Atelier des medias

Web-émission participative pour la communauté des nouveaux médias [beta]

Philippe Couve

L'information est-elle définitivement gratuite sur le Net?

Après le New York Times qui vient de rendre son site totalement gratuit, le Financial Times annonce que les non-abonnés pourront lire sur le web jusqu'à 30 articles par mois.

C'est désormais la publicité, et elle seule, qui va devoir financer les sites web de ces médias qui escomptent un fort accroissement de leur fréquentation rendant tout ou partie de leurs articles accessibles à tous les internautes.

Est-ce bien raisonnable? Que va-t-il se passer le jour où le marché publicitaire va se retourner? Donnez-nous votre avis.

Repères : ft, gratuit, médias, nyt

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Réponses à cette discussion

Disons, pour commencer la discussion, que le tout gratuit est intéressant lorsqu'on a un fort volume de contenu susceptible de générer beaucoup du trafic via Google et les mots-clés. C'est le cas du NYT et du FT.
Plus d'audience = plus de pub potentielle (avec un niveau de CPM raisonnable compte tenu du fait que le NYT et le FT sont des marques reconnues). Et pour peu que l'audience soit qualifiée...
Je pense que les journaux US sont en train d'anticiper l'arrivée massive de budgets pubs sur le web.
En France, le calcul devrait logiquement être le même.
Je suis même surpris que les médias français se coupent d'une large part d'audience en rendant leurs archives payantes, alors même que l'information peut-être trouvée partout ailleurs.

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La question du financement des médias reste épineuse et intimement liée au cercle vertueux de la création d'audience.
La presse quotidienne gratuite a mis un premier coup de canif en prouvant que la gratuité générait de l'audience et que celle-ci permettait à son tour de gérer de des revenus publicitaires suffisants pour financer le support.

Le média internet a abolie les limites du temps et de l'espace. L'audience / le lectorat n'est plus local, national mais global.
Les supports "classique" sont pris en tenaille entre les metas portails et les moteurs de recherche.

Le web social (forums, blogs, réseaux sociaux) est entrain d'atomiser les sources d'information. Dans ce contexte il devient difficile pour une source d'information quelque que soit sa légitimité rédactionnelle de mettre en concurrence du contenu payant face à cet océan de gratuit.

Le marché publicitaire est opportuniste: aujourd'hui internet, demain le mobile, les podcasts et la VOD. Le vrai défi pour un média est de devenir polymorphe en démultipliant son audience et donc ses revenus publicitaires sur un maximum de canaux.

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La presse "payante" est financée à plus de 50% par la publicité (et 70% pour les magazines). Donc largement dépendante... TF1 avoisine les 2 milliards de chiffre d'affaire pub avec un modèle "gratuit"...

Mais quel est le problème, rappelez-moi ?

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Le payant est d'autant plus viable quand on s'adresse à une "niche" avec le niveau d'info adaptée. L'exemple de l'AEF est intéressant. Cette agence d'info en ligne, positionnée sur le champ de la formation et des ressources humaines, a été lancée en 1998 avec une idée directrice : faire payer cher l'accès à l'info. Près de 6000 € / an pour 10 accès. L'abonné bénéficie en retour d'un flux d'info conséquent et qualitatif. Aujourd'hui, l'AEF emploie plus de 30 journalistes permanents.
A partir du moment ou le contenu est véritablement distinctif, je ne vois vraiment pas pourquoi l'on devrait se priver de faire payer. Je préfère privilégier une stratégie de niche plutôt que de chercher à ratisser large...

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De la même manière que le Canard enchaïné, Arrêt sur Images abonne ses lecteurs pour se garder des pressions publicitaires. Je n'ai personnellement rien contre ce type d'abonnement. Si RFI me faisait payer un jour le droit à une info libre, ce serait avec plaisir. C'est la qualité de l'info qui le justifie.
Que certains médias qui se contentent de reproduire les mêmes dépêches d'agences que tous les autres se voient obligés de recourir à la pub en restant gratuits semble logique. Pour peu que les tarifs d'abonnement aux médias sans pub soient adaptés à toutes les couches de la société, je vote pour.

