours, une révolte populaire devient une guerre civile ! Tout à fait spontanément ?
Pour le savoir, il faut examiner ce qui se cache sous le vocable imprécis « opposition libyenne ». A notre avis, quatre composantes aux intérêts très différents. 1° Une opposition démocratique. 2° Des dignitaires de Kadhafi « retournés » par l’Ouest. 3° Des clans libyens mécontents du partage des richesses. 4° Des combattants de tendance islamiste. Qui compose cette « opposition libyenne » ? Dans cet enchevêtrement, il est important de savoir à qui on a à faire. Et surtout quelle faction a été intégrée dans les stratégies des grandes puissances… 1° Opposition démocratique. Il est légitime d’avoir des revendications face au régime Kadhafi, dictatorial et corrompu comme les autres régimes arabes. Un peuple a le droit de vouloir remplacer un régime autoritaire par un
système plus démocratique. Cependant, ces revendications sont jusqu’ici peu organisées et sans programme précis. On rencontre aussi, à l’étranger, des mouvements révolutionnaires libyens, également assez disparates, mais tous opposés à l’ingérence étrangère. Pour diverses raisons que l’on va clarifier, ce ne sont pas ces éléments démocratiques qui ont grand chose à dire aujourd’hui sous la bannière des USA et de la France.
2° Dignitaires « retournés ». A Benghazi, un « gouvernement provisoire » a été instauré et est dirigé par Mustapha Abud Jalil. Cet homme était, jusqu’au 21 février, ministre de la Justice de Kadhafi. Deux mois plus tôt, Amnesty l’avait placé sur la liste des plus effroyables responsables de violations de droits humains d’Afrique du nord ». C’est cet individu qui, selon les autorités bulgares, avait organisé les tortures de infirmières bulgares et du médecin palestinien longtemps détenus par le régime. Un autre « homme fort » de cette opposition est le général Abdul Fatah Younis, ex ministre de l’Intérieur de Kadhafi et auparavant chef de la police politique. On comprend que Massimo Introvigne,
représentant de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) pour la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, estime que ces personnages « ne sont pas les ‘démocrates sincères’ des discours d’Obama, mais parmi les pires instruments du régime de Kadhafi, qui aspirent à chasser le colonel pour prendre sa place ». (1)
3° Clans mécontents. Comme le soulignait Mohamed Hassan, la structure de la Libye est restée fortement tribale. Durant la période coloniale, sous le régime du roi Idriss, les clans de l’est dominaient et les richesses pétrolières leur profitaient. Après la révolution de 1969, Kadhafi s’est appuyé sur les tribus de l’ouest et c’est l’est qui a été défavorisé. Il faut le regretter, un pouvoir démocratique et juste doit veiller à combattre les discriminations entre régions. On peut aussi se demander si les anciennes puissances coloniales n’ont pas encouragé les tribus mécontentes à saper l’unité du pays. Ce ne serait pas la première fois. Aujourd’hui, France et USA misent sur les clans de l’est pour prendre le contrôle du pays. Diviser pour régner, un vieux classique du colonialisme.
