Atelier des medias

Web-émission participative pour la communauté des nouveaux médias [beta]

Cette discussion a eu un premier intitulé : le téléphone portable : média global ? total ? mondial ? qui nous a semblé un peu (trop) vague . En recadrant son intitulé, nous espérons être plus incitatifs pour les contributeurs. Le fond ( les usages) reste pour le moment le même, le texte de présentation demeure donc.

Dans la province indienne du Kerala, comme au Sénégal, il servirait aux pécheurs à s’informer des cours du poisson avant de le vendre à la criée. A la pointe de la technologie, les Japonais téléchargent et lisent des bandes dessinées numériques sur l’écran de leur portable. Un téléphone dont ils se servent aussi comme portefeuille électronique à l’instar des Kenyans et des Ivoiriens selon des modèles économiques adaptés au revenu des populations. En Chine où une société a fabriqué le premier mobile à énergie solaire, le nombre des abonnés au portable dépasse les 600 millions et représente le tiers des connexions à Internet. En Suède, un quotidien s’appuie sur le mobile pour renouveler ses éditions tout au long de la journée auprès de ses lecteurs. Et partout, il sert de radio, d’appareil photo, de caméra, de lecteur de musique …
Environ deux milliards de nouveaux abonnés sont prévus pour commencer à utiliser les téléphones portables au cours des cinq prochaines années, et 80% d'entre eux vivent dans les pays émergents, selon les estimations des analystes.
Le mobile, le portable, le cellulaire, le keitai au Japon bouleverse les modes de vie de tous dans toutes les régions du monde. Qu’en est-il dans votre pays ?
Nous attendons vos témoignages pour lancer, si le sujet en vaut la peine, une deuxième enquête participative sur le site de Radio France Internationale sur le téléphone portable comme média planétaire, global, total. Totalitaire ? Témoignages personnels, choses vues, questions, suggestions d’invités sur la question, documents, (visuels, sonores, écrits) : toutes vos contributions sont les bienvenues. Toutes seront prises en considération dans la perspective d’un travail collaboratif qui prendra sa forme définitive sous forme d’un ou plusieurs articles. En restant à votre disposition pour toute demande d’information complémentaire sur cet exercice,
Anne-Laure Marie

Ps : j’ai un peu « testé » le sujet avec un sujet de discussion lancée le mois dernier sur le sujet intitulé «Et vous, que faites-vous avec votre téléphone portable ? ». Je ne m’interdirais pas de reprendre éventuellement certaines contributions avec l’accord des intéressés. Cette nouvelle discussion remplace en tous cas la précédente que je « ferme » pour éviter toute confusion.

Repères : enquête participative

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Réponses à cette discussion

Combien avez-vous payé votre portable ? Pour vous, c'est un prix élevé ?
Je l'ai acheté à 40 dollars. Ce n'est pas un prix très élevé pour moi.

Quelles sont ses fonctions ?
Juste ce qu'il faut pour appeler et envoyer des sms. J'ai justement choisi celui qui me permet juste ce dont j'ai besoin. Ceux qui coûtent cher ont parfois des options dont nous ne pouvons pas nous servir parce que nos fournisseurs ne les proposent pas encore. En plus, ils sont fragiles. Il suffit qu'il tombe et tu regrette tu l'argent que tu y a englouti. Sans oublier les marques pirates.

Comment faites-vous pour le recharger ?
Je recharge en général à la maison, mais parfois aussi au bureau quand je n'ai pas de courant à la maison

Connaissez-vous des gens qui ont un portable rechargeable à l'énergie solaire ?
Non, je ne crois pas si c'est déjà disponible à Kinshasa. Si c'est le cas, je n'en ai pas encore vu personnellement

Partagez-vous votre portable ? Connaissez vous des gens qui le partagent ?
Je ne le partage pas. Tous mes proches adultes en ont.

L'avez-vous toujours avec vous ?
Oui, mais le soir je ne l'emporte pas dans ma chambre

Vous a-t-il servi pour vous sortir d'une situation problématique ?
Il aide à régler énormément de problèmes pratiques.