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Bonjour
L'information n'est jamais gratuite mais c'est le modèle de financement qui change.
Ce qui a une valeur pour les uns n'en a pas nécessairement pour les autres à la même hauteur.
Il y a également un déplacement de valeur dû à la globalisation des services et à la convergence.
C'est ce que j'appelle le paradoxe de la pompe à essence. Dans les années 80 la grande distribution a implanté des stations services sur leurs supermarchés et commercialisée du carburant à prix coutant. L'objectif étant de faire venir les clients en périphérie pour gagner sur la vente de lessives et de gâteaux...
Il y a eu une disparation progressive des stations indépendantes car ce qui était le cœur d'activité d'une industrie est devenu un produit d'appel pour une autre.
C'est ce qui se passe avec certain type de contenus qui deviennent des produits d'appels pour des portails de services et le modèle économique basé sur de forts revenus publicitaires capables de payer une rédaction explose.
L'autre concept c'est le paradoxe su chauffeur de taxi :
Dans une population occidentale, 70 % des personnes de +18 ans savent conduire. 3 à 5% sont de bons et très bons conducteurs. Moins de 1% de cette population exerce un métier lié à la conduite mais ces 1% ne sont pas nécessairement dans les 3 à 5% des bons conducteurs.
Traduit pour les médias cela veut dire qu'il y a des experts et/ou des passionnés qui sont capables de produire des contenus très qualitatifs sur des sujets précis et dont le métier n'est pas journaliste. A l'inverse il y également beaucoup de journalistes généralistes qui possèdent toute la codification pour produire de contenus formatés mais sans forcément avoir toute l’expertise ou la passion du sujet.
C’est ce que permet le web 2. Bien que je n’aime pas ce terme, c’est la possibilité à des non-professionnels du journalisme de produite et de diffuser des contenus de qualité.
C’est également pour cela que je n’aime pas le terme pro am utilisé par les américains car cela oppose les professionnels du journalisme aux non professionnels mais ces deniers peuvent être des professionnels de la finance, des technologies, d’une industrie etc… et connaître mieux leur sujet que des journalistes professionnels mais plus généraliste.
C’est une vraie révolution pour une profession qui doit faire face à des spécialistes verticaux qui n’ont d’autres envies que d’être publiés sans forcément une rémunération associé.
Il y a donc un nouveau modèle économique à trouver et surtout une differentiation importante à faire en fonction de la difficulté de production des contenus. Des articles d'investigation seront toujours difficiles à produire par des non professionnels . Des contenus verticaux basés sur une expertise sectorielle seront certainement plus largement produits par des experts et des spécialistes.

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Le retournement du marché publicitaire commence à peine maintenant dans le sens de la prise en considération d'internet dans les plan media à sa juste valeur. Le média a été à ce jour totalement sous-évalué. Je pense que le modèle de la gratuité pour l'information généraliste et les papiers d'opinions totalement indépendants sur le web est déjà installé, que le financement va arriver par ne présence publicitaire dont le modèle non intrusif tout en étant clairement identifiable reste à inventer. Même si la viabilité pour les médias traditionnels y compris sur le web est en question et qu'une transformation rapide n'est malheureusement plus une option, la défiance du public vis à vis de l'indépendance des médias traditionnels montre un autre aspect de la question : la caution de journalistes travaillant pour des médias profitant d'un financement non basé exclusivement sur la publicité est aujourd'hui fragilisée.

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"Bruxelles est contre une taxe internet pour financer la télévision publique
Estelle Dumout, publié le 4 avril 2008

Bruxelles observe d'un oeil inquiet le projet français de suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Selon les premières orientations données par le gouvernement, le manque à gagner serait compensé par une redevance sur les revenus publicitaires des chaînes privées, mais aussi par une taxe « infinitésimale » sur les opérateurs mobiles et les fournisseurs d'accès à internet, comme l'a exprimé Nicolas Sarkozy lui-même.

Cette dernière mesure serait « à contre-logique », affirme Viviane Reding, commissaire européenne à la Société de l'information, qui s'exprimait hier lors d'une rencontre en France avec l'Association des journalistes économiques et financiers. Ses propos sont rapportés par l'AFP.

La commissaire considère qu'« on ne peut pas travailler à résoudre le problème du haut débit en France, et en même temps ajouter encore une taxe supplémentaire ». Et bien qu'il s'agisse d'une réforme nationale, Viviane Reding a rappelé que Bruxelles pourrait être amené à intervenir « si les mesures étaient contraire au développement qu'on a donné ».

Le site MaTelePublique.fr pour consulter les Français

Parallèlement, la commission Copé, chargée de proposer des solutions alternatives de financement pour la télévision publique, vient d'ouvrir son site internet. Baptisé MaTelePublique.fr, il doit, dans un premier temps, informer les Français sur les tenants d'une telle réforme. Et à partir du 16 avril, le site permettra aux internautes de donner directement leur avis et de participer au débat. (...)"
http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39380221,00.htm

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on lit plus les journeaux surtout aux Etats Unis. Je pense qu'il y aura des articles assez important qu'on pourra pas lire sur le site. je pense pas que c'est un bon pas. J'ose au contraire penser que le department de marking a du y penser pendant un moment. J'espere que les pubs peuvent amener le profit necessaire pour satisfaire les investisseurs. le contraire serait catastrophique. A leur place je n'aurais pas authorise que les grands titres sans le developement approfondis des sujets. je laisserais a des sites qui n'ont pas un journal a le faire. je laisserai ce geste a CNN par example [a donner access aux internautes a ses articles]
Les banners et les pubs ont envahis le net pendant des annees. de ce fait, je pense que le move de NYT peut etre justifie. Je l'impression qu'il y aura d'autres journaus a suivre l'example de NYT. analysns leur rapport econimique dans le prochain quarter pour en discuter

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