4° Eléments d’Al-Qaida. Des câbles diffusés par Wikileaks avertissaient que l’Est de la Libye était, proportionnellement, le premier exportateur au monde de « combattants - martyrs » en Irak. Des rapports du Pentagone décrivaient un « scénario alarmant » sur les rebelles libyens de Benghazi et Derna. Derna, ville de 80.000 habitants à peine, serait la première source de jihadistes en Irak. De même, Vicent Cannistraro, ancien chef de la CIA en Libye, signale parmi les rebelles beaucoup d’ « extrémistes islamiques capables de créer des problèmes » et que les « probabilités [sont] élevées que les individus les plus dangereux puissent avoir une influence dans le cas où Kadhafi devrait tomber ». (1).
Evidemment, tout ceci s’écrivait lorsque Kadhafi était encore « un ami ». Mais ça montre l’absence totale de principes dans le chef des USA et de leurs alliés. Quand Kadhafi a réprimé la révolte islamiste de Benghazi en 2006, ce fut avec les armes et le soutien des Occidentaux. Une fois, on est contre les combattants à la Ben Laden. Une fois, on les utilise. Faudrait savoir.
Parmi ces diverses « oppositions », quel élément l’emportera ? C’est peut- être aussi un but de l’intervention militaire de Washington, Paris et Londres : veiller à ce que « les bons « l’emportent ? Les bons de leur point de vue évidemment. Plus tard, on utilisera la « menace islamique » comme prétexte pour s’installer durablement En tout cas, une chose est sûre : le scénario libyen est différent des scénarios tunisien ou égyptien. Là, c’était « un peuple uni contre un tyran ». Ici, on est dans une guerre civile, Kadhafi disposant du soutien d’une partie de la population. Et dans cette guerre civile, le rôle qu’ont joué les services secrets US et français n’est déjà plus si secret que ça… Quel a été le rôle des services secrets ? En réalité, l’affaire libyenne n’a pas commencé en février à Benghazi en février, mais à Paris le 21 octobre 2010. Selon les révélations du journaliste italien Franco Bechis (Libero, 24 mars), c’est ce jour-là que les services secrets français ont préparé la révolte de Benghazi. Ils ont alors « retourné » (ou peut-être déjà avant) Nuri Mesmari, chef du protocole de Kadhafi, qui était quasiment son bras droit. Le seul qui entrait sans frapper dans la résidence du guide libyen. Venu à Paris avec toute sa famille pour une opération chirurgicale, Mesmari n’y a rencontré aucun médecin, mais se serait par contre entretenu avec plusieurs fonctionnaires des services secrets français et de proches collaborateurs de Sarkozy, selon le bulletin web Maghreb Confidential.
Le 16 novembre, à l’hôtel Concorde Lafayette, il aurait préparé une imposante délégation qui allait se rendre deux jours plus tard à Benghazi. Officiellement, il s’agissait de responsables du ministère de l’Agriculture et de dirigeants des firmes France Export Céréales, France Agrimer, Louis Dreyfus, Glencore, Cargill et Conagra. Mais, selon les services italiens, la délégation comportait aussi plusieurs militaires français camouflés en hommes d’affaires. A Benghazi, ils rencontreront Abdallah Gehani, un colonel libyen que Mesmari a indiqué comme étant prêt à déserter.
A la mi-décembre, Kadhafi, méfiant, envoie un émissaire à Paris pour essayer de contacter Mesmari. Mais la France l’arrête. D’autres Libyens se rendent visite à Paris le 23 décembre, et ce sont eux qui vont diriger la révolte de Benghazi avec les milices du colonel Gehani. D’autant que Mesmari a fourni aux Français de nombreux secrets de la défense libyenne. De tout ceci, il ressort que la révolte à l’est n’est donc pas si spontanée qu’on nous l’a dit. Mais ce n’est pas tout. Il n’y a pas que les Français… Qui dirige à présent les opérations militaires