Vous en servez-vous surtout à titre personnel ou professionnel ?
Les deux puisque je l'ai tjr avec moi. Les lignes fixes ont presque cessé d'exister en RDC, ce qui fait que tout le monde a un portable. J'utilise le même numéro pour des contacts personnels ou individuels.
Écoutez-vous la radio avec ? Regardez vous la télévision ? Vous connectez-vous sur internet ?
Avec un téléphone que j'avais avant, je naviguais de temps en temps sur internet. Mais celui que j'ai actuellement, il me sert juste pour appeler et envoyer des sms.

Qui est votre opérateur mobile ? Pourquoi avoir choisi celui-là ?
Vous propose-t-il des services spécifiques ? ( mobile banking, envoi de SMS gratuit, service de call back, facturation à la seconde, possibilité de recharger la carte d'un ami ou membre de la famille à distance ? Etc..)
Zain, ex-Celtel. Aucune raison particulière. C'est là que j'ai acheté ma première carte sim. Il faut dire que je fais très peu cas des offres. Il facture à la seconde, permet de recharger la carte d'un ami à distance, donne accès à internet sur certains mobiles...

Les utilisateurs de portable dans votre pays sont-ils surtout des citadins ?
Les citadins sont majoritaires mais le portable fait aussi une percée dans les campagnes

L'usage du portable en ville et à la campagne est-il différent ?
Jusqu'ici non parce que la majorité des gens s'en servent pour téléphoner. Il est vrai que les téléphones qui offrent d'autres options (télévision, MP4) et qui coûtent le plus cher ne sont pour le moment accessibles que pour les citadins disposant de plus de moyens et de connaissances en la matière

Le portable pose-t-il des problèmes de civilité ( gens qui parlent trop fort en public, autre..)Oui, c'est sûr. Les sonneries sonnent dans les églises, dans les réunions, les gens parlent dans les transports en commun comme s'ils étaient seuls, ils quittent les salles de réunions à tort et à travers. Et, dit-on, ils mentent énormément, grâce au téléphone

A-t-il modifié les relations entre les gens (moins de contacts directs...)
Non, je ne crois pas. les relations interpersonnelles sont encore fortes dans notre société où l'individu n'a sa place que dans sa communauté, dans le groupe social

A-t-il changé votre comportement ?
Je ne pense pas

Pourriez-vous vous en passer ?
Non. Outre les services qu'il rend, il est l'assurance qu'on est toujours dans le réseau, qu'on n'est pas resté en marge

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Monsieur,
vos réponses sont pertinentes mais démontrent que vous avez des moyens assez suffisants pour conserver des relations téléphoniques personnelles, résoudre des problèmes importants.
En parlant de connections internet....ici en Suisse, même pour un salaire moyen, avec nos opérateurs Swisscom, Orange, Sunrise, Tel2, etc...des jeunes se sont ruinés en factures salées! et les parents paient les factures!
Dans les cultures africaines la nécessité de communiquer est plus que jamais importante et fondamentale pour établir et continuer à avoir du relationnel.
Cependant ce nouvel outil demande un apprentissage culturel qui n'est pas toujours maitrisé par les usagers et c'est aussi le cas chez les européens!
Quand vous dîtes que vous n'avez pas changé de comportement est-ce à dire que cet outil n'a rien apporté en plus value ou encore que la nouvelle communauté l'utilisant n'apporte rien de plus?
En fait avez-vous l'impression qu'un pragmatisme prendra place dans le temps?
bien à vous et j'allais oublier de vous dire comment va la famille?

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Bonjour à tous,

Merci à Anne-Laure MARIE d’avoir lancé la discussion du présent thème.

Au fait, ici au Tchad, le téléphone portable prend de plus en plus d’ampleur. D’abord, il n’est pas rare de rencontrer un passant avec deux voire trois ou quatre appareils téléphoniques portables en main. La raison en est que chacun voudrait détenir un numéro de chaque operateur de la téléphonie mobile au Tchad, à savoir ZAIN, SALAM, TIGO et TAWALI.

