Conformément à la théorie du commerce international, appelée ou dite théorie des dotations factorielles d’Heckscher-Ohlin, une économie se spécialise dans la production et l’exportation du bien qui utilise le plus le facteur le plus abondant en autarcie, puisqu’en autarcie, le facteur le plus abondant est aussi le facteur le moins cher, ceci dit, cette théorie, vieille de deux siècles, permet aisément de comprendre pourquoi, dans le commerce Nord-Sud, d’une part, les économies pauvres du Sud exportent les matières premières ou produits de base et dépendent de l’exportation des produits manufacturés des économies riches du Nord.

 

En zone franc, sous-ensemble assez représentatif du Sud, cette concentration des exportations dans les matières premières est à l’origine d’un certain nombre de problèmes pour cette zone, puisque, elle, c’est-à-dire, cette concentration, rend les performances économiques de la zone sensibles à la parité euro/dollar US, en effet, d’une part, lorsqu’au cours de la seconde moitié de la décennie 1980, le franc français s’est apprécié par rapport au dollar US, d’environ 37% (d’après les Statistiques Financières Internationales du FMI), d’autre part, lorsqu’en décembre 2006, l’euro est devenu plus fort que le dollar US, d’environ 48% (d’après les informations issues de Reuters Thompson) par rapport à son niveau de janvier 2001, et que l’euro s’est ainsi apprécié par rapport au dollar US entre janvier 2001 et décembre 2006, l’on a aussi observé la dégradation de la compétitivité extérieure de la zone franc, c’est-à-dire, l’appréciation du taux de change réel de la zone franc, autrement dit, l’augmentation du prix des produits de la zone par rapport au prix des mêmes produits chez les partenaires commerciaux, alors que, la dégradation de la compétitivité extérieure ou appréciation du taux de change réel ralentit la croissance économique, à preuve, lorsqu’au début de la seconde moitié de la décennie 1980, le franc français s’est apprécié par rapport au dollar, des mesures d’Ajustement Structurels imposées par le FMI ont été adoptées en zone franc, or, comme nous l’enseigne la crise de la dette grecque actuelle, les mesures d’Ajustement Structurel sont adoptées par des économies où la croissance économique ralentit.

 

Ceci dit, en zone franc, cette concentration des exportations dans les matières premières crée un cercle vicieux, en effet, comme, d’après des études récentes (« Structure des exportations des économies africaines au sud du sahara et sur/sous-évalauation du taux de change réel : cas de la zone franc », publié, par Kuikeu Oscar, en 2012, au numéro 39451 de MPRA), le volume des exportations manufacturières ralentit lorsque la compétitivité extérieure se dégrade, ou, lorsque le taux de change réel s’apprécie, en zone franc, du fait cette concentration, lorsque l’euro est plus fort que le dollar, le taux de change réel de la zone franc s’apprécie, et cette appréciation du taux de change réel de la zone ralentit le volume de leur exportation manufacturière, or, à l’heure actuelle, comme l’euro est plus fort que le dollar, la seule issue pour développer l’industrie en zone franc est d’abandonner la parité fixe entre l’euro et le franc cfa.

Oscar KUIKEU est docteur ès sciences économiques, avec la mention Très Honorable, de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour (FRANCE).

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