du « Conseil national Libyen » anti-Kadhafi ? Un homme tout juste arrivé des USA le 14 mars, selon Al Jazeera. Décrit comme une des deux « stars » de l’insurrection libyenne par le quotidien britannique de droite Daily Mail, Khalifa Hifter est un ancien colonel de l’armée libyenne, passé aux Etats-Unis. Celui qui fut un des principaux commandants militaires de la Libye jusqu’à la désatreuse expédition au Tchad fin des années 80, a ensuite émigré aux USA et vécu ces vingt dernières années en Virginie. Sans source de revenus connue, mais à petite distance des bureaux… de la CIA. [10] Le monde est petit. Comment un haut militaire libyen peut-
il entrer aux Etats-Unis en toute tranquillité, quelques années après l’attentat terroriste de Lockerbie, pour lequel la Libye a été condamnée, et vivre vingt ans tranquillement à côté de la CIA ? Il a forcément dû offrir quelque chose en échange. Publié en 2001, le livre Manipulations africaines de Pierre Péan retrace les connexions d’Hifter avec la CIA et la création, avec le soutien de celle-ci, du Front National de Libération Libyen. Le seul exploit du dit Front sera l’organisation en 2007, aux USA, d’un « congrès national » financé par le National Endowment for Democracy [11], traditionnel intermédiaire de la CIA pour arroser les organisations au service des Etats-Unis… En mars de cette année, à une date non communiquée, le président Obama a signé un ordre secret autorisant la CIA à mener des opérations en Libye pour renverser Kadhafi. Le Wall Street Journal, qui relate ceci le 31 mars, ajoute : « Les responsables de la CIA reconnaissent avoir été actifs en Libye depuis plusieurs semaines, tout comme d’autres services occidentaux. ». Tout ceci n’est plus très secret, ça figure depuis un bon moment sur Internet, et ce qui est étonnant, c’est que les grands médias n’en aient pas dit un mot. Pourtant, on a déjà connu de nombreux exemples de « combattants de la liberté » ainsi armés et financés par la CIA. Par exemple, dans les années 80, les milices terroristes contras, mises sur pied par Reagan pour déstabiliser le Nicaragua et renverser son gouvernement progressiste. N’a-t-on rien appris de l’Histoire ? Cette « gauche » européenne qui applaudit aux bombardements n’utilise pas Internet ?
Faut-il s’étonner que les services italiens « balancent » ainsi les exploits de leurs confrères français et que ceux-ci « balancent » leurs collègues US ? Seulement si on croit aux belles histoires sur l’amitié entre « alliés occidentaux ». On va en parler … A SUIVRE :
2. Les objectifs des USA vont bien au- delà du pétrole
3. Pistes pour agir Source : www.michelcollon.info Dessin : Latuff Réagir à cet article sur notre forum Notes [1] Reuters, 22/3. [2] Sunday Times, 16 septembre 2007. [3] Washington Post, 17 septembre 2007. [4] Collision Course, Praeger, 2005, p.xiii. [5] Does America need a foreign policy ?, Simon and Schuster, 2001, p. 111. [6] Le Grand Echiquier, Paris 1997, p. 59-61. [7] Michel Collon, Attention, médias ! Bruxelles, 1992, p. 92. [8] Michel Collon, Monopoly, - L’Otan à la conquête du monde, Bruxelles 2000, page 38. [9] Michael Smith, La véritable information des mémos de Downing Street, Los Angeles Times, 23 juin 2005. [10] McClatchy Newspapers (USA), 27 mars. [11] Eva Golinger, Code Chavez, CIA contre Venezuela, Liège, 2006
C'est trites pour la marche de l'humanité !!! la follie au dessus de la raison c'est triste !!!