Du fait, les appareils à « doubles sim » sont aujourd’hui prisés sur le marché tchadien.

Ainsi, outre le fait qu'ils téléphonent, évidemment, les N’Djamenois se communiquent aussi par l'entremise des SMS. On observe ce pratique beaucoup plus chez les jeunes - Quand ils ne saisissent pas des textes, ils en lisent. Ces SMS proviennent souvent du bien aimé(e), de relations familiales, amicales ou professionnelles, soit émanant d'un commerçant ou fournisseur de services quelconques.

Les téléchargements de musiques (sonneries ou titres en intégralité), de photos des célébrités sont également devenus une pratique en plein boom. Malgré le délestage d’électricité et le problème de charge, le lecteur MP3 des téléphones fonctionne à plein temps. A noter qu’à N’Djamena, la charge électrique d’un appareil téléphonique s’effectue à 250 FCFA dans les cabines.

Cette prolifération des téléphones portables à créer un nouveau type de vol : le braquage des téléphones. Ainsi, des bandes bien organisées se promènent à moto et arrachent les appareils des de leurs propriétaires. Parfois ils te demandent même de finir gentiment ton appel et leur remettre le téléphone.

Enfin, n'oublions pas que tous les Tchadiens utilisent rarement le service Internet des téléphones portables, moins son agenda.

Voilà pour les pratiques les plus majoritairement et fréquemment utilisées. On dira que ce n'est finalement pas très loin de ce qu'on constate ailleurs. A une différence près, et non des moindres: l'ampleur du phénomène. Mais, nous devrions reconnaitre que le téléphone portable n’est pas seulement un objet de luxe comme le pensent certains mais plutôt il rend service. Ça nous évite surtout les déplacements inutiles pour aller chercher un ami ou un parent pour une petite information comme nous permet de garder un contact permanent avec le village, c’est très important.



ARIF ABDOULAYE MOUSTAPHA
Président du Club RFI N’Djamena
Tél. 00235 623 03 81
arif25abdou@yahoo.fr

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Bonjour Moustapha,

Et d'abord, merci pour votre témoignage qui nous donne une idée assez imagée de l'usage du portable à N'Djamena. Comme d'habitude, je voudrais vous voir préciser certains points : d'abord sur le fait sur le fait que les gens disposent de plusieurs téléphones : est-ce par souci d'économie parce qu'il est moins cher d'appeler un contact chez le même opérateur ? téléphoner avec son portable est-il cher pour la majorité des Tchadiens ? ? Le boom dont vous parlez est-il sensible aussi en province ? Y-at-il un marché d'occasion pour les portables chez vous ? J'aime bien l'anecdote sur les voleurs qui vous laissent finir votre coup de fil : vous l'a-t-on racontée ou en avez-vous été témoin ? Un (des ?) membre(s) du club RFI de Ndjamena pourrait-il faire des photos avec leur portable pour illustrer les usages à Ndjamena ?
Dans l'attente de votre réponse, en vous remerciant encore,
Anne Laure Marie

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L'utilité du portable se résume dans toutes ces participations que je viens de lire.Seulement, je pense que le portable , s'il était bien maîtrisé, serait d'une grande utilité pour nos états dans le domaine de la communication avec les services éloignées des centres de décision.Le ministère des NTIC chez nous en Côte d'Ivoire n'existant que de nom, ne fait qu'assister à des réunions où elle est invitée mais aucune initiative pour une utilisation effective de cet outil de développement.

