À chaque fois qu'il y a un événement genre acte terroriste, fusillade...ou un désordre de quelque ordre que ce soit, je pense souvent aux immigrants qui ont  quitté leurs sols d'origine pour raison d'insécurité. Après finalement je me demande si on peut vivre en sécurité quelque part sur cette terre. Puis je finis par penser à l'instinct de survie qui traverse la nature humaine...où lorsqu'un simple bruit de pétard du 14 juillet...inattendu vous fait sursauter. Pour des gens qui ont vécu des conflits armés...une simple détonation fait frémir....

Alexis de Tocqueville écrivait: "Je conviendrai sans peine que la paix publique est  un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître"  (Tocqueville, Œuvres complètes II, DA)

Pourtant nous désirons tous le bon ordre quitte à stigmatiser l'autre. Quitte à mettre hors de notre vue ceux qui sont sensés troubler notre ordre. Et le plus souvent, on ne le dira jamais assez c'est l'étranger, puisqu'il n'est pas comme nous, il n'est pas de notre culture. Il n'est pas de nôtres. Ce que pointe Tocqueville ici c'est le sentiment d'insécurité qui conduit les citoyens à tronquer leur liberté contre la protection sécuritaire. ils donnent ainsi naissance à leur propre despote. 

Bref! Revenons à la stigmatisation. Voici ce que je lis ce matin sur Slate.fr :"Le drame du vol Germanwings ne doit pas conduire à stigmatiser les personnes dépressives". Bien entendu! Ce n'est pas faux, mais comment dans une société devenue très stigmatisante, on peut dorénavant faire confiance à une personne dépressive, surtout lorsque le médecin a déjà souhaité qu'il soit mis hors d'État de nuire. La dépression ne fait-elle pas déjà du dépressif un stigmate? Comment faire comprendre cela aux familles des victimes? 

Au sujet de la dépression. Ce matin en allant à la messe, à saint Jérôme de Toulouse, juste au bout de l'Église j'ai entendu des grands bruits. Une dame s'est approchée de moi et m'a demandé : "que se passe-t-il?".

"Des jeunes qui ont certainement passé la nuit à l'extérieur et qui doivent être bourrés", lui ai-je répondu.

"Ah! des kamikazes de l'ambiance...?" a-t-elle questionné.

J'ai souri et je suis entrée dans l'Église.

C'était au moment du sermon. Nous avons entendu un énorme bruit. Des gens qui criaient. Deux personnes qui sont entrés dans l'Église. Apparemment dérangés. Puis un silence. Puis la police Municipale est arrivée. Puis au moment de la prière universelle, un des servants de l'autel a dit: "En sortant après la messe, soyez prudents. un déséquilibré a brisé la grande porte vitrée à l'entrée!

Ah ça y est! le trouble avait pénétré le culte. le calme était inespéré. À ce moment là, j'ai commencé à penser à la Laïcité. Mais surtout au fait que si l'espace privé venait à être violé, il ne resterait plus rien à l'humain. Et par besoin de sécurité permanente, le despote s'installerait sans commune mesure.

À la fin de la messe, je suis allée vers une amie africaine. Elle m'a dit: "C'est quelqu'un de la même couleur de peau que toi et moi qui a produit ce désordre. C'est fini. Comment les gens vont-ils nous regarder encore ici. Ah! Cette peau!"

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