Auteurs africains

Je me permet d'extérioriser une discussion en privé que j'entretiens depuis quelques jours avec Alice, au sujet de l'édition de œuvres des auteurs africains.Comme vous le savez, elle a écrit un livre (que je brûle de lire) l'envers du décor édité pas Edilivres, et moi, votre serviteur, je viens de sortir parcours de combattants, qui vient à peine de passer en librairie.Alice et moi nous parlions des difficultés que rencontraient les auteurs africains pour se faire éditer, et surtout, se faire distribuer en Afrique.Alice m'a demandé comment les choses s'étaient passées avec l'Harmattan, d'autant plus que je vis au Togo. Un de mes amis vivant à Paris les avait soumis le manuscrit, ils avaient accepté de le publier. Ensuite, nous avions longuement travaillé sur le texte. en réalité, l'éditeur parcours le texte en diagonal, et s'il trouve des erreurs, ils vous renvoie le texte, vous le retravaillez jusqu'au moment où il le trouve à son goût, et vous passez à l'étape de fabrication. Comme j'ai des connaissances en graphisme, j'ai conçu le couverture de mon roman. Alice semblait s'insurger contre cette pratique qui consistait à laisser à l'auteur mâcher tout le travail. C'est à partir de là que j'ai demandé à Alice d'exporter le débat.Ce que je voulais dire à Alice, c'est que même Edilivres, qui a publié son livre, fait la même chose que mon éditeur. Il faut payer la correction et la réalisation de la maquette. Ensuite, avec 65000 nouveaux titres par an, l'édition française est foisonnantes, il ne faut donc pas s'attendre à susciter une grand enthousiasme de la part des éditeurs, surtout lorsqu'on sait que le lectorat africain est quasi inexistant.Donc pour l'auteur, il lui reste une alternative. Se faire publier pour la reconnaissance, ou pour la cagnotte. Pour la cagnotte, faut oublier. Je ne connais aucun auteur africain qui vive de sa plume. Même les Mabankou et autres Kangni Alem n'y arrivent pas. Donc, écrire pour la reconnaissance. Pour être reconnu, il faut pouvoir que le plus grand nombre de personnes lisent le livre. Donc, diffusion et distribution.Peu de maisons assurent une grande distribution des auteurs africains, car comme mon éditeur a précisément pris le soin de me préciser, la diffusion par les grandes chaine de distribution des livres est inefficace, parce qu'avec une aussi grande production littéraire, l'accent est mis sur les best-sellers, et les œuvres d'auteurs connus. Donc, distribution régionale. Un auteur de Marly-le-roi par exemple verra son œuvre distribué principalement dans les Yvelines. Donc, le livre d'Alice devrait normalement être distribué prioritairement au Cameroun. Sauf que le Cameroun, c'est loin, peut être aucune librairie n'est prête à faire la commande de ses livres là bas. La maison d'édition n'a aucun relais sur place pour assurer une diffusion du livre...Les solutions.- Développer des maisons d'éditions au sud, qui co-éditent des livres avec celles du nord.- Pour les journaliste, assurer eux-même la promotion de leur ouvrage, car nous avons très peu de journalistes culturels, ou de critiques littéraires- Privilégier l'édition à la demande, car elle limite les dépenses.- Me trouver un financement pour ma maison d'édition, pour commencer l'aventure (je rigole)Voila, Alice. Tu me diras ce que tu en penses, et j'espère que d'autres personnes interviendront.

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