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Bonjour à tous,

Je dois dire que je suis un peu surprise, comme Kohler semble l'être, par les aspects presqu'exclusivement positifs du téléphone portable en Afrique. Cela doit tenir à mon métier de journaliste où on a plus l'habitude de "chercher la petite bête" et aussi d'un sentiment de méfiance (injusitifé ?) envers les grands oéprateurs téléphoniques mais j'ai du mal à me faire à l'idée que le téléphone portable soit seulement cette formidable clef pour accéder au monde, au travail, aux parents éloignés... Bon j'ai personnellement une petite idée des "méfaits" à long terme du développement du mobile vs le téléphone fixe mais les utilisateurs que vous êtes n'ont-ils donc aucun grief envers les opérateurs ? Sont-ils vraiment aussi philantropes qu'ils en ont l'air ?
Peut-être les membres de l'Atelier des Médias ont-ils plus de ressources ( financières, techniques, etc ..) que la moyenne des gens pour accéder aux services proposés par les opérateurs ? Ou peut-être ai-je vraiment mauvais esprit...
al marie

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Le téléphone portable est de nos jours très utile à mon avis. Ceux qui pensent que le mobile est futile, ont leurs raisons et cela à juste titre.
Avec l'ouverture de la téléphonie mobile à des services comme le WAP, le MMS....tout utilisateur de téléphone mobile de rester connecté au monde entier par le biais de ces services et aussi de téléphoner à des prix intéressants. A cela on peut ajouter les téléphones servant de radio, d’appareil photo, de caméra, de lecteur de musique.... qui divertissent.
Le seul problème pour la téléphonie mobile, surtout en Afrique et particulièrement au Burkina Faso mon pays, est le coût très élevé des communications incitant les moins nantis à s'endetter, à voler des cartes de recharges des petits revendeur de rues, certains adolescents téléchargeant des films érotiques et autres. Ce qu'il faut comprendre donc est que le téléphone mobile est aussi bien utile que futile. Tout dépend de l'utilisation qu'on en fait. C'est comme un couteau de cuisine: on s'en sert pour couper ses condiments, mais on peut aussi tuer quelqu'un avec.

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Bonjour à tous,

Dans le cadre de la discussion en cours sur l'utilisation - les utilisations - possibles du téléphone portable en Afrique, j'ai interviewé le fondateur de kiwanja.net Ken Banks qui aide des associations à but non lucratifs à développer des services à partir du téléphone portable. J'ai trouvé son intervention intéressante et je voulais la partager avec vous. Voici donc la retranscritption de l'interview. Peut-être suscitera-t-elle des questions, des témoignages ou des commentaires...je l'espère
AL Marie

ITW Ken Banks

Radio France Internationale : On a l’impression que ce sont soit les gens riches soit les pauvres qui ont accès à un portable en Afrique, est-ce que ça correspond à la réalité ?

Ken Banks : C’est sûr, et les statistiques le montrent, il y a beaucoup de mobiles chez les gens qui ont les moyens de s’acheter des choses comme un téléphone portable et de l’autre côté de la pyramide des salaires, parmi les gens qui gagnent peut-être deux dollars par jour, on se débrouille là aussi pour avoir un téléphone. Ces gens là prennent des appareils recyclés ou récupèrent de vieux modèles auprès de membres de la famille et donc oui les portables se développent assez vite dans cette sphère de la population. Les gens qui pensaient que les plus pauvres n’auraient jamais de portable ont bien été contredits par les faits.

Rfi : Vous dites les gens « se sont débrouillés » pour avoir un portable donc le phénomène est venu des gens eux-mêmes ou bien ce sont les ONG par exemple qui s’en sont occupées ?

K. Banks : Ca a vraiment commencé avec les gens eux-mêmes. Beaucoup de gens dans les zones rurales des pays en développement n’ont pas accès au téléphone fixe ou peut-être via un unique bureau de poste et donc pour eux les technologies mobiles sont tout simplement le seul moyen de passer un coup de fil..D’ailleurs, pour beaucoup de gens, le portable leur a permis de passer le premier coup de fil de leur vie donc c’est comme çà que les gens ont réalisé le pouvoir du portable avec la possibilité qu’il donne de contacter ses parents ou ses amis ou ses contacts professionnels donc oui c’est venu des gens.

Rfi : Et quand les opérateurs mobiles se sont-ils rendu compte qu’il y avait un vrai potentiel économique parmi les populations à faible revenu dans ces pays ?