RSS

Écoutez !

Membres

Les billets à la Une

Abonnez-vous par mail :

Photos

Chargement en cours…
  • Ajouter des photos
  • Tout voir

La vie de la communauté

SENAME Atsu a répondu à la discussion Que peuvent attendre les africains de la visite de Barack Obama? de josiane michael kouagheu chemou.
"Rien que des leçons sur la bonne gouvernance."
il y a 2 minutes
SENAME Atsu a partagé la discussion de josiane michael kouagheu chemou sur Facebook
il y a 2 minutes
Billet de Serge ULESKI

Le ridicule : autre instrument de la domination et de l'humiliation

                 La domination, même si elle est toujours le fruit d’une stratégie, c’est un peu comme la loterie : elle gagne tout ce que les autres ont perdu, tout ce qu’il ne leur sera pas donné de recevoir et de vivre. ***                …Plus
il y a 44 minutes
Kenfack Dirane merlin a répondu à la discussion Corruption Dans la Fédération Camerounaise! de Essamba ibohn Marie Danielle.
"tant que popol est la on a rien a faire"
il y a 54 minutes
Kenfack Dirane merlin a publié un statut
"je vous invite a visiter le cameroun.ce beau pays si calme qui ne fait poutant pas trop parler de lui"
il y a 1 heure
Kenfack Dirane merlin a publié un statut
"je suis etudia nt en histoire a l universite de maroua a l extreme nord cameroun"
il y a 1 heure
Vidéo publiée par jeansanteuil

Flavia Coelho - "Ta Bolado" (feat. DJ Kayalik) [official teaser]

Extrait de Bossa Muffin - Remixes & Ineditos, EP 12 titres, sortie le 18 juin 2013. Avec Tom Fire, Elisa do Brasil, DJ Kayalik, Torvatz, DJ Ordeuvre et Leodo...
il y a 2 heures
Icône de profilMondoblog

ONUCI : un nouveau chef pour quelles missions ?

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire a un nouveau patron ou plutôt une nouvelle patronne ! Elle est le cinquième haut fonctionnaire désigné par Ban Ki Moon pour accompagner la Côte d’Ivoire dans son processus de normalisation… Plus
il y a 2 heures
Icône de profilMondoblog

Baba si farkaye baye isé kan du bari…

Du charabia? Non juste du djerma ! Oui encore une fois me voici avec un autre proverbe de cette langue que j’adore. Elle constitue mon lien avec mon pays d’adoption. Je traduis pour vous: Baba si karkaye baye isé: Celui dont le père ne… Plus
il y a 3 heures
Discussion publiée par lawson melli
il y a 3 heures
Didier Ndengue a commenté l'article Guignol hebdo de Didier Ndengue : ô kongossa des médias du Cameroun et du monde de Didier Ndengue.
"Slut Josy! Je t'assure que ce billet me fais aussi rigoler, tu vois, t'es pas la seule. Je t'invite demain à découvrir une autre publication de Guignol hebdo"
il y a 4 heures
Didier Ndengue a commenté l'article Guignol hebdo de Didier Ndengue : ô kongossa des médias du Cameroun et du monde de Didier Ndengue.
"Slut Josy! Je t'assure que ce billet me fais aussi rigoler, tu vois, t'es pas la seule. Je t'invite demain à découvrir une autre publication de Guignol hebdo"
il y a 4 heures

Vidéos

  • Ajouter une vidéo
  • Tout voir

Votre badge "Atelier des médias"!

Chargement en cours…

Forum

Que peuvent attendre les africains de la visite de Barack Obama?

Démarrée par josiane michael kouagheu chemou dans Actualité et débats. Dernière réponse de SENAME Atsu il y a 2 minutes. 3 Réponses

La nouvelle fait grand bruit dans toute l'Afrique. Barack Obama sera en visite officielle sur le continent du 26 juin au 3 juillet prochain. Le président des Etats Unis se rendra notamment au…Voir la suite

Balises : Afrique, Unis, Etats, Obama, Barack

Corruption Dans la Fédération Camerounaise!

Démarrée par Essamba ibohn Marie Danielle dans Sport. Dernière réponse de Kenfack Dirane merlin il y a 54 minutes. 13 Réponses

Mercredi dernierSamuel Eto'o accuse la Fédération de non transparence dans le règlement des primes de matchs.4 coupes d'Afrique, une medaille olympique, 4 participation en coupe du mondedes contrats…Voir la suite

APPEL AUX BENEVOLES POUR MISSION CAMP CHANTIER ETE 2013 OFFRE DE STAGE

Démarrée par paul dans Solidarité et Humanitaire hier. 0 Réponses

ASSOCIATIONS DE LA SOLIDARITE INTERNATIONALE JVI-TOGO ET  TRAIT D’UNION -FRANCE Site JVI-TOGO: http://www.jvitogo.org/ / …Voir la suite