K. Banks : Evidemment, dans les premiers temps, les mobiles ont été perçus par les constructeurs comme des outils pour les business men et d’ailleurs les portables étaient chers à l’époque. Et puis les prix ont baissé et maintenant les gens qui pouvaient s’acheter un téléphone se sont déjà acheté un téléphone. C’est un peu comme en Europe où le marché des portables est saturé et où il n’y a plus grand-chose à vendre. En Afrique, le marché est à trouver en bas de la pyramide, là où les gens n’ont pas encore de portable et que ce soit du côté des opérateurs mobiles ou des équipementiers, le marché est là. Nokia par exemple est très présent dans les pays en voie de développement et essaie de trouver le modèle assez bon marché dont les gens vont pouvoir se servir.

Rfi : Et du côté des infrastructures et des services, quels investissements sont prévus ?

K. Banks : Bon évidemment, les infrastructures sont fondamentales personne ne va s’embêter à s’équiper d’un portable s’il n’est pas couvert par un signal donc c’est quand même le premier défi que de mettre en place les infrastructures. Les opérateurs étendent leur couverture là où ils pensent qu’ils vont pouvoir faire des bénéfices. Là où il n’y pas de marché en perspective, quand il se passe quelque chose avec le téléphone portable, c’est du fait des organisations non gouvernementales qui y voient un intérêt sur le plan social par exemple.

Rfi : Mais, dans tous les cas, il faut bien que les gens aient un intérêt à dépenser de l’argent dans un téléphone portable. C’est le rôle de votre organisation, Kiwanja.net d’aider les associations à identifier les besoins et à trouver les services adaptés ?

K. Banks : Oui, mon travail c’est d’aider les organisations à but non lucratif, particulièrement sur le continent africain où elles sont nombreuses...Je les aide à donner ou à trouver les moyens de donner des services d’information à des gens qui peuvent en avoir l’utilité. Il peut s’agir d’informations dans le domaine de la santé, de l’éducation ou à destination de producteurs qui veulent connaître les prix du marché pour leurs récoltes...Il peut aussi s’agir de collecte d’informations visant à surveiller des processus électoraux ou encore pour aider les gens à rapporter des abus dans le domaine des droits de l’homme, il y a plein de champs d’application possibles...Et au fur et à mesure que les gens qui travaillent dans les associations ont eux-mêmes un téléphone portable, ils se posent la question de savoir comment optimiser son utilisation dans le cadre de leur action envers les plus démunis donc moi j’interviens auprès de ces intermédiaires..A Kiwanja, nous avons mis au point cette application baptisée Frontline SMS qui est gratuite et dont les gens peuvent se servir pour envoyer un gros volume d’informations à tout un tas de gens


Rfi : Est-ce que vous pouvez-nous en dire plus sur ce service Frontline SMS, comment ça marche ?

K. Banks : Frontline SMS c’est un logiciel que vous téléchargez depuis notre site internet (http://www.kiwanja.net/). Vous remplissez une fiche et vous recevez un lien avec un numéro de code à taper sur votre téléphone portable ou votre ordinateur si vous avez la chance d’en avoir un. Vous rédigez ensuite votre message et il sera envoyé à tous les numéros de téléphone que vous aurez entrés si ce sont des numéros de téléphone que vous avez, et ensuite les gens peuvent vous répondre et les réponses sont archivées dans un serveur...C’est utilisé dans tout un tas de situations et de pays par exemple l’année dernière pour surveiller le processus électoral au Nigéria dont la BBC a fait l’écho. Frontline SMS a aussi été utilisé au Zimbabwe pour aider les gens à avoir des informations pendant les violences qui ont succédé aux dernières élections présidentielles ou en Afghanistan où le système permet d’envoyer des messages d’alerte à la sécurité aux gens qui travaillent sur le terrain. Il y a aussi d’autres projets dans le domaine agricole ou celui des droits de l’homme. C’est un outil très simple et souple qui permet en gros de communiquer rapidement avec un groupe sur le sujet qui vous intéresse donc ça peut être dans tous les domaines

Rfi : Et c’est gratuit ?

K. Banks : L’application est gratuite oui ce qu’il faut payer c’est le prix du SMS

Rfi : Mais quand même, il faut un ordinateur

K. Banks : Oui pour lancer l’application la première fois, il faut un ordinateur ou une connexion internet mais une fois que c’est fait vous n’avez plus besoin de vous connecter vous pouvez être n’importe où il y a un réseau de téléphone mobile ce qui représente de plus en plus d’endroits dans le monde.

Rfi : Vous avez évoqué l’utilisation du téléphone portable dans des processus électoraux, peut-on dire que le portable a un impact politique dans certains pays ?

K. Banks : Ah oui absolument. D’ailleurs, les associations de défense des droits de l’homme ont été parmi les premières à utiliser le portable pour diffuser des informations ou permettre à des citoyens ou des responsables de bureaux de vote d’envoyer des textos à un numéro central et ainsi permettre le transit d’informations beaucoup plus rapidement qu’auparavant. Regardez d’ailleurs ce qui s’est encore récemment passé en Birmanie où les téléphones portables ont été quasiment les seuls moyens d’avoir ou d’envoyer de l’information sur ce qui se passait donc, oui c’est un outil dont se servent effectivement ceux qui travaillent pour la défense des droits de l’homme

Rfi : Dans quels pays d’Afrique ces services de transmission de l’information par les mobiles sont-ils les plus développés ? Il semble que les pays anglophones soient plus représentés que les pays d’Afrique francophone…

K. Banks : C’est très variable...en fait cela dépend des situations et si vous prenez l’exemple du Zimbabwe que nous avons déjà évoqué les gens adaptent les technologies à leurs besoins et les organisations de défense des droits de l’homme là bas sont probablement parmi les utilisateurs les plus actifs du système. En fait c’est lorsque l’actualité déclenche le besoin de communiquer que les systèmes ad hoc se développent donc on ne peut pas citer le Kenya ou le Zimbabwe comme des références en fait cela dépend de la situation sur le terrain.

Rfi : Peut-on dire que le téléphone portable est un nouveau média sur des zones comme l’Afrique particulièrement ?

K. Banks : Oui, c’est un nouveau moyen de diffuser de l’information et il y a en ce moment un certain nombre de projets de journalisme citoyen qui permettent aux gens de témoigner sur ce qu’ils vivent les attentats à Londres l’ont montré et les exemples se multiplient partout dans le monde. Oui le portable est un média et les organisations caritatives le voient comme un moyen de poursuivre leurs actions sur le terrain. Le téléphone mobile ne va pas remplacer la télévision ou la radio les emails ou le web 2.0 mais il peut certainement être complémentaire et ajouter de l’information.

Rfi : Le phénomène du téléphone portable connait-il un ralentissement aujourd’hui en Afrique après le boom qu’il a connu ces dernières années ?

K. Banks : Il y a encore un an ou deux les taux de progression du portable en Afrique étaient de l’ordre de 50 ou 60 % parce que les taux d’équipement au départ étaient très bas. Tellement peu de gens avaient un portable que lorsque le prix est devenu abordable il y a eu un véritable engouement donc forcément aujourd’hui la progression a ralenti car beaucoup de gens ont maintenant un téléphone. On est aujourd’hui à des taux de progression de 30 à 40 % ce qui en fait quand même du marché africain l’un des marchés le plus dynamiques du monde. Donc c’est un peu moins rapide mais çà reste quand même important et les services suivent au fur et à mesure que les gens s’équipent. Qu’il s’agisse d’informations sur la santé, de renforcement des capacités économiques ou de lecture de la bible ou encore de résultats de football, le marché est énorme et il y a encore beaucoup d’activités à développer.

Rfi : Et l’impact est plus fort dans ces pays que dans les pays riches

K. Banks : Dans la mesure où vous pouvez avoir les résultats de football par plein d’autres moyens il est évident que vous n’accordez pas autant d’importance au téléphone portable qu’un paysan en Afrique pour lequel c’est encore une fois le seul moyen d’information. Et avec le temps l'impact du téléphone portable sera encore plus significatif qu’il ne l’est déjà.

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Bonjour à tous,

Ca s'appelle " Le téléphone brouille les coûts" et c'est dans Le Canard enchainé de cette semaine . Le Canard étant l'un des rares médias à ne pas vouloir venir " barboter sur le net" je ne peux pas vous mettre l'article en lien mais en gros voilà ce que çà dit. "Orange commercialise actuellement 51 types différents d'abonnements de téléphonie mobile. Bouygues fait un poil mieux avec 59 contrats possibles..." Et Le Canard d'expliquer l'opacité des tarifs des opérateurs de téléphonie mobile en France. En effet, les opérateurs téléphoniques prennent soin de proposer toujours mieux que leurs concurrents sur un service mais moins bien sur un autre rendant du coup impossible les comparaisons sur l'offre dans sa globalité. L'article m'a fait réfléchir au fait que le coût du portable ne peut pas être absent de la discussion en cours sur les usages car le budget que l'on peut accorder à l'utilisation de l'outil est forcément à la base de tout Personnellement je suis dans la moyenne française : ne me servant de mon téléphone portable que pour téléphoner ou recevoir des appels ( ou des messages) et essayant au maximum de rester dans les limites de mon forfait, je dépense comme la moyenne des Français environ1,4 % de mon budget mensuel pour mon portable ( source Association Française des Opérateurs Mobiles). Mais quand je cherche les mêmes chiffres ailleurs j'ai bien du mal à les trouver. Aussi dois-je vous demander en direct et précisément ce que vous coûte votre portable ( appareil + cartes ou abonnement) pour inclure cette donnée majeure dans les articles en préparation,
Merci de me donner vos chiffres
Anne Laure Marie

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Mon téléphone m'a coûté 40$. La recharge la moins chère que j'emploie coûte 1.800 FC, soit environ 3$. Mais, compte tenu de mes fonctions (je suis chargé de communication dans un ministère), je recharge trois à quatre fois par semaine. Et je préfère les cartes coûtant 5$ la pièce. Si on fait le total, ça fait en moyenne entre 15 et 20$ par semaine, soit entre 60 et 80$ par mois. Cela représente près de 10% de mes revenus. Les besoins en communication sont tels que je ne budgétise pas. J'achète les cartes selon les besoins parce que se retrouver sans crédit dans son téléphone est comme être coupé du monde. Il faut parer à toute éventualité.

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slt Anne-Laure. ravi de retrouver le forum. je viens vous dire le rôle de mes portables. voila en effet trois mois ke j'étais dans une zone qui n'est pas couvert pas l'internet du à l'enlèvement de fibres par des individus. et donc c'est à l'aide du portable que j'arrivais a expedier mes rapports mensuels a mon boss. aussi le plus grand bien que cette petite machine m'a fait, c'est lorsque en attente trop longue des résultats d'un concours je me suis découragé et j'ai effectué un voyage, et c'est à partir de mon portable que j'ai été joint par un cousin pour venir participer à l'entretien qui était programé deux jours après les resultats. pour vous dire qu'il est d'une importance capitale. aujourd'hui j'ai quatre portables car mon pays (Côte d'Ivoire) est couvert par quatre sociétés de telephonie GSM. avec ces quatre mobiles, j'arrive a être joignable a tout moment et aussi profiter des offres promotionnelles faitent par ces entreprises. chez nous pour etre reconnaissant envers le portable, plusieurs noms lui sont attribués entre autre: lalé, bigo, enjaillement d'oreille,phone.....c'était ma participation.

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Arthur,

Bienvenu dans la discussion . la fin de votre message m'intrigue : lalé ? bigo ? enjaillement d'oreille ? Une petite traduction serait la bienvenue :)
merci de votre témoignage,
alm

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